AVEC LES DEMOISELLES DE LA CLASSE VEKTE (170S
parlez-en selon qu'elle est gùe ou tragique, belle ou édifiante, et faites un peu agir vos esprits pour en tirer quelque moralité ou quelques éclaircissements. Vous venez de voir jouer Jonathaa ', que ne vous en entretenez-vous? quenedites-vous : je n'entends pas un tel vers, une telle expression, je ne sais que veut dire ce mot, et ainsi des autres choses? Toutes vos tragédies vous sont très-utiles, elles vous apprennent à bien prononcer, à n'être pas décontenancées; elles vous occupent agréablement et sans aucune petitesse. Vous avez entre les mains quantité de choses merveilleuses dont vous pouvez faire un usage également utile et agréable ; il n'y a pas jusqu'à vos proverbes ^ qui, quoique les moindres de vos amusements, peuvent aider à vous ouvrir l'esprit. Voyez comme je fais parler chacun son langage, les laquais comme parlent les laquais ; une honnête personne dirait-elle jamais : « Dites-le à Monsieur et à Madame aussi, si vous voulez?» Une femme y parle poliment et sagement, et vous y tfouverez bien de quoi vous entretenir raisonnablement quand vous le voudrez. Quand vous n'êtes pas de même sentiment sur le jeu qu'on jouera, tirez à la pluralité des voix ou autrement, et que celles qui en demandoient un autre que celui qui est échu et dont le goût n'a pas été suivi se rendent de bomie grâce à celui des autres. Prenez aussi l'habitude de parler modérément et sensément ; les filles bien élevées ne
■ Tragédie de Duché, faite à l'imltatk») à'Etther. * Celaient dee dlalugues familière raniposés par Mi"* de Hainlenon. lia n'ont pas été conservée.
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108 EKTRETIBNS SUR L'ÉDUCATION.
parlent que d'un ton doux et modeste, ne se servent que de termes polis, et attendent ordinairement qu'on les interroge i il y a des mères très-^vères làdessus. Je connois une princesse & la cour qui joue toute la journée : sa Slle est assise à son cAté sans dire un seul mot ; les jours ouvriers elle travaille, et les dimanches et fêtes, elle est les bras croisés à regarder jouer, et i s'instruire au jeu de sa mère, et quelquefois, lasse et ennuyée de regarder, elle ferme les yeux. M°" Colbert, que la reine aimoit beaucoup, et à qui elle faisoit l'honneur de jouer avec elle, avoit sa QUe debout près d'elle qui passoit sa vie sans parler. £t moi, dont toutle monde envie la faveur, et qui passe une partie de mes journéesavec le Roi, on me croit la personne du monde laplus heureuse, et on a raison pour les bontés dont Sa Majesté m'honore: cependant, il n'y a peut-être personne de plus contrainte ', quand il est dans ma chambre, je me tiens assez souvent éloignée delui, parce qu'il écrit; on ne parle point, ou fort bas, par respect, et de peur de l'incommoder. Avant d'être à la cour, où je suis venue à trente-deux ans, je me pouvois rendre témoignage que je n'avois jamais connu l'ennui, mais j'en ai bien tâté depuis, et je crois que je n'y poui^ rois résister si je ne pensois que c'est là où Dieu me veut. 11 n'ï a de vrai bonlieur qu'à servir Dieu, mes enfants, et la piété seule peut soutenir d'une bonne manière, et donner toujours une conduite égale au milieu des peines et des ennuis, de même qu'au milieu des prospérités, qui n'est pas un état moins dangereux pour le salut. Je vous apprends, au cas que
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AVEC LES DAKES nE SAINT-LOUIS (170S}. 199
VOUS ne le sachiez pas encore, que c'est une bonne chose de savoir s'ennuyer, mais c'en est encore une meilleure d'ftire d'un assez heureux caractère pour ne le pas fure, et desavoir tellement s'accommoder de son état qu'on en porte toutes les contraintes de bon cœur, et sans ennui.
