‹ Entretiens sur la physiqueChapitre 10 sur 26 · C34 CENT SEPTIEME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

C34 CENT SEPTIEME ENTRETIEN

composé uniquemeot de grains de quarz bien cristallisés, agglutinés par la seule attraction de surface et tant aucun ciment*

Mr. de R. Ainsi la structure granitique comprend des roches composées d'une « de deux, de trois et de quatre pierres.

Mr. de P. Elle se joint en outre à la structure schisteuse pour former le Gneis qui est un vrai granité feuilleté et le Schiste micacé qui n'a point deFeldspath mais une grande quantité de Mica»

La troisième structure comprend les porphyres^ roches qui n'ont été considérés sous leur vrai point de vue que dans ces derniers tems , surtout par l'excellent Géognoste d'Aubuisson. Nous avons à considérer dans cette espèce de roche la pâte et les grains, et cette con» sidération fournira des données importantes pour la Géologie.

La pdte des porphyres paroit être une substance tout-à-fait homogène, de couleur gris*rougeâtre, rouge brun, verdâtre, "^rd et verd- noirâtre. Mais un examen plus exact et surtout la comparaison de tous les porphyres l'un à l'autre et avecle granité le plus fin, a décidé que la pâte des porphyres est une masse granitique où Toeil ne distingue plus les cristaux dont elle est copposée. Cette masse suit même les espèces granitiques que nous avons nommées, en ce qu'elle contient tantôt les élémens du granité, tantôt ceux de la siénite. Les premiers sont de teinte rouge ou rougeâtre comme le feldspath qui en fait la partie do^iùnante et se nomment porphyres euritiques. Les

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autres, qui pontiennent de Tamphibole et tiennent de la couleur verie, se nomment porphyres siénitiquea. Les plus foncés ont apparemment les principes de la diabase. Dans quelques porphyres la masse se trouve contenir un surplus de Quarz et on les nomme porpAjres KéreUiques, les porphyres de Homstein des AUeinands.

Mde, de L. Voilà bien des noms pour ma petite mémoire,

Mr. de P. Vraiment, madame; mais il y a ici un ' conseil à vpus donner, celui d'oublier les noms et de garder les choses.

Tous ces porphyres ont une cassure brillante, qui indique une cristallisation de ses parties constituantes que Toeil ne peut plus discerner et que le marteau ne peut plus découvrir* Mais il existe encore un porphyre terreux f dont la cassure, comme celle de la craie et do l'argile, n'a rien de brillant, rien qui indique uqe cristallisation. Il se distingué en outre des autres porphy-» ' res par un surplus de chaux.

Enfin l'on a encore le porphyre rétinitique (le pechstein- porphyr des Allemands) qui contient une quantité considérable d'eau, quantité qui va jusqu'à -f^ de la masse. Si vous ne voulez pas, madame, garder ce nouveau nom , nomo^ez cette roche porphyre polca-» nique j par ce qu'elle se trouve si fréquement dans le^ terrains volcaniques qu'on peut dire qu*e]|e leur appar? tient.

Voilà nos pâtes porpbyriques toute faites. Gonsi* ^ërops à présent les grains au^e|les contiennent; Lo

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fkldêpath est la substance dont ils sont le plus souvent formés; on retrouve les grains de feldspath dans toutes les pâtes et de plusieurs couleurs, le plus souvent de couleurs claires. Il est toujours Q^ très peu d'excepr tioDS près) cristallisé, tantôt se séparant distinctemept de la pâte, tantôt comme réuni cl^imiquement à elle par divers passages imperceptibles. Vient en suite pqmr phibole dont les grains de couleur verd foncé ont les mêoies. caractères, mais qui ne se trouvent que daqs les porphyres siénitiques. Le quarz et le mica fournisrsent aussi, quoique bien plus rarement (surtout le dernier) des grains porphyHques, l^s premiei's blancs , les seconds noirs.

