‹ Entretien sur les études classiques [microforme]Chapitre 2 sur 2 · RP NE PRO RL EE TES ET A CU CUT SE · texte numérisé non relu

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ordre social. Mgr. Gaume a de plus établi la thèse que les œuvres des Saints Pères Grecs et Latins doivent largement faire part des études classiques, à raison des lautes et importantes vérités conte: nues dans leurs livres, et aussi à cause de leur beauté littéraire, jusqu’à présent trop méconnue. Deux fois le chef de l'Eglise a pronon‘é des paroles qui ont été une confirmation dés idées du célèbre écrivain. Lors de la disctrssion que la thèse de celui-ci a produite, le Pape a dit: ‘ On peut appre”dre l’art de parler avec éloquerice et d'écrire élégamment en étudiant les œuvres si excellentes des Saints Pères, comme les écrits des auteurs payens les plus estimés.” Et tout récemment, dans une de ses réponses admirables qu’il fait aux adresses qu’on lui présente, il a dit que les sources de l'intelligence et de la volonté sont troublées aujourd’hui parmi les hommes et qu'il faut les purifier en y introduisant abondam:ment l’enseignement chrétien ; et il s’est plu à insister sur la né.

cessité @’étudier les auteurs ecclésiastiques grecs et latins des

beaux temps de la littérature chrétienne.

À.—Pour ma part, je le crois, on devrait initier les élèves dans l'éducation classique, non-seulement à ces luttes des passions humaines qui ontillustré l’Agora d'Athènes et le Forum Romanum ; mais aussi à ces grands combats de la vérité contre l'erreur, du christianisme contre le paganisme, de la morale évangélique contre les inclinations les plus fortes et les plus funestes du cœur, combats où la victoire a été remportée par la parole ou la plume des Cyprien, des Ambroise, des Augustin, des Chrysostôme, des Grégoire, 20s Basile. IL faut faire admirer l’éloquence de ces hommes en qui le génie rivalisait avec la sainteté. Par l'étude des Actes des Martyrs, il faut aussi faire entendre, dans l’idiome même qui les a exprimés, leurs réponses sublimes inspirées par l'esprit de Dieu, les plus belles paroles que les hommes aient jamais prononcées.

En supposant dans les écrits de certains Pères quelques expressions contre lesquelles une critique sévère aurait pent-être à s’exercer, il ne semble pas que la sagesse exige qu’on sacrifie des trésors de sublimes idées, de salutaires enseignements, de nobles sen. timents admirablement exprimés, de mouvements d’éloquence incomparables, à l’appréhension de rencontrer quelques formes qui ne seraient pas dans le goût classique, et à l'égard desquelles, s’il le fallait, il serait facile de mettre les élèves sur leurs gardes.

B.—Que les prêtres étudient les Saints Pères pour leurs sermons, à la bonne heure. Maïs les laïcs ne sont pas obligés à prêcher.

A—Dans la chaire, non ; mais ailleurs, plus souvent que vous ne pouvez le penser, s'ils tiennent a l'honneur de leur foi, dans un

siècle où la religion est sans cesse attaquée dans ses dogmes, dans son culte, dans son histoire, dans ses institutions. Or, ne pensez-vous pas que les ouvrages des écrivains à qui l’impo.tance de leurs œuvres a mérité le titre de Pères et de Docteurs de l'Eglise, soit très-utile pour une controverse qui se raitacherait surtout aux premiers siècles du christianisme ?

B.—Si j'ai besoin de m'en servir, je lirai les traductions qu’on en a faites.

A.—Laissez-moi. croire que celui qui, dans ses études, aura été initié à la connaissance de la littérature chrétienne, grecque et latine, sera porté avec bien plus d’attrait à lire les auteurs pour lesquels son admiration aura été excitée. L'intelligence des textes originaux lui sera plus utile qu’une traduction pour une discussion apologétique en faveur du chistianisme. N'eutil pas à s’en servir comme d’une arme puissante pour défendre sa foi, les écrits des Pères de l'Eglise qu'il aura jusqu'à un certain point étudiés, auront laissé dans son intelligence, par les idées et les sentiments dont ils sont remplis, une forte impression religieuse et morale qui lui sera salutaire. De plus la beauté littéraire de leurs écrits lui aura donné une jouissance qu'il cherchera peut-être à sentir encore, dans une nouvelle lecture où l’utile se mêlera nécessairement pour iui à l’agréable.

E—Le latin est la langue de l'Eglise : à ce titre seul il doit être étudié. C’est la langue du dogme catholique exprimé dans les conciles et les constitutions des Papes ; c’est celle de la litürgie qui rend hommage à Dieu, celle du droit canonique qui règle la discipline de l'Eglise, celle de la tradition, qui permettant de recourir aux sources jusqu'aux premiers siècles, donne le moyen de s’assurer de la perpétuité de la doctrine catholique. Un célèbre publiciste et homme d'état de la fin du dernier siècle, Necker, disait qu’il était enfin temps de demander à l'Eglise Romaine pourquoi elle s’obstinait à se servir d’une langue inconnue. Le conte &e Maistre a répondu : ‘* Il estenfin temps, au contraire, de ne pluslui en parler que pour reconnaître et vanter sa profonde sagesse. Quelle idée sublime que celle d’une iangue universelle pour l'Eglise Universellel D'un pôle à l’artre, le catholique qui entre dans une Eglise de son rit est chez lui, et rien n’est étranger à ses yeux. En arrivant, il entend ce qu’il entendit toute sa vie ; il peut mêler sa voix à celle de ses frères. La fraternité qui résulte d'une langue commune est un lien mystérieux d’une force immense.

Dans le %e siècle, Jean VIT, pontife trop facile, avait accordé aux Slaves la permission de célébrer l'office divin dans leur langue.

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Grégoire VII retira cette permission ; mais il ne fut plus temps à l'égard des Russes, qui bientôt tombèrent dans le schisme.

Rien n’égale la dignité de la langue latine. Elle fut parlée par le peuple roi qui lui imprima ce caractère de grandeur unique dans l'histoire du langage humain. Née pour commander, cette langue commande encore dans les livres de ceux qui la parlèrent ; c'est la langue des conquérants et des Missionnaires de l’Egiise Romaine. Les empereurs n'avaient pu la porter que jusqu’à l’Euphrate ; les Pontifes l'ont fait entendre aux Indes, à la Chine et au Japon.

D.—J'observerai qu’une langue savante qui n’est entendue que des hommes instruits inspire plus de respect. Beaucoup de passages des Livres Saints, et de la liturgie paraîtraient ridicules,

É * exprimés dans la langue vulgaire. Le peuple comprendrait mal,

et trouverait souvent ce qu’il entend étrange et bizarre ; ce qui est arrivé chez les Huguenots par la traduction que Maroi a faite &2s psaumes ; ce vieux français a des mots et des tournures qui font rire aujourd'hui. L’instabilité des langues vivantes aurait forcé de refaire la liturgie à chaque siècle ie changement dans les formules entraînerait peu à peu une ération dars la doctrine. Quelle difficulté n’y a til pas à s'assure de l'exactitude de la traduction des livres saints dans les langues modernes ? Qu'on juge par là de l'embarras où l’on se trouverait pour bien préciser le seus des prières, des chants de la liturgie, qui sont l’expression la plus positive et la plus solennelle des dogmes.

La diversité des langues pourrait facilement amener une diversiténs IŸes croyances en des points essentiels, dans les mystères surtout qui demandent d’être formulés en termes si nets, si précis.