ENTRETIEN L'
La communauté étant allée à la messe de dix heures avec Madame, un jour de récréation, après en être revenues, nous lui demandâmes si elle avoit remarqué que la première maltresse des rouges, qui étoit en retraite, prioit environnée d'une famille. « Oui, répondit Madame , et j'ai espéré qu'elle n'avoit pas entendu d'autre messe, ayant bien vu que toute la classe n' étoit pas à celle de huit heures, car ce seroit se moquer d'en faire entendre deux à ces petites filles ; elles s'ennuieroient et ne feroient que badiner. Les enfants ne sont pas capables d'une longue attention-, il ne faut pas les lasser de prières : cela dégoûte de la piété, quelque chose qu'elles demandent là-dessus ; car ce n'est que par hypocrisie, pour gagner les gens à qui elles ont affaire; ils connaissent si vite le goût de la gouvernante et de la maltresse ! 11 ne faut point du tout compter sur la , > MeeuMdetBépmiei, p. sei.
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200 ENTRETIENS SUB l'ÉDUCATION.
dévotion des rouges, rien n'est moins certain, l'expérience doit déjà vous l'avoir apprb ; vous y avez eu quelques petites saintes qui ne l'ont pus été longtemps. Mais, mon Dieu, dit-«Ue vivement, ne se souvient -on point de sa jeunesse, et combien ons'este«nuyéàr^lise, avec sa mère? combien on avoit de peine à s'appliquer à écrire, à travailler? comme on se iassoit des choses sérieuses? enfin, combien on pensoit différemment de ce qu'on pense? pour moi, je m'en souviens à merveille. Ne l'avezvous pas toutes éprouvé, n Chacune en conviât avec Madame, qui ajouta : « Je ne comprends pas l'injustice d'exiger des autres ce qu'on sait bien, en sa conscience, qui coùtoit tant à faire. Je ne dis pas qu'on n'oblige point les enfants d'apprendre tout ce qu'il faut qu'ils sachent, ou qu'on ne les mène point à l'église, parce que cela leur fait de la peine, puisqu'on nous a bien contraintes, mais je ne voudrois pas qu'on en fût étonné, qu'on les pressât trop, qu'on ne leur donnât jamais de relâche, ou qu'on jugeât qu'une Qlle est légère parce qu'elle sort volontiers de son banc, ou qu'après avoir lu quelques lignes, elle regarde un oiseau qui vole. Cette vive vaudra peut-être mieux qu'une sournoise qui vous parolt plus sage. Ce n'est pas même parler juste de dire qu'une rouge est légère, car cette joie, cette vivacité, ce pétillement des enfants, qui fait qu'ils ne peuvent demeurer en place, est un effet de la jeunesse : on est ravi de se sentir jeune, d'avoir de la santé, on n'a rien dans l'esprit; si quelque chose fâche, cela ne dure guère. On ne sauroit bien juger
AVEC LES DAMES DE SAIKT-LOUIS (170fi). 201
qu'une personne est légère qu'elle n'ait dix-huit ou vingt ans; la légèreté est proprement dans les sentiments et dans la conduite : c'est de ne pouvoir se fixer, de vouloir tantôt une chose, tantôt une autre, de ne rien suivre. Les personnes légères sont encore sujettes à des engouements ; elles veulent les choses avec passion et s'en dégoûtent de même fort vite ; il vaut mieux être modérée, aller plus doucement et marcher toujours. Il ne faut pas, encore une fois, s'étonner ni s'inquiéter de la vivacité des jeunes personnes, et, si vous voulez, de leur légèreté ; elle passe si vite, on devient si fort sérieuse ; l'âge, les affaires, les chagrins modèrent bientôt cette joie de la jeunesse ; chacun l'a éprouvé en soi-même. On me reprochoit tant, au commencement, la liberté que je laissois à M"* la duchesse de Bourgogne pour se divertir, ses promenades, ses courses, ses jeux qui lassoient toutes ses dames; mais je n'en étois point du tout en peine, et j'avois raisob, car, quoiqu'elle soit encore bien jeune, elle est déjà trop sérieuse : elle est, sur les affaires de l'État, comme si elle avoit quarante ans. »
ENTRETIEN LI»
(Sur l'Mpril d'iuUrM qui djlminit k plnput d« tdigHiuM da l'inteBlian
Madame nous renouvelant un jour avec un grand > Recueil dtt Répomet, p. 4SI.
