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Entretiens sur l'éducation des filles

Cm EtUntitiu ■ iont «le Aevt «ortes : avec les Dames dé Mànt-LetriB, ««M le» demoiselles. Void où et comment ils araimt lieu ;

U» Dames de Saiot-LouiB avaient, dans le tnilieu de la joarnte, um heun de récréatif qu'elles paseaient ordioaii^m^it daai leur e^le de oommuoaulé, autour d'une grande tsbl«, à cwTener librement et i traTailler ft l'aiguille. M™ de Maintennn manquait rarement de venir à ces réeréatiei»; elle j apportait sou outrage, et, tout en tra- Taillant, elle «omersait avec les Dantes, se laissant interner sur toutes sortes de sujets, leur domnnt des tnsti'uetiODS, soit sur la conduite de la maison, soit sur l'fducation de* demoiselles, entremêlant le tout 'de nouvelles de la cour, d'ânecdotee particulière8,d'eiemplefl ^^desa propre vie. Les Dames étaient d'une curiosité extrême à assister k ces entretiens, et conune toutes ne pouvaintt le faire, étimt occupées «u diveices charges de la maison, elles répétaient à tours co«pegaes ateentes ce qu'elles avaient entendu; dlet T'écrivaient, et elles Unirent par en faire des recueils. Nous avons dit dans ia préface des Lettm mr tÉdvcuifim (page 12), ifue H"" de Berval fut la pramère à faire un de ces recueils, qu'elle le donna à lire i M"' de Haintenon ^le-

* floiM ponvana r^p^ler ui lujet dei EnlreUeiu ce que nout »oaB dil d« tiÊltnt «M- i'MMaHaii da HUa, Ce ne ival fn ia tniUi diduAiqiiM jwAnMot tm •r*)^***)«a9<el. ««a>*diqH) itdDMtlvn et («ptifcnKMI «ppJîcsiile parluiilj ce sont )ei opiakiiw df H"''de KùotaDoa aur l'Miicitun pttticuKtR qu'on devait uiiire à Salut'r.ir.el qoi te rattaclicni pibirtllement

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même, qui le corrigea de sa main. Les Mimoirea des DanuM conlirment ce que raconte à ce sujet M™ de Bemal : • Nous eutreprimes, disent-elles, de mettre au net le recueil des entretiens que nous avions eus avec M"" de Maintenon sur l'esprit dans lequel nous devions entendre nos obligations, et surtout celles qui regardent les classes et la manière de bien élever nos demoiselles. Nous donnâmes à ce recueil beaucoup de temps, et, après l'avoir transcrit plusieurs fois à loisir, nous le montrâmes à H°" de Haintenon, qui le lut d'un bout à l'autre, qui mit bon et un apostille à chaque câbler par lequel elle adopte tout ce qui y est contenu, d Enfin, on trouve dans les Lellres édifiantes (t. VI, Lettre Lm) une lettre de M"» de Maintenon à M"' de Berval (1691) qui commence ainsi : « Vous savez que je suis tombée d'accord avec vous, que vous écriviez les réponses que je vous fais sur les questions que vous me faites, afin que je les fasse revoir et corriger, et que je ne laisse rien qui ne soit bon et approuvé... »

Les Entretiens avec les demoiselles se passaient à peu près de la même façon. Encore bien qu'il y eût à Saint-Cyr un enseignement régulier et un ordre du jour, chaque maîtresse disposait à peu près à son gré du temps et des leçons. Elle ne faisait pas ce que nous appelons des eouri; elle n'imposait pas des devoirs; mais comme tout était subordonné à l'éducation, elle profitait de tout, d'un mot, d'une lecture pour faire des instructions morales à ses ' demoiselles, pour les redresser sur leurs défauts, pour leur donner des conseils sur leur vie actuelle et future.

D'après cela , M™ de Maintenon arrivait souvent à l'improviste dans une classe; eUe prenait occasion, soit d'une . instruction faite par les dames ou répétée par les demoiselles, soit d'une question qui lui était adressée par les unes ou les autres pour prendre la parole , et elle donnait ainsi.

