‹ Entretiens sur l'architecture (volume 3)Chapitre 12 sur 23 · DE LA BASILIQ^UE DES GEANTS · texte numérisé non relu

DE LA BASILIQ^UE DES GEANTS

(AGRICENTE)

SIXIEME E\TKF,Tin\.

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de la guerre du Péloponèse, ils se gardèrent de rien prendre aux Asiatiques, contre lesquels ils étaient incessamment en guerre. Pendant cette

période si courte et si brillante, les arts de la Grèce rayonnèrent, et leur influence s'étendit sur le Bosphore el probablement sur une partie du littoral de la Syrie. Là, cependant, existait, bien avant la belle époque de la Grèce, une civilisation puissante , possédant des arts empreints d'une énergie toute primitive. La Phénicie, la Judée, élevaient des édifices, faisaient le commerce, fondaient des colonies, bien avant les temps historiques de la Péninsule hellénique. Après avoir étouffé les derniers restes de l'indépendance de la Grèce, les Romains étendirent leur empire jusqu'en Syrie, jusqu'en Perse ; alors les Grecs, n'ayant plus à lutter contre les Orientaux de l'Asie, devinrent les intermédiaires n:ilurels, par le commerce, du Levant avec l'Occident ; ils remplirent le

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rôle que, plus tani, los Vénitiens sureiil prendre eiilre l'Asie et TEuropp occidentale. Ils trouvèrent en Syrie, sur les côtes de raiitique Phénicie, en Judée, des arts au développement desquels ils avaient concouru peut-être sans le savoir, mais qui cependant conservaient, bien plus que ceux de la Grèce, les traces de leur fi,randeur primitive; ils trouvèrent là une des sources auxquelles les Romains avaient dû puiser dès le temps de lu république, la source des arts étrusques. Ceci demande à êtr(> expliqué. Les populations de l'Etrurie possédaient, au moment où Rome commençait à compter pour quelque chose en Italie, un art développé ; ils connaissaient la voûte, non point la voûte en pisé battue sur forme, mais Tare appareillé en pierres de taille ; ils construisaient en blocs énormes, posés sans cales ni mortier; ils décoraient cette construction, issue de puissantes traditions, de pilastres peu saillants, de disques, de profils qui ne sont ni les profils égyptiens, ni les profils assyriens. Des découvertes récentes ', contestées, il faut le dire (mais quelles sont les découvertes qui ne sont pas contestées par ceux qui ne les ont pas faites?); des découvertes récentes, dis-je, ont mis en lumière des restes d'édifices judaïques, et par conséquent se rappi'ochant beaucoup des arts phéniciens, qui ont avec les arts de l'Etrurie les plus grands rapports. Même construction, mêmes principes de profils, même genre de décoration, et, |)lus que tout cela, voûtes faites de blocs énormes de pierres appareillées.

M. de Saulcy. à qui les archéologues doivent ces importantes découvertes, contestées, il est vrai, a bien voulu me conniiuniquer la collection de i)hotographies et de notes qu"il a recueillies en Palestine. Si on discute la valeur archéologique de ces documents, on ne peut contester l'exactitude de la photographie, et, pour h; praticien, pour celui qui a vu des pierres accumulées et taillées par la niain des honnnes , qui sait comme on les taille et comme on les pose, la photographie acquiert l'importance du fait. Ydici donc qu'à Jérusalem on reconnaît ou on croit reconnaître les restes de la plate-l'orme , composée de pierres colossales, sur la([uelle s'élevait le temple de Salomon , et sur l'une des parois de cette plateforme apparaissent les sommiers d'une voûte en berceau formant jadis' un pont de communication entre le temple et le palais. Voici (fig. 10) une copie lldèlr de ces restes. Ce pont serait celui (|ui fui détruit par les Juifs lorsijuc Pompée fit le siège du temple de Jérus:diMn. G!i ans avant

' Les mominients dont nous .liions enlreleiiir nos lecteurs el que M. de Saulcy a rassemblés el diVrits, ne sont certes pas découverts par lui, pnisr|u'ils sont connus depuis longtemps. I,a véritable découverte ilont nu peut faire luinueur ;i M. de Saulcy, c'est celle de la date probalile de CCS uiouunieuls.