^de^ de L. Les porphyres taillés et polis doivent être charmants*

Mr. de P. En effet et Ton distingue à cet égard plusieurs espèces, tels que le verde antico qui offre dans sa masse une belle couleur d'emeraude avec des taches blanches, \e porphyre oriental ou antique, do couleur purpurine parsemée de petits points noirs et souvept de paillettes d'apiphibole, puis une autre es-* pèee, dont je ne connois pas le nom , de couleur rouge brunâtre avec de grosses taches blanches et rougeâtres, etc. On en fait des vases, de petits obélisques, même de^ colonnes,

4fr. de Jlf he granité me p^roit presque aussi beau que le porphyre et étonne par la grandeur des niasses. On travaille à présent à Pétersbourg pour la f^qavelle église 4e 3t. Isaac des colonnes de granité

doDt le fût, d'une seule pièce^ a 56 pieds de hauteur et 8 pieds d'ëpaisseuff

Mri de V, Ces tolonnes surpassent eh masse les deux grands obélisques antiques de Rome de granité rougeâtre^ ammenés d'Egypte sous les Empereurs Au« guste et Caligula , relevas en i586 et i589 sous le Pape Sixte V par TAi^chitecte Fontana, dont l'un, celui de la Place del popolo^ a '8 pieds en carre et «72 pieds de hau* teur^ Tautre une base ëgale et 86 pieds de hauteur4

Mr. de P. La quatrième structure, qui contient les grès, lés brèches et les poudingues^ comprend ^uan-» tité de roches, qu'il est presque impossible de dëânir^ dont ta principale est la Grauwacke nommée nouvelle^ ment par les Minéralogistes François Traumaie. Cette roche est composée de fragmens de phyllade, de quarsB ordinaire et de quarz schisteux ou schiste siliceux. On cotnpte aussi parmi les Fragmens contenus dans laTrau^ mate la Lydienne ^ qu'on peut considérée comme un phyllade avec excès de quarz ou comme un quarz mêlé à une portion de phyllade. Ces Fragmens sont agglutl^ nées pat une matière argileuse^

La cihquième structure contient spécialement le Mandelstein et le Basait et plusieurs autres roches volcaniques. Plusieurs auteurs Font de la p^tè du Mandelstein un basait; d'autres la régardent comme une simple composition argileuse. Le Mandelstein a une pâte en partie compacte et en partie huileuse^ à la manière des laves. Les noyaux {Géodes) $ont composés d'envelop^ pes concentriques cristallisées, de nature quarzenae^

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pas anticiper le moment des explieatiofns. La Cë6gno« sie ne doit que décrire.

La composition chimique des basaltes rarie quelque peu d'une contrée à l'autre et rraisemblablement d'un lit k l'autre. Permettez moi de vous donner les proportions moyennes de cinq analyses de divers basaltes, toutes faites par d'excellents Chimistes.

Silice. * é 477 alumine 176 Chhux ga Oxidédefer 164 Mdgnéêie 4 Soude 37 JEau aa Acide mur. hydr. 8 $m iMo parties du tout. La perte causée par les profite lie l'analyse est ao^ c. à. d. a p. cent. La magnésie •%! lie toutes ces substances celle qui varie le plus; elle tMMue totalement dans quatre de ces basaltes analy^* L'mu manque dans deux.

(k^h la structure schisteuse, qu^on trouvé si sou* hj^inie auk autres , a son vrai empire dans le Phyl^ -^hi^v. ^i eompose à lui seul des masses immenses de ^y^iN^x vUm le Gneis que nous avons déjà nommé ^ et s4l^ l!it> ^N^«s/« micacé i (Glimmer-Schiefer des Alle^ •vbJMiÉJI^ VwH^ très remarquable, composée de quar£ en tH.V^^^iIV^t^ applatis en forme de lentilles, alternante V^iM À¥^ t^lUttt de mica qui se plient exactement sur ^^\H>^V4U% sM( lentilles quarzeuses. Elle se retrouve ^^44Mk!>V4MCOup d'autres roches avec d'autres texv^ W^ Uans celles où l'alumine est en grande

c»* .* t^ l*^ Sdiiste micacé offre une structure -^^ *; ^gmci^m^nf p et les Géognostes Tau-

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roient pent-étre nommée à part si cette roche étoit très fréquente et en aussi grandes masses que les granités^ les pbyllades ou les Porphyres. En général on n'en finiroit famais si l'on Touloit faire une énumération exacte de toutes les textures particulières que Ton ob* serve dans les minéraut* La Nature est, ici comme partout, immensément riche. On peut dire qu'elle varie les formes des minéraux à l'infini, et n'étonne pas moins par la délicatesse surprenante de la texture que par la grandeur des masses.