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302 BHTBETIEIIS SDH l'fcODCàTKW.
sentiment de crainte tes prédictions qu'die aoas fait quelquefois, que nous tomberons dans la suite dans l'avarice et l'esprit d'intérêt, qui nous feront manquer aux intentions de nos fondateurs, nous l'assurâmes que nous tâcherions de perpétuer i junais dans la maison l'écrit de dé^téressemeat qu'elle nous avoit inspiré, et que les dangers qu'elle nousfaisoitvoirqu'ilyauroitàQOusen départir, nous clTrayoient extrêmement. « Comment, reprit-elle d'un air touché, ne craindrois- je pas pour voua les mêmes dangers qui ont fait tant de tort aux ordres les plus parfaits, et étabhs par des saints? J'avoue que je ne puis m' empêcher de trembler pour vous, qui certainemeot n'avez pas cet avantage. Je sais que les personnes particulières n'ont souvent aucune part à ces dér^lements, aus^ est-ce au conseil' quej' en veux, dit-elle, en riant. — Faites,ievou8 prie, un examen pour ma charge, dit la sœur dépositaire *. — Vous ne pouvez rien fmre toute seule, répondit Madame ; c'est pour le conseil qu'il faudroit un examen particulier, sur l'intérêt et sur les injustices que l'on fait à des ouvriers qu'on ne paye point bien, dont on se défait sur le plus léger mécontentement, sans penser qu'on les décrédite, sans se mettre en peine s'ils ont quitté leurs pratiques pour prendre celle de la maison; voulant acheter à trop bon marché, sous prétexte qu'on achète beaucoup de choses, et qu'on paye comptant.
> Le wmtàl du dedemt. (Voir rfiittotre dt la moùon rviole deHaitit-CyT, ch. 8.) * C'éUltHxdeBenal.
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AVEC LES DAVBS bE SAlHT-LOtltft (1706). S03
Mais une autre injustice dont voua serez tentées et à laquelle je crains bien plus que tous ne succombiez, c'ffit de ne pas toujours donner à tos demoiselles tout leur nécessaire, pendant que peut-être tous ne voudrez manquer de ries (quoique la maison soit Taite pour elles), ou que vous vouliez faire des dépenses superflues en ornements et en curiosités, malgré toutes les défenses qu'on tous en a faites. — Nous changerons donc brâiucoup, dit M"" de La Neuville, car nous donnons bien volontin^ aux demoiselles leurs besoins, et si lai^ment que vous nous en reprenez quelquefois. — Oui, répondit Madame, tant qu'il ne vous en coûte pas de vous retrancher à vou^-mèmes ; mais s'il falloit vous dter une jupe pour les habiller, je ne sais si vous seriez aus^ exactes à leur donner ce qu'il leur faut. Pendant que tous aurez assez pour tous et pour elles, je ne crois pas que vous les laissiez manquer^ il faudrait un fond de mauvaise Tolonté dont vous n'êtes pas capables. Mais si vos revenus diminuoient de manière qu'ils ne fussent plus suffisants, je craindrois bien qu'on ne se port&t d'abord à retrancher aux demoiselles, et rien sur vous autres*, car, ajouta-t-elle en riant, la grande pente est de pratiquer la pauvreté en ce qui ne va qu'à prendre sur autrui. Vous aurez de beaux prétextes pour tomber plutôt sur vos demoiselles: la communauté, direz-vous, est comp<»ée de personnes avancées en âge, elles ont des besoins que nos jeunes filles n'ont pas ; Vépai^e que l'on feroit sur la communauté reviendroit à peu de cht^e, mais la moindre sur les demoiselles fera une grosse
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S04 ENTBETIBNS SUR l'ÉDCCATIOR.