SIXIÎ'MK ENTRIÎTIEN. '21']

Jésus-Clirist ^ Au-dessus de ces blocs de pierre, parfaitement joints et apparcilh's. apparaissent, en B, les restaurations du temps d'Hérode,

ainsi que l'admet M. de Saulcy: puis, en C, des parements du moyen âge. Sans prétendre entrer dans les discussions élevées à propos de l'âge de ces constructions, je me bornerai à constater ce que chacun peut vériliei-. D'abord les blocs énormes qui composent cette plate-forme sont pris dans les calcaires jurassiques du pays, lesquels sont fort durs et résistants; sous un climat conservateur, pour que des calcaires de cette nature en viennent à se décomposer ou plutôt à se dépouiller des lits tendres, ainsi que l'indique la figure ci-contre, il faut bien admettre qu'entre la misa en œuvre de ces blocs et notre siècle il s'est passé un laps de temps très-considérable. De plus, la construction B est évidemment romaine, et les parements, bâtisen pierre identique à C(^llc de l'arc,

' .. F.t s;ins dllïéioi' il;i\,iiiUise (ceux du pnili d'Avistulnile) se saisirent du temple, ronipi- « reiil le pont qui le joignait à la ville et se mirent en devoir de se défeudrc. Les autres reiu- « rent Pompée, et lui uiiieiil ainsi entre les mains la ville et le palais roval " favec lequel re poul étalilissail une eonimiiniealion). Klav. .losepli, Ilixinirr iiiiriciini' f/cs- Jiiif^. liv. XIV, e^viir.

218 n>TnETiE\s si:n r.\\RCrnTi:CTt;RE.

sont intacts : donc, entre cette construction B et celle du dessous, plusieurs siècles se sont écoulés. Puis, enfin , ces blocs ne sont pas taillés conformément à la méthode usitée sous l'empire ; les faces sont grossièrement dressées, et autour des lits et joints on remarque une large ciselure, ainsi que celle que l'on trouve sur les quelques rares débris des appareils phéniciens. Les lits et joints sont admirablement dressés, parfaitement planes, sans mortier. Titus, dit Flavius Joseph d. VI, c. XLii), « étant entré (dans la ville de Jérusalem, après le siège), en « admira entre autres choses les fortifications, et ne put voir sans « étonnement la force et la beauté de ces tours que les t\ rans avaient « été assez imprudents pour abandonner. Après a\ oir considéré altenti- « vement leur hauteur, leur largeui', la grandeur tout extraordinaire des <( pierres, et avec combien d'art elles avaient été jointes ensemble, il

« s'écria : « Il parait bien que Dieu a combattu pour nous »

Si cet arc et les murs qui lui servent de culées ne datent pas de la construction primitive, entreprise par Salomon et continuée pendant plusieurs siècles après lui ', il faut admettre qu'ils appartiennent à la restauration ou à la reconstruction entreprise par Hérode sous Auguste. Mais alors quelle date assigner aux constructions romaines dont on voit les restes en B? Il faut apparemment que ces dernières constructions romaines soient exécutées par quelqu'un; or, entre le règne d'Hèrode et le siège de Titus, il n'est pas question que le temple ait été rebâti ou restauré jusque dans les fondations, et, depuis Titus, les Romains ne paraissent pas avoir rien fait au temple de Jérusalem. Que ces blocs aient été mis en place par Salomon, on n'en saurait fournir la preuve é.vidente ; mais qu'ils soient antérieurs à la domination romaine, cela ne peut guère être mis en doute, et c'est tout ce que je tiens h con-

' Voici ce que dit l'iiistorien Flav. Josepli sur ces soiihassenicnts du temple de Jérusalem. H remarque qu'ils furent, successivement augmentés. Salomnn ne (il élever que le mur de soutènement vers l'Orient.., « Mais dans la suite dos temps, le peuple continuant à pnrler des " terres pour élargir encore cet espace, le sommet de celle montagne se trouva de lieauconp u accru. On rompit depuis le mur qui était du côté du septentrion, et l'on enferma encore

