‹ Entretiens sur la physiqueChapitre 11 sur 26 · CENT HUITIEME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

CENT HUITIEME ENTRETIEN

de diamètre. Les géodes sont arrondie toujours des sphéroïdes allongés dans la d longueur du £Ion. Permettez moi de \ une géode (Iig. 85) ou pour me servir do de monsieur deK., un petit monde crisuiii<i, {jufertnt^ dans la gangue ou dans toute autio niairice au R!op. Voyez 9 d'abord au milieu, ce creux tapissé Je cris^a^x parfaits, comme par ex: d*ar:iéthyste, de nristal dtf roche ou de quarz etc. Viennent en suite des enveloppes de matières semblables, cristailis/^es et passant des unes aux autres, quelquefois terminiées a Toxléfieur par une enveloppe calraiie iros iiiiuco. al. est la direction du filon de bas en haut. 01>stT\'Oz ëntin ce vide a la partie supérieure, qui semble »'*rre provenu d'un enfoncement de la g*^ode à son sommcl. Ces deu:^ cavités sont tantôt vides, tantôt reinrJies d'eau.

Mr. de L. Et vous voulez expliquer tout cela?

il/r. (Je P. Patience, Grneral. Pourquoi se prévenir contre ce qui suivra? J'cspore que vous «rcuve* rez que prt'cisc'iupnt rexpIi'Mtion flca phî'DwTnôn*?^ Jr^ Hlons font la partie la plus sure et la plus c\ynxj t!e toute la Géologie. Je dois encore vous du-? que la masse de roches, qui touchent les salband'.'s du Ji!'>'j, est tantôt réunie et comme soudéeà la ganfj'je, t&nlot séparée par une fissure, mais toujours un peu modifie!?, en sorte que la texture des roches à cet endroit :st phis ou moins différente do celle du r«?ste de la r.irrh'». Souvent on trouve des parcelles de ganga^? dans 1^ roche et des parcelles de roche dans la gangue; er ces par-

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celles tont plus où mains grandes, lîe règle selon Tépaisseur du £lon, de sorte qu'elles deviennent dei morceaux et même des quartiers , sur tout dam les schistes.

Enfin f obserre encore que les minerais ne forment pas toufours les bandes ou rubans que fe tous ai dé» trits, mais qu'ils se trouvent souvent en masses arrondies et assez informes dans la gangue.

Le Comte C, Nous voilà bien enfouis dans la na* tnre minérale. Ne nous direz<-vous rien^ monsieur de P.^ sur les êtres organiques qui se trouvent ensevelis dans ces masses.de roches?

Mr. de P. Cette question est bien naturelle à uii Naturaliste; mais fe trouverois encore bien plus natu« rel que le Naturaliste voulut se charger de cette partie de laGéognosie, qui est bien plus de son ressort que de celui du Physicien.

Ze Comte CL Y pensez* vous, monsieur de P.? Je suis un peu Botaniste et les plantes ici ne jouent qu'un rôle subordonnée Ce sont sur tout les animaux ou plu* tôt leurs restes qu'il importe le plus à connoitre; et là-dessus je ne puis mieux faire que de m'en rapporter

à TOUSk

Afn de P. Tant pis pour mon aimable auditoire, d'autant plus que les débris du règne végétal ne sont pas moins importants que ceux du règne animal. Tous ces restes de milliers d'êtres organiques sont un ensemble, une collection de documens, un archive entier pour l'histoire de la Terre, où nous puiserons bien des connoissances. Toutes les parties connues du globe nous offrent df grands dépots de ces débris du monde

CENT IIUmÂBiIB SNTRETIBN. 6.^g

enseveli, mais pas dans toutes les espèces de roches, débris qui se trouvent très diversement modifiés. Les uns sont pétrifiés, les autres incrustés d'une matière pierreuse, d*autres dans leur état naturel^ d*àutrès enfin plus ou moins décomposés par l'action de l'air ou par la fermetitation putride. Diverses espèces ont dispara du règne animal et végétal encore existant { d'autres espèces existent encore au nombre des êtres d'aujourd'hui ; d'autres enfin n'ont que de grandes ressemblances et en difi*èrent par quelques caractères^

Mdei de L. Je serois curieuse de savoir à quellei espèces de roches la Nature a confié la garde de cea monumens d^une si antique formation de végétaux et d'animaux; car je ne conçois pas par quelle raison les unes ont k cet égard une préférence sur les autres»

