‹ Entrepreneurs et profits industrielsChapitre 27 sur 28 · SS · texte numérisé non relu

SS

fit» nets étaient ajoatés aux ■Blaires

Revena total aprè» la réunion des prontB aux salaires

Ce serait donc moins de 1/6 qui serait ajouté à la rémunération annuelle des ouvriers ou employés. Si maintenant on ajoutait aux salaires les profits

(1) Annales Parlemenlairts de Belgique, 30 mars 1884, p. 757.

(2) Cité par Vilfredo Pareto, Cours d'Bcon . polit., § 668.

(3) P. S71 du Report de mars 1891.

bruis pour les répartir entre les ouvriers, OD arriverait aune augmentation moyenne de 54.37 0/0. Mai? on sait que ce pro(it brut diffère du profit net en ce qu'on n'en a pas déduit les frais de vente et la prime de dépréciation (qui pèseraient sur les ouvriers aussi bien que sur les entrepreneurs actuels) et l'intérêt du capital à 5 0/0 (qu'ils auraient à payer à moins d'expropriation à leur profil).

11 faudrait d'autre part tenir compte que du jour où les entrepreneurs seraient privés de leurs profits, ils viendraient grossir le nombre des salariés. Or si l'on ajoute les profits aux salaires d'une part, et si d'autre part on ajoute au chiffre des co-parlageantsle nombre des entrepreneurs existant à l'époque où l'enquête a été faite, on arrive à ce résultat, un peu étrange, que le salarié qui recevait un revenu moyen de 8 35t.02, recevrait, par suite du partage égal entre patrons et ouvriers j 349.47, soit 0.44 0/0 de moins qu'auparavant.

11 est probable que la valeur absolue de ces chiffres est contestable et que des rectifications de détail pourraient y être apportées. Mais on peut du moins en retirer cet enseignement que sil'on réparlissait également, entre patrons et ouvriers, les bénéfices industriels, il ne s'en suivrait qu'une hausse insignifiar^te de salaires.

On ne voit donc pas bien ce que les salariés gagneraient à la disparition des entrepreneurs, au moins au simple point de vue pécuniaire.

On voit très bien, en revanche, ce que les consom-

mateurs y perdraient, elj'ai trop insisté au cours de cette étude sur le rôle spécial de l'entrepreneur pour qu'il soit nécessaire d'y revenir. Quel que soit le mode de production que l'on nous fasse espérer pour remédier & leur suppression, production collectiviste, ou production coopérative, il aurait pour résultat d'anéantir la liberté des besoins individuels. De telles organisations, en efîel, ne seraient souhaitables que dans la mesure où elles auraient pour but de mettre Hn à ce que Ton a appelé l'anarchie dans la production, aux gaspillages résultant d'une imparfaite adaptation de la production aux besoins sociaux.

Or ce résullat ne pourrait être atteint qu'autant que les besoins h satisfaire seraient des besoins faciles à prévoir et réguliers. Mais la production collective serait exposée à beaucoup plus d'erreurs et de gaspillages que ne l'est la production individuelle elle-même, lorsqu'il s'agirait de parer h des besoins sortant de l'ordinaire. Une seule solution, radicale il est vrai, pour rai té vite r ce danger. Ce serait de décider qu'on ne satisfera qu'aux besoins les plus élémentaires et les plus généraux (1).

La netteté d'un tel principe n'est pas sans faire reculer même les collectivistes les plus convaincus.

(1) Cela eat vrai même pour les sociétés coopératives de consommatioQ qui ne peuvent présenter d'atantages que si tous leurs membres se soumettent & la ndcessité d'une consommation identique.

M. Georges Renard propose de laisser à rioilialive individuelle le soin de satisfaire les besoins antres que les besoins primaires. Et M.MerliDo{l) déclare sans ambages qu'il est impossible de connaître les industries qui conviennent au pays si le régulateur de la concurrence fait défaut.

Il ne reste donc plus qu'un terrain sur lequel la question pourrait être portée, c'est le terrain philosophique et moral. Peut-être pourrait-on soutenir que l'idéal à atteindre consiste précisément dans le renoncement à ta satisfaction de nos besoins, dans l'ascétisme, dans l'horreur de toute jouissance matérielle ou même intellectuelle : à quoi certains pourraient répondre que l'homme n'est point ici dans une vallée de larmes, qu'il doit savourer pleinement la joie de vivrez développer dans toutes les directions ses forces et son intelligence, multiplier et diversifier ses besoins h l'inBni.

A cette question je n'ai pas à répondre, car elle déborde singulièrement le cadre purement économique de cette étude. Il me suffit d'avoir montré que c'était à elle qu'aboutissait en délinilive toute critique d'une organisation de ta production basée sur la recherche du profit individuel ; qu'il fallait consentir h l'uniformisationdesbesoinshumaius avant de songeràblanchirquelque peu l'âme du commerce qui est actuellement bien

(1) Formes el essence du socialisme. Giard et Briëre, Paris, 1898, p. 143.

noire, puisque cette âme c'est la concurrence (I), et que c'est & cette seule condition qu'il est permis de réver n une époque heureuse où rabolition du pro6t ayant non pas tari, mais ralenti quelque peu la source des richesses qui coule aujourd'hui k gros bouillons mais toute trouble, cette source pourra prendre un cours plus paisible, assez paisible pour refléter un coin du ciel (2)».

(1) V. Ch. Gide, Cooptation ou concurrence, p. 228 de son recaeil de conférences intitulé la Coopération, Paris, Larose, 1900.

Digiliz=db,G00gle

Page 1