« un autre espace aussi grand que celui que contenait tout le tour du temple U suffit,

« pour juger de la grandeur de celle entreprise, de dire qu'outre le périmètre d'en haut, on » éleva de trois cents condéos, et en quelques endroits davantage, la partie liasse du temple; n mais l'excessive dépense de ces fondations ne paraissait point, parce que ces vallées ayant « depuis été condilées, elles se trouvèrent revenir au niveau des rues étroites de la ville ; et

" les pierres que l'on employa à cet ouvrage avaient quarante coudées de long r, Guerre

(les Jiiifa contre les /iomniiis, liv. V, c. xiv. Kn effet, les blocs de ce soubassement, qui aujourd'hui encore s'élève h une grande hauteur, au-dessus d'épais alterrissemenls, sont d'une dimeusion extraordinaire ; les assises ont en moyenne 1 '",60 de liant sur une longueur de h îi 7 mètres, (pielquefois plii';.

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stater. Je sais bien qu'en Syrie, à Balbek, par exemple , on trouve des restes de constructions élevées en blocs gigantesques, que Ton a mis ces constructions sur le compte des Romains, et que, partant de là, on en a conclu que les Romains avaient parfois employé ces moyens extraordinaires, et que, par conséquent, ils pourraient être les auteurs de Fenceintc du temple de Jérusalem. Ce raisonnement repose sur des observations incomplètes. Les soubassements du temple de Balbek appartiennent à un édifice antérieur au temple bâti soiis Adrien. Ces constructions primitives ne sont pas orientées comme celles du temple romain, et, dans les caves, on aperçoit parfaitement la soudure de la construction romaine sur le soubassement primitif, bâti connue celui du temple de Jérusalem, en blocs énormes. Ces caves primitives sont voûtées; puis, pardessus viennent se poser les berceaux romains. L'arc du pont de Salomon peut donc appartenir à l'époque phénicienne.

Mais, objectera-t-on, voici deux ou trois assises de très-gros blocs, il est vrai ; appuyer tout un système sur un fragment aussi peu important, cela paraît au moins hasardé. Soit. Ces fragments ne sont pas les seuls ; presque toute la base de la plate-forme et une partie de l'enceinte du temple de Jérusalem existent, et sur quelques points ces restes atteignent une grande hauteur. Yoici (fig. 10 bis) la face sud de l'angle sud-est de cet énorme soubassement. Peut-on voir là une construction de l'époque d'Hérode le Grand, de ce roi dévoué à l'empire, qui avait avec les Romains des rapports incessants, qui avait bâti la ville de.Césarée, consacrée à Auguste, qui avait concouru de ses deniers à la construction de la ville de Nicopolis, bâtie par cet empereur, qui lui-même avait été' à Rome et y entretenait des ambassadeurs? Ne trouve-t-on pas, au contraire, dans ce soubassement, la trace d'un art tout primitif? Ne serait-ce que la retraite des assises posées en talus, conformément aux méthodes de tous les peuples à leur origine, cette forme n'indique-t-e!le pas une très-haute antiquité? Et cet appareil énorme, et ces tables saillantes, et, je le répète, les délitcmenls de ces blocs, ne sont-ce pas là des preuves d'un âge bien antérieur au temps d'Hérode? Or si cet angle est de l'époque de Salomon ou de ses successeurs immédiats, l'arc dont nous \enons de donner le dessin en est aussi ;.car les pierres, leur taille, leur pose sont les mômes dans cet arc et les autres parties les plus anciennes de la plate-forme du temple.

Les Étrusques, comme les Carthaginois, avec lesquels ils avaient des rapports évidents , ne sont-ils pas les restes d'une colonie phénicienne, chez laquelle les Romains de la république ont été puiser les premières notions de l'art de bâtir?

220 i;.\TUj:nii.\s st u i. akciiitkcm m;.

