CENT UNIEME ENTRETIEN
àiéurs climats. Cela est très fuste; cependant le prindpe de la plus grande ëvaporation près de la Ligne ne peut pas être sans efiet i et Texcellent Physicien Horlier, qui a accompagné Krusenstem à son royage autour du monde, nous fournit un grand nombi'e d'ob«* lêrvations d'oji il résulte i) que l'eàu dé ^mer des clitnats chauds est réellement un peu plus pesante que Celle des climats froids. 2) que les extrêmes qu'il a obàervés diffèrent entre eux dans là mer atlantique de r^ô^ et dans la mer du Sud de yô^^ô ^^ poids total de i'eaui 3) Que les pesanteurs moyennes sont dans là inér atlantique 1^^0059 ^^^^ U mer du Sud i zMé? ^^
dans la Baltique i ll.. 4) Q^^ ^^^ pesanteurs spécifia
ques ne sont pas toujours plus grandes dans les contrées jproches de Téquateur. 5) que Teàu de la mer atlantique est un peu plus salée dans sa moitié boréale que dans sa tnoitié australe.
Les substances qui constituent Teau de mer sont l'acide muriateux hydrogéné^ l'acide sulfurique, là solide^ la magnésie, la chaux et, selon la nouvelle dé' couverte du célèbre Wollaston, la potasse^ au reste 6ii très petite quantité. Ces substances forment divél^ àels, doiit le muriate de soude (le sel commun) fait environ^ du tout, d'après les analyses des docteurs Mur^ay et Marcet. Celle du premier de ces deux Chi- . mistiM donne pour la quantité absolue de ces sels dans une portion d'eau de la 'mer atlantique, sur les côtes de rËcôsse, 3^ pour cent du poids de l'eau de mer; ce qui fait 1 livre de sels absolument dénués d'eau sur ilH livres d'eau de nier. Mais si on laisse à ces selà
4qS CBNT UMu&MB ENTBSrtBtik
les rayons solaires à une aue2 grande profondeur^ est derenue pendant le jour un dépôt de chaleur gui ne peut se perdre si tôt, et dont le calorique arrivé à la surface, soit par la marche chimique^ soit par ce que les couches supérieures, après s'être refroidies, descendent et font pla^e aut couches inférieures plus chaudes^ Il doit résulter de là qu'à tnidi la mer doit être plus froide, à minuit plus chaude, le matin et le soir aussi chaude que l'air; et c^est précisément le ré« sultàt des observxtioùs de Përod.
Depuis au moins trente ans on s'est occupé de cod^^ noitre' la température de la mer à de grandes profon* deurs^ problème qui n'offre pas peu de diiScultés et pour la solution du quel on a imaginé plusieurs appareils qui, à là vérité, n'offrent pas toute l'exactitude
désirable', mais fournissent cependant des résultats pré<* cieux. Les meilleures exp(^riences que nous ayons làdessus sont celles de Forster, Irwine, Pérou et Horner^ qui toutes s'accordent à nous dire que la température de la met diminue à mesure qu'on arrive à de plus grandes profondeurs» Péron a trouvé cette température être de 6 degrés R. à ai 44 pieds de profondeur^ et Irwine l'a trouvée de 3^^ degrés R. à 4100 pieds, et l'un et l'autre sous l'équàteur, où la température à la surface est de ai4 à 25 degrés. Dans les régions éloignées de l'équàteur cette différence de température est moindre; cependant Horner a trouvé dans la mer d'Ochotsch à 53 degrés de latitude et à 690 pieds de pro-» fondeur une température de i^ degré au dessous de xéro.
CENT UNIÂMB EMTHETÏBir. 4^9
M\r. âe R. Ainsi la tner doit ètte gelée k quelques <«nt«ines de pieds plus bas! car, quoique le sel diminue la force de congélation de Teaii , il ne faut que quelques degrés de moins pour faire geler l'eati de men
JMk de P. Nous allons agiter èetté question à l'instant. Permettez moi de vous observer auparavant . que si l'on tient compte du réchauffement que le ther^ inomètre de Péroh sous l'équateur a dû subir en remontant pendant 45 minute^ dans les couches supérieures plus chaudes de la mer^ le calcul prouve que sa température à la profondeur de 2144 pieds doit avoir été de H^^ degrés au dessous de zéro ; et si Ton faisoit le même . calcul pour l'expériente d'Irwine on trouveroit sureinent que la température de la mer à 4000 pieds de profondeur dépasserôit celle qu'il faut pour faire geler i'eau de nier. Au reste je dois afouier que la diminution de température augmente en progression plus lente que la profondeur. Voilà nos données sur cet objet. Que pense mon aimable auditoire sur la proposition de iaite geler la mer à dé grandes profondeurs^ que monsieur de R. vient d'énoncer? L'océart-est-il g-elé, peutêtre à 10000 pieds de profondeur? Péron et les Physiciens françois sont pour l'une des deux opinions; de-^ i tinez pour la quelle. Horner et moi pour l'opinion opposée^
Mh de 2y. En ^jsiquè Ton né doit p^as deviner.
