CENT TREIZIEME ENTRETIEN. 7G
Mr. de G. J'aime les lois, mais pas Tuniformitë. Malheur aux Etats dà tout est tire au cordeau, où tout s'égalise^ oi!i Ton croit trouver le souverain bonheur dans une symmëtrie qui fait un rc^gîment de tout un peuple. Le talent, le génie n'y régnent pas, et dans le besoin on ne trouve que des autortiatés au lieu d'hommes. Je me plaij à voir Id Nature nous offrir son exemple;
Mde. de L» Vous êtes aujourd'hui bien rëvolutionnàireé
Mr, de V. Je me range, madame^ sous vos ëtendarts; à mon âge oh aime la paix. Mais avouons cependant que cette èùblime tranquillité de Tocéan, cette belle uniformité dans la ^ùite des roches^ comménçoit déjà très fort à nous ennuyer.
Mde. de L. (riant.) Je n'ai en ceci point d'avis à inoi, mais je suis du vôtre, monsieur de V.^ et èharmée de vous forcer par là d'avoir eu Pair de m'êtré resté Ëdèle , au moinà par presséntiiiiëDt.
Mr. de L. Voilà ce qui s'appelle ùfaé ruse de femme! ^— Màià (commencez) inonsieur de t^; à tout
bouleverser.
Mr. de P. Nous n'en sommés pas encore là; il faut aupài'avant s'en procurer les forces, et, qui plus est, savoir ce que Ton veut faire de tout ce fracas, sans quoi nous mériterons le reproche que madame de L. vient de faire à mon ami de G., d'ailleurs si débonnaire.
Trouverons-nous cesforces mécaniques qui ont changé la surface entière du globé dans le cours paisible du
^66 CENT TRBIZléMB ENTRETIENè
grand procès chimique que nous Venons de dc^crire? Je n^en rois pas la possibilité, et mon aimable auditoire vient dese prononcer de manière à me faire croire qu'il ne les y cherchera pas. En effet les vents causés par la différence de température^ les courans de l'atmosphère^ effets du calorique dégagé par le procès chimique à là surface de l'océan, les petits courans verticaux dans de l'océan même qui occasionnent les pauses des procès chimiques dans rintérieur, peuvent tout au plus occasionner Quelques petites diiférehces dans là natare des produits de ces procès, former peut-être quelques toches ektraordihàires de qndr^, de feldspath, de inlca, dé phyllàde ^tt. épaisses de quelques lignée OU de (}uel(}uès poudes. Les grandes excroissatices du continent que nous &omhiods chaines de montagnes, dés excroissances semblables du fdnd de la mer, t|ue nous nommons lies et bas fotads^ les déchiremens, les fracassemens, les tenversemens 4 les destructions même d'énormes masses de roches, la formation de grandes couches de nouvelles roches qui couvrent ces débris^ le dérangement dans la suite naturelle des Couches^ l'intercalation de grandes couches étrangères à la suite ou elles se trouvent, celle des lits encore plus étrangers à ces suites^ tés formes si variées de gisement, les fentes qu'on observé dans toutes les espèces déroches, les filons qui les traversent indistinctement ^ tout cela ne s'explique pas par lès mouvémeiis pt*esque insensibles que je viens de ijommer. Il nous faut des Causes d'une tout autre espèce, une Mécanique bien plus puissante, une Architecture d'un bien plus grand genre.
Mde. de Lk Voilà bien de l'ouvrage.
CEHT ereizième ehthetihn. 767
Mr. deP. Voici encore un problème qui ne se résoudra pas par de petils moyens. L'oci!an d'alors contenoit une niasse de liquide bien plus considérable que celui d'aujourd'liui; d'abord [c.iite l'eau nécessaire pour tenir la silice pure, la cîiaux, les alkalis, en solution; puis, les oxides et les terres s'<^iant précipités avec une petite parti» des elkalîs, tout le reste a conservé la forme liquide et a été augmenté par l'acide muriateux hydrogéné de l'atmosphère. Nous avons évalué cette masse égale au moins à une enveloppe entière du globe de 6000 T. de hauteur. Or l'océan d'aujourd'hui ne nous offre pas une telle masse de liquide. Car le tiers de la surface du globe est occupé par les continents et les isles^ et le reste a des profondeurs très inégales. Et comme en outre nos montagnes se sont formées dans l'océan, il et clair que leurs sommets ont dii se trouver alors très au dessous du niveau de cette niasse liquide, et que parconséquent il a dû en disparoitre une portion très considérable.
Mr. de S. Qu'est elle donc devenue ?
Mr. de P. Quelques uns ont cru la trouver dans l'atmosphère. Mais d'après les principes d'Hygrométrie notre atmosphère entièrement saturée d'eau, à la température de 14 d. K. et sous une pression de 23 pouces de mercure, ne contîendroit pas 7 pouces d'eau.
Le jeune de L, Mais l'air dilaté des régions supérieures contient à proportion plus d'eau que l'air comprimé par 28 pouces de mercure.
