LE SANATORIUM
Vous entendez souvent parler des sanatoriums, mais vous êtes, comme le grand nombre, sous l'impression qu'une cure, en un tel endroit, n'est possible qu'aux riches, aux fortunés. Je tiens à vous convaincre du contraire. Quiconque habite une maison saine et peut s'exempter du travail, peut, s'il est tuberculeux, transformer sa demeure en un sanatorium, puisque les bases du
traitement sont : le repos, la suralimentation et l'air prr. RAINBOW LAKE
La semaine dernière, en compagnie de votre président M. le Dr Germain et de M. le Dr Jeannotte, mes collègues du bureau médical de la Société des Artisans Canadiens-Français, j'ai eu l'avantage d'aller faire une étude sur place, au sanatorium antituberc.leux fondé par l'ordre des Forestiers Indépendants, à Rainbow Lake, dans l'Etat de New-York.
Je crois vous intéresser par la description de ce sanatorium qui ne diffère des nôtres que parce qu'il n’est destiné qu'aux membres tuberculeux d’une même association et qu'il est l'œuvre de la mutualité.
Rainbow Lake est situé à 1800 pieds au-dessus du niveau de la mer, dans les Adirondacks. Un chemin de fer longe ses bords. Le niveau auquel il se trouve,
CO I SP XHANIIIQUI-QUE MNUOEULS— (SHILPUOLIDE S SUBP) °F SA CAN CHNVI MONINIVAH
son isolement et ses facilités d'accès en font un site idéal pour les victimes de la Tuberculose. Les Forestiers Indépendants l'ont compris. Ils ont acquis des centaines d'acres de terrain, autour de ce lac, et ont construit un sanatorium destiné exclusivement aux tuberculeux de l'Ordre.
Ce sanatorium comprend deux corps de logis principaux dont l'un “The Main Building”, est à trois étages avec, à chaque étage, une large véranda munie de passes en cuivre, et de vastes chambres bien aérées et confoitablement meublées. Ce corps de logis destiné aux tuberculeux avancés peut hospitaliser douze à quinze malades par étage.
Le second corps de logis appelé “The Cottage”, est un pavillon séparé, à proximité du premier, réservé aux tuberculeux de la première période, c'est-à-dire à ceux dont l'amélioration est certaine et la guérison probable. “Le Cottage” loge confortablement une dizaine de malades.
A part ces constructions, d’autres constructions, de moindre importance mais non moins indispensables au bon fonctionnement de l'oeuvre, constituent les dépendances du sanatorium. Il y a la résidence privée du Surintendant, le pavillon des servantes, une immense glacière, un magasin à provision, un four crématoire, une salle à désinfection, un hangar, des écuries, etc.
L'installation, telle quelle, y compris l'aménagement, a coûté, nous dit-on, 830,000, et le coût de revient de chaque me!ade est à peu près 412.00 par semaine ; c'est-àdire que pour rencontrer les besoins de cinquante tuberculeux, l'Ordre des Forestiers Indépendants a déboursé, d’un seul coup, $30,000, et a dû s'assurer semblable revenu, annuellement, pour le fonctionnement de l'oeuvre.
Pour arriver à ce résultat chaque membre doit verser, mensuellement, à la caisse de l'œuvre, un sou !
Quel traitement suivent les tuberculeux dans ce sanatorium, êtes-vous anxieuses de savoir. Il se résume à ceci : les malades viennent surtout y faire une cure d'air aidée et complétée par l'emploi méthodique et judicieux de toutes les ressources de l'Hygiène, par une alimentation généreuse mais réglée et surveillée, par le repos absolu dans certains cas, par l'exercice toujours modéré et proportionné aux forces du malade.