Mn de P. Eh bien? En France on a admis sur lâ
500 CENT UKlâMB ENTAETaEDr»
foi des expériences « surtout dePërotii ^e la tuer doit être gelée à de grandes profondeurs. Cette opinion^ quelque vraisemblance qu'elle ait au premier coupd'oeil, est cependant eri*onnéei Souvenez vous^ Gé* néral, que Teau doit se dilater pour pouvoir geler, et que toute force qui s'oppose à la dilatatiob de l'eàu^ «mpèche la ôoogéliition au degré de froid où elle au« roit lieu d'ailleurs* Nous savons même qu'il faut un froid de i^ degrés pour surmonter une ré5istanct^ de 7000 livres exercée sur un pouce carré de surface* Eii admettant donc que la température dans l'expériende de Pérou, à une profondeur de 2000 pieds, ait été dé — 2 degrés, il faudfoit a|teitidre une profondeur de 17000 j>ieds pour arriver à une température de ly degrés de froid dans la supposition que le décroissement de température fut en proportion de la profondeur et nous pouvons supposer hardimeut qu'un froid de 17 degrés n'aura lieu dans la mer, qu'à au moins 25000 pieds dé profondeur. Or la pression d'une colonne d'eau de mer de cette hauteur équivaut à 13500 livres par pouCe carré, force double de celle que le froid de 17 degrés peut surmonter. Ainsi l'eau, surtout l'eau du mer, né sera pas gelée à aîSooo pieds. Elle pourra l'être encore moins à de plus grandes profondeurs, le froid n'aug-» mentant pas aussi rapidement que les profondeurs*
Pérou , en suite de son idée de la mer glacée a son fond, nous a donné une autre hypothèse, d'après la quelle les glaces polaires se sont formées au fond de Vekix et se sont élevées du fond en vertu de leur legè-« reté spédfique, et trouve tout naturel qtie ces montagnes de glaces flottantes ne contiennent pas de sel,
(2BVT UVISHB pMTRKFIBlf. 50E
par ee qu'il est encore dans rerreur que la congélation prife l'eau entièrement de son seL
Le jeune de L. Ah ! je me souviens que vous nous a?ez annoncé que l'opinion contraire nous fera découvrir Torigine des glaces polaires.
Mr^ de P. Fort bien; et je dis que si ces masses glacée^ étoient de Tes^u de mer gelée, elles contrendroient une^ portion sensible de sel, d'autant plus que le cliqfiat du lieu doit augmenter le froid du fond 4e la nier.
Mde. de L, Quelle est votre opinion sur les glaces polaires ?
Mr, de^ P. I^es glaçons flottants qu'on rencontre dans le Nord défa à 70 degrés de latitude, ne sont que des rfiorceaux détachés de là couche de glace d'eau de mer gelée à la surface, et doivent contenir un peu de •eh Mais les énormes glaçons qui dt^passent quelque fois 'de 100 pieds la surface de J'eau, et qui parconséquent ont une épaisseur de iioo à 1200 pieds, n'ont pas cette origine^ Ce sont de petites montagnes détachées par les vagues, les ouragans et leur propre poids, de la grande coupole de glace qui pouvre le pôle. Et cette masse immense n'est pas de Teàu de mer gèlée. Q'est un glacier qui a la même origine que les glaciers desÂlpes, Le froid, qui règne dans ces régions, precipipite dans l'air plus de neige que partout ailleurs; et les yents, faisant circuler Tatmosphère de notre globe dans toutes les directions , ammepent dans ces contrées une grande partie de l'eau atmospliérique des autres climats qui se précipite en forme de pluie et bien plussouvent en
5os| CBvv mnâicB FxrmBrmtff
forme de neige» L'^të fond une partie de ces neiges ; Peau produite par cette fonte coule en partie à la mer ; une autre partie pénètre les couches de neige qui ne sont pas fondues, et le reste f?st arrêté par le premier froi4 de Thyver suivant et devient une proute formelle dq glace. Cette opération, répétée pendant des inilliers d'années, a du former cette coupole de glaciers, que chaque année augmiei^te e^ço^-e et oui s'étend chaque année davantage^ ,
Mde, de L. Vous m'efitayez presque, monsieuir de P. Car vous nous faites prévoir que nous ferons bientôt partie de cette terrible coupole glacée qui ejfir gloutit, pour ainsi dire, la mer et les pays.
Mn (le Pf Le danger, madame, n'est p9s grand. Cor de pême que les glaciers de la Sujsse cessent de s'étendre, lorsqu'ils arrivent à une région inférieure ou le soleil d'été peut les fondre malgré le froid qu'ils produisent, de mêipe les glaciers polaires trouveront leur limite là ou le climat ne soufre plus d'eau gelée en été; limite qui est passablement loin de nous. Et cette limite recule vers le pôle là où il y de la terre ferme, bien plus que là o{f la surface du globe est liquide. Aussi la cote septentrionale de la Sibérie et le cap Zélanya dans la nouvelle Zemble sont habitables et ont de l'eau lir quide à 78 degrés de latitude, tandis que dans la baie de IJehring la limite des glaces éternelles se trouve déjà à une latitude de 6g degrés, ainsi 9 degrés ou i35 milles plus au sud.