Afr, de P. Fort bien, à même température; maia
^68 CERT TOEIZn&MB BNTRETIEN*
le froid, qui règne dans les régions supérieures, diminae cette quantité d'eàu et finit pat dessécher totalenaent l'air des régions très élevées. Mai^ je veux inême admettre Thypothèse de De Luc^ vous accorder que notre atmosphère ne soit que dé l'eaii gaziBée. Cette éan condensée ne produiroit qu'une couché d'environ 3^ pieds ^ hauteut qui dispàroit, comparée aux miaisses que nous considérons.
D'autres auteurs ôbt supposé dans \ë hoyàu de notre Terre de grandes tavernes, qui ensuite, chargées des roches qui se fortnoient successivement, en ont été enfin écrasées et ont fourni Pespàce nécessaire pour en* gloutir une partie de l'océan. Mais ces messieurs nous doivent encore le mécanisme qui a formé ces caveriies ; et ils ne sotogent pas que les voûtes de ces immenses creux étoient chargés, déjà aVânt la foritiàtion des toches, du même poids, les masses précipitées se trouvatit alors dans l'océan, dont la pression étoit égale à la somme des itiasses précipitées et du fluide qui les tenoit en solution. Ils oublient en outre que leë précipitations, formant une croûte, une nouvelle addition à l'épaisseur des voûtes, celles-ci ne pou voient plus être écrasées.
Mr. de R. Péut-on bâtir des systèmes et ne pas songef à de pareilles choses?
Mr. de Li Le besoin excuse bien des extravagances*
Mr, de G. Malheur^ Géfaéral^ à i^elui que vous excusez !
Mr. de P. Notre problème est énoncé. Nous savons à peu près ce que nous avons a faire, quelles
masses k remuer ott renverser. Cherchotis à présent les forces mécaniques proportionnées à ces grands mouVemensi Nous avons .Vu tout-à-I'heure qu^elles ne sont contenues ni dans l'océan , ni dans Tatmosphèrè. Nous élèverons-^nous jusqu'aux astres pour les trouver? Conjurerons-nous par une magie quelconque une comète pour èleyer par son attraction les àeut Guides immenses qui enveloppent le globe et les laisser retomber après son passage? Quelque sorcière que la Physique soit« cette conjuration lui réusàiroît mal * et supposant que la comète arrivât et produisit tes courans terribles qu'on désire^ que feroient ces Courans et toute leur violence contre un sol Sphérique et comme fait au tour? 11 lear enlèveroit tout au plus la superficie pour en faire du terrain dé transport^ qui après la retraite de l'océan seroit Une boue bien également étendue^ le paradis de Thomas Burnet* Mais où se retirera la mer • • ^ • «
Le jeûna de Lé Dans la comke qui ^enlèvera à la terreé
Le Comte C. tJn vol d'une espèce tout nouvelle!
it/r' âe P. Que je ne refuserai pas à notre jeune ami. Mais d^où nous viendront 1^ montagnes, les inclinaisons des couches 9 les gisemens dès roches etc*, l'oeéan même qui nous est resté?
Mt. de (rt Quant à l'oôéau d'aujoUrd^faui , la comète aura eu pour notre Terre la politesse des brigands des environs de Lôttdres^ qui laissent aux voya* geurs de quoi faire le reste de leur route.
^^O CES TRBI£IEMB EIlTRETIBWft
Mr. de T. J*aisufet d*en douter; car la Comètai s'ëtant accrue d'une partie de notre océan, aura gagné en attraction et en rapacité au point de ne nous rien laisser.
Mr. de P. Ainsi tii le del, ni Tâtmosphère^ ni l'océan n'ont pu produire les effets que nous avons à expliquer; il faudra donc descendre jusqu'au noyau de notre globe et chercher là, sous les roches qui compOi^ sent son écorce^ la cause de ces effets prodigieux. Bref^ cette cause est une action volcaniques
Mr.deL. Ah! je découvre â présent vos Ënesses, monsieur le (jéologiste. Vous placez le foyer des vol* cans à 6000 toises sous le niveau de l^océan et vous entreprenez de construire une écorce du globe de 6000 toises d'épaisseur pour mettre les forces volcaniquei à votre disposition.
Mr. de P. Non pas ^ mais pour retrouver ces mê^ mes forces que la Nature a eues à sa disposition. Les archives du tems d'aloti, consignées dans les couches de roches I attestent des faits dont les causes ne se rétrouvent nulle part dans tout l'empire de là Nature, excepté dans le foyer des volcans; et voudriez-vous peutêtre que j'abandonnasse cette source féconde d'explications, pour vous dire je ne sais quoi?
Mde. de L. Croyez-vous que mon mari ait pu you^ faire lérieusement une pareille objection ?
Mr. de P. On me l'A faite et très sérieusement dans une gazette littéraire.
Mr. de L. Ne me prenez pas, je nous prie, poor
CBHT THEIZIÂHB BKTRBTIEN.
«h animal crilique. Peut-on se refuser à l'ëpiilpiico, à la simplicité de cette hypothèse, la plus {uste f]ue vous nous ayez fait coonoitre dans toute la Physique. Car je pressens en quelque sorte avec quelle faciliié vous manierez cette cause de mouveuiens. Seul ement je ne vois pas trop quand et comment vous la ferez commencer.