M de. deL. Introduisez nous bientôt dans cenon-^ veau sanctuaire, où chaque explication nous fournira silrement une nouvelle occasion d'admirer rintelligence et la puissance infinie du Créateur.

Mr* de P. Je le ferois sur le Champ, madamOy pour satisfaire ce noble désir. Mais vous ne connoiszez encore que la structure des roches, et fe vous dois à présent l'architecture de Técorce du^globe terrestre, c. à. d. le mode d'arrangement que l'on observe de roche à roche, les suites que ces grandes masses ofiFrent dans leur superposition et leur gisement: Sufet bien important que je dois remettre à demain, notre soirée étant déjà avancée et votre mémoire, madame, chargée de tant de nouveaux noms*

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beaaocmp d^attention, et fe ne^ pourrai pat tfpargsar à madame de L. un petit appel à la Géométrie^ ponr lai fournir des idées distinctes.

Mde. dé L. Ce dont ]é ne me fildierai nullement! •i cet appel ne surpasse pas mes très étroites notions» Depuis nos entretiens sur la figure de la Terre il n'a plus M question de Gëométriei et je serai èharmée de renoureller coniioisfatice.

Mn de P. Imaginei que la figure que fe destine JGHK (fig. 75) toit une coudle de rodie, qui s'étende indéfiuitivement dans le sens AB et dont Tépaisseur est représentée par la droite A E perpendiculaire à la grande surface. Tires sur cette surface une droite AB paraU lèle à l'horizon, et cette droite sera ce qu'on nomme la jOrection de la couche. Elle fera un certain angle arec la méridienne du lieu. Qet angle pouvant être mesuré, au moyen d'une simple boussole dont on connoit la d^ dinaison pour ce UeU| il fournit la position de cette couche, c. à. d. sa direction, déterminée sur la méri- ^ dienne du lieu. A présent supposons que sur la même surface on ait tiré la droite CD perpendiculaire à AB, et qu'on imagine du même point C une droite G F au tra* vers de la couche ^ posée horizontalement et dans le le même plan que CD, alors l'angle DGF est tincUnâi^ êon de la couche. On mesure cet angle au moyen d'un instrument destiné à cet usage.

Mde. de L. Est-ce là toute votre Géométrie?

Mr. de P. Oui, madame, et fe vais d'abord en fsire l'application. Les montagnes (car c'est surtout dans les montagnes que nous avons appris comment l'écorce de notre globe eat construite) sont de rè*

csxn uuriiAifB bhibbiibii* 645

gle composes de couches adossées les unes sur les antres, comme je vous le^ dessine, sons une certaine inclinaison. Cette inclinaison varie d'nne cou* trie k l'autre, ^de sorte que quelquefois les couches sont horizontales, d'autrefois presque verticales^ La direction varie également, et très souvept elle est parallèle à la longueur de la montagne, de sorte que la ligne A 6, (Fig. 76) qui coupe horizontalement toutes les couches, représente l'épaisseur de la montagne. Au reste ceci ne doit s'entendre que des directions principales d'une chaine de montagnes; car, lorsqu'on examine les détails, il se trouve bien des exceptions soit dans Tinclinaison, soit dans la direction. Humboldta cru ces exceptions assez peu signifiantes pour croire pouvoir poser en fait qu'il existe une inclinaison gêné- . raie de 60 à go degrés dans la position Nord*Ouest et une direction générale de 5^^ degrés du Sud-Ouest an Nord-Est» Mais l'observation faite sur des chaines entières réfute cette opinion. Car si la direction est dans les Py rennées , dans la cordillière de Venezuela, dans une partie du Fichtelberg etc. assez conforme à la règle de Humboldt , par contre celle de la chaine entière des Alpes qui va de l'Ouest-Sud-Quest à l'Est^Nord-Est^ celle d^ Caucase, qui a presque la même direction, une grande partie du Fichtelberg et du Harz, dont les couches granitiques sont horizontales et n'ont parcons^ quent aucune direction, sont contraires k la règle, de même que celle de TEragebirg et du Rieseog^irg. Il est même à présumer que la grande chaine des Andes, qui longe toute la cote occidentale de l'Amérique du Sud an Nord, fera la plus grande exception à Ja tègjtb

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de Humboldt, puisque Ton observe assez gëntfralemett que la direction des couches est à peu près la même que celle de la chaîne de montagnes *)•

]Ur. de R. Tout ce que vous noqs faites l'hooneur de nous dire sur l'inclinaison et la direction des couches paroit supposer que les couches sont planes. Cela a-t-il lieu réellement?