Z^ Comte C. Votre hypothèse nous offre une nou- Telle analogie bien frappante entre le climat des monr
CBlfr UNIÂME Elfrf^BTIBN. 5o5
tagnes et le climat géographique» hypothèse gui nous fait envisager les glaciers des hautes montagnes comme des miniatures des deux grandes glaciers polaires.
Mr, de P. Cette analogie se répète dans les phénomènes où nojus voyons de part et d'autre des masses glacées se détacher du lieu où elles se sont formées ; d'un c&té les avalanches par le défaut d'équillibre, et les glaciers par les crewisses occasionnées par le froid et Teau qui gèle dans ces crevasses, de l'autre c6té par les menées causes qui agissent sur les masses de glaciers polaires, qui s'avancent sur la surface de la mer, soutenus psr Peau jusqu'à ce que leur poids rompe l'équilibre ou que des crevasses occasionnées p^r un froid extrême les détachent de la grande m^sse. Mais cette analogie ne s^ soutient, plus dès que les masses de part et d'autres spnt détachées, Car dans les moptagnes les avalanches se précipitent des hauteurs avec une vitesse énorme et fpnestCi et les glaciers avec une grave lenteur qui ne décèle leur marche sur la pente douce qu'après up certi|in teips, tandis que les masses détachées des glaces pol9ires flottent sur la mer au gré des vents.
Mr. de JL. Cette hypothèse m'ennuie par sa simplicité. Trouvez, monsieur le Comte, quelque obiectioû dans votre fond d'histoire naturelle pour l'ébranler.
Le Comte C {souriant, ) Malheureusement fe n'y trouve que des données qui parlent en sa faveur. Telle est par ex t la structure de ces glaces, qui, à ce qu'on nous assure, sont composées de couches plus ou moins compactes et plus ou moins trapspar entes, tçutes sans le moindre indice de sel ; ce qui prouve bien qu'elle
5o4 (E^BMf UNléME EMTflEnEN.
ont été formées non au foqd de la mer par une congela* tion progressive et uniforme, mais dans l'air et en d\£f fërentes saisons et par les eaux fournies par l'atmosphère. Telle est encore le fait que le jeune Kot^ebue a vu à son voyage dans les mers du Nord et qu'il nous nous a rapporté récemment; que Ton trouve quelque? fois sur les glaces polaires du terreau amoncelé et couyert de plantes: phénomèiie qui resseqnble beaucoup Alix moraines des glaciers de la Suisse^
Mr. de P. Nqus ne serons au reste complettement instruits de la nature de ces glaces que lorsqu'un bon Nar turaliste les aura considérées géognostiquemenr, c. à. d, bien examiné leur structure, ler.r gisement, les hauteurs et la forme des parties saillantes, et cela non seulement pour celles qui sont fixes, tuais aussi pour celles qui sont flottantes. J'ai l'honneur de vous présenter les planches de la relation de voyage du Capitaine Rois, envoyé en i8'8 par l'Amiranté angloise dans la baie de BafGns* pour tenter le passage de cette baie à la rote occidentale de l'Amérique. Voye? ces pyramides ilottantes, ces pics de glace sur la terre ferme, et jugez si j;ela a l'^ir d'avoir été gelé au fond de la mer, ou si cel4 n'a pas plutpt la plus grande ressemblance avec le^ pics et le» pyramides de glace qu'on trouve dans les hautes Alpes. Mais le texte de-^cette description est si maigre, si dénué de détails à cet égard, que Ton n'y apprend rien sur la stri;cture de ces masses imposantes.
Mn de T. Comment expliquerons-nous la formar tion de ces pyramides ou obélisques?
Mr. Je P. D'abord il faut admettre (ce que l'ex-
ÇEziT yi^BfB inrrRETi^f 5o5
p^lenee atteste) que la snrfaoe de la iper gèle, à com-r fseneer p^r les cj^tes (la continent et des isles; car il fant un point Qj^e pour déterrpiner la cri%talIisation de l'efia. Cette surface solide étant donnée, les qeiges s'y ipceuaiulenty les glaciers se forinent, les orages et les yagues et la gelée (qui, au 71 me degré de latitude, va futqu'à 39 degrés au dessous de zéro) roaipent souvent irette croûte et hérissent sa surface. Ces inégalités gag« pent en )iauteur par les neiges e% les glaciers, qui s'accumulent de préférence d'un ou d'un autre coté. L4 iner ne peut plus supporter ce poids inégalement par« tagé au dessus de son niveau; le brisement des glaces se renouvelle, les aspérités deviennent plus considérables. Les niasses ainsi brisées sur les bords de ce pla-r teaa immense, sont les rochers (lottans de glace. Ainsi tes glaces polaires ne doivent offrir qu'un amas de ruines, doqt la masse aura dans plusieurs endroits atteint lerbas fonds et pris pied à quelques cent toises de profondeur, tandis que le reste flotte peut-être entre deux, soutenu par ces points lues, mais avec la perspective ^e crevei' cependant par la suite, lorsque la charge seri| devenue trop forte.