Mr. de P. Avant d'en venir là, ëtshlissoni le principe en quelque sorte légalement; La Nature noui ofTre dans les volcans en activité et dans les volcans éteints des analogies si frappantes avec ses grandes opérations de jadis, j'ose même dire des modèles si justes de ce qu'elle a fait autrefois, par rapport aux forces, auK effets mécaniques et aux productioas, qu'il est impossible de se refuser à cette analogie^ tant qu'il sera permis d'assigner les mêmes causes aux mêmes effets.
Voici l'hypothèse, réduite à sa plus grande simplicité : /-« Kurface du itovau du globe terrestre étoit, avant le procès de ta grande précipitation, composée, en tout ou en grande partie, de sulfures piélalUques (pyrites) en contact immédiat avec Vocéan d'alors. Or comme les volcans d'aujourd'hui, actifs ou ëteînti^ et les tremljlemens de terre, nbus dévoilent l'enistence de ces substances dans leur sein et à tant de points de notre globe, ne doit-il pas être permis d'admettre que ces points étoient autrefois plus fréquents et que les éruptions actuelles ne sont en quelque sorte que la réïonnance d'opérations semblables que la Nature a employées jadis pour bouleverser son ouvrage et lui oter l'uniformité fastidieuse qu'il avoit? Voyons à présent comment ces grandes opérations ont pu et dii con^H
^^ GBHT TBXaSXàMM BÉmETIBir*
Jfr. âe T. Voilà te rrai seeret de la chose; car il me semble que, si les pyrites et l*eau de Toc^an étoient en contact, les éruptions deroient commencer arant le procès de la précipitation ^ et que par là tout Tocéan devoit être bouleversé ; et les couches de rocbeS| précipitées pendant ces mou?emens tumultueux, n*àiiroient pu nous o£Frir que l'image d'un désordre absolu, sans aucune trace de régularité j , que dépendant irons BOUS ayez tous méiose fait voir»
Mr. de P. je sens toute la force de cette obfee^ ti6n« Voyons s'il est possible de la réfuter.' Je dis que, par deux raisons^ le protsès volcanique ne pouvoit pas commencer avant le procès chimique de la précipitation.
Le première de ces deux causes est lé défaut de température* Nous savons que déjà à une profondeur de nooo pieds la température de Tocéan est au dessous de aérq; et quelque lente que soit la progression de la diminution de température dans la mer^ il est bien certain qu'à loooo toises ou 6oooe> pieds, cette température doit avoir été beaucoup plus petite, sans que l'eau ait pngeler. Or vous savez que la diminution de température affbiblit considérablement les procès i:himiques ; ce qui doit sur tout avoir lieu pour raction de Teau sur les pyrites, cette action étant très lente, même à la température moyenne. D'où il suit que ce défaut de température doit avoir arête ou affoibli ce procès au point de le rendre presque nul.
La seconde cause est la pression énorme de l'océan et de l'atmosphère d'alors, qui égaloit une pression de
CENT TRBIilÈMB ENTRETIEN* 7^3
2160Q T. d'eau; ce qui fait 4000 pressions atmosphériques (l'aujouid'hui.
Mr. de T. Comment cette pression pouvoit-elle rallentir ou arcter le procès chimique? II me semble qu'au contraire elle auroit dû le favoriser, puisqu'elle coniprii)ioi|: les particules des réagens les unes sur les autres avec cette force ënorme,
Mr. de P. La Physique va jouer le rôle de mëdiatrice entr« la Chimie et laMécanique, Vous savez que le procès volcanique est une décomposition de l'eau par Tac* tien réunie du soufre et du métal et qu'il se dégage du gaz hydrogène sulfuré. Or si ce dégagement devient impossible par la pression, alors le procès ne peut pas avoir li^u; ou du moitis le gaz ne pouvant se dégager, il est clair qu'il ne peut exister ni expansion ni explosion et tout reste tranquille au fond de la mer.
Le jeune de L. Mais vous nous avez souvent dit, monsieur de P., que TaHinité se joue des forces mScanique«, et ici vous soumettez le procès chimique à ces forces»
Mr. de P. Je crois plutôt vous avoir dit que l'affinité se joue de la pesanteur dans les marches des substances chimiques, mais non des forces mécaniques en général. Car au chapitre de la chaleur et à celui de la température de Tocéan et à d'autres occasions, je vous ai fait remarquer l'influence de la pression sur le procès de Tévaporation et de l'expulsion des gaz hors de Teau^ sur la congélation de l'eau etc«
Mr. de T. luOL cotigélatioD de l'eau! M'y voilà!
774 <^ENT TRCIZIÈMB EW ' l ' KK 'r UM ,
Je me rappelle i pr<fsent qui9 la mer ne peut gèlerai grandes profondeurs, par ce que la congélation doûda^l ser l'air de l'eau et que la pression s'oppose à sa dil^l (ion. C'est le nieme cas dans le procès de la clëcompOi sillon ()e l'eau p^r les sulfates de métaux*
Air. de P. C'est au moins une forte analogie; mail' je n'eusse pas cru cette tht^orie fond e, si feneTam' appuiée sur dos expériences directes, que fe vais tfoir l'honneur de voi^s comniuniquer.