Mr. de P. Le granité paroit n'avoir pas été honoré de cette confiance, pour me servir, madame de votre expression; car dans le granité^ qui forme pour ^ ainsi dire la base de toutes les autres roches, on n'a encore trouvé aucuns débris d'êtres organisés. Les schistea n'offrent que des empreintes de plantes du genre des fougères et encore très peu. La traumate contient des empreintes de plantes et des crustacées, et en outre du bois pétrifié Cé à. d« imbu de silexi, des crustacées également pétrifiées, dont on distingue eii- Tiron vingt espèces^ des ammonites et des orthocéracites (autres espèces de coquillages) imprégnés de py<^ rites.' Les brèches et surtout les grès renferment non seulement un très grand nombre de productions des deuxrègnes^ pétrifiées et non pétrifiées, (yi habitoient

66o CBNT HUrriBMB SNTRBTIBIf.

autrefois la mer, mais même quelqu^sfois dei escargots de terre ou qui du moins paraissent tek. Mais c'est sur tout dans les calcaires de la troisième suite que Ton rencontre ces débris d'êtres organises en nombre prodigieux. La roche calcaire qu'on nomme alpine (par ce qu'on la trouve en grande quantité dans les Alpes) paroit quelquefois être formée entièrement de co« quillages. Souvent elle en contient moins en apparence; mais on s'aperçoit bientôt qu'elle en couvre des coudies entières qui se trouvent entre ce calcaire et tes brèches. Une espèce de marne schisteuse , appartenante à cette formation de roches , offre des empreintes non seulement de fougères, mais aussi de poissons d'eau douce, par ex: de carpes, de brochets, de truites etc. La roche calcaire, à qui le mont Jura a donné son nom comme les Alpes à la roche alpine, qui se caractérise par nombre de fissures, creux et cavcrues qu'elle contient, offre souvent des ossemens de plusieurs espèces d'animaux qui ont beaucoup d'analogie avec l'ours blanc de la mer glaciale, avec le tigre, l'éléphant, le rhinocéros, le crocodile elc. Enfin les teires de transport couvrent souvent sur des surfaces immenses des squelettes qui se rapportent à la race de l'éléphant et du rhinocéros.

Mr, de lî. Ce nombre d'elres organisés et détruits est inuuense et paroit plutôt un conte de fée qu'un fait historique.

Afr. Je P. Ce qui doit ajouter à l'étonnenient que produisent ces faits» c'est qu'on trouve les productions mArim», des coquillages de toute espèce, souvent

cnrr iiuiTubai entrftibk. 66 i

iur le sommet des montagnes. La Suisse les offre a 1400 toises au dessus du niveau de la nier; le mont-Pilateparex: semble n'être composé que de ces débris, entassés par familles les unes sur les autres. Les Andes et les Cordillières nous les ofFrenl à 2500 toises de hau-i teur; et on les trouvcroit vraisemblableoient à de plus grandes hauteurs encore, si ces hauteurs ne formoient, dans les deux régions que je viens de citer, la ligne des neiges ëiernelles qui rendent les fouilles impossibles.

Mde. de L. Il faut donc que la mer ait séjourné autrefois sur ces hauteurs et pendant dos siècles. Qu'étoit donc notre globe alors?

Mr. de P. Permettez moi d'éviter en ce moment toutes les conclusions, devant vous offrir les faits purs et simples,

Mde. de L. Vous avea raison* Mais peut-on à Taspect de pareils phénomènes ne pas songer d'abord à leur causes et à leurs e0*ets?

Mr^ de P. J'en conviens ; mais j'espère^ madame, que vous me saurez gré de la sévérité avec laquelle je me permets de retenir IVlan de votre imagination. Voyons à présent sur quels points de la Terre cet immense archive des tems, antérieurs à tous les monumens humains, se trouve placée

Le Comte C Vous ne craignez pas, j'espère, que nous soyons aussi incrédules à cet égard que Voltaire qui pensoit que quelques écailles d'huitres, que des voyageurs, qui en- a voient mangé le contenu ^dans un voyage des Alpes, avoient séduit les Géologues à in* Tenter leurs systèmes.

66a csNT uuiTiéBifc mmiRiBii.

Mr. de P. Voltaire plaisantoic sur toute choM^ mais n'ajoutoit lui-même guères de foi k aéa plaisanter ries. Quoi qu'il en soit j'invite notre aimable sooéttfà faire un petit voyage avec moi sur la carte gt^^gHK phique.

