‹ Entrepreneurs et profits industrielsChapitre 1 sur 28 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans cette étude, écrite en dehors de toute considéralioD de parti ou d'école, je me suis efforcé d'approfondir la question, qui est bien, à l'heure actuelle, l'une des plus importantes en économie politique, du rôle et ée la rémunération de l'entrepreneur industriel : de ces deux termes, en lesquels se formule la question, il résulte qu'elle se rattache tout à la fois au problème de la production et à celui de la répartition des richesses ; et de ces deux points de vue, c'est le premier qui m'a

"^paru dominer l'autre. Il m'a semblé qu'on ne pouvait porter de jugement réfléchi sur la légitimité du profit industriel que si l'on avait démontré au préalable que l'entrepreneur avait droit à cette rémunération à raison

^de la part qu'il avait prise & la production. Si cette démonstration faisait défaut, il faudrait logiquement conclure, avec les auteurs socialistes, que le profit est un revenu sans travail, et que l'entrepreneur est le vampire qui s'acharne sans trêve sur celte proie facile qu'est le salarié.

La première chose h faire étail donc de préciser la ^ ronclion de l'enlrepreneur, sonvenl méconnue soit par des adversaires trop acharnés de notre régime industrie], soil, ce qui n'est pas moins regrettable, par des défenseurs trop partiaux des patrons qui, à vouloir trop prouver, ont singulièrement compromis leur cause. Nous avons cru devoir nous placer, pour apprécier le^ rôle de l'entrepreneur, au point de vue social, et nous avons cherché dans l'étude des diverses formes d'entreprises, et de l'évolution vers la concentration industrielle, la confirmation de la notion que l'analyse théorique nous avait fait concevoir du but de l'entreprise.

Cette première partie nous amenait à cette conclusion que la fonction essentielle de l'entrepreneur, qu'il faut se garder de confondre avec celle du directeur ou du gérant de l'établissement, élait l'adaptation de la production an besoin social. Nous avions dès ce moment entre les mains l'instrument qui devait nons permettre d'analyser la rémunération de l'entrepreneur, le profit. Mais au préalable, il nous a paru intéressant de consacrer la seconde partie de ce travail à un exposé d'ensemble des diverses théories jusqu'ici soutenues sur l'origine et la légitimité du profit. Nous y trouvions l'avantage, par une critique sommaire des systèmes antérieurs, d'écarter dès à présent certaines solutions, et de prendre nettement conscience des difficultés à résoudre. Il nous a semblé d'aulre part que. quelque

Tastidieuse que pât paraître au premier abord cette revue d'opinions parfois peu difTérenles entre elles, un exposé de ce genre pouvait avoir son utilité, comme ÎDstrumentde travail, pour ceux qui voudraient reprendre l'étude d'une question dont nous ne prétendons pas avoir donné la solution défiailive, et qui, saos pouvoir se reporter à des sources souvent étrangères, voudraient cependant savoir ce qui a été dit déjà sur la question. La connaissance des erreurs de nos devanciers, indépendamment même de la part de vérité qui peut y être jointe, est utile, dans une science encore en voie de formation comme l'économie politique \ c'est déjà rendre service h l'homme perdu dans une région qu'il ignore, que de lui indiquer dans quelle direction il ne faut pas aller.

"^ Quant à la solution que nous avons dégagée dans la 3' partie de ce travail, nous n'avons fait que la chercher sur les traces de l'école autrichienne contemporaine, à qui notre science est redevable de tant d'aperçus nou-

v.veaux, sinon de découvertes. Nous ne nous faisons pas faute de reconnaître tout ce que nous devons à la lecture d'œuvres de l'iraporlance de celle de M. de Bôhm- Bawerk, ou de monographies plus restreintes, telles que celles de Mataja ou de Gross. Si, en outre des idées que nous leur avons empruntées, nous avons su apporter notre modeste contribution à l'élaboratioa d'une

Ihéorie particulièrement complexe, nous aurons atteint le but que nous nous étions proposé.

Nous prions MM.Capitant etKeboud,professeurs& la Faculté de droit de Grenoble, d'agréer l'expression de notre reconnaissance pour les conseils qu'ils ont bien voulu nous donner dans la rédaction de ce travail. Mon excellent ami Germain Martin a bien voulu m'aidera en revoir les épreuves ; je l'en remercie sincèrement.

INTBEPRENEDRS & PttOFITS INDUSTRIELS

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