Je délayai une partie d'acide sulfurique dans 19 parties d'eau et en versai deux portions égales dansdeni vases ouverts sur des portions égales de limaille de fer et remuai les deux mélanges à la température inoyeniie de 15 d. R. Le gaz hydrogène commença aussi tût a se former et s'élever. Je laissai l'un des deux y^se% à Tair li^re, et le dégagement continu^ ep augmentant peu ^ peu paf
l'augmentation de température qii'ilproduisoit lui mêmei Je plaçai l'autre vase sous une cloche pneumatique dans , laquelle je comprimai l'^ir jusqu'au double d/sson élastir cité ordinaire. Le résultat fut que le dégagement d'air diminua de plus des trois quarts, et lorsque j'empIo\'ai dans une expérience postérieure une pression égale à environ 8 fois le poids ordinaire de l'atmosphère, le dégagement de gaz devint presque insensible. Or en nous tenant à U première expérience, qui nous dit qu'une pression atmosphérique en sus réduit ce dégagement au quart, et dans la supposition (la plus probable) que la diminution soit en proportion de la pression, nous trouverons qu'une pression égale à celle de 4000 atmosphères le réduiroit à rwbb^ àe ce
CENT TREIZIEME ENTRETIEN. ^yS
qu'il est à la température moyenne. Or TafiSnitë de Toxigène de Peau pour les pyrites ou pour un mélange de soufre et de fer est bien moins énergique que celle de notre acide délayé sur le fer; et si nous ajoutons à cette cause celle du défaut de température, vous juge* rez aisément que le procès volcanique a dû être un infi* niment petit ayant que le procès de la précipitation eut commencé.
J'ajoutai à cette preuve Tinverse de notre première expérience répétée plusieurs fois avec un acide délaya dans les proportions de i à lao à 60 à iS^ en employant la dilatation au lieu de la compression. Le dégagement du gas augmenta avec chaque coup de piston, de sorte que Tair de la cloche étant très raréilé, le d -gagement parut presque aus$i fort que s'il eut été produit par un acide délayé dans les proportions les plus favorables. Pour savoir ii-coup:<rSÔr si le procès chimique avoit ré* ellement gagné en épergie je plaçai des thermomètres dans le vase sous la cloche et dans le vase libre, et trouvai celui-là de -^ à ^ de degré R, au dessus de ce* lui-ci. Or si yous ajoutées à ce petit excès de température toute la chaleur que Tévappration ^ favorisée par l'action de la pompe, a cooibinée^ yous jugerez que le procès a dii être considérablement augmenté par la diminution de la pression.
Mr. c(e T. Votre théorème me paroit hors de doute et je conçois que le procès volcanique n'a pas dû avoir lieu sou3 ces deux circonstances de la pression énorme et de la très basse température. Mais comment le ferez-yous commencer?
77^ CEin? TBfilZLBMB ENT|l£T|SNf i
Mr, de Pf Par le procès de la cristalIÎAation Iun niênie. Ce procès i comme je l'ai remarqué hiert dé* gage de la chaleur j dont la majeure partie, montant dan& les couches liquides, y produisit les pansues , et la moindre, se portant vers rinferieur, augmente la température des pyrites. Afais cette augqientation a dii être extrêmement lente, par ca que la croûte de gra** nite, augmentant d'épaisseur, deyenoit un empécbef ment toujours croissant au passage de la chaleur, et le procès volcanique n'eut certaiuement jamais eu lieu avec assez d'énergie pour soulever et rompre la moindre roche, si le commencement du procès chimique, quelque petit que nous le supposions, n'eut produit lui-même les surcroits de température dont il avoit be» soin pour devenir un procès volcanique*
Mr. de L* Ce jeu que vous nous dépeignez au fond de l'océan me plaît. Il me semble voir la Nature dans lès douleurs de Fenlàntement pour mettre le procès Volcanique au monde et porter les roches au dessus de l'océan. Mais, tout en admettent la vérité de ces opérations préparatoires, il ine vient une objection que fe ne puis me dispenser de vous faire^
Mde. de L. Dites, mon ami, que vouii faites avec beaucoup de plaisir*
Mi\ de L. Pourquoi pas? si cela vous amuse.
Mon objection est que, dès qu'il s'est formé une couche de quàrzoudetoute autre masse cristalline, cette couche ne rallentit pas seulement la marche du calorique vers les pyrites, mais exclut l'eau du procès et que parconséquent l'accouchementuepourra pas avoir lieu. Qu'elle
ÇEHn 'IREIZIEMB ÇMTR£11£H, 77^
fionvelle rnacliine emploierez- yo«8) monsieur de P., pour l'opérer?