Mr. de P. Le plus souvent; mais pas toujoun; et je vais avoir l'honneur de vous nommer les prînd^ pales configurations des couches, telles que la Nature nous les offre/ sans égard à aucune hypothèse sur leur origine. Elles constituent tout au tant de formes de gisement. D'abord je nomme le gisement plat qui est tantôt horizontal, tantôt incliné, quelquefois presque vertical. La couche qui en supporte une autre immédiatement se nomme le mur^ et celle qui repose sur celle-ci se nomme le toit. La fissure les sépare et se nomme fissure de superposition pour la distinguer de la fissure des pierres et des roclies de même espèce. Le gisement plat ne forme pas toujours un seul et même plan. Souvent il est contourné, ondulé, comme re» foulé, dans certaines parties ; alors, pour indiquer la di<* rection des couches, on n'a égard qu^aux grandes parties qui se trouvent sur le même plan ou sur des plans paraU lèles entre aux.

Le gisement en forme de dôme est celui où les couches se couvrent mutuellement et parallèlement, comme je le dessine (fig. 77).

Le gisement en forme de manteau est celui où le

*) Humb'oldt a depuis révoque l'idée d*uoe inclinaison et o*une direction générales.

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iioyeau dépasse les couches qui renveloppenti à peu* près comme cette figure (fig* 78). Le diamètre de ces oouohes est souvent si grand que, lorsqu'on n'en observe qu'une partie, les couches paroissent planes; tel est le Weifstein (espèce de granité) de TErzgebirg et les schistes du Riesengebirg.

Le gisement en forme de jatte est un creux dans une roche, qui est comblé par une autre roche, en tout ou eu partie. En voilà le dessein (fig, 7^).

Le gisement cunéiforn^e (fig. 8q) est une portion de roche en forme de coin, qui sépare deux couches de roches , ou remplit une crevasse qui traverse les couches. Le coin que }e dessine est souvent bien plus obtus,

Le gisement en éi>entail est bien le plus singulier de tous. On peut le représenter par cette figure (fig. 80 comme un composé de coips un peu çourl^és, qui partent du milieu de la masse,

Enfin le gisement peut se distinguer de tous les autres par la nature de la base sur laquelle les couches reposent. Imaginez une masse de roches A (fig. 8^) à couches inclinées et que le bord supérieur soit recouvert par les eouches BCD, alors on api^eWe gieement différent celui des couches BCD. Le cas peut avoir lieu où, comme dans la figure que je dessine (fig. 83)<ees couches BCD soient d'un c&té parallèles aux couches inférieures de la roche A et de l'autre côté différentes. Le gisement difi^érent peut se retrouver sur toutes masses de roches dont les couches ont leurs bords à découvert » comme dans nos trois dernières figures (8i|

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Nom «TODS admis josqa'id tacitement (à rexeeption du gisement en éventail) qne chaqae couche a sur tonte fta hauteur la même épaisseur* Mais cela n'a pas toujours lieu, peut-être jamais à la rigueur; et il arrive assez souvent que la couche est sensiblement plus épaisse à sa partie inférieure ou supérieure. Dans le premier cas la versée de la montagne sera plus inclinée; dans le second elle sera plus escarpée»

Mde. de L. Quelle variété dans les gisemens! Et si Ton ajoute celle de la structure des roches et celle de la texture des pierres, l'imagination doit presque se perdre dans ce dédale de formes que la Nature nous offre dans le sein de notre Terre.

Mr. de R. Et si I^on songe encore à la diversité des principes constituants de toutes ces masses, grandes et petites, à leurs différences chimiques, Tidée de vouloir débrouiller ce cahos, d'assigner les lois naturelles en vertu des quelles tout cela s'est formé, doit réellement effrayer.

Mr. de P, Cette idée, mon cher monsieur de R., n'a pas eu cet effet. Au contraire; nous avons nombre d'auteurs qui se sont mis très lestment à Touvrage. — Mais terminons notre Géogoosie, la partie descriptive de rintt^'rieur de la croûte du globe, en examinant dans quel ordre les roches de différentes espèces sont tassées les unes sur les autres.