Terminons cette digression sur les glaces polaires, qui font frissonner madame de L., pour retourner à la mer liquide. Puis qu'il est bien prouvé que le froid augmente dans la mer avec la profondeur, il est clair qu'ici il ne peut être question ()'une température moyenne telle que nous l'avons observée dans les cavernes sèches et les mines dés continents et des i$les. On a voulu conclure de laque cette chaleur moyenne de I4 (erre fern^e est t)p produit de i^ chaleur d^6ye\oppêe p^f
5o6 C4ENT UNIEIfflB EMTRETIESr-
le« rayons solaires i opinion que combattent les ei^périences qui prouvent que cette chaleur ne pénètre pas à 50 pieds sous terre, et parcopsëquent pas à 200 toises^ qui est la plus grande profondeur au dessous du niveau de la mer à la quelle on soit parvenu^ Elle est encore combattue par la considération que les rayons solaires qui se combinent également avec l'eau, mais à de gran* des profondeurs, doivent exciter dans )a mer la même température que sur terre, ce qui a lieu en effet y à la différence près qui résulte de la plus grande évapora-^ tioQ sur mer que sur terre. Cette température moyenne des continents provient probablement des opérations chimiques qui ont lieu h de grandes profondeurs et presque partout* ^
La température totale de la mer dans un lieu donné varie selon l'épaisseur de la couche d'eau qui couvre le fond. Franklin avoit cru qu'au dessus et à l'approche des bas^fonds la mer est toujours plus froide, et avoit conseillé d'employer le thermomètre comme un indica-r teur de ces parties élevées du fond mais caphées par une couche d'eau. Humboldt a appuie cette opinion de quelques observations. Mais tous les autres voyageurs marins, tels que Saussure, le Comte Marsigli, Donati, Castberg, pour les mers d'Europe, Péron, Krusenstern et Horner dans toutes les autres mers,prouT vent le contraire; en sorte que Ton doit admettre que c'est le ha^sard qui a voulu que Franklin et {{umboldt ^ient fait leurs observations sur des bas-fonds, ou un pourant a ammené les eaux plus froides du fond. L,e lait , que la mer esx en général un peu plus cl^aude au de^L|S d^s }>asr fonds qu'ailleurs, est fondé en théorie ;
CENT UNléME B19TRETIEN.
^r, en admettant, comipe nous le faisons, que le aorr leîl excite la même chaleur, soit que &es rayons tombeat sur l9 terre ferme, soit qu'ils tombent sur une très profonde masse d'eau, il est clair que petite chaleur se communique à une moindre couche d'eau la où il y a un bas fond que U où la mer est profonde. En outre f observe que, les lieux où la mer a le moins de profondeur étant les plus peuplés de plantes et d'animaux, leur. vie et leur mort doit y exciter une plus grande chaleur chimique. Car quoique les êtres organiques sous mer aient dérègle la même température que le mi-r Heu où ils vivent et se décomposent après leur mort, il ne s'en suit pas que leur procès vital et leur putréfacr tion ne produise pas de chaleur; et cette chaleur qui leur est enlevée est ce qui rehausse la température de l'eau.
Mr. de L. J'avoue que cette dernière cause nç fne paroit avoir qu'une petite part au phénomène eq question, à raison de la masse d'eau qui est presque inOnimept grande, coaip^irée à la m^sse (|es minimaux et des plantes qui y séjournent.
Mr^ 4^ P, Vous n'avez pas tort. Général. Mais Iprsqu'il s'agit de décider une question contre fraqkliji e|t Humt>oldt, il ne faut ricfi Qm^ttre^
Cent deuxième ei^retienv
JVIn àe P. Nous avons parcouru les phënomèues phy<p \ siques et chimiques de l'opëan. Passons à présent aux phénomènes mécaniques, aux mouvement que nous oflfre cette immense nappe d'eau.
Outre le mouvement des vagues à la surface de la mer« causé par les vents et les tpmpétes, on connoit deux grands mouvemens continuels qu'on peut regarder comme généraux, comme appartenants à toute la masse de Tocéan. Ce sont les marées et les courans. Commençons par lea marées ou le flux et le rejlux.
Les lois de la pesanteur et de la force centifuge ont fixé la Bgure de Tocéan et établi un équilibre Hxe dans toutes ses parties, un repos constant qui semble ne pouvoir être troublé que par les vents. II doit donc paroitre étonnant que, pendant un tems calme, cette masse d'eau entière s'élève deux fois par jour sur les cotes avec une force aussi invincible qu'invisible, et retombe aussi souvent, et cela simultanément aux points opposés de la surface de notre ^lobe. Si la cote est esp^rpép le fjuif la choque avec violence et cause les bri*
CENT DBUXiéMB ENTRETIEN. SOQ
•ànts funestes aux vaisseaux. Si la côte est basse et platte, la tnér la couvre jus<ju'à des distances très notables et la laisse six heures après à sec; de sorte que ce phénomène partage le four en quatre parties égales.