somme à cause de' leu^ grand nombre. Vous trouveriez ainsi des raisons d'excuser l'iajustîce de votre procédé. Cependant, étant religieuses, vous êtes engagées par le vœu de pauvreté À épargner et à n'avoir pas toutes vos commodités, au lieu que vos demoiselles sont des séculières. J'avoue qu'il y a des extrémités àcraindredans le zèle malréglé que pourroient avoir quelques-unes qui trouveroient qu'on ne leur donne jamais assez. Quand j'appréhende qu'on ne prenne trop sur elles, je ne prétends pas blâmer l'épargne qu'on pourroit faire sur les choses qui ne sont pas essentielles à leur éducation, et il est bon qu'elles apprennent à être ménagères. J'approuveroîs fort que dans une grande disette on leur laissât porter leurs habits avec des pièces, qu'on leur donnât du ruban et des gants moins souvent, qu'on leur en laissât même manquer d'une manière passagère, et qu'on leur fit sentir d'autres privations qui ne nuisent ni à leur santé, ni à leur taille, ni à leur éducation; je voudrois seulement en ce cas que la communauté commençât d'épargner sur elle aussi bien que sur les demoiselles. Mais il y a des choses sur lesquelles je désapprouverois beaucoup le moindre retrtmchement, par exemple, sur la nourriture : vous leur en devez une bonne et suffisante ; elle est nécessaire pour les faire croître, pour les fortifier et pour leur fiùre un bon tempérament; et vous ne saunez retrancher de ce qui est réglé pour elles sur cet article sans leur faire tort. Je voudrois aussi toujours un grand soin de leur donner des corps aussi souvent qu'il est nécessaire pour conserver leur taille,
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quoi qu'il en peut coûter; qu'on ne retranche rien de la lumière, il les faut éclairer pour les bien veiller, cela est essentiel à leur éducation ; qu'on donne au dehors ce qu'on ne pourra faire au dedans, sans occuper une Dame de Saint-Louis qui seroit nécessaire aux classes. Voilà des dépenses que vous ne pourriez retrancher sans injustice et sans manquer aux intentions de votre fondateur. J'appréhende bien cependantque vous n'y manquiezinsensiblement. Vous le ferez d'abord avec scrupule ; mais on s'accoutume aux choses, et l'expérience de ce qui arrive dans la plupart des établissements, fait que je n'ose espérer que TOUS serez fidèles au vôtre. Je prie Dieu cependant qu'il vous en fasse la grâce. )>
Quelques jours après, M*" de Haintenon parlant si|r le même sujet, H"* de la Rozière lui demanda ce que les religieuses de Saint-Louis devroient faire si elles se trouvoienl quelque jour hors d'état d'entretenir leurs demoiselles aussi bien que les règles le marquent, et s'il ne faudrait pas plutôt les faire travailler davantage, afin de gagner de quoi les faire subsister, que de proposer d'en diminuer le nombre, ou de retrancher sur leur nourriture et sur leur habillement. « Sans doute, répondit-elle, qu'il seroit bon de commencer par les faire beaucoup travailler ; il seroit même à souhaiter qu'elles le fissent assez habilement pour pouvoir vivre de leur travail en cas de besoin; mais il seroit difficile de leur donner pour cela plus de temps qu'elles n'en ont, car elles le font presque tous les jours, excepté le temps des exercices qu'il ne leur faut point ôter; vous ne pourriez
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y ajouter que l'heure dea Tftpres, qui ne vous feroit pss une grande avance. — Ne pourroiUon pas, dit H" de Veilhant, les faire lever plus matin, ou les faire travailler plus tôt qu'elles ne le font? — Tout cela, répondit H™ de Haintenon, ne se devrait faire que d'une mani^ passagère, «itrement il embarrasseroit beaucoup. Pour leur nourriture, je vous répète sans cesse qu'il n'y a point de superflu dans ce qui est réglé, et que vous leur devez toujours te nécessaire. Mais c'est alors que vous pourriez fùre les petites épargnes dont nous parlions l'autre jour, pourvu, encore une fois, que cela