Mr. de P. Celle que vou» venez de m'accorder me suffira. Ayant la cristallisation le procès chimique dont nous parlons êroit à son piinimum ou n'existoit pas du tout. Pons le premier cas il perdoit la chaleur qu'il produisoU lui-même, par Tocëan dont les couches adjacenres aux pyrites devaient se nouveller d^s qu'elles a voient acquis assez de chaleur pour pouvoir s'élever tant soit peu. Le commencement de cristallisation a aii*^n)(mté la température et ]*a resserrée par le pre» mier strate de masse précipitée. Ainsi le gaz hydrogène a dii se Former et rompre ces premières lameft cristallines, trop minces encore pour pouvoir résistert et Teau s'est fait jour par là jusqu'aux pyrites. Mais le procès volcanique refroidi par cette nouvelle eau, a laissé au grand procès chimique le tems de former de nouvelles lames cristallines qui ont été de nouveau rompues par la suite comme les premières. Ce fei) a duré quelque tems, jusqu'à ce qu'enfki ces premiers dtbris accumulés ont couvert les pyrites de manière à o^ laisser qu'un accès très difficile à Teau; ce qui a dopné au procès de la cri&rallisaHon le tems de former des couches qui ont résisté par leur cohésion à la force expansive du gaz hydra^ènCt Ce pas étaut gagné, la croûte solide augmentant d'épaisseur et de force de résistance, la continuation très lente du procès volcanique n*a du causer que dessoulevemens acqompagnés tout au plus de faibles crevasses.
Le CQnite C. St cela comn^e tout ce que la Nature fait , par degrés imperce(>tibles.
JjB ÇBn TREIZiâBffB ENTRETIEN*
Jfîn de P. Représentez vous à présent le Ibnd de Tocëan comme je yiens de le décrire, une couche de petits débris d'à masse cristallisée, dont les intersticet sont remplis par le fluide de Tocéan, et une couche compacte fie roche cristalline par dessus, qui s^accroit tonjours et dont U résistance augmente en raison du carré i\e son épaisseur. Observez le procès chimique tout au fond| à la surface des pyrites , qui augmente aussi de SQqcôté« mais ne pouvant encore que dégager du gsz hydrogène sans pouvoir porter encore Teau k Tétat de vapeur, à raison du poids énorme qui pèse sur ce procès, et vous concevrez qu'il doit y nvoir eu un tems de repos très long, celui qu'il falloit pour porter les réagens de ce procès jusqu'au degré de la chaleur rouge, tems pendant lequel les couches cristallines ont pu gagner de très gfrapdes épaisseurs et une force capable de résister lougteps à la force expapsive qui ^ugmentoit avec d*autaat pli|S de rapidité que la température appror choit c]e plus en plus de la chaleur rouge. Ajoutez à celil que |es pyrites, qui formoiept la surface du noyaa du globe, p'étQient pas partout de même nature; car noMs trouypns une grandp différence dans «eux que nous ponngissons relativement à l'énergie de leur action suf* l'eau, ce qui est dû vraisemblablement aux différentes proportions du soufre aa métal; de sorte que la marche du procès chin)ique doit avoir été en différents lieux plus ou moins lente et ses effets volcaniques se manifester à différents tems.
Mde. de L. Voilà donc yptre procès établi.
Ayez la bppté à présj&nt de bâtir ou plutôt de débâtir.
Jlr. de P. J'ai été^ a la véptë, up peu prolixe dans ces préliiQÎnaires. Mais s'y ai été entramé par les objections; pe dont au reste jene^uis Nullement îàc\\é^ le principe des révolutions de la croûte de no|:re globe ne pouvant être trqp bien étajé.
Lorsque le |)roci5s chimique des pyrites eut acqujs, pu plutôt produit, 1^ chaleur nécessaire pour réduire l'eau en vapeur malgré le poids dont cette eau étoit chargée, le procès volcanique dût se mapiFester; car l'expansion de cette vapeur par les degrés toujoiirs croissants de chaleur acquit enfin l'élasticité nécessaire pour soulever les niasses ppntinui^s qui s'étoient for* niées, et ce soulèvement pfoduisi^ des cavernes énormes, peutrêtre de loo lieues de diamètre et plus; il en résulta des crevasses qui fournirent de nouvelles pof- ^ions d'eau au procès volcanique par les feintes qu'elles pccasiopnèreqjt dans les voûtes,
AJt\ de T» Je me représente l'origine de ces crevasses comme une rupture moip^ntanëe des pouches de granité qui s^ouvrent et laissent se précipiter une grapde masse d>au dans Tabyme, qui refroidit les pyrites et permet aux couches soulevées de se rejoindre et de refermer U voite,
Afr* de L. ^ort bien ; mais fe ne "^^ys pa^ comment les voAtes ont pu se former; ^^v au moindre soulèvement les masses dévoient se Frptlre et retomber à leur az}cienno place aussi tpt qn'il se fit échappé une assez gran({e quantité de gaz et de vapeur.
ilfr, de P. Cela supppseroit un défi|nt total (Jp /lexibilicé dj^ns les rP^^^^ ^^1^ forniéçs. Mais pouvonsr
nous le supposer? Et en admettant que cette flexibilité tie fut qu'égale à celle du verre, le calcul nous dit qu'une bande de verre par ex: longue de loo lieues et épaisse de 2000 toises pourra se plier {usqu'à une hauteur de 4000 tcises avant de rompre, et voilà une caverne, à la vérité très platte, mais offrant déjà nn très grand espace au d<*gagement du gaz et de la vapeur» Je vous accorde au reste volontiers que, lorsque le procès volcanique eut c^té afFoibli par l'eau froide qui se précipita dans la caverne, la voiite, pressée p^r son propre poids et celui de l'océan et de l'atmosphère, dilt s'abaisser jusqu'à un certain point; ce r]ni referma les crevasses et fournit au procès de la précipitation générale la possibilité de recouvrir ces fentes de nouvelles rouelles. Cette mécanique a pu se renouveller plusieurs fois dans la même caverne et nous verrons à la suite des effets de ces soulèvemens et abaissemens successifs. C'jiisidérons à présent les effets mécaniques de ce procès au comble de son énergie.