La rocho qui paroit se trouver à la plus grande profondeur et sous toutes les autres, est le granile, soit en masses dont Tépaisseur n'a pu être encore mesurée, soit en couches d'épaisseurs connues. Sur le

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granité repose le gnnSf on gnnite feuilleté. Le gneis est recouvert par le schUte micacé. Vient ensuite le phyUade. A ces trois roches feuilletées succèdent lea porphyres f et à ceux-ci les roches amphiholiques ^ la aiënite, la diabase etc. Viennent en suite des roches calcaires k cristallisation sensible ou au moins à grains marqués, et du gypse; puis la traumate, puis des ro« chescalcmres moins cristallisées que les premières, puis desampfiibolites. A cette série succèdent les ffrès, des calcaires sans cristallisation et du gypse qui renferme souvent des lits de sel gemme ^ les houilles et le basalte. Enfin ces suites de roches se trouvent presque partout recouvertes de ce qu'on nomme terrains de transport^ débris d'autres roches délitées et brisées. Ces terrains prennent différents caractères selon leur position plus.

ou moins élevée. Sur le sommet des montagnes ce ne sont que des terres meubles, produits de la décomposi* tion (lente et qui se continue encore) des roches par Tair et l'humidité» Sur le panchant des montagnes et dans les vallées ce sont des débris en morceaux, de phyllade, de schiste miacé, de calcaires, degrés, sou* vent de gros blocs granitiques , basaltiques ou porphy« riques, selon la oatKre des montagnes; et tout cela mêlé de terres meubles , souvent couvertes de la plus belle végétation. Dans les plaines ce sont des argiles, des marnes, des sables et des tufs calcaires, mêlés également de terre meuble sur laquelle s'est formée petit h petit la terre végétale. La surface des plaines est en outre souvent parsemée de pierres et de blocs de granité, les unes et les autres de figure irrégulière et arrondie. Ces masses sont par ex: si fréquentes dans

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les pays qui bordent la baltique au sud , que les fondemens et le pavé de toutes les villes y sont formés de ces pierres, dont on n*a pas encore employé peut-êtreU millième partie; et ce qui vous étonnera sûrement, c'est que dans toutes ces provinces on ne trouve pas un seul lit de granité; les plus voisins sont de Tautre coté de la Baltique, en Suède et en Finlande,.

Mn de B, Ainsi nous voilà aufait de l'architeoture de la croûte dé notre globe , et

Mr. de P« Pardon, mon cher; fai encore bien des observations à vous fsire sur la suite des roches. D'abord, gardez vous de croire que l'on trouva par tout la suite entière des couches de roches que je viens de vous nommer. II s'en faut de beau^ coup. Il est d^s contrées oii upe grande partie de cette suite manque. Le Fichtelberg par ex: et la Finlande A'offrent presque que du granité. Pans les pays plats, où l'on n'a pas percé à une grande profondeur, on ne connoit par fois que des couches de calc9ires ou de traurnate, ou même de terres de transport, sans savoir ce qui est dessous.

De plus, on ne retrouve pas, même dans les mon« tagnes, la suite entière des roches nommées. Souvent il en manque plus de la moitié; car il existe des mon« tagnes où la partie supérieure est du porphyre ou de la roche amphibolique, quelquesfois même du granité.

Bien plus encore ; Là où la suite entière se retrouve, l'ordre des roches n'est pas toujours le même. On ob« ferve à la vérité que les couches inférieures, le granité.

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legneis, le tehUte micacé et le phyllade se succèdent assez souvent dans cet ordre, mais pas toujours; on trouve mainte fois le phyllade immédiatement couché sur le granité et le schiste micacé sur le phyllade* Souvent, comme par ex: daus les cordillères, le phyllade manque entièrement. Et presque aussi souvent on trouve une rodie étrangère, interposée au milieu de cette première suite* Les roches porphyriques et amphiboliques ne lui succèdent pas toujours; au contraire on trouve quelquefois la même suite répétée, et même en sens contraire, le granité par dessus les roches scliis» teuses.

Si nous considérons la suite des porphyres, des arophibolites et des calcaires, nous trouvons encore nombre d'exceptions, ces trois genres se trouvant le plus souvent former des suites très différentes les unes des autres.

Mais le désordre atteint son comble, lorsqu^on compare les suites des traumates, des ampbibolites, des calcaires, des grès, des bouilles et du basalte, que différents Géognostes, qui ont observé en différentes régions de la Terre, nous ont fournies; de sorte qtf'on peut dire que la suite nommée est à la vérité celle qui revieçt peut-être le plus souvent, mais aussi qu'il existe beaucoup plus d'exeipples coptre la règle que pour la règle.