Mr. de A. Ainsi Pocéàn est Thorloge de la Nature.
Mr. de P. Fort bien; mais une horloge dont la marche n'est ni très régulière ni très facile à observer. Car outre que les vents et des circonstances locales lin- Àuent beaucoup sur ce mouvement, letems de l'apparition et la grandeur des marées sont sujets à plusieurs variations périodiques.
Ces variations sont dans un rapport si iparquant avec la position de la Lune vis-à-vis de notre Terre que les Anciens n'ont pas hésité d'attribuer à cet astre le phénomène entier des marées; et Keppler^ qui le premier a statué la gravitation dés corps célestes entre euX| regardoit ce phénomène comme l'efiet de l'attraction de la Lune sur notre océan. Mais Newton est le pre-» mier qui à considéré les marées sous le point de vue des . lois générales de la Mécanique et en à déduit les prin* cipàles variations. Daniel Bernouilli, Euler et d'autres grands l^athématiciens ont continué ce bel édifice, que la Place a en quelque sorte reconstruit à neuf par une profonde analyse qui ti'appartient qu'à lui.
Mdci de L. Si tant de grands Mathématideiis se sont mêlés de la chose ^ je crains fort que moi je n'ose j tAten
Mr. de P. Assurément pasj si e'est aut c^alcutsj tnais âssurëœeiit oui , si vous ne voulez que Connoitrfl
5lô OfiNT DEUXU&MB BNTRETIEN.
les causes générales de ce phénomène. Je prends le crajon. ^htâ (Fig. 70) représente le noyau solide de la Terre; efgb l'océan gui le couvro; A laXiune^ Tirons une ligne droite par les centres de ces deux corps délestes^ qui indiquera la direction principale de l'attraction de la lune. Cette attraction s'exerce sur là partie antérieure bgf de l'océan ^ sur le noyau de la Teri'è que doué {iouv-ons considérer comme réuni aii centré; t et sur la partie postérieure fa ef de l'océan* La partie dntérieutë de l'océan est plus proche de la lune ^ùé le centre de la Terre et la partie postérieure ed est plus éloignée. Ainsi la force d'attraction que la Luné exerce sur ces différentes parties, sera plus ou moins grande en raison inverse du carré des distances au centre de la Lune^ et celle qui s'exerce sur le noyau de la terre sera la moyenoieà Donc le point g et ses adjacens s'arantërà vers la Lune; le point C aussi, mais moins; le point e de même, mais encore moins. Ainsi vous Voyez que le point g s^élèvera au dessus de son niveau^ et le point e de même, puisqu'il reste en arrière relativement au point C; et la figure du sphéroide aqueux sera comme kl n m opk.
il suit de là que les marées doivent avoir lieu en même tems aux deux points opposés m et k de la terre; et c'est ce que conlu me l'expérience.
Il est clair en outre que pour les points comme 6, o, p, 1, qui né sont que très peu plus éloignés de la Lune que les points b et f. les élévations de la mer seront insensibles. Aussi les marées n'existent plus à 65 degrés de latitude. Comme le globe fait sa révolution autour de son axe en 2i heures, il est clair que, le
Cent ùbuxiâme BNTtiETtEir. 5ix
point ni ayUnt subi sa plus grande élëvation dans cette position, il sera le plus affaisse grand il arHverd, 6 heures après , dans la position h. Mais en même tems le point h, qui étoit là également à son plus haut degré ^ d'élération 4 se trouvera en f dans son plus grand abais« sèment. Voilà un flux et un reflut en 12 heilrës pour chacun de ces deux points , qui arriveront dans les sit heures suivantes, le point m en k et le point k en m où ils setoht à leur plus grande élévation. Pendant lés 6 heures suivantes lé point m arrivera en f et le point k en h où tous deux seront à leur minimum ; et voilà le second flux et reflux dans l'autre moitié du foun
Mais pendant ces a^ heures la lune martihe dans la m^e direction. Donc le point m et tous les autres points de la surface de Tocéan arrivant plus tard dans la ligné droite qu'on suppose tir^e par les centres des deux ^ astres 5 il est clair que le flux et le reflux doivent être retardés de jour en jour, de sorte qu'à la fin du cours de la lune il y a une perte d'un jour entier. Or comme la Lune employé 28I jours à faire son tour autour de U terre I cette rëtardation journaillère est de 49 minutes; ce qui est tout'^à-fait conforme à l'observation.
Mr. Je Ri Cet accord de l'observation atec le calcttl est merveilleuse^
Mr. de P. PoùSsioâs nos cotisidérationà plus loin. Le soleil n'est pas un spectateur oisif de ce phénomène. Malgré èoù grand éloignement de la i^erre il y prend part relativement à la grandeur de sa masse, qui compense en partie cette distance. Voyez la nouvelle figure (Fig. 71) que je vous dessine^ où s représente le
èli CBflT DBtlXlèBœ SNTRBTIBH.