Les masses de roches formées dévoient donc s'élever, d*abord sans rupture, puis avec des crevasses que les forqnations continuées recouvroient, et cela en différents tems à divers points de la surface du globe et de diamètres très différents selon l'étendue des surfaces de sulfures. Ces ruptures, plus ou moins grandes, ont dû émettre dans Tocéan et dans l'atmosphère d'énormes C|Liautités de gaz et de vapeurs qui troubloient et l'océau et l'atmosphère dans leur repos, si elles se forrnoiept au sommet des voiites. Mais si elles se formoient au bas des cavernes 9 là où se trouvoient des masses de pytiips et ({# roches fondues, «lors i) a dû naitre un
GSirr TREIZIÈME E|ITRBTIB|f« ^3'
mëcanîsmë semblat^Ie à celui de nos volcans d'aujourd'hui, la pompe gigantè&que de compression v^\à refouloit ces masses jusqueâ à la base de Pocéan.
Plus les roches s'y accumuloient , par la précipitation, plus le procès volcanique se trouvoit coerçé, et et plus il acqueroit d'énergie, par ce que la chaleur enfermée dans la caverne ne se perdoit presque pas, et se trouvoit au contraire réverbérée de la voûte sur les pyrites. Enfin le moment dut arriver où ces immenses voiiies, afi'oiblies encore par la fusion de leur surface intérieure, se rompirent ayec éclat et où les deux gra^des masses furetit lancées chacun^ de son Côté jusqu'à une grande élévation latérale et retombèrent l'instant d'après. Cette rechute dut être souvent accompagnée de plus ou moins de fractures.
Mais observons en même tems ce qui se passe dans l'océan et dans l'atmosphèrèi La mer se précipite dans le goufre ouvert avec une accélération due à plusieurs mille toises de hauteur et produit sur une surface de plusieurs cents lieues des courans énormes qui diirent détt'uire des parties entières d'autres masses déjà foritiées et entrainer leurs débris» Le goufre étant rempli, les masses d'eau arrivant de tout Coté sut sa surface^ se choquent avec violence et reculent ensuite ^ formant des remOut dans toute sorte de directions^ qui^ répétés* avec une fréquence proportionnée aux masses en mouvement, charient de nouveau les débris de roches et les dispersent -cà- et la pendant très longtems. — ^ A l'instaht où la v<j^iite s^écroula il s'échappa au travers de Tocéan un torrent immense de vapeur et de gaz hydrogéné qui s*èleva dans
• t * i TA I
ratmoiplière k la tenpérattare de la thaleor toagé éj reoooatn dngax oxigèoe non combiné; œ qui dût p» duire nn inflamoiarion terrible, dont «xlles de nos phi grands Toleans aeD& n'est qo*iine miniatnre. Ce ooih rint de gaz et de Tapénn^ et pins encore TinflanMtioti, pcodoisirent dam ratmosphire des bcmIeTene> mens, des orages et des tempites, dont cens €l*an}OBri d*hai ne |ienTent nous lifrer qn'dne tr^ foible idée VoDs TOtts étonnez peut-être que le gaz bjdrogène arrÎTe dans TÉtniosphère arec la chaleur rouge ; tnais ooo^ sidérez le diamètre énorme de cette colonne de gai, qui ne peut se refroidir qu'à sa surface, et n*oublie£ pas que la rapeur qui l'acéompagoe, celle qui est sortie tonte £site du foyer de Texplosion, et celle qni s'eit foriLée par le passage de la colonne brûlante, ensecon^ dénsant de nouteau^ rend à la colonne de gat 365 degrës de chaleuf.
Représentes rods i présent ces procèi gigantesques et Majestueuz, répétés à cent points diyers de la sni« £ice du globe et à différents tems ^ et Tdui Concevrez alors la possibilité des grande réyôlutions attestés dans les fastes de l'histoire de la Terre. Dans la répétition de ces phénomènes tumultueux il y eut des intervalles de lieui et de tems^ qui ne contribuèrent pas peu à la variété des productions et des gisemens. Les intervalles de tems, pour les quels nous n'a votu aucune mesiue, de même que'pour la durée générale de tous ces grands procès chimiques et mécaniques ^ furent produits par Tëdtiôn t>lus ou moins lente des pyrites sur l'eàu, et rendirent plusieurs grandes formations homogènes déroches possibles^ telles qne les porphytés, les amphibolites, les
CBKT TREIZléniB ENTRETtEKÉ
calcaires etc.,tat](Iîsqu«, pendant les ^ruptiont, les roches déjà formées, de même que ToC^an et l'atmosphère, furent bouleversés. Les intervalles de lieu causés par Une distribution inégale des pyrites, produisirent ici les grands phénomènes de aoulèrement, d'éruptions etdefracassemcns que je viens de décrire, ailleurs le phénomène moins étendu d'un volcan tel que ceuic de nos) jours, ou même d'un demi-volcan comme ceux de Pui-de Dôme.