ne tût pas poussé trop loin, car j'tûmerois beaucoup mieux n'avoir que cent filles au lieu de deux cent cinquante, que de renverser tous les règlements, et de m'éloigner des intentions du fondateur, lAn d'ra faire subsister un plus grand nombre. Comme ce seront toujours les rois qui donneront les places aux d^noiselles, si vous étiez assez mal dans vos afTaires pour ne plus pouvoir gtu^ler les conditions de la fondation, vous pourrieï lui représenter que, vos biens étant beaucoup diminués, vous n'êtes plus en état de la soutenir. Si le roi qui régnera alors a de la bonté pour votre maison, il augmentera votre revenu plutôt que de diminuer le nombre de vos filles, fûnsi qu'a fait le Roi, qui a mieux aimé l'augmenter de trente mille livres que de toucher à ce nombre de deux cent dnquante, comme on le lui proposoît. S vous avez un roi qui ne se soucie point de conserver votre établissement, il consentira volontiers à vous laisser moins prendre de filles quand vous aurez fait voir, par vos
comptes dressés en bonne forme, et par l'état de votre bien, que vous ne pouvez entretenir le nombre qui vous est marqué. Mais je ne crois pas que votre temporel dépérisse tant que le spirituel se soutiendra; c'est pourquoi je vous ai dit souvent que le , renversement ou la conservation de votre institut est entre vos mains. Si vous êtes régulières, si vous remplissez avec Sdélité les obligations de votre fondation, si vous conservez soigneusement votre temporel, si vous ne faites aucunes folles dépenses, qui estrce qui se fera un plaisir de vous détruire? Personne n'aura de raisons de souhaiter votre ruine ; toute la noblesse, au contraire, est intéressée à vous conserver. Ce n'est pas le dehors que je crains, c'est le dedans ; si jamais vous vous éloignez des intentions de votre fondateur, vous donnerez lieu à des personnes puissantes d'entreprendre sur votre temporel, et slla division se mettoit entre vous, en sorte que vous eussiez besoin de chercher du secours du dehors, votre maison tomberoit bientôt en ruine. Si, par exemple, vous ne vous accordiez pas pour vos élections, pour les réceptions de vos novices, et pour toutes autres choses où il fallût faire intervenir l'autorité de l'évëque ou du supérieur, il viendroit à la vérité pour vous accorder; mais, quelque bien intentionné qu'il fût, il faudroit qu'il embrassât quelqu'un des partis, il seroit facile de le prévenir, et vous verriez que la fille la plus adroite, et qui sauroit mieux parler pour soutenir son sentiment, l'emporteroit sur celles qui seroient les plus raisonnables, les plus vertueuses, et qui sauroientle moins s'intri-
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20S ENTRETIENS SUR L'ÉODCATION.
guer. Un évêque, un supérieur peuvent avoir des raisons particulières de connoissance, de parenté pour s'intéresser à la réception d'une fllle ; ils vous prieront de la recevoir à leur considération, et puis vous vous trouverez, chargées d'un mauvais sujet. Un évêque, qui ne connoltroit pas votre maison autant qu'il convient qu'il la connoisse, et que vous appelleriez pour vous mettre d'accord sur quelque point de vos constitutions et de vos lettres patentes, les expliquera à sa mode ; insensiblement il voudra entrer dans le détail de votre gouvernement et tourner la.conduite de votre maison selon ses vues. On aime à se rendre nécessaire, et à faire plutôt un nouvel ouvrage que d'en soutenir un déjà commencé. Ainsi, peu à peu, votre Institut changeroit de forme et se détruiroit entièrement. Je vous l'ai dit bien des fois, et je vous le répéterai jusqu'à la mort : votre force et votre sûreté est et sera toujours dans votre union et dans l'uniformité de votre conduite et de vos sentiments. »
ENTRETIEN LU», ir lu aicaiea <l 1m téfOLâetoal i prof«a,].
« Je voudrois, mes chères enfants, dit M™ de Haîntenon aux demoiselles, vous défùre de la pente
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