CENT SEIZIÈME ENTRETIEN
boD; le bitume, facile à fondre^ se sera rëpandu dans le tritoxide de fer et l'aura désoxidé en partie, d'où lui vient sa couleur brune. Le charbon est resté en place, et quoi qu'il résiste à notre feu. de réverbère, il aura pu se dissoudre sous la pression volcanique et se cristalliser en suite, lorsque la défection l'aura ammené dans une région froide. Je dois encore vous observer que la cristallisation du diamant diffère de celle des quarz et autres cristaux en ce que ses tissures ne sont pas planes, mais un peu courbes; ce qui sembleroit indiquer ou qu'elles tiennent à sa figure extérieure comme celles du basalte, ou que le diamant provient d'un morceau de charbon de bois ordinaire, dont les lamelles se sont courbées par la chaleur.
Mr. de i?. Mais d'où viendroit ce charbon de bois dans les entrailles de la Terre?
Mr. de P. D'où y sont venus tant de minéraux qui y ont été ammenés par les crevasses des voûtes? Et quant à l'existence du charbon de bois avant que les hommes aient commencé à dévaster les forêts, trouvez^vous impossible qu'une défection volcanique ait knis le feu à un bois, et que la destruction du volcan et du terrain adfacent ait ammené ces débris et le charbon dans le foyer d'un autre volcan? Assurément ce cas n*aura pas eu lieu souvent; mais aussi les diamans sont*-ils rares.
Mr. de Tj. £h bien! faisons des diamans puisque la matière est à si bon marché*
Mr. de P* Vous badines. Mais f avoue que Ae*
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puis plus de dix ans que f'ai ces idées (que f ai publiéei en i8i5) i'^i souvent été tenté d'en faire l'essai avec de la houille ou avec du charbon dé bois. Mais j'ai été arrêté par les difficultés de me procurer uii vase quij i la chaleur rouge ^ résiste à une élasticicë ëgaie à plu ,de 3000 où même seulement à 300 pressions atiùosphériques.
JUde. de L. Que vous Fassiez des diamlins od 000, je vous suis bien obligée de ce que vous nous avez ditsor la manière dont la Nature peut les avoir faits. La science, le plaisir de pénétrer des secrets que la Divinité nousi cachés pour nous donner la jouissance de la découverr^ voilà ce qui doit nous attirer^ non le sordide appas ia richesses,
Mn de P. Cette noble réflexioh, si digne de vous, madame, esc le plus bel épilogue qui puisse terlnioer mon système géologique et la suite de nos entretiens.
Mde. de L. (surprise.) Ainsi Ces entretiens fi agréables vont cesser! Cela m'attfiste. Je m'étois si fort accoutumée à les voir remplir nos Soirées^ que îe crains que ces soirées ne me paroissent à la suite vida et futiles. — Pardoti, messieufs^ pour ce sentiment qui me surprend en ce moment; vous ne le prendrei pas pour une offense.
Le Comte C. Nous tous partageons certaineir.ent vos regrets, madame, et sentons combien il sera difficile de donner à nos soirées l'attrait que la Physique leur avoit prêté. Je ne parle pas de la retonnoissance que nous devons à monsieur de P. , qui a sacrifié tant
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d'heures à notre instruction. Il en lit sûrement l'expression sur le visage de chacun de nous.
Mr.de P. Et désire sur tout vous persuader du vrai plaisir, de Tagréat^le satisfaction qu'il a éprouvée en yous vouant ces moniens et en voyant le noble intérêt que yous avez pris à l'étude de la Nature,
Mr* de Lt, Et moi, fe souh^iterois à toutes les personnes que j'aime et que festime cette belle jouissance. Oubliez que j'ai mérité souvent le titre de méchant, que vous m'avez donné quelquefois. Vous me (Qonnoissez.
Mr. de P. Gomhie un homme de génie qui ne fait p^s parade de son sientiment^
L'auteur a rempli sa tâche, mais ne peut terminer ion ouvrage sans dire adieu â ces chers amis, «^ui, k la vérité, xi-étoient pas rassemblés popr l'entendre, n^als qui étoient préf ents à sa mémoire et à spu coeur pendant toute la durée du travail. Cette présence, ce souvenir constant et intime, a répandu un charme délicieux sur les heures consacrées à cet. ouvrage, qui^ si on ii^i trouve quelque attrait, ne le doit ^u'â ce prestige agréable dont l'auteur s'étpit entouré^
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