Mr» de L. Voilà la Géognosie bien mal dans tQ% affaires quant aux suites des roches. Et la Géologie ose entre prendre de débrouiller ce cahos* . Quelle pré* somption!

0521 GBRT BUtTtEBCB BnRETtBV»

Mr. âê P. Paix, mon Général! Point d'infora mi d« méfiance avant d*en être Ià« Je rais d'abord Toni offiîr un point de we qui, peut-être, modérera TOtra oolère* Les couches de roche que fe vous ai noniméai ne aont pas toutes séparées distinctement les unes dei antres.- Plusieurs au contraire, sur tout dans les anitfli inférieures, passent insensiblement de Tune à fantre sans fissure de superposition ; il se trduTe une conclie intermédiaire entre deux, d'une épaisseur indéfinie, qui par ex: n'est ni granité massif ni gneis, on bien ni seichiste micacé ni phyllade, ou bien ni phyllade ni porphyre, mais tenante de la nature des deux voisines, plus ou moins, à mesure qu'elle approche de crbacune d'elle* C'est en quelque sorte comme dans l'image prûmatique, où Ton ne peut pas dire par ex: où se termine le rouge et où commence l'orange. Partout où nous trouvons ces passages nous sommes en droit d'admettre que le procès qui a formé ces couches n'a pas été interrompu par une cause étrangère; et une suite pareille est considérée comme appartenante à une seule formation j tandis que les couches tranchées, sans passages, sont regardées à juste titre comme dues à des formations particulières , de même que les roches à gisement difiérent.

Mr. de G. Cette distinction me plaît et je conçois qu'elle puisse être de quelque utilité à la Géologie. Mais c'est un foible rayon dans cette immense obscurité.

Mr. de P. J'espère vous offrir à la suite plusieurs rayons pareils et que la lumière, que leur ensemble fournira , vous paroitra digne de considération*

GBST BVmàMB BHTBETIBN* 653

Hais il eut encore des masses de roches dont nous ^aTons pas parlé» Elles se trouvent comme nichées ans les suites de couches dont je vous ai donné Téno* lération^ sans y appartenir* Ce sont des étrangers cGueiUis» de gré ou de force^ entre les couches. Elles n caractérisent en outre par une moindre ét^idue que is couches entre les quelles elles se trouvent. Très >uvent leur surface supérieure n'est pas parallèle à inférieure qui s'est formée sur leur mur; et la couche ui les couvrCi qui forme leur toit, s'est moulée sur !S inégalités de leur surface. Quelques unes contien» ent des métaux. Enfin il n'existe jamais de passage Atre ces masses et les couches de la suite. Nous vou» >ns les nommer des lits pour les distinguer des couches rdinaires*

Mr. de L. Ainsi ces masses de roches sont en* )re des exceptions! Quant finirez- vous de nous em* rouiller la tête par ces anomalies innombrables?

Jf r. de P. Pas de si tôt , Général ; et je vous con* dlle de modérer votre impatience. Voyes ce que je >us dessine (fig* 84)*

Mr. de L. Ce sont des couches de roches ordi* lires > parallèles entre elles.

Mr. de P. Fort bien; mais voilà une nouvelle asse AB qui traverse plusieurs de ces couches ; en voi-* une seconde CD qui les traverse de même mais dans 1 autre sens; une troisième EF. On les nomme filonet ifin en voilà «ne quatrième qui traverse en outre le on CD et même le filon EF. C'est dans ces massée le nous tronvons la plupart des inétaux» quoique les

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filons ne soient pas tous métallifères. C'est ici que TOUS avez Heu, mon Gënërali de vous récrier sur Tii^ régularité des masses de Técorce de notre globe. Les filons se trouvent dans les suites de couches indistinctement, sans aucun rapport de leur masse à celle des couches qu'ils traversent sans rime ni raison. Leur direction s'étend rarement en ligne droite, mais est rompue à différents points et sous différents angles* Ils sont tantôt plus, tantôt moins épais, et le même filon a de règle différentes épaisseurs. Les roches qu'il traverse se vangent souvent de la violence, qu'il leur a faite, en l'étranglant^ quelquefois au point de le faire disparoitre ou de le rompre en morceaux, ou de le ditiser en plusieurs rameaux. Le filon est un étranger qui s'est niché par tout de force et qui paroit n'être vu qu'à regret. L'épaisseur (la puissance) varie dans différents filons de quelques lignes jusqu'à plusieurs toises. Leur étendue est également très variable; mais on ob* serve communément qu'elles est plus grande lorsque le filon a une plus grande puissance.