L'Eglise seule a conservé la connaissance du latin. Si cette langue se fut perdue, comment s'assurer de l'identité de la tradition à travers les siècles ? les monuments de la foi de la primitive Eglise auraient disparu.

Et puis, sans une langue commune, quel moyen de s'entendre dans ces assemblées où l'Eglise, pour constater la tradition, ou l'efficacité de telles lois disciplinaires, convoque les Evêques de toutes les nations qui sont sous le ciel? Vous figurez-vous un concile œcuménique où l’on ne s’entendrait pas ; ce serait une autre Babel. Voyez-vous celte réunion dans la Ville Eternelle de l’Eglise Universelle, représentée par presque tous les Evêques du monde, la plus solennelle et la plus extraordinaire qu’ait jamais éclairée le soleil par le nombre et la dignité de ses membres, par la diversité de leurs nations et la distance des lieux d’où ils étaient partis, et bien plus encore par cette union définitive de leur pensée malgré une certaine variété d'opinion, exprimée d’abord ; voyez-

vous le Concile du Vatican, si glorieux, si utile à l'Eglise, et qui sera à jamais un des faits les plus saillants de l’histoire du genre humain ; aurait-il été possible sans une langue dans laquelle chacun put exprimer ses idées, et entendre celle des autres ? Quelle magnifique démonstration en faveur de la nécessité de l'étude de la langue latine ?

B.--Ce n’en est pas moins un malheur que les fidèles en général ne puissent comprendre les prières qui se font dans les offices. Comment peuvent-ils y associer leurs sentiments et prendre partau culte divin ? 1

D.—Le peuple n’est pas privé de la connaissance de ce que contient la liturgie. L'Eglise recommande à ces ministres d’expliquer de temps à autre aux fidèles lesdifférentes parties du sacrifire. M D'ailleurs tout est traduit dans les Manuels, Paroissiens, et autres M livres de piété. De plus, les cérémonies avertissent le peuple de ce # qui se dit et de ce qui se fait. S'il ne comprend pas toujours la # lettre de la liturgie, il peut en saisir l’esprit, et associer ses prières, M ses sentiments aux chants et aux paroles de l'office divin. 4

Au reste, dirai-je encore avec De Maistre, si l’on s'ennuie d’être ignorant,qr" on apprenne le latin, si on le peut encore, et j'ajoute que du moins l’on n’empêche pas les autres de s'instruire, quand ils en ont la facilité.

C.—L'Eglise, en conservant le latin, a conservé les connaissances de l'antiquité, et rattaché ia civilisation ancienne à la civilisation 4 moderne. Au moyen âge, cette langue était le moyen de communication entre les divers peuples. Mêlée à celle des Barbares, elle # les a raffinées, assouplies, en quelque sorte spiritualisées. Elle a M été pendant longtemps la langue des Savants. De grands génies 1" comme Copernic, Kæppler, Newton ont écriten latin, et une foule le d’historiens, de publicistes, de médecins, d’antiquaires, de poëtes M ont rempli l’Europe d'ouvrages latins de tous les genres.

Quiconque veut avoir une connaissance approfondie de la langue française, doit savoir le latin, d’où elle est en très-grande partie dé- " ° rivée ; il en est de même pour l'italien, l'espagnol. Je conclus en 4‘ disant: Est-ce qu’il n’est pas à propos qu'il y ait dans chaque so- M ciété un nombre plus ou moins considérable d'hommes instruits, # | qui sachent cette langue latine si belle dans ses formes, qui a été #1 parlée par le Peuple Roi, qui est celle de l'Eglise Catholique, qui # est la mère de la langue francaise et de celles d’autres grandes na- # tions, et qui a laissé son empreinte sur les autres langues modernes À où dominent des éléments qui lui sont étrangers ? Pi

A.—On reconnait jusqu’à un certain point que le latin est | nble 0 |

aux ecclésiastiques, et l’on veut bien en leur faveur accorder un à

lise, et qui F3 | du genre an d'étude pour cette langue. Je ne prends pas la peine de réfuter

Luelle cha- | l’assertion que, dans une année, on puisse apprendre le latin au >? Quelle ! point de pouvoir comprendre les auteurs anciens. Maïs je suis surpris de ce qu'on veuille ramener la société au temps qui suivit

l'étude de l'invasion des Barbares ; c’est à-dire, laisser la haute instruction au js en géné CELL devrait pas plaire à ceux qui redoutént t les offices. l'influence Clérttalé ant

| Le latin doit être su par tous ceux que l’on doit appeler ho instrüits ; les raisons qui en ont été données le aBoifreie Ce serait une honte pour une nation qe ceux qui occupent ch le le haut rang social n’entendissent rien ou ‘peu de chose re la , gage de l'antiquité, et que, dans un pays catholique, à Petéition te et presque personne ne pût comprendre la liturgie de Leuple de ce M glise, si pleine de beautés du premier ordre, non-seulement ‘ toujours la L. Net à el les sentiments qui y sont exprimés, mais: aussi se 08 prières, 1 HAS ce ÿ est souvent celle de la poésie la plus gracieuse et la Dnuie d'être Ceux qui embrassent la profession de jurisconsultes ont néces e, et j'ajoute nent à étudier le droit romain. Doivent:ils être réduits a re, quand ils le connaître que dans des traductions plus ou moins fidèkes ? fe de termes d’ailleurs empruntés au latin dans les ie # jurisprudence et les axiomes du droit? Et puis faut-il que lon 1 M Far canonique, qui régit la discipline de l'Eglise, et que 4 gistes doivent connaître jusqu’à un certain point à raison des . rapports nécessaires et étroits qui existententre la législation clé L siastique et la législation civile ? Or, qui peut'avoir une pl 3 » sance suffisante du droit canon, s’il ne la puise aux sources La

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a . UE Un homme de la profession doit en {es répétant connaître e de la langue M e sens précis de chaque mot. “Jusqu'au siècle dernier les livres nde partie dé- qui ont traité de la science médicale avec le plus d’autori té ontété Je conclus en écrits dans la langue de Galien. NA 4 ; , { ns chaque s0- de J’admets qu'une certaine connaissance de la languë latine est mes instruits, 1 u de Je hommes de profession, et d’ailleurs la loi l'exige. Mis mes, qui a été V à que mettre un si long temps à apprendre cette langue ? atholique, qui se sr uit années on y applique sans cesse les élèves. Evidemes grandes na- or es a se défectueuses, ou c’est faire payer par un s À ong travail, au détriment d

ues modernes ent d’autres études néc 8 naissance du latin. d FAR HE EOne

E.— Quant au temps que l’on met à étudier cette langue, on peut roire, ce me semble, que l'expérience des âges précédents, faite par stant de professeurs habiles, doit faire autorité surce point. 11 n’est

latin est utile ar accorder un

guères possible d'inventer d'autres méthodes d'enseignement que celles qui ont été expérimentées. Je ne nie pas toutefois qu'on re puisse faire quelque tentative pour amener un certain perfectionnement.du moins accidentel. On sent d’ailleurs que le nombre et l'intelligence des élèves peut faire varier dans une certaine mesure les # procédés d'instruction. Mais c’est une erreur de croire que l'an k peut faire apprendre en peu de temps d’une manière suffisante une M langue, si différente de nos langues modernes. Les étudés rapides 4 ne donnent que des connaissances superficielles qui s’oublient promptement.

