‹ Entretiens sur la physiqueChapitre 5 sur 26 · SL2Q · texte numérisé non relu

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Les nomlirat 4e cette table sdht les millièmet de la •oumisse à Fanalyte chimique. £n coxnparfuit cette table a?ec beaucoup d'autres de ce g^nre. Ton trouye toujoi^rs la silice, la magnésie, le fer, le soiifre et le Nikel comme parties constituantes des A^rplytes» Toutes fois l'on doit en excepter Taérolyte deChassigni près deLangres et celui deStannern en Moravie, qui tous deux ne cofitiennent point de soufre et de nickel. La présence de ce métal , le nikel , passe pour carao* tère distinctif des aérolytes ; mais j'avoue que je pptéférerois les caractères extérieurs, la croûte, brune et ridée, l'applatissement de la surface inférieure et d'autres signes fje fusion ou au moins de très hauts degrés de chaleur. Du reste on a trouvé des aérolytes qui ne contiennent point de terres, des masses uniquement métalliques, Telle est celle que le célèbre Pallas a découverte et^ Sibérie, masse de fer evaluëe à un poids de 17000 livres, une autre qui se trouve à la petite ville de Katzenellenbogen, qui porte le nom de Burggrave enchanté, une autre trouvée près de New-Orleaus , de SoQO livres de poids, une quatrième au Brésil, qui pèse environ i4opo livres etc. Tous ces lingots de fer ont une croûte dis* tincte du reste de la masse et contiennent un peu de Nikel. Les uns sont malléables, d'autres oxidés et quelques uns sont magoétiques.

Mais le plus singulier de tous les aérolytes est une espèce de papier minéral, tombé du ciel le^i Jauvier 1686 proche d*un étang du village de Handen en Çqurland en telle quantité qu'il couvroit celte place jusqu'à ^ un doigt d'épaisseur. Les feuilles doivent avoir été tfès grandes, puisque le récit d'alors les compare à une ta*

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ble. Grothufi^ qui en a hérité de son père deux petits morceaux, nous dit que ce papier est noir etinHamma-* ble, que son inflammation répand une odeur de soufre, et que cette masse est composée de silice, de fer, de ehaux, de carbone, de magnésie ou d'alumine, et de aikel , au reste dans des proportions qu'il n'a pu déter-* miner ; la quantité qu'il avoit de cette substance étant trop petite pour pouvoir être soumise à une analyse ri<* goureuse.

Voilà un long sermon que }e viens de vous faire sur les àérolytes. Me le pardonnerez- vous, madame?

Mcle, (le L. Bien volontiers, surtout si vous vou-» 1^^ bien nous instruire de l'origine de ces êtres si singu-»»

liers, dont pous recevops les visites, sans invitation et

sans annopce,

Mr. de P. Au moins pourrai-fe vous dire ce qu'on a dit, pensé et rêvé sur ce sa jet.

Mr. de R. Nous sera-t-il permis de rêver à notre tour?

Mr. de P. Qui pourroit s'y opposer? Mais je doute que vous trouviez un nouveau rêve, la sphère des hypothèses me paroissant avoir été épuisée.

Muschenbrocl^ qui prenoit, comme tout le monde «Jesontems, les «îtoiles volantes pour des feux-follets, £tÀSoit venir les globes de feu et les aérolytes de nos Mais cette idée, fojidée sur Tanalogie des Tolcaniques, ne tient pas contre l'expérience si KÎtérée que les globes de feu et les grêles de à plusieurs cept lieues de distance de^

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yoIcÉDi et dftnd, des mometis où aucun volcan n'est en

Halley continue Tacte de la création pour ces tné^ téores« Car il suppose qu'il existe dans le vide de no» tre système solaire de la matière discrète, qui quelques fois se conglomère et tombe, en vertu de la gravitation, sur les planètes les plus voisines*

Le Comte C, Beccaria, à ce que fe crois, ne voit dans ces phénomènes que des effets électriques.

Mr. de P. Comme partout* Plus tard on a assigné la formation de tous ces corps énigmatiques à une autre magicienne (pour me servir des expressions du Général) à la Chimie, dont les prodiges plus admirés que conçus devinrent une source inconnue et par lamème très fertile d'explications. On statua que Tat'mosphère contient à ces grandes hauteurs tous les matériaux des étoiles volantes, des globes de feu et des pierres météoriques en solution et qu'une ^ause quelconque précipite ces matériaux et en fait les coiiglomérations qui nous arrivent de si haut. C'est vraiment le cas de dire que qui vient de loin a beau raconter ; car l'argument «principal, dont les auteurs et fauteurs de cette belle hypothèse s'appuient, est: que noiuf ne sapons

pas tout ce qui peut se passer là haut*

Mr. de L. (riant.) Pour moi, je crois qu'il ne s'y passe rien du tout, le froid extrême, qui y règne, de« vant rendre tous les phénomènes chimiques impos*> sibles.