•oleil, 1* la Terre, L là Luodé Si la Lune est eu U t. à. d. en opposition avec lé soleil^ vous voyez que les ypoiùts a et de l'océan terrestre sont élevés en même tems par les deux astres^ et les marées de ce tems se-^ tont plus hautes. Il en est de même si noi^s plaçons la Lune en 1, c. à.*d. en Conjonction avec le soleil. Mais ces dêuk teiiis sont ceux de la pleine luùe et de la nouvelle lune. Si la Lune se trouve en l^ alors elle ëlèyera Teau aux points î et e que le soleil tend à abaisser4 et alors les marées seront plus petites. II en est de même si nous plaçons la \ime en 1". Or ces deux tems sont ceux des quadratures, où la lune ne nous offre que la moitié de sa surface éclairée.. Ainsi nous aurons les plus fortes marées lors de la pleine lune et de la nou-^ Velle lune^ et les moins fortes dans les quartiers. H est vrai que ce maximum et ce minimum n*arrivent que tin jour et demi plus tard que ces époques; mais cela tient à 1/ paresse de l'océan qui tie cède que lentement à ces surcroits et à ces diminutions d'élévation.
Lorsque nous parlerons Astronomie, j'aurai Thon^ toeur de vous dire que le soleil varie de position rélati-^^ veulent aux différents points de la Terre dans le Cours dé Tannée et que les distances absolues de la Luné et du Soleil à la Terre varient dans le courant du mois et del l'année et parconséquent aussi la force attractive de ces deux corps sur la Terres Et l'observation prouve que la force des marées suit exactement Ces variations et d'autres encore dont le détail né pout'foit que touâ fa« tiguen
Mr. de T. Veuiiie2, monsieur de P.^ noiiâ dire
GBNT HBUXIÂUB EIÏTRETISH. ^I^
k quelle Ittuteur la tner s'élève et sUibaisse. Il me semble M^oit Oui noûimer des hauteurs très clififérentesé
Mn deP» La l'iace fixe la hauteur wàojeiine des tnarées, ii oà des drconstances locales ne causent pits d*ailomalies , à 3 pieds , et c'est en effet la hauteur mo« yenne des marées dans la mer du Sud , qui , à raison de sa grande étendue^ est la plus propre à vérifier la théorie par Tobservation*
Mr» de L. Je ne douté pas que la théorie des marées ne soit admirable. Mais avouez que c'est beaucoup de bruit pour peu de chose. Trois pieds d'élévation au dessus du niveau est un infiniment petit relatif Tement au rayon de la Terre^
Mr* de P. Non, je ne l'avoue pas, non seulement comme partisan de la Science, mais aussi par ce que ces trois pieds produisent, selon les circonstances, des effets très considérables sur les cotes et ont une grande influence sut la navigation. Les marées ont aux Canaries 8 pieds de hauteur, à l'entrée du détroit de Gibraltar 10 pieds, devant le port de Cherbourg )8 pieds ^ à 8t« iKlalo 45 pieds ^ à l'embouchure de la Saverne 54 pieds 4 • • •
Mr* de Jî. Arrête», monsieur de P. Pour réfu^ ter le Général vous allez faire monter les marées jus« qu'aux nues.
Mr. de P. Je me serois arrêté de moi-même dans eette énumération pour vous dire que dans les petites mers, comme la Méditérammée, les marées sont insen^
5l4 <^BNT DBUXIEBfB ENTBBTIBir.
sibles, de même dans celtes qui sont très éloignées de l'équateur, comine là Baltique, la mer blanche etc.
Mr. de L. Mais d'o& viennent ces fortes marées dans les endroits que vous venez de nommer?
Mr. de P. De la conforiliation du sol adjacent. Prenons l'embouchure de la Saverne comme l'exemple les plus saillant. Ce fleuve se décharge dans le canal de Bristol, dont la plus grande ouvetture du Sud au Nord est d'environ aa milles géographiques. La longueur de ce canal, à compter du point où il a g milles de largeur jusqu'à l'endroit où il n'a plus que a milles, est de i5 milles, et sa direction est de l'Ouest à l'Est. De là il se rétrécit en triangle sur une longueur de 6f milles jusqu'à l'embouchure de la rivière, dans la direction du Sud-Ouest au Nord-Est. Représentez vous le flux de l'océan atlantique, et déjà refoulé vers le canal de Brbtol par la côte d'Irlande, arrivant dans ce canal, qui lui offre un chemin toujours plus étroit; et vous concevrez qu'ici nous devons avoir un effet du genre de celui des cônes hydrauliques, c. à. d. une grande ac<^ celération de vitesse , qui doit parconséquent refouler kieaux jusqu'à une hauteur très considérable. Cet ef-^ fat a toujours lieu, plus ou moins, la où des continents, et des bas-fonds rétrécissent le cours de la mer^ «la pourquoi les hauteurs du flux et du reflux sont selon les lieux.
f^iftL Je ne puis cesser d'admirer que ce soit à la Lune que nous devions ces effets
*^. JàP, Cot encore à cet astre, compagnon
Cent DEuxiéMB jsntretien. 5iâ
fidite cle notre l'erté dans ses courses autour du âolèil^ que nous devons en outré les Courans qui mettent tout Toc^an en itioutrement sous cent directions rariées et presque incompréhensibles. ' Us sont de la ,plus grande iftiportahce pour la Navigation, leur vitesse étant sou- Tènt considérable. Krusenstern en à observé un qui àvoit jusqu'à 65 lieues de vitesse par jour et plusieurs dé plus de 40 lieues, de sorte qu'un vaisseau, sans voilés et sans vent, voyage à leur faveur assez rapid^ment^ ou se trouve, malgré le vent et les voiles, très retardé dans son voyage si son cours est Topposé de Celui du courant.