Sans doute les règles essentielles ne demandent pas une longue 1 étude de la grammaire, mais pour qu'elles se retiennent, il faut M qu’elles soient appliquées par de longs exercices. Qu’on n'oublie É pas d’ailleurs que l'explication des auteurs n’a pas seulement pour Mi but de faire apprendre le latin, mais qu’elles fait connaître aussi M l'antiquité-payenne et chrétienne dans son histoire et sa littérature. Au reste,c’est ne pas savoir ce qui se passe dans les colléges M que de dire que tout le temps des classes est donné au grec et au M latin. L'étude d’autres matières bien importantes occupe une très M grande partie de ce temps. ii

B.—Bon ! le Grec !—Est:ce que l’on va prétendre que l'étude de M cette langue est d’une utilité inconstestable ? Ce qu'on en retire M vaut-il la peine que l’on se donne pour en avoir quelque notion ? M On oublie si vite ce que l’on a appris, qu’au bout d’un certain temps, le Grec qu'on a étudié, c’est encore du grec. #

C.—Oui, pour un certain nombre d'élèves qui n’y out pas attaché M assez d'importance pour se livrer à une véritable étude de cette lan- # gue, ou bien qui entraînés par le goût des lectures légères, ou li peut-être détournés par des occupations qui ont pris tout leur ## temps, n’ont pas voulu ou n'ont pu entretenir la connaissance M qu'ils en avaient acquise. ‘4

Il n’est aucun homme instruit qui n’admire la beauté de la lan- M gue grecque en elle-même, pour son harmonie, sa flexibilité, et la maniere dont elle se prête. à la composition des mots. De plus, c’est la langue du peuple le plus ingénieux de l'antiquité, qui a donné à la poésie Homère, Sophocle, Pindare ; à l’éloquence, M Démosthènes et Eschine ; à l’histoire, Hérodote et Thücydide ;à philosophie, Platon et Aristote, ces deux génies si éminents, malgr leurs erreurs, ddht les doctrines sont encore. aujourd’hui discutées É avec ardeur, par quiconque s'occupe de philosophie. C’est la langu des Pères de l'Eglise les plus éloquents, S. Jean Chrysostôme, SM , Basile le Grand, $. Grégoire de Nazianze. Il y a plus, c’est la langu

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ement que M dans laquelle tout le Nouveau Testament a été écrit, à l'exception s qu'on ne de l'Evangile de 8. Mathieu, et de l'Epitre aux Hébreux. rfectionne- Qui ne sent que la controverse, dont les Evangiles et les Epitres bre et l'in- sont si souvent l’objet, demande la connaissance du texte original ? mesure les On sait aussi de quel secours:est à la défense de l'authenticité et e que l’on à de l'intégrité de l’ancien Testament la version grecque des Septante. ffisante une Et puis, n'est.ce pas dans la langue grecque qu'il faut chercher l’é. idés rapides 1 tymologie d’un très-grand ,nombre de mots de notre propre i s’oublient "M langue? La médecine, la géométrie, la physique, la chimie, le ® système métrique lui empruntent toute leur terminologie. Peutune longue 1 ou aspirer au titre d'hommeinstruit, si pour entendre le sens d’une ent, il faut M foule de mots que l’on prononce sans cesse, il faut avair recours à on n'oublie un dictionnaire ?

lement pour D.—On a dit que là où les études classiques étaient le plus en vinaître aussi gueur, il n’y avait guères de mouvement industriel. Sans doute et sa littéra- les hommes instruils en général ne se font pas personnellement ; manufacturiers ; mais leurs connaissances ne les empêchent pas d'encourager l'industrie dans la société à laquelle ïls appartiennent. Dites, l'Angleterre est-elle un pays où le commerce, l'industrie, l’agriculture soient dans un état plusflorissant ? Eh bien, dans tous les établissements de haute éducation de cette nation le grec est étudié avec le plus grand soin. Ne s’y fait-on pas gloire du titre de Scholar, ce qui signifie un homme fort en grec et en latin ? La plupart des hommes d'états de l'Angleterre ont été

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d’un Certain N° remarquables par leurs connaissances classiques. Plusieurs d'entre “7 euxse sont fait un nom par des travaux dont l'antiquité grecque et ut pas attaché # latine ont.été l’objet. Ce gouverneur si distingué, dont le souvenir

e de cette lan- à est cher au pays et à cette institution, Lord Elgin, s'est plu à es légèrés, ou 4 redire aux élèves de ce collége les études auxquelles il lui avait pris tout leur fallu se livrer pour sortir victorieux d’un examen de six heures sur

connaissance L les classiques latins et grecs: ceci ne l'a pas empêché de faire 1 répandre par tout le pays une brochure écrite à son instigation, auté de la lan- pour encourager l'agriculture. exibilité, et la Qu'on ouvre le programme d’études de nombre de colléges des Etats-Unis, et suriout celui de la céiébre université de Harvard à Cambridge, on y verra l'explication de Demosthènes, d’Eschine, : de Thucydide, d’Eschyle, de Platon, d’Aristote.

Après loutes ces considérations sur l'importance de la connaissance de la langue grecque, ÿ’exprimerais le désirque dans les hui discutées colléges on donnât encore plus de temps à cette étude. | C'est la langue ; E.—Maintenaut, il faut dire à ceux qui croient que le temps se hrysostôme, si | pas”e dans un cours classique à des étages inutiles, que le grec et c'est la langue le latin n'y sont pas le seul objet de l’enseignement. On y étudie

iots. De plus, itiquité, qui à à l’éloquence, hucydide ; à la inents, malgré

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aussi la langue angiaise. Avec la connaissance de la grammaire, les conversations anglo-françaises apprises par cœur, les thèmes anglais, la traduction de certains auteurs, il n'est guères d'élève qui, après quelques années passées au collége, ne possède assez cette langue, pour que, avec un peu de pratique, il ne puisse s'en servir facilement en tuute occasion.

Il n’est point de colléges où l’on n'enseigne dans les classes inférieures l’arithmétique, la géographie ancienne et moderne. Et l'histoire générale n’y est-elle pas étudiée largement, et avec un enseignement qui sache faire apprécier l:s événements en leurs causes et leurs effets dans l’ordre religieux, social et moral? A quelques exceptions près, qui, à part ceux qui ont étudié dans les colléges, savent l’histoire? On lira bien quelques livres historiques qui/tombent sous la main ; mais cette lecture superficielle

ne grave pas les faits dans la mémoire, comme l'étude que l’on en :*

fait dans les classes où l'on est obligé de rendre compte de ce que l'on à appris Non pas que dans les institutions classiques les leçons doivent être apprises par cœur; ce travail n'est pas et ne peut pas être imposé à la mémoire ; mais l’élève doit posséder assez bien son auteur pour donner à son professeur la substance des faits dont il a lu le récit.

De plus, dans l’enseignement de nos colléges, on fait connaître les historiens que l’on peut lire avec profit, et ceux contre lesqueis on doit être en garde. Les faits les plus importants des annales dé l'humanité y sont discutés soit en classe, soit dans les réunions académiques. L'histoire n’a été souvent qu'un mensonge ; ceux qui la lisent, sans avoir été guidés dans cette étude, ne font souvent que remplir leur esprit d'erreurs. Dans nos maisons d'éducation catholiques, en apprenant l’histoire, on apprend la vérité et le moyen de se servir de cette connaissance pour la défense de la religion et l'avantage de la société.