V Je vous ai dt*)a nommé les Âlges comme d'immenses dépots de coquillages pétrifiés; ajoute^ y leurs plus proches voisins, les Appenins, La France, en ofire par tout où l'on trouve des roches calcaires, surtout delà craie, et j'ai vu à mon grand étonnement le fo« cher qui domine la ville de Caen presque entièrement composé de coquillages en partie délités , encore mous et formant la roche de leur substance* Les Pyrennées et toutes les montagnes de l'Espagne et du Portugal, fourmillent de ces productions marines, qu'on retrouve également dans les roches de craie de TAngleterre. Les carrières de pierre-à-chaux dans toute la Hollande en sont parsemées, et l'Allemagne entière les oflPre en si grande abondance qu'on a beaucoup plus tôt fait de nommer les endroits où ils ne se trouvent pas que ceux où il se trouvent.

£p Asie nous avons les montagnes qui bordent la mer Caspienne et celles de la Perse, qui ne sont corn* posées que de sable et de coquillages jusqu'à leur sommet. La Syrie, la Palestine, les Indes, la Chine et la Sibérie ressemblent à cet égard aux pays de l'Europe, et il n'est pas douteux que lorsque nous connoltrons les monts du Thibet en détail, nous n'y retrouvions ces débris d'une monde ancien d'habitans des mers.

En Afrique le sol des pyramides contient des lits entiers de coquillages. Les monts de Fetz et de Zaara,

CfiHT UUIX1£MJS lU«'XmfiTUU(. 665

à soo lieues de la côte, ceux de la Guinée et du Gap de bonne espérance également.

Non seulement les Andes et les Cordillières, mais aussi le Brésil, le Chili et la terre des Patagons daoa l'Amérique méridionale, Neu-York, la Pensylviinie, Maryland, la Virginie, Neu-Jersej et la Caroline daoa l'Amérique septentrionale, enfin les Antilles mêmes recèlent ces débris d'êtres organisés qui vivoi^t dans rOcéan.

Les quadrupèdes fossiles sont moins nombreux, à la vérité, mais non moins généralement répandus. "^On les trouve tous dans les terrains de transport, de sable, de marne, d'argile, de tuf calcaire et de terre meuble. Je nomme dabèrd les collines qui commencept à Ai'les et se terminent à Gibraltar, qui contiennent les squelettes d'une espèce de singe, qui se retrouvent à Ce* rigo sur la côte de la Dalmatie et dans l'Archipel grec. LaFrance, l'Italie, l'Allemagne, la Hollande, TEcosse et la Sibérie offrent iine quantité d'ossemens, d'Auer* ochs et de Buffles, les uns en tout semblables aux races d'aujourd'hui , les autres un peu différents et sur tout de plus grande taille. En Irlande on a trouvé quantité de bois de cerf ou d'élan, dont quelques uns sont de telle grandeur qu'une brandie a jusqu'à 8 pieds et l'en* vergeûre 14 pieds. Je vous ai déjà cité les ossemens des cavernes de Muggendorf , qu'on retrouve dans les ca* vernes de Clausthal. Les carrières de gyps près de Paris présentent des squelettes de rhinocéros et de tapirs, différents des espèces de niênie nom qui vivent aujourd'hui dans les Indes et daas Amérique méridionale. Ces mêmes tapirs se retrouvent dans la montagne noire

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en Languedoc; et prés de Comminge en DaupUné dei tapirs de la mrine ni ce qui vit encore en Amérique»

Mais rien n'égale le nombre des ossemens d'éléphant fossiles qu'offrent la Sibérie. , Les Sibériens lear ont donné le nom de Mammouth et s'imaginent que cette race d'animaux vit sous terre. Les défenses de ces animaux sont un ob)«n ^1*^ commerce considi^rable, et fournissent aux artistes beaucoup plus d*ivoire que les défenses des éh^plians de la race encore vivante en A&ique et aux Indes. Longtems on les a crus être les mêmes que ceux d'aufourd'iïîîi; mais le célèbre Cuvier les res^rdo h ii:sre lirro comiiic d'une race dilTcrente, La trou vaille lo plîis remarquable à cet égard est l'éléphant presque onric:' irouvt* en 1799 par un pechfur toni;ousc à Tcmboudiuro de !a Lena dans un gros glaçon.

Mr, *h .R. Au milieu d'un gîaçuii?

