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N'ajant pat répondu
• Il en résulte que sur les 23.431 établissements enquêtes, 9.251 (ou 39.48 0/0} font un profit, 762 (ou 3. 25 0/0} n'en font pas et 13.418 (ou 57.27 0/0) n'ont pas répondu. Il est probable que la grande majorité de ceux qui n'ont pas répondu n'avaient pas de résultats heureux pour eux à communiquer.
(1) V. Report of labour of Ihe state of Massachusets, mars 1891 .
D.gitizedb/GoOglC
Il De faudrait pas conclure — et cette observation est importaule, car nous aurons à revenir à diverses reprises sur celte enquête — il ne faudrait pas conclure du chiffre relativement faible des établissements ayant répondu (42.73 0/0) que l'enquête soit sans signification réelle. Il faut tenir compte en effet, non seulement du nombre, mais de Timportance des établissements. Or, à ce point de vue, les chiffres sont significatifs. Les réponses sont celles d'établissements ayant un capital total de 377.711.804 dollars, soit 75.45 0/0 du capital total de (ouïes les industries. Le capital des établissements n'ayant pas répondu représente moins du quart du capital total.
D'autre parties établissements qui ont répondu repré.senlent 69.21 0/0 de la valeur totale des produits manufacturés auDuellement dans le Massacliusels.
Etant ainsi fixés sur la valeur qu'on peut accorder à l'enquête, si nous nous en tenons aux établissements ayant répondu (soit 10.013) nous constatons que :
dans 3 industries, il n'y a aucun établissement en perte.
— 34 — il y a 10 0/0 des établissements en perte. 20 — — 10 à 20 0/0 — —
Total "fli
Si l'on tient compte de ce que, comme nous l'avons fait remarquer déjà, les établissements n'ayant pas répondu soQlprobablementceuxdont les alTairea sont les
moinsboones, on arrivera à ud chiffre moyen d'établissemenls annuellement en perle d'environ 20 0/0, qui concorderait sensiblement, soit avec les évaluations des hommes compétents , soit avec les résultats des statistiques européennes.
En résumé, il semble que nous puissions affînoer que, dans l'industrie, un quart environ des entreprises ne font pas leurs frais.
Mais l'enquête du Massacbusets nous révèle encore un détail intéressant. C'est que, dans certaines industries, l'ensemble des Trais de production avancés dans l'année dépasse, pour l'ensemble des établissements, le tolal des prix de ventes ; que dès lors ces industries sont, dans leur ensemble, en déficit. C'est ainsi que, sur les 64 industries étudiées, il y en a 6 qui ne réalisent aucun profit net, c 'est'à-dire ne retrouvent pas l'intérêt des capitaux engagés, et une qui ne réalise aucun profit brui, c'est-à-dire qui ne retrouve pas même le montant des Trais de matériaux et de salaires.
Ce résultat est intéressant à signaler aux théoriciens qui voient dans les profils de certains industriels une compensation des pertes éprouvées par les autres entrepreneurs engagés dans la même branche d'industrie.
Quoi qu'il en soit de ce dernier point, que nous ne signalons que pour mémoire, le résultat acquis par nos recherches précédentes est qu'un quart environ des entreprises reste sans profils. Ces entreprises cependant paient des salaires. Il n'est pas inutile de le Taire re-
marquer à ceux qui parlent sans cesse d'ouvriers sacrifiés aux eutrepreneurs et exploités par eux.
§ 2. — Nous arrivons maintenant à étudier le taux des prolits. Et ici un retour rapide aux théories va nous montrer quelle confusion règnesurcepointenlre les économistes.
Il résulte des explications fournies dans noire III* partie sur la nature et l'origine du profit, que l'expression taux de profit ne peut avoir qu'un sens. Elle doit désigner ta part qui va à l'entrepreneur dans le prix de vente du produit.
Mais nous avons vu que les économistes classiques rattachaient au capital mis en œuvre l'origine du proBt. Ils prirent donc l'habitude d'appeler taux de profit le rapport du revenu du capitaliste à la somme du capital engagé. Ce faisant, ils n'étaientque logiques.