Il faut aussi remarquer qu’une foule de notions historiques, géographiques, artistiques, politiques mêmes, sont présentées aux élèves dans l'explication des auteurs, à propos d'un personpage, d'un lieu, d’un travail d’art, d’une institution qui s'y trouve mentionnée. Certains développements très instruclifs sont donnés par les professeurs qui ont le talent d'enseigner, ou amenés par les questions d'élèves avides d'acquérir des connaissances. L’explication d'un auteur classique peut devenir la matière d’un enseignement presque encyclopédique.

C.—La littérature est aussi l’un des principaux objets de l’éducation collégiale : elle donne la connaissance des règles de l’art: elle fait étudier les grands modèles ; elle forme le goût par les

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principes de la critique ; elle apprend à juger du mérite des œuvres littéraires, et par les exercices auxquels ils se livrent, les élèves s’habituent à l’art de parler et d'écrire, si nécessaire aujourd'hui.

D.—Mais tout cela peut s’apprendre sans grec ni latin ; il y a des traités de littérature pour ceux qui n’ont pas étudié ces langues : les règles y sont présentées avec des extraits empruntés aux grands écrivains pour servir de modèles. Vous avez reconnu vous-même que la littérature ancienne, malgré son mérite iucontestable, était inférieure pour les idécs et les sentiments à la littérature inspirée par le christianisme, qui l’égale d’ailleurs ou le su-passe pour la beauté de la forme. Croyez-vous que nos poëtes se forment sur Virgile, et nos orateurs sur Cicéron ?

C.—Je pourrais vous accorder ce que vous venez d'exprimer. Mais il ne s’en suit pas moins que la listérature antique, comme cela a été dit, a produit des œuvres supérieures que tout ami des lettres doit connaître. C'est d’ailleurs un travail fort utile pour l'intelligence et le goût des élèves que la comparaison qu'ils font entre les ouvrages des auteurs célèbres de l'antiquité, et ceux des grands écrivains modernes. Ils voient ce que ceux-ci ont pu emprunter aux premiers, et comment sous l'influence du génie du Christianisine, ils leur sont supérieurs. Les traités de littérature destinés à ceux qui ne font pas d’études classiques, et qui sont généralement connus sous le nom de poétique et de rhétorique des demoiselles, ne sont guères que des abrégés. Ils sont faciles à étudier, et par là même ils exercent peu les facultés inteliectuelles. Croyez-vous que par leur lecture rapide on se forme à l’art d'écrire, aussi bien que par la traduction des grands écrivains de l'antiquité payenne et chrétienne, dont l'élève des colléges doit travailler à faire passer la beauté dans sa propre langue, et dans lesquels il voit l’application des règles qu il a étudiées ? L’explication du professeur et ses propres appréciations, en lui faisant remarquer la beauté et quelque fois les défauts de ses auteurs, le forment à une imitation qui favorise son talent, ou à une critique qui exerce son goût.

D'ailleurs, ces grandes œuvres de la littérature ancienne que l'on traduit, et celles des classiques modernes qu'on apprend à

4 apprécier, et qu’on analyse dans les classes, dnunent aux études

littéraires une tendance élevée, et- provoquent de la part de ceux

7 ‘qui en ont le talent des travaux sérieux.

-D.—J'ajouterai que sous l'influence de l’enseignement religieux donné dans nos colléges, la littérature n’est pas présentée comme

: n'étant qu’un amusement agréable offert à nos heures de loisirs, le caprice mélodieux d’une fantaisie légère et superficielle qui ne

demande qu'un sourire passager à ses frivoles attraits. Non,il y est répété avec M. de Bonald, que la’ Poésie est la plus noble À expression des plus nobles pensées de l'être intelligent. Elle a été D ! donnée à l’homme ‘pour célébrér dans le langage le plus sublime ! Dieu et ses œuvres, là réligion- et les vertus qu’elle inspire, la M nâture et ses merveilles, l’homme et ses sentiments. Elle doit être 1 | l'expression du vrai sous seë ‘plus helles coulerrs. ‘Son but;:c'est d'attirer les hommes à l'amour et à la pratique du bien par tous lés enchantéments que doit produire le génie élevé à sun haut degré d'inspiration. L'élève pénétré de ces idées sent qu'une Composition littéraire doit avoir un but utile et une forme d’une beauté réelle: S'il demeure fidèlé au goût auquel il'a été formé, il n'aura que du dédain pour cetté littérature faciie, sans principe et vans règle, qui n'a d'autre guide que le caprice dé: l'écrivain, présente dans ses productions le mélange de l’emphatique et du trivial, et ne cherche qu’à produire des émotions sans se mettre en peine de l’effet qui en résulte. ù 5

Que lit aujourd'hui celui qui n’a pasété fo'mé:par l’éducation classique à l'admiration des grandes œuvres littéraires:? les roans, les feuilletons des journaux; rien autre chose. On‘connait à peine de nom les beaux génies de la littérature française, Rossuet, Féné lon, Racine, Corneille. Ce qui attire la lecture, ce sont ces brochures de toutes les formes et de toutes les couleurs qui s'étalent aux vitrines des libraires, et qué l'on rencontre malheureusement à sur la table de bien des saloïts. Que renferme ces amas de feuilles M imprimées? De prétendues esquisses de mœurs, des aventures romanesques hors de toute vraisemblance, des futilités de tout #9 genre, où souvent la bizarrerie de la forme le dispute à la misère du fond. Là rien qui instruise, qui excité un sentiment généreux, 4 qui élève le caractère : là sonverit, sons des déguisements plus ou moins habiles, les passions se montrent avec l'intention de séduire. De tout jeure homine qui se’ passionne à la” lecture d’un roman, on peut être porté à dire: Voici une tête qui n’arrivera pas à la force virile, et un cœur qui s’affadit.

Il faut avoir le goût de la grande et saine littérature, en relire ies chefs d'œuvre qu’on a appris à admirer au collége. Cette lecture agrandit les idées, et donne de la noblésse ét dé l'élévation ME aux sentiments. Combien d’âmes âuraïent sübi le joug des vices ignominieux, si l'amour des lettrés, les dérobant à une dangereuse oisivété où à des compagnies grossièr. 8 ne leur eut donné Ëne forte inclination vers tout ce qui és beau, ét toutice qui.est grand ? Rien de plus vrai que’ces paroles célèbres dé Gicéroti quérmous avotis apprises dans les classes : Ad percipiendum colendamque:vir:

on, il y us: noble Ile a été sublime nspire, la > doit être but, c'est ‘par tous un haut une Comme d'une été formé, s principe l'écrivain, que et du mettre en

‘éducation es l'OnAaNSs, ait à peine suet, Féné t ces broli s’étalent 1reusement de feuilles aventures és de tout | la misère généreux, ts plus ou de séduire.

un roman, a pas à la

, en relire Cette lecl'élévation g des vices jangereuse donné £ne ‘est grand ?

i quéimous amque vir-

tutem lilteris adjuvamur.….… hœc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectan*, secundas res ornant, adversis perfugium el solatim prœbent.

B.—Je vais vous dire, comme le Bourgeois gentilhémme, faites comme si je M ’eniteridais pas le latin’; traduisez-mo* ces paroles. | D.—Les lettres nous aïdent' à connaître et à pratiquer la vertu; … elles instruisent la jeunesse, elles réjouissent la vieillesse, elles sont un ordement pour la prospérité, ün refuge et unie consolation dans r’adversité.