Mr. iff P, Ou pliitûr an milieu d'un morceau de plarier aTïpai*«?ir.nK»ïir (j^iajiif^ du roiitinent qui, après avoir rioirr'- v-'i^-'ï'**-^ **"*'^ lr.i!^:.'^!iis (îaiis la mer, fut jeUc sur )?i r^rc, «^n en \>\o\ «''1 .la*^? élo;i assrz fi>ndue pour mettre une grn:ul»? pâme <ltj I :.i:lri.al a (ît'*couverr. L'Académiciou <!e IV-iez-sbij-r;;. itioiiî.i';r*r Adum,, qui voy.'îgeoit aux frais de r\':.'j!.'.iî{f^, en lir !a di'ruuveric. La î/î;!5. f::':iîi''e p.'»rlîc» i\\t \ .\\\\\\\'\\ rioii Cjiroie en»i(Vre CL IVaiche, 1'.* r^-si'j avolt éî(^ lOi .;/' -^.vc: l"S loups ou c\niov/^ y^r î- *= .!?*'• :i''^«i T) »'.u^ n.'k'jrrir j.v.irs chiens, .l'ai vu Ir sqiieît^lto dr j": .^r arî:.J^'^.l , -j 'lui iî un mantjuoit qu\iije rute. nui .H'OJt à\.*. re>î^i?îr''t^ cîa bois, cl un morceau do la p-au d'enviicu 3 r;i^.^îs de longueur sur a de lar-

Ifr.Adtms a voit rapport i» un*» n c^i f^wiufc^ J^w^ toute la peau; mais il l'a tlrpiVt^f* p«>ur «m\ fi^Y^ tiers et au quart. Ollt» |ioaii t*»i t»\u^^remarquable et mérituit hioii irriio «Mu%c*i\«'tr mtaot que possible. (lar uuiro It^s soiM %m de quelques pounes de lon/;u(Hii', tt^ls \\m^ \f^ a éléphant d'aupurd'luti, elle ('t(>it Cttuveilt* \\o Uiiio , oiaîs pas très i^i^iit^e. Les ilrr^iuc*» xoiit si qu'elles passent le (l(*iiii i'(*irlo, se lei'iDiiicut le dernière de la tote, (*t pantis^ent lir^auCiMip propres à l'attaque que rcH^s do l'ôlrphaul oididont les pointes vont en avnnr.

squelettes Fossiles d*i^lf^pliaiii se relnnivent en» en Russie sur les bords du Puii* f*ii Allenwi/^ne pn^s deGotha, d'Erfurt, do Ihiij;-'I\wii:.t, sur tout pif.i d«« Canstadt dans IeWUrtcnd)fM{^', pclc^inele avre des os\f*mens de rhinocéros, d'hièiies eir., en rrnnre près d*ArçenteuiI aux environs de Paris* en An{;lt*terie ik Brendford a 6 milles de Londres ete, l/Ami'riqiie nous les offre non seulement dans sa partie la pins septentrionale presque en même quantité qu'en 8ibiU rie, quoique un peu diflPcrPtiis, mais auw dans rintcrieur à 140 milles g^^ographiques de Port au Quosne, dans la Caroline sur le plateau de Santa-Fë k j35o toises au dessus du niveau de la mer. Je ne dois pas omettre ici une observation remarquable de Cuvier, c'est que les ossemens Fossiles du cheval se trouvent peut-être en quantité sup^^rieure à ceux de toute autre espèce, et que cet animal, asservi par riiomme pour tant de gen-p res de travaux, a éi4 autroFr^is le eompagnon libre et

At tfai êtêfiliaiiu ce des mammouibs; car oo iroafe «Ar&ris par tout près de cens de ces grands animaux.

Afr. fk L. Le compagnon libre et fidèle? Voilft bTpoihèse! Qui sait si les éléphants d'alors n'a-

WÀeni pas <|uelqae chose d'humain, la tendance à ty-

fftmuser et à assenrir leurs roisins?

Jlfr. Je P, L'idée est nenve au moins. Mats tnv HMOons nos fouilles. A Etampes on a trouvé les osse- HMMS d*ttne espèce dliîppopoume qui n'a que la taille ^ SM^Uer , et à d'autres endroits de la grandeur et de r««pèce d'aujourd^hui. Enfin on a trouvé au Paraguai ^le (oute nouvelle espèce de quadrupède de la pieds U# U^n^u^ur sur 6 de hauteur, que Cuvier range entre l#* paresseux et les fourmilliers et qu'il nomme méga^