L'on observé un grand courant qui tourne àutoutr du globe entier de TËst à TOuest, dont la vitesse sous l'équateur est de 12 lieues par four. Sa principale causé ^e trouve dans Tattraction de la LuAe. Vous savez déjà que ce petit astre fait sa tournée autour de la Terre eu iiSi jours dans la direction de la révolution diurne de là Terre ^ c. à. d. de TOuest à l'Est. Cette marche de là Lune, rapportée à un point de Téquateur terrestre et âS^fois plus lente que la vitesse propre du même points doit produire et produit en eifet une petite retardation dans la vitesse de Teauide Tocéan, qui ne peut plus suivre lé mouvement rapide du continent caus^ par lé mouvement diurne du globe terrestre. Cette retardation est donc pour ce globe un mouvenlent de TËst à rOuest, c. à. d. le courant en question, qui de plus reçoit un accroissement par un vent cotistant et général qui â lieu dans ià même direction , et dont je vous expliquerai l'origine lorsque nous considérerons plus particuliers rement notre attHosphèrCé
5l6 CENT DEUXIEME ENTRETIEN.
Mde. de h. Je crains que ce nouveau mouvement (le la mer ne s'embrouille dans mon cerveau*
Mr, de P. Eh bien! madame, prenons la carte du globe pour suivre ce courant dans son voyage éternel autour du monde. Voyons le partir de la côte occidentale de TÂfrique sur presque toute la largeur des tropiques pour arriver à l'Amérique, où il se brise sur ^ les deux côtes inclinées que sdpare le cap St. Roch. Sa plus grande moitié se glisse donc dans la direction de Nord-Ouest le long du continent et de l'Archipel américain pour prendre en suite la direction de Nord-Est le long de la f'joride et des Etats- unis jusqu'au 4^^ degré de latitude. Retournons à présent au point de départ, sur les côtes de la Guinée et du Sénégal. II manque ici l'eau entrainée vers l'Amérique; ici il y a donc une baisse, vers la quelle les eaux qui avoisinent la cote supérieure de l'ouest de l'Afrique et de TEurope doivent descendre et se recruter par celles que le courant a ammenées dans la direction de Nord-Ouest jusqu'au 4oe degré de latitude, et qui frisent ou traversent les Azores^ les Canaries et les Isles du Cap-verd. Ainsi cette moitié de la mer atlantique offre un tournant perpétuel que les navigateurs cherchent ou évitent le mieux possible^ selon le cours qu'ils doivent tenir.
Voyons à présent ce qui se passe dans la partie australe du même océan. Le courant se brise à la côte du Brésil, d'où il reflue par les mêmes raisons, mais plus foiblement, à TEst, jusques au dessous du cap de bonne espérance, où nous voulons l'abandonner pour observer ce qui se passe à l'autre hémisphère.
çnrr deuxième «tretibn. 5^7
La cftte occidentale de rAm^rique est le second point de départ pour iiotre courant qui balaye les nom-' breuaea et petites isles de la mer du Sud pour arriver à Tardiipel indien qui ralentit sa course, sans Tempêcher toutes fois de traverser la mer des Indes et rencontrer au cap de bonne espérance son voisin de la mer atlantique qn^il refoule en partie jusqu'à son Origine vers Téquateur y le long de la cote occidentale de TAfrique, et ep partie vers la mer glaciale australe où il se per-' dent tous deux.
Z^e Comte C. Cette marche du grand courant me paroit bien imaginée et est siîrernent conforme aux observations. Mais il me semble que ce flux en rasant tant de côtes, en traversant tant d*archipels et surtout en trouvant tant de masses d'eau à déplacer dans ses remorxxy devroit avoir perdu toute sa vitesse avant d'avoir achevé le cours que vous lui assi^ez.
Mr. de P. La remarque est juste. Mais je dois encore vous faire part d'une espèce de renfort qu'il reçoit en route, provenant des diverses latitudes qu'il parcourt. Prenons pour exemple le tournant qui a lieu dans la mer atlantique septentrionale. Les eaux de Téquateur, qui, après avoir remonté la côte des Etats- Unis d'Amérique, coulent de l'Ouest à l'Est sous le 4o« degré de latitude , se trouvent dans upe contrée o\x la rotation de la Terre de l'Ouest à l'Est donne une moindre vitesse que sous l'équateur. Ces eaux doivent donc, déjà par cette seule raison, former un courant très sensible dans la même direction; et lorsqu'elles sont retournées à l'équateur, après avoir perdu en route leur
filQ ' CSMT DBUaOBKB SmniFFIBM,
surcroit de vitesse, elles résistent de nouveau à Tinr Auence d^ la rotation et ^uj^o^enteAt le coi^rant priini«> tif sous l'ëquateurf
Mr. de T. Ce grand courant doit mêler les eaux de plusieurs climats et parconsécjuent varier sensiblement la salure et la pesanteur spécifique des eaux de différentes latitudes, comme vous nous Tavez dit hier.