C.—Je ferai une autre observation. Dans notre état social et politique, il est un grand nombre de citoyens, qui à raison des charges qu'ils occüpent, ou d’autres circonstances qu lés y forcent, ont à parler en nublic. Ef puis, beauconp'se ctoient appelés à écrire sur les journaux. Or, n'est-il pas à désirerique ceux à qui . on impose, où qui s'imposent ces fonctions, les remplissent de manière à se faire honneur à e'ixèmêmes ‘et à leur pays ? ‘On entend trop souvent une parole qui n’est qu’une vaine déclamation, sans aucune dignité, blessant même les règles élémentaires de’ la langue dont on se sert. ‘Que d’étrits communiqués aux feuilles périodiques, qui ne sont que l’éxpression dé l'ignorance et de l’impéritie de leurs auieurs ? Notre glôire nationale peut souffrir de cette parole orale ou écrite, si peu digne d'attention et si peu propre à une influence salutaire. La culture habituelle des ‘études classiques, la lecture assidne d'ouvrages sérieux, élèveront la pensée et donneront à la parole l’éloquence, ou du moins la correctio qu’elle doit avoir.

Etudiez, remplissez votre esprit de connaissances ; pénétrez-vous de la sagesse et du goût des bons modèles, et vous pourrez ensuite bier parler et bien écrire. Scribendi reste sapere est et principium et fons.

A.—Parlôns mainténant des études net pu can On'en a constaté l'utilité.

B.—Pas entièrement ; j'admets volontiers qu’il: est certaines questions de philosophie dont il soit utile d’avoir la notion. Mais à quoi bon ces formes d'argumentations quelques fois exprimées en termes si Lizarrés ? Que reste-tiil de positif pour l'intelligence de ces divérs systèmes qui se combattent les uns les autres, de ces interminables disputes de l’école où les plus grands maîtres-de la science disent les unis : oui, les autres: non, sui les questions qu’ils présentent ‘comme étant de la'plûs grande importance? et puis, là encore le latin, pour rendre ‘ces études ‘plus difficiles, sr mettre plus de temps à en retenir quelque connaissance. : 1° À. te Tee en employé dans pipi D de la: à philosophie,

pour que l'on n'oublie pas la langue que l'on a apprise dans les études proprement dites classiques, pour qu’on s’habitue à le parler, pour qu’on s'exprime en termes plus justes, plus précis, et enfin pour qu’à raison même des efforts que l’on faiten étudiant la philosophie en cette langue, ce qu’on a appris reste plus profondément gravé dans l'esprit.

L'étude de la logique est nécessaire : elle produit la justesse de la raisor : il est utile de s’habituer à resserrer ses pensées en des formries concises et précises, à les condenser et à les développer d'après une méthode régulière. Parce moyen or apprend aisément à surprendre r'erreur là où elle se glisse et à repousser les objections futiles élevées contre la vérité. Grâce à une forte instruction philosophique, l'esprit ne sera pas une proie facile du sophisme dont l'empire est si grand dans notre siècle ; il aura acquis cette qualité dont on regrette trop souvent l'absence, une puissante dialectique.

Quand aux divers systèmes soutenus dans les écoles, ne convient-il pas d'en avoir une certaine notion ? Est-ce qu’elles sont à dédaigner, au point même de n’en point connaître l’objet, les questions qui ont occupé Platon, Aristote, St Augustin, St. Thomas, St. Anselme, Descartes, Leibnitz, Malebranche, De Bonald ? J'avoue que l’on s’est livré à de vaines subtilités; mais on ne peut nier que l'intelligence n'ait grandement à se satisfaire, à s’instruire, dans ces dissussions, du milieu desquelles d'importantes vérités jaillissent en traits lumineux.

Et puis la science puisée à une saine philosophie devient une arme puissante à l’aide de laquelle le clirétien peut défendre la doctrine religieuse qu'il professe.

Il n’est point de travail plus grand et plus sublime que celui de l’entendement, pénétrant dans les profondeurs des dogmes religieux et y trouvant, par ses réflexions, une lumière qui lui dévoile comment l’ordre naturel s'allie à l’ordre surnaturel, comment les lois de l'existence actuelle de l’homme et de la société se combinent avec les lois supérieures et divines. L'œil exercé à ces considérations trouve moins profondes les obscurités du mystère, et si l’homme n'en aperçoit pas clairement la nature, son intelligence en devine la raison.

Mais à part ces hautes e‘ premières questions q'ie la foi résout et dont la philosophie jusqu'à un certain point peut rendre compte, celle-ci embrasse encore des matières d’un vif intérêt qui

réclament notre étude.

L'obrervatioù psychologique, la connaissance de notre “principe intellectuel, de ses facultés, de ses fonctions, l'examen des phéno-

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d'opération au moyen des organes, est-ce donc là une matière s étrangère à l'homme, pour n'être accueiilie que de son indifférence ? Cette science qui a fait briller les philosophes qui s'en sont occupés, d’une gloire si belle, présente, ce semble, assez d’importance pour qu’on doive croire qu'il n’y a pas là qu’une étude stérile et sans résultats pour la satisfaction de l'intelligence.

E.—Si des hauteurs de la métaphysique, on descend dans les vastes champs de la science sociale, là aussi l'étude de la philosopaie apparaitra digne du plus vif intérêt, et devra peut-être attirer une attention plus particulière, parce qu’elle semble d’une application plus pratique. Quel est le principe de la société, la base sur laquelle reposent ses lois, la raison de se soumettre aux devoirs qu’elle exige, les droits que l'individu peut avoir à y réclamer ? Questions capitales dont notre siècle a vu la discussion, soutenue de la force et de la violence, ébranler le monde des plus pénibles secousses, mais que la raison, aidée de l’expérience, est appelée à décider d'une manière pacifique, pour le plus grand bonheur des hommes Tout sort des doctrines, les lois, les mœurs, tes divisions qui déchirent la société, les faits divers dont se composent les fastes du monde. Si de terribles effets sont dus à la diffusion de doctrines pernicieuses, qui ne voit, dans un temps où un appel est fait à La libre émission de toutes les opinions, qui ne voit de quelle importence il est à l'homme jui peut exercer une influence quelconque par la parole ou par la plume, d’avoir fait une étude approfondie de la science sociale dont une haute philosophie donne l’enseignement sous la direction de la religion ?

B.—Mais deux années, n'est-ce pas trop de temps donné à c2s études ?

E—1] n’y a qu'une année d’études philosophiques proprement dites : vous savez que dans ies deux dernières années du cours, les sciences physiques prennent au moins la moitié du temps.

Les amis du progrès matériel ne trouveront rien à dire sans doute à l'égard des Mathématiques, de la Physique, de la Chimie. N'est-ce pas à la connaissance a; profondie de ces sciences qu'est dû le mouvement matériel dont s’applaudit notre siècle ? Ceci est trop évident pour être contesté. Dans les colléges, il se donne, vous le voyez, un enseignement élevé et développé qui fait connaître les Jois de la nature, les transformations que la matière peut subir, et toutes les richesses que doit produire une habile exploitation du mor.de physique. Est-ce que le goût de l’industrie serait Ôté à ceux qui étudient les sciences dont l'industrie n’est qu'une application? .

Eh bien ! après l’énumération qui vient d'être faite des diverses matières qui sont l’objet de l'éducation classique, que devient l’assertion qu'au collége on passe tout Îe temps à étudier du grec et du latin ?