C'est à ce célèbre Naturaliste, qui s'est illustré par XMt ^^ trou veaux sur la Ji^oologie et TAnatomie des A^iuMiux, à qui nous devons ce que nous savons de plus uf^^U sur les ossemeps fossiles et des résultats généraux, vtv^ul je vaift énoncer les plus importants. Ces ossemens «j^ UAtuvent tous dans les terrains de transport et près* ouo loui^urs accompagnes de dépouilles d'animaux ma- I uu 4«iVuuiuUes. Ils sont en partie fractarés ou froishe.\t ù»i uieut varemeut des squelettes entiers et se trou- \ eut vlv* li^liî ôpars. Ceux qui se trouvent dans des teri4iu« vlo plui vielle il%\te, c. à. d. recouverts par d'aul&Oft i«)4V4ius, ditVèrent davantage des espèces analo- KUOci cucuio vivantes que ceux qui se trouvent dans les ic4«4iuji plus récents. Eniin il est inTmimcnt rémarijiut>lo qu'au ua jauiais trouvé des pssemens humains

C£NT HUrriEMS BNTa£Xl£V« ^^

vraiment fosiilet , c, jk, d» enfouis dans les tevriins dft transport aveo les élifphaxu, les rhinocéros, les tapin» les singes, les chevaux etc. quoique rbooiiQe Jiabite tous les climats,

3fr, de M. D'ob il suit que In race humaine est de dite postérieure aux anioiausç fossiles^

Mr. de P. Cette conclusion est ii naturelle que nous ne youloos pas la regarder pommepne anticipation sur la Géologie. Disons encore un mot des débris de plantes fossiles. A leur tête se trouvent les nûiies de charbon de terre, La grande Bretagne en poisède dans le Northumberland, LancashirCi StafFordshire et es Ecosse une quantité immense; la France sur toute U câte septentrionale et à l'Ouest, et en outre en Langue* doc, en Auvergne et au pied des Cévennes. En Aile» magne on les trouve tout le long du Rhin , en Hannovre, en Franconie, en Suabe, en Bavière, dans la H^êi^Q et la Saxe, ep Silésie, en Bohême en Hongrie et dans une grande partie de l'Autriche. On en connoit moins en Suède et en Norvège, en Italie et en Espagne, peut-être par ce que là on n'a pas besoin de les cher^ cher; l'hlande par contre en abonde. La Chine en est immensément riche, de même que l'Aniérique septentrionale.

Différentes contrées nous offrent des forets entières d'arbres enfouis. Tel est le comté de Lipcoln en Angleterre où Von ^ reconnu un amas d'arbres qui occupent un espace de trente lieues de longueur sur une largeur inégale de quelques lieues. Cette forêt se trouve au milieu d'ufi lit de jglaise molle jusqu'à i6

66s CBirr HuméM£ entretisit,

pieds de profondeur; et plusieurs îlots ^ ranges sur oetie côte, que les basses marées mettent à découvert, ne sont composés que d'arbres enfouis. L» plus grande partie de ces arbres est renversée; plusieurs sont encore debout et n'olFrent que les racines ei une partie du tronc. On y leconnoit le ciicne, le Louledtiy k» pin etc. avecleurs tranches et mcino Jeurs ff-'uil!es; Técorce estpour la plupart bien conservée y m^is Tintérieur, le bois, est presque pourri; et le tronc onrior, de niêuie que les racines, est fort applatî. I/isle de Mac. entre l'Irlande et l'Angleterre, la côte deNorinc^ifîir», îr. cofo deMorlaix, les environs de Paris ofiVcai cl»; r?» nmas d*arbres tantôt debout, tanîôr conrh/'s. l'n J^ivome les bords de la rivière d'Aa fourniiiîent de rhrner. renversés et enfouis dans le saLle. Cos dirncs ort e?u:ore leur consistence naturelle, mais sont î^nmis ou prosaue Doirs. Les ébénistes travaillf^nt ce bois , de rneme que celui de Vitres sur les bords de la Seine. Il [taroît que les terrains sabloneux conservent les arbres eufouis mieux que les terrains argileux, et (]c»*i c'csi a ce-te différence du sol qu'on duit. la dii':i': -i:;'» (ju'012 «jii.sti»' dans la consistance de ces huis i:o iV;;..