Mais 11IHI8 110 voyons dans le.-? soubassemenls de la i)late-riii iiic du

Jt5 '■-

temple (le Jérusalem que des paremi'uls. sans a|)|)a\'eiice de sculpture: si CCS parements appartiemient à une époque très-recuh'e , ainsi (jue le prouv(Mil la dimension colossale des blocs, la manière dont ils sont taille.-

SIXJKME Ji:\TKETIE\.

et leur appareil présentant des décrochements nombreux ', il n'y a rien là (|ui puisse nous indiquer un art. Oi' il existe, près de Jérusalem, un assez grand nombre de tombeaux taillés dans le calcaire jurassique qui couvre une grande partie de la Palestine. M. de Saulcy pré'tend que ces tombeauv datent de l'époque des rois ; ses adversaires leur donnent un(> date beaucoup plus récente. Mais, 1° les Romains n'avafcnt pas pour habitude, sous l'empire, de tailler leurs tombeaux dans le roc vif; 2° la tradition, qui doit loujoui's être consultée, les fait remonter, déjà du temps de Constarilin, à l'époque judaïque; 3° le style d'architecture de ces hypogées est étranger à l'art ^-omain. Prenons, par exemple, parmi ces tombeaux, l'un des plus importants et celui qui, par certaines formes de rarcliitecture, et même certains détails de moulures, ressemble le plus à l'art romain de l'empire, le tombeau des Rois (fig. 11) . Les deux piliers de réserve qui se

trouvaient en A sont détruits. Nous voyons ici. il est vrai, les triglyplirs

' On vomira bien oliservev que tons les appareils primilifs sont nii cijclopéens, c'est-à-dire composés de hlocs irréguliers posés tels qu'ils sont IdUrnis par la carrière, au moven d'une fausse équerre, ou décrochés. Ils sont cyclupéens quand la pierre ne peut s'extraire que par fragments à faces non parallèles; mais dans les contrées comme la Judée, où le calcaire se rencontre naturellement par bancs parallèles, il est clair que les constructeurs employaient la pierre lolle que la nature la leur fouriiissait. Cepcndiml ces bancs sont de hauteurs inégales, et pour les mettre en œuvre, il fallait souvent, dans les lits, admettre les décroclicmenls, ou se résoudre à faire, sur un grand nombre de blocs, des levées, opération que n'admettent pas des cons'ructeurs primitifs. On peut donc, rien qu'à voir un appareil, reconnaître toujours s'il appartient à une civilisalinn primitive ou à une civilisation avancée dans la pratique des arts et de l'iiidii>lric.

EXTRKTIENS SDR I.'aRCFUTECTLRK.

de l'orcire dorique grec ; mais qui nous prouve que, primitivement, les Grecs n'ont pas été prendre ce détail aux Phéniciens ou aux Juifs? Quant ;\ ces palmes, ces couronnes, ces disques, ces raisins et surtout ce grand encadrement qui est au-dessous de rarchitrave et se retourne d'équerre aux angles, ce sont là des ornements qui ne sont ni grecs, ni assyriens, ni romains. L'examen détaillé de la sculpture va nous donner, plus encore que l'ensemble du nionumcnl, Tidée d'un art original. Observons (fig. 'J 2) ce morceau de frise , ces palmes triples , la façon

anguleuse dont elles sont taillées, ces grappes de raisins,-ces couronnes

/ -"■^V- I tfjf-fitii»

uspnndues à des cordelettes nouées. Voyons encore (fig. l'i) ces frag-

SIXIE.MK liMRETIliN.

nients de roncadreineiit, coinposi- de l'euilles d'(ili\ier et de feuilles de \ignc. Jamais ni les Grecs, ni les Romains, et surtout les Romains des bas temps, n'ont fait de la sculpture de ce style. Veut-on encore un exemple empreint d'un caractère plus original? Voici (fig. ]l\) un