Mr. de T, Cette prodigieuse variété de phénomènes mécaniques doit, je le sens* vous fournir une source abondante d'explications; mais permettez moi de vous demander comment cette Mécanique a cessé d'agir, puis qu'enfin, à l'exception de quelques éruptions volcaniques et de quelques tremblemens de terre, Dotre séjour d'àprësent est assez tranquille,
Mr. de P. Elle a Cessé comme les volcans en géi néral cessent d'être actifs, soit par ce que les pyrites ont épuisé leur fureur en se changeant en osidës et en acide sutfurique par l'action successive de l'eau, soit par ce que les cavernes ont été entièrement submergées.
Le jeune de L. Et voilà la retraite de l'océan expliquée par ces submergemens! Voilà aussi les cavernes pleines d'eau qui Fournissent, à l'aide de crevasses UcL-rales, l'eau nécessaire aux Foyers Volcaniques encore actifs aujourd'hui qui sont éloignés de la mer.
Mr. de P. Je suis loin de m'opposer à Cette explication, la seule que je croie capable de rendre compte de ces deux faits.
Mr. de L. Je vous cède tout cela, et je conçois
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que des opérations âtiui gtindet et aciftst rarite^ m soulèvemens^ ces crevasses, ces eiplosiotls^ ces fincii» semens des roches, ces bouleirersemens de Tocéan, cet incendies de l'atmosphère et la diversité des tems il des lieut, fe conçois ^ue tous ces phénomènes gigiAtesques et terribles 9 dont Timagination tnême ne peK pas saisir rensemble^ aient pu tout faire»
Mdô de L. Dites Moi, monsieur de P., si Timagination même de mon mari ne peut iufEre à tout cela, comment riia pauvre tête pourra vous suivre àûïA ces explications.
Mr. de P. Nous nous tirerons d'afiaire, thadaroe, en dissèquent le problème, en isolant en quelque sorte chacun de ces grands phénomènes, &ans au reste perdre de vue ce qui peut se faire d'ailleurs en même tems et ce qui a précédé. Commençons d'abord par la formai tion des montagneà et des plateaux*
La cristallisation générale n'a pu^ à elle seule en dtre la cause; elle n'a formé que des enveloppes con« centriques. Les soulevemens volcaniques ont fourni les premières traces de ces excroissances. Arrêtons nous un moment aux cirton^tanCes qui ont du les ac-^ compàgner. Ils ont certainement déplacé une portion de Tocéan égale au volume que la caverne a occupé, portion qui a dû s*écouler dans tous les sens de l'incli. nai«on de la bosse formée et cek avec une vitesse pro« portionnée à celle avec laquelle la caverne volcanique s'est formée 4 vitesse qui peut avoir été grande ou petite en raison de l'activité du procès. Voilà donc défa des courants établis^ qui n'ont modifié que peu ou point
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la nature dûmtque des dnstallitatîona danà 1«8 lieux où ils s'éteQdoient^ par ce qu'ils y ammenoient la même masse fluide dont tes lient ëtoient immëdiatement cou«yerts; Mais comme Ce mouvement Arrêtoit le pro^ ces de la cristallisation ^ il ^a du en résulter les fisaurea de eupefpoailion et le partage des roches en couches; effet qui dût aroir lieu par tous les Courants pendant tout le tems du procès cristallique*
lUr. de R» Vous eipliquet cela tout en passent*
il/n de Pé Pourquoi s*y arrêter plus longtems? Mais considérons les masses soulevées elles-mêmes* Elles se trouvent à présent dans une région de l'océan de aooo, Sooo» 4^00 toises plus haut qu^auparavant ; et si ifous nous ra]3peIIons que la l'éunion des substances dis-» soutes avec leurs réagens se tait dans les régions supé« rieures,et que les produits de cette combinaison s^avan^ cent vers le fond par la itiârChe chimique en progrès^ sion très lente de saturation^ nous concevrons que Ift cristallisation qui a suivi le soulèvement a dû se faire au sommet des masses soulevées plus rapidement qu*au« paravant et que sur les flancs* D'o& nous devons con^ dure que les précipitations suivantes ont déjà dû ren«* dre la pente de ces élévations bien plus rapide que te soulèvement seul n'a pu le faire« Bien plus! La h4u* teuPf à laquelle les boursouflures ont élevé les roches formées^ a pu atteindre celle où le granité fluide n'exis^ toit plus, là où, par ex s, les calcaires, dissouts dans Peau par l'action de l'adde carbonique^ setrouvoient, et oc* casionner par là leur cristallisation* Ainsi nous aurons
une condie de calcaire erisiallisS %nr da granité^ àugÊnm ou do mica-ichîsteaTantlepbjrlIade. Supposons qB*aprèi cette cristallisation calcaire d*antres sotilèvemeos Tokaniques, exécutés à d'autres endroits, aient rrfianssé V^ céan et amoiené ici les couches de l'océan qni coti» noient du granité liquide, alors le granité, on le gneaii le schiste micacé ou le phyllade continueront ieor pi^ mière formation , et roilà du calcaire enfermé dans es que les Géognostes nomment roches primitires* Cette alternation se continuera à la suite aussi longtenu qoe les soulèremens auront lieu et nous produira le même phénomène dans ce qu'on nomme roches de transition avec cette différence que les calcaires reparoitront plus souvent et gisés entre les phyllades, les porphyres, les traumates etc.
