VINGT ET UNIÈME ENTRETUSIT. IO
^fig, a8) on force l'élasticité de l'air à produire un Jet* d'eau. C'est un petit vase rempli d'eau au tiers. Un tube a b, dont l'orifice inférieur plonge jusques près du fond du vase et le supérieur se termine en forme d'ajutage, ferme parfaitement au moyen d'une vis l'ouverture du vase. Si nous plaçons cet appareil sur la platine de la pompe pneumatique et par dessus une cloche étroite et haute dont on raréfié Tair, on voit aux premiers coups de piston l'eau s'élancer, et former un • jet de toute la hauteur de la cloche. Avant la dilatation de Tàir de la cloche, 'cet air étoit en équilibre avec Pair renfermé ,dans le petit vase à la surface de l'eau ; mais dès que l'air de la cloche devient moins dense, l'élasticité de celui du vase l'emporte sur celle de l'air dé l^a cloche , presse sur l'eau et la fait monter le long du tuyau ab avec une force proportionnée à ce surplus d'élasticité.
Si au lieu de dilater l'air sous la cloche on le condense , alors celui du petit vase se condense de même, et lorsqu'on permet à l'air de la cloche de s^ëchappef à l'extérieur, alors l'air condensé du petit vase presse sur l'eau et la force de nouveau de s'échapper en forme de jet- d'eau.
Le fusil -à- vent nous offire des effets étonnants de la compression de l'air dans un espace bien fermé. Cet instrument presque aussi meurtier que le fusil ordinaire â qui il ressemble à Textérieur , a son canon qu*on . charge d'une balle, et, au lieu de poudre, d^une portion d'air très condensé dans la crosse ou dans une sphère de métal qu^on visse >fortement à la culasse du canon. ' Cet air comprimé est retenu par une forte sou-
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pape que l'on force k s'ouvrir un instant au moyen d'une platine assez semblable à celle du fusil ordinaire. L'air qui s'ëchappe arrive par un canal très étroit der« rière la balle qu'elle chasse avec violence hors du canon. La sphère étant bien chargée, on peut tirer jusqu'à 1$ on i6 coups et même davantage sans renouvel- 1er la charge. Mais comme l'air perd une partie de son élasticité à chaque coup, il est clair que le premier est le plus violent et que les autres deviennent de plus en plus foibles, en sorte qu'à la fin la balle ne peut plus sortir. Les décharges du fusil -à -vent se font presque sans bruit, et voilà pourquoi l'usage de cet instrument, plus dangereux par là que le fusil-àpoudre, est généralement défendu.
Mr. de T. Vous nous avez Mr. de P., décrit, et expliqué plusieurs expériences instructives qui se font avec la pompe pneumatique. Ne voudriez -vous pas nous donner quelques détails sur les pompes hydrauliques? Pardonnez, Madame, ce désir à ma passion pour les machines.
Mde. de L. Cette passion me charme puis qu'elle engage Mr. de P. k nous dire bien des choses dont il ne parleroit pas sans votre provocation. Vos questions sont le briquet qui font sortir des éteincelles de notf e cher Profess(^r toujours chiche en digressions.
Le Comte C^ Un Professeur tient toujours à Tordrç ^ystéip^tique,
Mr^ de P. Avouez, Monsieur le Comte, que j'ai étf^ peu fulèle à cet ordre et puisqu'on m'invite aux digressioqs, je saisirai cette occasion pour ajouter à celle que Monsieur de T. désire une seconde digression
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de ma façon, qui à ce que f augure (il sourit malignement) plaira fort à Madame de L.
. Mr. de V. Madame, tenez vous sur vos gardes! Je vois la malice flotter sur les lèvres de Monsieur de P. Je crains toujours les grecs, lorsqu'ils font des présens*
Mr. de P. La suite mç justifiera. Commençons par les pompes. Les pompes les plus usitées sont dé deux espèces, les aspirantes et les foulantes^ La première espèce est assez bien représentée par la figure (fig. 25) que fat dessinée pour les pompes pneumatiques à soupapes, avec cette difi^érence que le tuyau aspirant e d se trouve vertical comme g f et plonge dans Teau. Si l'on fait le vide au dessus de la soupape a en faisant monter le piston , l'atmosphère fait monter Teau dans le tuyau aspirant et le corps de pompe, avec toute la force de sa pression; et lorsqu'on abaisse le piston la soupape a empêche en se fermant l'eau de redescendre, qui se trou*» ve ainsi forcée de se faire jour autravers du piston sous' la soupape c qui s'ouvre par l'élasticité de l'eau comprimée. Ainsi une repétition de coups de piston fait passer Teau au dessus du piston; elle S'écoûle par une ouverture ou canal quelconque pratiqué de côté dans le corps de pompe au dessus du plus haut point que le piston atteigne. II est clair par là que la hauteur du tuyau aspirant et l'élévation du piston prises emsemble ne doivent pas excéder la colonne d'eau- de S^i pieds que la pression moyenne de Tair peut porter, sans -quoi l'eau n'arivera pas sous le pbton, ce qui explique le phénomène de la pompe du jardinier de^FIorence. On peut au reste élever l'eau au -moyen ide eette espëce'de
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pape que l'on force à s'ouvrir un instant au moyen d'une platine assez semblable à celle du fusil ordinaire. L'air qui s'ëchappe arrive par un canal très étroit derrière la balle qu'elle chasse avec violence hors du canon. La sphère étant bien chargée, on peut tirer jusqu'à 1$ on i6 coups et même davantage sans renouvel- 1er la diarge. Maïs comme l'air perd une partie de son élasticité à chaque coup, il est clair que le premier est le plus violent et que les autres deviennent de plus en plus foibles, en sorte qu'à la fin la balle ne peut plus sortir. Les décharges du fusil- à -vent se font presque sans bruit, et voilà pourquoi l'usage de cet instrument, plus dangereux par là que le fusil-àpoudre, est généralement défendu.
Mr. de T. Vous nous avez Mr. de P., décrit, et expliqué plusieurs expériences instructives qui se font avec la pompe pneumatique. Ne voudriez -vous pas nous donner quelques détails sur les pompes hydrauliques? Pardonnez, Madame, ce désir à ma passion pour les machines.
Mde. de L. Cette passion me charme puis qu'elle engage Mr. de P. k nous dire bien des choses dont il ne parleroit pas sans votre provocation. Vos questions sont le briquet qui font sortir des éteincelles de notf e cher Profess(^r toujours chiche en digressions.
Le Comte C, Un Professeur tient toujours à TordiHî ^ystéip^tique,
Mr^ de P. Avouez, Monsieur le Comte, que j'ai étf^ peu fulèle à cet ordre et puisqu'on m'invite aux digressions, je saisirai cette occasion pour ajouter à celle que Monsieur de T, désire une seconde digression