Mré de Pé L'idée de faire naitre ainsi ces masses de pierres et de métaux répugne à toutes les lois 4<

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Phjnqnê et de ji Chimie. Gdr dès ^'il te teroit formé mi grain de ces matières, ce grain tomberoit et se sons* tnriroit par sa châte à ce procès chimique^ de sorte que <lette formation ne ponrroit fonfnir qu'utie grêle de fia •«ble et non des masses de plusieurs milliers de lirres; ou bien il faudroit admettre que toute cette matière météorique disséminée dans Tair se coagulât en un instant et arrivât ayec une vitesse infinie au centre du procès. Supposons par ex: la masse formée être de lo pieds cubes, le point où elle se formera i5 lieues au dessus du niveau de la mer, la pesanteur spécifique de la masse égale à 4 (ois celle de l'eau et la masse d'air qui cotitient les élémens de l'aérolyte seulement 10 fois aussi grande celle de ce$ élémens (pour la solution de Teau elle est ^4 ^^^ P'"^ grande) le procès chimique auroit lieu dans une sphère d'environ 1000 pieds de dia- » mètre ^ qui devroit être parcourue par les atomes chi<^ miques de Taérolyte dans un clin d'oeil. Or la nature entière ne nous offre d'ailleurs aucun phénomène sem* blâble. Ajoutez à cela que cette fabrique aérienne de pierres ne sait où prendre la force projectile qui fait faire au* globes de feu leur course parabolique ou elliptique, de sorte que ces masses une fois formées ne pourroient que tomber perpendiculairement sur la Terreé

Le jeune de L. Ne poutroit^oû pas imaginer un6 force de réaction, produite par un écoulement latéral de gaz du dé vapeur^ qui formeront la partie horisontrid de ce mouvement oblique i*

Mn de P. Assurément ; et nous pouvons admet-» Ire ^ue Teau i qvd se fcmrire partout^ se trouve ao aonw

CÉÈrt ClNQtJIBlfB EMlUBtfBtr. ^ 575

hte déi élémens des aërolytes et que sa vaf)eur) pro^ dnite par la chaleur touge de ces tnétëorès et se faisant }oDr par une explosion latérale, produit cet effet* Mais la masse de lo pieds cubes que nous ilvotis suppôt fëe, et formant ntie sphère d'environ 2 pieds de diamètre^ ne fournira pas la cohésion capable de résistera la forcé nécessaire pour produire la vitesse observée.

La pesanteur fournira la vitesse verticale tout aussi peu. Car celle de l'aérolyte du Connecticut étot de i5ooo pieds par seconde^ ce qui suppose une hauteur de chût6 d'environ 280 lieues, et surpasse toutes les observations de Benzenberg et Brandes sur les hauteurs ob& aertées des étoiles tombantes.

La Plade a eu l'idée de faire venir les aérolytes dé la Lune, les considérant comme des projectiles lancés par les volcans dé ce satellite de la Terre. En effet il ne faudroit pour cela qu'une force qui les portât jus» ques au de là du centre de gravitation de ces deux corps Célestes; ce à quoi sufHroit une vitesse de '^800' pieda par seconde, selon le calcul du célèbre Astronome OU bers; et ce jet, qui peut être supposé avoir lieu sotis diverses inclinaisons , combiôé avec les mouvemens d6 la lune et de la Terre, paroit pouvoir fournir les différentes directions et vitesses de ces météores. Mais OI^ befs objecte que précisément ces différentes directiotia feroient de l'arrivée d'un seul de tes Toyageurs lunaire* une Iptterie où il y aiitpit un si grand nombre de billets blancs qu'il y a très peu de vraisemblance qu'un de cet projectiles arrivât à la Terre ^ mais que tous deriw* drOient de règle de petits satellites ou des ininiatntei fb h Lune èlle^mênie. J'itjottte à cette obJectloA <gi

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les volcans de notre lune n'imprimeroient guèret à cet masses la vitesse requise de 7800 pieds pour quitter la sphère d'activité de la Lune, la hauteur requise pour cette vitesse étant de 16900 toises; ce qui suppose une force capable de supporter une colonne de lave de même hauteur 1 plus que double de celle du Pic de Té«« nëriffe«

Mvk de T. £t arrives à ce point indiilFérent entre la Lune et la Terre, ces corps ne pourroient que tomber verticalement sur notre globe, et non obliquement.

Mr. de L. Il paroit donc que toutes ces hypothi* tes sont insoutenables*

Mr. de P. Je vous ai réservé la plus probable pouf la fin, celle de Chladni. La voici: Les étoiles volantes, les globes de feu , les aérolytcs sont des planètes ou co* roètes appartenantes à notre système solaire. Elles par-^ courent leurs orbites autour du soleil comme les autres corps de ce système, sont attirées par la Terre lorsqu'elle les rencontre dans sa route et s'enflamment lorsqu'ils sont entrés dans son atmosphère. Les fabricans de pierres aériennes ont attaqué cette hypothèse aveczèle^ mais sans succès. (Cherchons en les apuis. On a considéré pendant tant de siècles notre système planétaire comme clos. Mais eulin Herschel découvrit Uranus, PiazzietOlbers les nouvelles planètes, dont la petitesse leur avoit fait donner le nom d'Astéroïdes. On ht'si* toit de ranger au nombre des planètes des corps de si petit diamètre* Aujourd'hui on ne leur dispute plus leur rang. Pourquoi le disputer à des masses encore plus petites et s'obstiner à croire que la même opération qui a formé les planètes, opération que nous ne

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