3,Cooi^lc

PRÉFACE. m

aux demoiselles, sur tous les sujets, les instructions les plus variées, les plus attrajantes, les plus sages. Elle se laissait interroger par les plus petites comme par les plus grandes; elle répondait à toutes avec une patience, une bonté égale à la justesse et àla droiture de son esprit; elle mêlait aux préceptes les plus sévères des détails curieux, des anecdotes agréables; puis après avoir recommandé à ses chères enfants de mettre en pratique ce qu'elle leur avait dit, elle les quittait, les laissant émerveillées de son beau et doui langage, de sa raison pleine de grâce et d'agrément.

Les Entretiens avec les Dames ne commencèrent à être recueillis qu'en i694, à l'époque où Saint-Cyr fut changé en monastère , où la maison prit une forme régulière , où M°" de Maintenon s'efforça , par des iustructions plus fréquentes qu'auparavant, de rendre les Dames de Saint-Louis dignes de leur sublime vocation.

Les Entretiens avec les demoiselles ne furent recueillis qu'à dater de 1700. A cette époque , M""' de Maintenon s'adonna entièrement ans classes, y allant tous les jours, y faisant les fonctions de maîtresse , enseignant aui Dames, par son eiemple, à rendre leurs élèves « les plus parfaites qu'il soit possible , selon Dieu et selon le monde. » ( EntreiienXXXVU. ) — uJe suis résolue, dit-elle dans un de ces Entretiens , de me donner tout entière et de vous aider de tout mon pouvoir à établir dans les classes un bon esprit, et cette éducation solide dont je vous parle si souvent : celle que nous leur avons donnée jusqu'ici a été trop extérieure et trop superficielle.» {Entretien Il.J

J'ai inséré dans ce volume tous les Entretiens de M>" de Maintenon avec les demoiscUes , moins trois ou quatre qui Uouveront mieux leur place dans le volume intitulé : Conteiij aux jmtnet fille*, etc. Quant aux Entretiens atee les

,,„,.... Coo^^le

iV PBÉFACB.

DameB, je n'ai mis dans ce volume que les eutretieus relatif* à réducation; d'autres qui sont eotièremeiit rem^ de détails histnriquee auront naturellemfait leur pUee dans la Cotreiptatdanee généraie; enSn il en <st quelques-uns quA j'iu entièrement Eupprimës; ceui-ci sont remplis uniqu^neut de détails inutiles à rapporter, eut ta t^ue intérieure de la maison, les diiïérentes fonctioiis des Dames, etc. : ils n'offrent aucuti iatérét pour nous.

Je répéterai pour les Entretiens but l'éducation ce que j'ai dit pour les Letbes : m On ne saureit aujourd'jbui proposer entièrement et absolument pour modèles oe« instructions, si sages qu'elles soient ■ On les trouvera sans doute trop séfères, trop religieuteg , trop monacales ; telles qu'elles sont et considérées seulement à un poiat de vue lillérairej elles sont un spécimen très^urieui de l'éducation du dis-eeptième lûècle; elles complètent cet épisode si plein de charmes ijui forme l'histoire de la maison de Saint-C;r; enfin elles s<Hit par elles-mêmes des documents historiques trèB-précieui. Aussi me suis-je bies ' gardé de retrancher certains passages qui fourniront de nouvelles armes aui ennemis de H°" de Maintenon : la publication que j'entreprends des écrite de celle dame n'est point faite dans un but d'apologie aveugle : c'est tout simplement, et comme M. Guizot me l'écrivait récemment , « la plusimportantequiresteàfairesurlesiècle de Louis XJV. ■ Les Entretiens tur VédMcatian sont, à l'eiceptioo de deux que La Beaumclle a publiés à sa manière, eutièraaent inédits; ils ont tirés des mêmes manusciils ^u£ j'ai cités et analysés dans la préface des Lettre» tw CtidtuMtiM.

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