lUde. de L. Vous vous occuper à présent plus de la suite des couches que de la formation des montagnes.
Mr. de P. Ce n'est qu^en passant i comme dit monsieur de R* Nous y retiendrons à la suite. Bâtissons maintenant sérieusement les montagnes. Noua venons de yoir que les bosses^ produites par les soulèvemens, acquièrent déjà plus de talus par les cristallisations qui ont eu lieu après ces soulèvemens. IMaîa Les principes de la eristâUisation nous offrent une noo- ▼elle cause de Taugmentation des angles d'élérarionw Voyez la figure que je dessine (fig. g^). a B est le fond d'une caverkie^ ACB le crenr, «bc sa voûte souleréc^ en entier on arec des fiisnres. Tirons à sa sucfiioe ea^ plusieurs perpendiculaires à cette surface, qui
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indiqueront les directions selon les quelles se feront les marches chimiques des substances qui doîrent se cristalliser. Or rous voyez que ces perpendiculaires divergent dans l'espace gd« et convergent dans les espaces gheteF. Il arrive donc à la surface des parties sup<^rieures de la voûte une plus grande quantité^ desnbsrsnces cristallisables qu'aux surfaces inférieures^ et îe som« met en reçoit le plus. Ainsi le sommet doit par cette nouvelle raison croître plus rapidement que le resre da la surface de la montagne. Au bout de quelque tems il se sera formé une couche comme p-qrto. Ajoutez à cette cause d'élévation du sommet la précédente ^ qui provient de la différence de hauteur absolue,, et vous concevrez comment les Couches seulement soulevées ont pu acquérir un talus très élevé ou les montagnes une versée d'autant plus rapide que les effets de ces causes augmentent la grandeur des causes mêmes, comme la vitesse de la chute s^augmente par la chute.
Mde. de L. Vous aviez promis de la Mécanique à monsieur de T. Il ne sera pas satisfait de voir la Chi'» mie jouer ici le rôle priacipal.
Mr. de P. Tant qu'il 7 a des masses à cristalliser et à précipiter la Chimie ne peut pas êtr^ inactive. Et c'est en quoi consiste mon principal secret dans la grande bâtisse que nous entreprenons, de combiner la Chimie avec la Mécanique et la Mécanique avec fa Chimie* D'autres Géologistes ont laissé faire Fa Chimie toute seule pendant des siècles; et ensuite son ouvrage ëtant fini, ils se sont mis a le détruire. Voilà pourquoi leurs hypothèses ne sont point conformes a fa Nature ^ j,» *• I» A.» t»resqaé rieû.
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Au reste fe vais d'abord obéir, madame^ à Yotit ordre et satisfaire monsieur de T. La mécanique va piroitre dans tout son éclat. Voici de nouveau une ci* verne volcanique ACO (iig. 86)9 sa voûte AEDFfia dont la résistance enûn ne peut plus contrebalancer la forces élastiques qui se déploient sous elle au plus hast degré. Elle se rompt sur la ligne D C, et à l'instant d'iprès à ses bases en A E et en BF. Les deux moitiés s'élèvent (la plus grande avec un peu plus de vitesse) non seulement à leur partie supérieure en arcs de cerdc^ mais aussi, détachées du fond, à leur partie inférieure Ainsi ces deux masses immenses sont profettées, avecutf force que la théorie des volcans a prouv<^ être presque infiAie, à une hauteur peut-être de plus de mille toises et prennent les positions moins inclinées aedc et bcdij en vertu de la rotation et de la projection.
Mr. de JR. Quels effets gigantesques 1
Mr. de P. Arrêtons nous un moment à l'instant où, ces masses énormes ayant acquis leur plus grande hauteur, se trouvent pendant un clin d*oeil sans apai dans Tocéan, soutenues par Téquillibre de la force de projection et de leur pesanteur. Les espaces entre E et a et entre F et b forment des ouvertures par les quelles l'eau de Tocéan se précipite dans la caverne^ avec la rapidité due à la hauteur de plusieurs mille toises, tandis que le gaz et la vnpeur se font jour vers le haut entre de et de. A prirent ces masses retombent, mais pas d'un mouvement simple imprimé par la pesanteur; elles ont encore un peu du mouvement de rotation. Pressées en outre par l'océan, moins à leur partie su-