D.—Je crois Aevoir présenter l'importance d’un cours classique sous un autre point'de vue. Un h2:t enseignement religieux y est donné. Faute d'études profondes sur les dogmes et l’histoire du catholicisme, la plus légère difficulté paraît sérieuse : elle découcerte ; on ne saitqu’y répondre. La foi qu’on professe est vaincue devant les autres, et bientôt elle chancelle au dedans de soi-même

Dans un siècle comme le nôtre, où l’incrédulité et le fanatisme anti-religieux élèvent tant de sophismes, font entendre tant de cris menaçants contre notre foi, ne doit-on pas, autant qu’on le peut, s’instruire au point de, pouvoir la défendre, et démontrer en toute occasion qui le requiert, la vérité de ses enseignements, la beauté dé son culte, et les bienfaits de tout genre qu’elle a apportés à la société.

B.—Je n'ai point prétendu exclure des cours d’études industrielles, que je voudrais voir s'établir, un enseignement religieux développé. Je ne suis pas de ceux qui croient que les intérêts du temps n’ont aucun rapport avec ceux de l'éternité, et que tout au plus, 1l ne doit être parlé de religion que däns lestemples. Je pense aussi que le simple catéchisme ne suffit pas pour former des hommes jusqu’à un certain point instruits en matière de foi. Mais je ne vois pas pourquoi une instruction religieuse convenable ne pourrait être donnée, là où les études latines et grecques ne font, qu'en des limites resserrées, partie de l'éducation.

D.—$Sans doute dans les maisons d'éducation industrielles on peut donner un enseignement religieux qui ait une grande utilité. Mais enfin comme le cours est beaucoup moins long que celui des colléges classiques, nécessairement l'instruction catholique doit y être moins développée. D'ailleurs on ne peut acquérir une ceriaine science qui permette de défendre la cause de l'Eglise qu'au moyen d'études que l’on ne fait pas dans les institutions dont vous avez parlé. La religion est nécessairement mêlée à tous les enseignements. On n’acquiert de connaissances, en queue ordre que ce soit, si l'on a éte bien dirigé dans l'étude qu'on en à faite, sans qu ‘elles ne servent à convaincre davantage de la nécessiié de la foi, à faire adunirer plus vivement son excellence ét ses bienfaits, et à donner plus d'aptitude à la défendre contre ses adversaires. L'étude de l'antiquité, cela a été démontré, fait c‘nnaître la nécessité de la révélation ; les questions fondamentalés de la Philosophie ont leur solution dans les dogmes religieux ; la littérature trouve dans les enseignements du christianisme Le” principe’ du béau, la

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règle la plus sûre du goût, et la source des plus sublimes inspirations ; les sciences sociales sont nécessairement en contact avec la morale chrétienne. . On:sent donc, que ces diverses études doivent. donner des connaissances religieuses approfondies. Il faut se rappeler le.mot de Bacon : Peu de science peut éloigner de la religion, mais beaucoup de science y ramène.

It faut, aujourd'hui beaucoup de science religieuse pour. combattre les graves erreurs qui attaquent la vérité évangélique et la divine mission de l’Eglise. Le. communisme. vient, de faire voir d’une manière éclatante ce qu'’est-une société sans foi. Mais l’nternationale cherche: à l’établir partout : et elle fait de nombreux adeptes là où les principes religieux chancellent dans les esprits, où la morale chrétienne perd son empire sur les cœurs. Croit-on que le mouvement industriel du siècle va sauver la société ? Affranehi du contrôle religieux, il ne fera que hâter, sa ruine, par la prédominance des intèrêts matériels qu’il favorisera. Les chemins de fer, a dit Chateaubriand, si lasociété ne se laisse pas guidei par la foi, ne, feront que la conduire plus vite à l’abime, — Ou bién espère-t-on que la, politique va faire régner partout la paix et. la prospérité ? Elle vient. de produire une des guerres les plus désastreuses dont l'humanité ait eu à gémir, et de toutes parts elle fait entendre des bruits menaçants, qui sont comme. un prélude de celui du canon. —Sera-ce la pure raison qui enfin mettra les esprits d'accordet fera respecter tous les droits ? T’histoire nous a fait voir, à la fin du siècle dernier, ce qu'est un peuple qui fait de la raison une déesse à qui il rend.son hommage. Cherchez eu dehors des doctrines chrétiennes, un principe d'ordre, de justice, de paix qui soit le moyen du salut de la société, vous ne le trouverez point.

Puisque c’est de, la foi que dépend le bonheur temporel aussi bien que le. bonheur éternel, selon le mot. célèbre &e Montesquieu, que l’on sente combien de fortes études religieuses sont nécessaires pour conserver et étendre de plus en plus le domaine bienfaisant de la révélation du Christ. Or,comme je l'ai fait voir, uñe éducation classique dirigée chrétiennement, montrant sans cesse les rapports de la foi avec les divers ordres des connaissances humaines, est de nature à produire en ceux à qui elle est donnée, un:attachement plus fort, parce qu'il est plus éclairé, à la religion, et une habileté plus grande pour la défendre.

A.—Ce, haut enseignement religieux maintiendra, augmentera la gloiré du, nom de notre. pays. Il n’est pas si obscur uue nous pouvons-être portés à le croire. IL a son renom à l'étranger par ses: beautés matérielles, la. magnificence des ondes du Roi des fleuves qui l’arrose, ses lacs aux vastes contours, ses rivieres aux

bords graieux, ses promontoires si pittoresques, la situation magique de sa Cité de Québec et ce pont gigantesque, jeté sur le St. Laurent, la plus grande merveille du monde én ce genre. Il a une histoire dont les récits excitent l’intérêt ailleurs que chez nos compatriotes. 1la des rapports intimes avec tro's des plus grandes nations du monde : la France, par son origine, l’Angleterre, par sa dépendance politique, les Etats-Unis, par le contact habituel d’un voisinage immédiat. Ila un commerce, qui, au loin et dans les plus grandes cités, fait compter avec lui. Il a une littérature que la renommée commence à glorifier.

Tout cela attire sur notre pays les regards des autres nations ; mais quand leurs yeux se fixent sur lui, ils lui tronvent un caractère tout spécial : l’esprit religieux forme sa physionomie historique et sociale. En effet, l’action catholique nous a faits ce que nous sommes. C'est elle qui a choisi les premiers colons du Canada, et envoyé en leurs personnes, la foi, la piété, la probité peuplier la terre que nous, leurs descendants, habitons encore. Elle a inspiré le courage des matyrs glorieux dont le sang a sanctifié notre sol ; elle a encouragé l'intrépidité de ces héros qui avec un dévoûment si valeureux ont soutenu la colonie naissante ; elle a provoqué l’esprit d'exploration qui a produit de si lointaines et si importantes découvertes ; elle a conservé notre nationalité au milieu d’une conquête qui aurait du nous anéantir, mais dont l'effet principal semble avoir été, dans les desseins de la Providence, notre soustraction à l’envahissement de cette impiété qui a amené la Révolution française avec tous ses désastres. (C’est la religion qui a maintenu en nous une loyauté, qui, en nous rendant fidèles à nos nouveaux maîtres, a empêché l'absorption de notre foi, de notre langue, de nos mœurs, de notre nom, dans l'union américaine. C’est elle qui 4 couvert notre pays de ces magnifiques institutions d'éducation et de charité, qui sont pour nous un si noble orgueil ; C'est elle qui a conservé cette diguité de mœurs, que distinguent ces qualités, disparues hélas! chez tant d’autres peuples, le respect »our les choses sacrés, l'honnêteté qui fait rougir le vice, la probité dans les transactions, l’urbanité dans les rapports sociaux, et spécialement à l'égard des étrangers. La foi, elle apparait aujourd’hui dans les hautes classes, comme dans le peuple, dans l'administration, dans la magistrature, dans la législature, dans la presse presque tout entière, dans toute l'expression sociale. Pourquoi ne dirais-je pas maintenant que la religion, par un bienfait de la Providence, qui la voit dominer en ce pays, donne cette paix, cette sécurité, ce bonheur moral que ne connaissent plus tant d’autres sociétés ?