morceau du t\nipaii surmontant l'ouverture du tombeau des Juges, également taillé dans le roc. S'il existe au monde une sculpture d'ornement qui ait quelque rapport avec celle-ci, c'est évidemment la sculpture byzantine des iv% v" et vi" siècles. Prétendra-t-on que ces hypogées datent de cette époque? Mais alors pour qui et par cjui auraient-ils été faits? Et si l'on accorde qu'ils sont antérieurs au iv" siècle, les ferait-on remonter seulement à l'époque d'Hérode, n'est-il pas évident que les Grecs byzantins ont pris beaucoup à cet art? Dans ces sculptures (fait à noter), absence absolue de toute représentation dliommes ou d'animaux; c'est, sur tous les tombeaux, le même faire, une exécution sèche , précise , plate , découpée , pleine de caractère , en même temps qu'on y trouve un modelé fin, travaillé, un coup do ciseau primitif, dirai-je; c'est-à-dire les qualités opposées à la sculpture du Bas-Empire, qui est molle, lourde, saillante et monotone, qui manque absolument de style et n'indique qu'un art avili tombé dans le métier. Je parle à des artistes, et il me semble que pour eux, du moins, il ne peut y avoir de doutes sur le caractère primitif de cette sculpture.

Mais supposons , si l'on veut . cjue ces tombeaux datent de l'époque romaine, qu'ils snient du ti'uip-- iTHérode le Grand, ce qu'à la rigueur

22/( KNTRiniK.NS SU! l.'AKCUlTKCTL'nii.

on peut soutenir, puisqu'en parlant de la reconstruction du temple de

Jérusalem par ce prince, Flavius Joseph dit, dans son Histoire ancienne

des Juifs (liv. XI, c. xiv) : « L'architecture des portiques (du temple)

« était presque semblable au reste ; l'on voyait tendues au-dessus des

« tapisseries de diverses couleurs embellies de fleurs de pourpre, avec

« des coloinies eiitl'e deux , aux corniches desquelles pendaient des

« branches de \igne d'or avec leurs grappes ei leurs raisins si excel-

« leniment travaillés, que dans ces ouvrages si riches l'art ne cédait

" point à la matière. » Hérode avait employé des artistes asiatiques pour

élever son temple, et ceux-ci possédaient des traditions d'art qui leur

appartenaient, qui n'avaient rien de romain. D'ailleurs, Flavius Joseph

a bien le soin de nous faire connaître à quel point les Juifs étaient

jaloux de leur nationalité, comme ils ne pouvaient souiTrir l'influence

étrangère, et Hérode, désireux de conserver sa popularité, depuis la

fâcheuse tentative faite par lui pour introduire des fêtes et usages

romains en Judée, se serait bien gardé, dans la construction du temple,

d'imposer un art étranger. Les tombeaux de Jérusalem seraient-ils du

temps d'Hérode, qu'ils n'en conservent pas moins la marque évidente

d'un art local, et pour nous cela suffit.

Cependant, suivons la classilication chronologique donnée par la tradition ; arrivons maintenant aux constructions qu'on attribue à Hérode le Grand. On sait qu'Hérode restaura le temple, qu'il le reconstruisit même en grande partie. Après lui, on ne touche plus à ce monument jusqu'à sa destruction par l'armée de Titus. Titus rase la ville de Jérusalem , sauf deux tours ; il en fuit une solitude, et ce ne fut que sous Adrien que la vill(^ juive so repeupla, mais sans jamais sortir entièrement de ses ruines. On comprend très-bien que, quelle que soit l'ardeur des destructeurs de villes, quand il s'agit de renverser des murs comme ceux dont j'ai donné des fragments (fig. 10 et 10 bis), on est en droit de se décourager. La prophétie « 11 ne restera pas pierre sur pierre » était d'un accomplissement difficile par la main des hommes. Or, non-seulement il reste des débris considérables de la plate-forme et de l'enceinte primitive du temple, mais aussi des fragments de sculpture ; et , sur quelques points de l'enceinte, on reconnaît parfaitement les restes de constructions postérieures aux appareils gigantesques figurés ci-dessus; ces restes, comme structure, ont une apparence romaine; ils ne peuvent cependant appartenir qu'au règne d'Hérode. Il est assez heureux pour l'histoire de l'art que, de cette enceinte, il reste une porte décorée de sculptures, et, bien que cette sculpture et les foi-mes de l'ari'hitecture accusent un art beaucoup plus avancé que celu

(fig. Ifi)

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