Mde. de L. Ainsi les filons ressemblent aux lits en ce qu'ils sont étrangers aux couches parmi les quelles ils se trouvent, et en diffèrent en ce qu'ils tranchent indistinctement les couches, tandis que les lits se troutent interposés entre elles»

Mr. de P. Je vous suis obligé, madame, d'avoir bit vous même cette comparaison , qui est très juste^ quoi qu'on ne puisse nier qu'il existe des ûlons qui sont en tout ou en partie parallèles aux couches; au quel cas il est assez difficile de les distinguer des lits.

CËMT âurrtâMB SKtniETiBir* 655

Mais G6 qui nous lut^resse encore plus que le gisement des filons^ c'est 1^ niasse dont ils sont cotiipô* ses, et qui varie presque à l'infini. Tantôt cette masse n'existe pas du tout et le filon est creux; tantôt c'est une roche quelconque qui n'a rien de commun avec les roches qu'elle traverse; ou bien, si elle a quelque rapport avec l'une d'elle, elle en difi%re cependant par plusieurs caractères. C'est ainsi qu'on trouve des filons de granité, de phyllade, de porphyre, de grès ou de brèches , de calcaires et même de sel^emme. Mais ce n'est pas le même granité, porphyre, phyllade etCé qu^on retrouve en couches. Il est changé; il a subi plusieurs modifications et même des mélanges, qui peu^ vent le rendre presque mëconnoissable. En outre on y trouve assez souvent des morceaux de la roche entourante, sur tout si celle-ci est un phyllade ou gënéra«* lement une couche schisteuse.

tâS plus singulière, la plus étonnante, de ces masses est délie qui renferme les métaux, sous la forme de pyrites et d'oxides. Ce n'est ^âs du granité, ou un schiste, ni un pofphyre, mais une masse siliceuse et cristallisée. Elle tient du quarz, du cristal de roche, de l'améthyte, de la pierre à fusil etc. à qui l'on a donné le nom générique de silex; quelquesfois aussi du feldspath, de la pierre calcaire etc. Ou plutôt ces espè«* ces de pierres forment la masse entière que l'on nomme Gangue et sont rangées symmétriquement de chaque côté de la masse, souvent avec une régularité étonnante, de sorte qu'à commencer par chaque côté qu'on nomme êûlbande, là nature de la mas&e varie d'une de ces pierres à l'autre par des passages souvent impercep-»

CBHT KUriXÂMB SSIBETIBV*

et égàvx de part et d'autre quant à Teipèce et Vipaisseur. Cette égalité ra souvent jusqu'à supporter Fépreuve du compas*

Mn de Ré Gela est rraiment étonnant. Z«es filons sont donc une espèce de petit monde mînérdogique, enfermé dans les grandes couches de rodies et absolument différent d'elles surtout quant à la nfgnlarité.

3Ir, de P. G^est au milieu de cette gangue que se trouTent les minerais { ils forment en quelque sorte vb ruban d'une épaisseur variable de filon à filon et sonyent dans le même filon* Quelquefois le minerai rem* plit tout le filon et exclut la gaogue* Par fois il forme deux rubans et même trois.

Mr, de T. Si j'ai bien compris votre description de la gangue, elle-même peut être regardée comme composée de pareils rubans de différentes espèces ran« gés symmétriquement d'un côté à l'autre et en quelque sorte fondus ensemble*

Mr. de P. C'est prédsément ce que f ai voulu dire* Mais cette régularité est par fois interrompue par des vides qui se trouvent dans les filons. Alors la gangue, qui tapisse les parois des couches de roches sur une certaine étendue, offre des cristaux parfaits, les plus beaux qu'on connoisse* Souvent on trouve de petits vides entièrement enfermés dans la gangue; ila offrent de même à leur surface intérieure des cristaux de toutes les espèces de silex parfaitement formés. On les nomme géodes et Ton en trouve depuis quelque» lignes jusqu'à plusieurs pieds et même plusieurs toises

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