. Ia une nos com-

nations ; un carachistorique que nous anada, et eupler la a inspiré

oqué l’esportantes d’une conprincipal lotre sousla Révoion qui a èles à nos , de notre néricaine.

stitutions orgueil ; stinguent s, le res.

> vice, la SOCiaux, arait audans l’addans la , Pourbienfait ette paix, lus tant

L'auteur du Génie du Christianisme a dit, en pârlant de la France d'autrefois : ‘‘ Les étrangers qui la visitaient, s'en retournaient, en disant au dedans d’eux-mêmes : ce royaume est réellement le plus grand entre les nations,” Les visiteurs nombreux et souvent distingués qui viennent sur notre sol, ne peuvent-ils pas redire à leur tour ; le Canada est le pays le plus religieux du monde ?

Maintenant, je le demande, cette gloire et ce bonheur dont jouit notre pays ne doivent-ils rien à l'éducation classique, reçue par un si grand nombre de nos concitoyens dans les colléges tenus exclusivement par :e clergé? Si l’on tient à ce que notre religion se maintienne, avec le bonheur qu’elle a donné à notre société, on fera bien d’y regarder de près avant de faire des tentatives pour altérer d’une manière essentielle la nature de cet enseignement, qui, sous le rapport religienx et moral, nous à en grande partie, faits ce que nous sommes, et rend notre nom si glorieux.

C.—D’après ce qui vient d’être dit, il est dans les intérêts de notre foi qu’il y ait dans ce pays un certain nombre de colléges classiques où une haute instruction religieuse soit donnée. D'’ailleurs, c’est uniquement dans ces institutions que se forment les prêtres. Or, notre clergé n’est pas encore assez nombreux pour notre société ; et de plus de toutes parts, dans la vaste étendne de la Confédération, des rives de l'Atlantique à celles du Pacifique, et d’un grand nombre d’endroits de la république voisine où nos compatriotes sont établis, on demande des prêtres canadiens pour conserver ou propager notre foi. J'ajouterai qu’il ne s'agit pas seulement pour les ministres de l'Eglise d’avoir une connaissance suffisante du latin pour apprendre la théologie et comprendre leur bréviaire. La science dans une assez large mesure est imposée au clergé. Les devoirs si importants de son ministère, la dignité du rang qu’il occupe, la défense des degmes catholiques, des iastitutions de l'Eglise qu’il doitsoutenir contre les attaques d’adversaireg nombreux, les lumières que de toutes parts on va chercher auprès de lui, parce que les lèvres du. prètre,: selon l’expression sacrées sont chargées de répandre la science, l'influence qu'il doit exercer sur la société ; tout cela impose au prètre la stricte obligation d’acquérir des connaissances étendues. Dans les colléges classiques dignes de ce nom, il aura la clé de ces connaissances etilen prendra le goût. 1l importe donc à l'honneur du sacerdoce canadien

et au succès de son ministère, qu’une haute éducation soit donnée dans les maisons qu'il dirige et où se forment ceux dont ses rangs

doivent se recruter.

C.—De fortes études feront aussi les hommes de la patrie. L'esprit cultivé par les sciences et les lettres est plus élevé, plus fort,

plus apte à toutes les fonctions intellectuelles, Le citoyen instruit est plus préparé à remplir d’une manière honorable les charges sociales et les devoirs qu'impose la vie politique. Habitué: aux considérations élevées, aux profondes réflexions, il aura une raison plus clairvoyante, plus haute dans ses vues, plus vaste dans ses conceptions; sa parole sera incomiparablement plus habile, son mérite personnel plus digne de considération; son patriotisme même plus fortement excité par les motifs divers dé servir son | pays que lui présentera son instruction sous bien des rapports, spécialement par la gloire, qu’à l’aide de l’histoire, elle lui montrera, | attachée aux noms des défenseurs dévoués de leur patrie ; et à cause de toût cela, son influence sera plus puissante, plus étendue, k plus salutaire.

Si mes souvenirs ne me trompent pas, un représentant de Sa Majesté Britannique en ce pays, éminemment distingué par ses qualités intellectuelles, a rendu un témoignage bien glorieux pour nous, en disant qu'il trouvait les principaux hommes politiques de notre Province et ses premiers Magistrats. distingués par des connaissances et une facilité, en même temps qu'une noblesse de langage, indiquant chez eux d'excellentes études.

Croit-on que si les colléges canadiens avaient manqué, la patrie

serait ce qu'elle est aujourd’hui ; que:si ceux qui en out défendu

si heureusement les intérêts n’avaient eu qu’une éducation bornée, puisée à des institutions inférieures, leur parole eût eu la même force, leur action la même habileté, leur patriotisme le même dé voûment? Eh bien! la nationalité canadienne, elle a encore des dangers à courir, des questions vitales pour elle à discuter, de fortes luttes à soutenir. Elle väinéra si elle a des athlètes munis d’armes trempées à une solide éducation : qu’on me permette de le dire, les colléges sont les arsenaux de la patrie.

D.—Ce n’est pas seulement pour former des sinistres éclairés de la religion, d’habiles défenseurs du pays que l'éducation classique est nécessaire ; notre honneur de peuple la réclame aussi avec urgence ; l'éclat des lettres est un des éléments de cette gloire dont il faut qne toute nation vive.

Grâce au développement qu'à pris l'éducation au milieu de nous, une littérature canadienne se forme ; elle présente déjà des noms distingués ; elle deviendra glorieuse si elle est encouragée. Mais les auteurs demandent des appréciateurs ; il leur faut des lecteurs qui rendent justice aux mérites de leurs œuvres et déterminent, par leur approbation, de nouveaux travaux de.leur part, qui tournent à la gloire de la patrie. Evidemment une littérature n’est possible dans un pays qu’autant qu'il s’y trouve un nombre consi-

yen instruit les chargées abitué aux une raison ste dans ses

dérable d'hommes qui aiment les lettres. Plus l'éducation répand de connaissances, plus le goût se forme, plus le talei.t est porté à s’éveiller, et à recevoir uue impulsion qui lui permette de prendre tout son essor. $

M Maintenant si je demandais : le goût des lettres et des sciences habile, son | est-il suffisamment répandu dans notre pays pour espérer un cer-

patriotisme tain éclat sous ce rapport dans un avenir prochain ? Est-il beaur7 100 coupd’hommes en état de juger du mérite des compositions intelapport 4 lectuelles ? Les livres, les écrits sérieux trouvent-ils de-bien nom- 1 montréra, breux lecteurs ?......Je serais heureux d'entendre une réponse atrie; età M affirmative à cette question.

us étendue, Quoiqu'il en ait été du passé, le présent donne des sspérances } pour l’avenir,et je crois sincèrement que l’on progresse rapidement tde Sa Ma- | dans un sens favorable à la diffusion des lettres. Ne me serait-il

par ses qua- pas permis de dire que notre esprit national doit nous y porter ? orIeux pour Ne sommes-nous pas les fils de la France dont la gloire littéraire s politiques est si grande, où les œuvres de tatent sont si bien goûtées et si forués par des tement encouragées par la faveur du public ?

uoblesse de Sans doute la classe amie des lettres n’est toujours qu’une partie

ÿ | minime d'un peuple ; mais c’est celle-là qui, après tout, fait l’esprit é, la patrie de la nation, lui donne sa gloire et détermine ses destinées. nt défendu M Je vois avec bonheur de nouvelles voies ouvertes à l'honneur ion bornée, et à la fortune pour nos jeunes compatriotes ; le goût des armes se eu la même maniteste chez un certain nombre d’entre eux. L'organisation mimême dé |} litaire est une nécessité actuelle de notre pays, et elle pourra conencore des tribuer à sa gloire ; la bravoure de nos aïeux ne manquera pas

liscuter, de dans l’occasion à leurs descendants.