Mais lorsque des économistes postérieurs distinguèrent la personne et le rôle de l'entrepreneur de ceux du capitaliste, ils ne prirent pas garde k l'inconséquence qu'il y avait h continuer à apprécier le taux de profil par rapport au capital engagé, et ils donnèrent à l'expression taux de profit le même sens qui s'est transmis jusqu'à nous.
Chose d'autant plus frappante que, suivant une très exacte remarque de Mac Leod (I), cette définition ils taux de profit, ainsi entendu, ne veut absolument rien
(i) Prineiples of Economkat Philosophy, ch, XII.
dire, car od a négligé d'y faire entrer la notion de temps. Quand on parle de taux d'intérêt ou de taux d'escompte, une comparaison s'établit immédiatement dans l'esprit entre la somme payée à litre d'intérêt ou d'escompte, et le temps pendant lequel elle a été obtenue, et l'on ramène à une unité de temps, qui est généralement l'année, le taux d'intérêt ou d'escompte. Quand nous parlons d'un intérêt de 5 0/0, nous savons immédiatement qu'il s'agit d'un intérêt réalisé dansle délai d'un an.
On aurait pu s'attendre à ce qu'il en fût de même pour les profits, du moment qu'on les appréciait par rapport au capital. Et il en est bien airisi en effet dans les passages où A. Smith nous dit qu'un profit double de l'intérêt constitue un proBt honnête, el qu'ainsi la proportion que le taux ordinaire de l'intérêt doit garder avec le taux ordinaire du profit net, varie nécessairement selon que le profit hausse ou baisse (I).
Mais l'influence des faits ne tarda pas à dénaturer cetle conception. On observa en effet que les marchands, pour fixer leur prixd'offreàla vente, majoraient les frais de production d'un certain chiffre, généralement calculé en 0/0 de ces frais de production. Un commerçant ajoutera par exemple 20 0/0 au prix d'achat de ses matières premières pour obtenir le prix qu'il demandera de ses marchandises. Et peu impor-
(1)P. *30, édU. Garnier.
tera que celies-ci soient veadues au bout d'un jourou de plusieurs années : le taux de proBt sera toujours 20 0/0 en apparence ; mais en réalité ce taux sera bien diiïérent suivant que le capital est renouvelé en un jour ou en un an. Car dans le premier cas le marchand aura la disposition de son capital pour acheter à nouveau les matières premières et les vendre, avec le même bénéfice.
Cette dernière considération semble avoir échappé aux économistes anglais : et l'on peut, pour s'en convaincre, s'en rapporter par exempleà Malthusqui dans ses Définitions of political Economt/ (I) définit le/wo/iï la différence entre la valeur du capital avancé et la valeur delà marchandise vendue, et le taux du profit la proportion en 0/0 que la valeur du profit offre par rapport k la valeur du capital.
La définition habituelle du taux du profit pèche donc à deux points de vue ;
f « En établissant le taux de proOt par rapport au capital employé, et non pas par rapport au prix de vente du produit.
V En ne faisant pas entrer en ligne de compte l'élément de temps.
Le second de ces défauts se trouve d'ailleurs corrigé en pratique, par l'habitude prise, surtout depuis la diffusion des sociétés par actions, qui paient des dividen-
des, de compter les profits à l'année. Quant au premier, il répond à une erreur économique fondamentale sur l'origine du profit. Mais comme en pratique, dans les documents dont nous pouvons disposer, le taux de profit est toujours calculé par rapport au capital, nous sommes bien obligé, pour nous Taire une idée du taux habituel des profils, de nous conformera cet usage, quelque peu scientifique qu'il soil.
Nos recherches, en cette matière, seront forcément limitées, au moins en ce qui concerne les documents européens, aux dividendes payés par les sociétés par actions.
D'après VAnntiaU'e des Valeurs cotées à la Bourse, pour 1897, sur 271 sociétés (dont il faut déduire, nous l'avons vu, 61 sociétés sans dividendes), nous avions en 1895:
89sociélés dislribuanlundividende de Oà 50/0 67 — — 5 à 10 »
2 — — au-dessusde 100
Lastatistique des sociétés bavaroises pour 1887-88(1) donne les résultats suivants :
(l)Conrad, Handwôrterbuch , I, p. 125,