AVEC LES DEMOISELLES DE LA CLASSE BLEUE (ITQS
rire avec éclat une personne modeste et bien élevée -, le Saint-Esprit, comme vous savez, dit lui-même que le rire du fou s'entend, parce qu'il rit avec éclat ; mais que celui du sage ne s'entend point, et cela, parce qu'il est maître de tous ses mouvements et les sait modérer.
n La force est une vertu qui nous fait poursuivre avec courage nos entreprises et surmonter les obstacles que nous trouverons dans lés autres et dans nous-mêmes, ou bien que nous avons entrepris, sans nous rendre aux difGcultés, soutenant les événements fâcheux avec fermeté et sans abattement.
a A qui est-elle le plus nécessaire de nous tous, cette vertu de force, Beauvais? — C'est à celle quia le plus de défauts, dit la demoiselle, et tes plus difficiles â détruire. — Oui, je le pense comme vous, » dit M°"de Maintenon. Puis elle ajouta : « Celles qui ont le plus de défauts ou qui sentent qu'elles ne sont pas si bien nées doivent-elles se décourager et s'imaginer qu'elles ne pourront jamais venir à bout de les détruire? — Non, madame, dit la demoiselle, parce que notre mérite dépend de notre travail, aidé de la grâce de Dieu. — Voilà une réponse admirable ! dit M"* de Maintenon, ne l'oubliez jamais, mes enfants: notre mérite dépend de notre travail. Je vous laisse sur ce bon mot, et quand je reviendrai nous en parlerons ensemble, m
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ENTRETIEN XLIX'
(Sor 1m j«ai d'afrit. )
Octobre 1T«S.
H™* de Maintenoa dît aux demoiselles de k classe verte : « Se vous conseille, mes enftmts, de prendre goût à tous les petits jeux d'esprit que nous vous avons donnés; ils ont tous, outre leur amusement et le plaisir qu'ils peuvent vous donner, leur utilité ; on y joue partout et même à la cour, nos jeunes princes s'y divertissent volontiers; vous serez bira aises de les savoir quand vous serez borsd'ici, et que vous verrez que les honnêtes gens s'en amusent ; ce sera un ^rément pour vous de n'être pas neuves, et de vous en savoir aussi bien tirer que les autc^. Ces jeux4à sont bons à mille choses ; quand vous jouez, parexemple,à;''(umamon<initf, vousdites: Jel'aime parce qu'elle est douce, je la haïrais si elle était rude ; vous voyez par là que la rudesse est le contraire de la douceur. Je l'aime parce qu'elle est vigilante, je la haïrais si elle ét^t paresseuse ; cela vous donne occasion de réfléchir, et de dire : Hiùs la paresse est-elle le défaut contraire à la vigilance? D'est>ce point plutôt la lenteur, ou l'indolence, ou le manque de soin ? Chacun dit là-dessus son sentiment et prend son parti, puis vous appelez une maltresse pour voir qui a raison, et cela ne peut produire qu'un bon effet. De même, si l'on vous conte une histoire,
■ Letlra id^fianttt, t. V, p. h\1.
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