ètes munis ) Mais qu’on mejpermette donc de voir la gloire future de mon pays ermette de dans les triomphes de la parole de ses orateurs, dans l'éclat de la «| plume de ses écrivains, dans les vertus ornées de la science éclairés de | de ses concitoyens revêtus de l’habit qu’on porte en temps de ion Classi- paix :

aussi avec | Cedant arma togæ; concedat laurea linguœ. zloire dont | A.—Sans doute l’industrie mérite des encouragements dans un | pays encore nouveau comme le nôtre ; les richesses de notre sol u de nous, ; ont be.oin d'être exploitées: le commerce est une source de prosdes noms périté qui doit couler plus largement encore. Mais surtout l'agrigée. Mais culture réclame à grands cris des bras qui l’exercent, des soins es lecteurs | éclairés qui la dirigent, un dévoüment qui se consacre à remuer erminent, 1 la glèbe de la patrie, plutôt qu’à aller ramasser, par un travail hon- , qui tour- teux, sur une terre étrangère, un or qui flétrit la main qui le touche, ture n’est et qui, au reste, ne l’enrichit presque jamais.

bre consi- À ces éléments de la prospérité nationale, il faut porter un

intérêt puissant, et préparer une instruction qni puisse les développer.

Je ferai observer que ceux qui ont fait un cours d’études classiques, ou même seulement une partie de ce cours, seraient bientôt prêts, à raison du développement de leur intelligence et de lensemble des connaissances qu’ils auraient acquises, à embrasser une autre carrière que ceile des professions libérales. [ls auraieñt besoin de fort peu d'étude pour s’y préparer; et comme un assez

grand nombre d'exemples l'ont prouvé, on ne tarderait pas à' voir

leur aptitude aux affaires. Au reste, une éducation classique ne ferait que donner unplus grand Honneur, une plus forte aptitude à

servir la patrie, en même temps qu'un noble délassement à leurs travaux, aux concitoyens qui se distinguent par leur habileté

et leur succès dans l’industrie, le commerce et l'exploitation du sol. C'est une erreur de croire l'éducation classique utile seulement aux classes dites professionnelles.

Mais qu’on n’oublie pas que dans tout corps la tête est la partie principale, que c’est d’elle que dépend toute la vie. Qu'on apporte une attention dévouée à pourvoir aux bescins des différents membres du corps social, c’est un devoir et une nécessité; mais que l’on songe surtout à ce que la patrie puisse marcher avec une tète saine, qui ne porte pas l’empreinte d’une ignorance, signe d’une caducité précoce, mais qui, au contraire, se tienne haute avec une noble fierté, exprimant une vive inteligence embellie d’une forte et brillante éducation.

B.—Messieurs, je vous ai dit en cominençant que je n’avais guère étudié la question. Ainsi, comme vous l'avez vu, j'ai éte plus fort à élever des difficultés qu’à les maintenir contre vos réfutations. De fait, je répélais plutôt les reproches que j'avais entendu faire à l'éducation de nos colléges, que je n’exprimais des opinions personnelles bien formées. J’ai cherché à m'iustruire en provoquant des solutions aux objections que je présentais. J'ai reçu une éducation classique ; mais, pour ne pas faire d’aveu qui ne serait pas en faveur de mon amour pour l'étude, je dirai que les circonstances où je me suis trouvé ne m'out guères permis d'entretenir les connaissances qui m'ont été données au collége. Autant qu’il me sera possible pour l'avenir, je mettrai à profit les considérations que je vous ai entendu développer. Mais si je vous accorde bien volontiers que l'éducation classique doit être conservée telle qu’elle est, du moins vous voudrez bien admettre que les colléges ne doivent pes se multiplier au-delà des besoins réels de notre sociélé, et qu’n

* plus grañd'nombre d'institutions d'éducation industrielle devraient.

être établies.

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LES ÉTUDES C ..SSIQUES. 33

A.—Que l’on donne au peuple l'instruction qui lui convient, il le faut pour son avantage. Mais que les colléges ne soient point l'objet d’une indifférence qui semble prète à les sacrifier, onu du moins qui ne songe pas aux moyens de les rendre plus dignes du but de leur institution.

Je n'ai point à traiter la question du nombre plus ou moins grand de maisons de haute éducation que demande notre société. Mais il faut tenir à ce que les € 'udes soient solides, fortes, complètes, propres à faire des hommes utiles à la religion et à la patrie.

L'honneur des lettres en ce pays est intéressé à ce qu'on n'élève fes

sous leur nom des monuments qu’elles repudieraient,

Chacun doit apporter sa part dans la grande œuvre de l’éducation. Le clergé, an dévoûment duquel ce pays doit tous se: élablissements d'instruction supérieure, et qui déjà a commecé à élever des maisons pour former aux professions industrielles. le clergé saura encore montrer un zèle éclairé pour encourager la diffusion de la science, qui lorsqu'elle est dirigée par la religion, contribue si efficacement au bien moral, à la gloire et à la prospérité d’un peuple. Les citoyens éminents, responsables de la direction des intérêts du pays, remis entre leurs mains par la confiance publique, ont compris et comprendront mieux que jamais à raison de l’état de notre société, que l’enconragement à donner à une éducation qui fera l'honneur de la patrie, est un de leurs premiers soins. Ceux qui sont à la tête des maisons d'éducation auront toujours à cœur d’y former des hommes éclairés qui servent avantageusement et glorieusement l'Eglise et l'Etat. Les parents qui jouissent d’une certaine aisance, et qui auront eu, par les progrès de leurs enfants aux écoles primaires, une garantie de leurs succès dans de plus hautes études, sauront leur procurer cette éducation classique, propre à leur faire occuper des positions honorables pour eux et grandement utile au bien public, et leur donneront par làmême l'héritage qui excitera le plus en leur cœur la reconnaissance à leur égard. Et l’esprit judieieux de Fopinion publique ne manquera pas de sentir ce qui doit être l'objet de son approbation et de son influence sur cette question de l'éducation, si importante pour la vie d’un peuple. Que tous se souviennent qu, comme l'individu, la société se forme par l'éducation, et que l'avenir de notre pays dépend des institutions où auront à s'instruire ceux qui par leur influence devront déterminer ses destinées. Chez tous les vrais amis de la religion et de la patrie doit être la conviction que l'éducation donnée dans nos colléges est la sauvegarde de notre foi

et de notre nationalité.

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