Si ces forets entunics oiU u:* ,;rir..l !..ii'i(-i ]^i\ >:. la Géognosic, les bois pétriliés voun a''i'.>;r:-.i. b,, .. ,.,.vantage. Le bois pétrillé est lUiC »i;u.- ^^ . ... , vj.;* .iiparavant étoit de vrai bois. Ui^e en.» < -i^i^^ .J. &vii, o s'est introduite dabord daiif. les porc., w: u i^, l-i !c^ a reniplîi de quarz ; petit à p^nit b>s jinrîi... ii. ii .i\.v7-: s» sont délitéei et ont fait place à une no-.iv '-';!<.' ^. .ioij de quarz dépose par lu même eau, JL^cra';; ; '• <;iM^;./::i

toute Ifi partie ligneuse a di&piru et a J:^ r;j:vi;.ix;rtu p^-

CKNT HUITICMB EinmBTTEN. 669

une pierre qui a la même texture que le bois auqud elle a succédé.

Mde, de L. Cela est yraiment étoonaot et est toute autre chose que les morceaux de boit et autres joujoux incrustt^s par Teau de Carisbad. Mais es^-oa sûr que ces productions de la Nature soieat de vraies

pétiificaiions?

Mr. de P. Cela n'est pas doutent; car non ienle^ ment on y distingue Técorce, les cercles concentriqttes du bois, les noeuds, les branches etc. mais aussi-un grand nombre des morceaux de bois pëtriilé contiei^ nont encore de la matière ligneuse qui n'a pas subi oe cbangenieut. Le bois péiriûé se trouve principalemeiit parmi les grès et appartient à des familles d*arbret étrangers à TEuropc, surtout à celle des palmiers«

Eniln on trouve des Iragniens de bois mlnéralisës d'Lintf a litre nictiiièi e; iU sont convertis en pyrites et ea niiiierai (ic T*?! , c, à. d. qu'une solution de pyrite on d'oxide de fer sVst chargée du rôle de la silice dans le bois pérrilié.

Le, Comte C, Ne nous direz-vous rien des tourbes?

Air. de P. Les tourbes ne me paroissent pas être des produits vraiment fossiles du règne végétal; non que je pn'îtende qu'il n'existe pas des lits de tourbe enfouis dans dos terrains de transport; mais d' un cdtéfe n'ai jamair. la qu'on en ait trouvé; et d'un autre côté nous Voyons les tourbes se former son« nosj'eux par la Nature et l'art dans tous les pays froids et humides, et' celles à qui on peut ou doit supposer un très grand âge^ contiennent souvent des arbres assez bien conservés, SW

V^ CBHT RITITCÊMB BHTHETIBir.

les qvefa on ol>serre det yettiget de h hadie, det ot- •enent de nos animaux d'au jonrd'hiii, det coquiHes flnindlati det barques, det bacbes, des armes ^ desmé*daillesi des dels et même des chaussées endèrea eoiis« iMÛtea aoQS le lit de tourbe. Ce qui proure ëTÎdemmeut' le séfoor de l'homme dana ces contrées arantla formation de la tourbe.

Le GmUe C Ainsi voua r^rdet le séfont de Fkonae sur notre globe comme l'époque à laquelle l'é^ cône de œ globe doit être considérée comme tonte fomée*

Jtfr. de P, Oui^ monsieur le Comte; par ce qu*on né tronre pas d'ossemens humaius parmi ceux des auttea animaux qui ont succombé aux derniers changeaiew ^Q^ Ifl surface de la terre a éprouvés » et qu'il me paroit naturel que rhomtnc ait trouvé k sa création son habitation toute faite.

jtfr. de Lm Je suis bien de votre avis ; car la race humaine, voyageuse et carnacière^ qui habite tous les diaats et qui dévore tout ce qui est organisé, doit avoir tout trouvé pour pouvoir tout ravager.

A/r. de Vk (ebUrianl) Et comme cette race abo»mirable cherche sa gloire et son plus grand plaisir à se UéirttireeHe^méme^ je m*étonne qu'à sa création elle ualt pas déjà trouvé une race humaine toute faite, sur laqutllt oUe ait pu exercer cette noble fureur de des-

Mr. de Xn Quoi^ momtêur de V^ vous attaquez moliaiari?

CE!nr HurriJBMB entretien. 671

Mr. âe V. Il faut bien prouver que {'ai l'honneur d'être un Etre humain^ mes inclinations pacifiques xn'ajant sûrement rendu suspect ou équivoque à cet égard.

jSfn de P. Je suis charmé que cette plaisanterie termine non seulement cette soirée mais aussi le chapitre de laGéognosie, qui doit vous avoir paru, madame, un peu aride ) par ce que je me suis abstenu de l'orner d'hypothèses géologiques. Demain nous entrerons dans ce champ fertile, où nous verrotls l'imagination )itt«» maine briller de toutes les manières.

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