Jdr* dç Pf Jl existe un autre courant général qui non seulement fait le même effet, mais qui a son origine dans ces différentes degrés de salure. Représentez vous les degrés de température qui diminuent sur tout le globe de Téquateur aux pôles, agissant sur Teau salée de la mer. Entre les tropiques vous aurez la plu$ grande évaporation et près des glaces éternelles des pôles vous aurez la plus petite, Ainsi la mer sera le plus salée et aura la plus grande pesanteur spécifiai^e autour de Téquateur et la moindre vers les pôles; ce qui produit un défaut d'équilibre qui ne peut se compenser que par un double courant de Teau plus légère des pôles vers l'équateur à la surfacee de l'océan et de Teau plus pesante des tropiques vers les pôles en dessous.
3Ir, de R, Est-il possible que cette petite différence de pesanteur spécifique produise des courans sepsibles?
Mr. de P. Nous en avons un exemple visible ai; détroit de Gibraltar. L'eau de la méditerranée est plus salée et un peu plus pesante que celle de la mer atlantique ; ce qui cause deux courants opposés,
Ç^PPr DEUXIEME ENTRETIEN. 5^9
le tnpërieur de la mer atlantique dans la mëditerranée, et l'inférieur de la méditerranffe vers l'océan ,etUntiqae«
Qe double grand courant que j'^i décrit reçoit e|i' outre un renfort bien réel par l'eau non salée qui pirovient de la fonte annuelle des glaces polaires au I^ord* et. au Sud, qui comme plus légère que Teau salée, se tiept à 1^ surfape et reflue vers l'équateur.
JUde. de L. Que faites - vous , monsieur de Y. ? Vous paroisses tout rêveur.
Mr. de V. Je tâche de me représenter les effets singuliers qui doivent résulter des deux grands courans que monsieur de P. nous a décrits, dont Tun fait le tour du globe de l'Est à l'Ouest et l'autre fait couler la surface de l'océan des pôles vers Téquateur. L'eau, qui se trouve entrainée par les deux courans et les remoux du premier, décrit sûrement des courbes très compliquées , qui doivent donner de la tablature aux Physiciens et aux Navigateurs.
Mr. de P. Ajoutez à cela les directions particulières que l'eau doit prendre en vertu de la position
des côtes, des isles et des bas-fonds et de rinduence du flux et du reflux de la mer et des vents; et vous jugerez qu'il suffit de ces causes connues pour concevoir la variété d'une infinité de courans qui apparoissent sous toute sorte de directions , sans supposer des causes inconnues.
L'on a attribué au grand courant de TEst à l'Ouest deux grands phénomènes géologiques, la formation des deux archipels de l'Amérique et de Tlnde, sup-
5âQ eSÎKT I^UKlàME EMTElBTfBtff
posant que, là où est le golfe da Mexique et le grand archipel qui le ferme, se trou voit autrefois une continuation du continent, et que la nouvelle Hollande tenoit également au Sud de l'Asie. Mais combien impuissant ne doitron pas trouver le choc de l'eau dont la vitesse n'est que d'une demie lieue par heure ou d'un peu plus de 3| pieds par seconde, comparée à l'eIFe( prodigieux de l'engloutissement de plusieurs millieirs (le lieues carrés de terfe ferme)
Mr. de T, Et où est cette masse de terres et de rochers qui auroit dû être portée plus avant vers rOuest? Les débris du terrain des Antilles, auroient dû rehausser le terrain de la mer Caraïbe et du golfe du Mexique au lieu d'y creuser ces énormes bassins, puisque l'isthme de Panama a résisté. Cet effet du grand courant n>e paroit répugner aux lois de la Mé-f canique.
Mr. de L, Les isles du Japon, les Kuriles et la presquisle du Kamtschatka avec leurs immenses golfes, qui se trouvent entre le 3o® degré de latitude où le courant est très foible et le 6o« où l'on n'en aperçoit plus la moindre trace; tout cela a-t-il la même origine, comme il a la même conformation? Et si la Physique trouve les forces nécessaires pour faire disparoitre le continent dont ces isles ne sont que les restes et creuser ces deux grands bassins, elle trouvera aussi celles qui ont produit des effets semblables dans Ifss deui^ Indes.
Mr. de P. Sur ce point-là la Géologie nt nous laissera pas dans l'embarras.
CBNT DBUXIÈBIB KW T KKrilW > 5^1
Mde. deL. Il me paroit par plusieurs exemples, dont celui-ci est pour moi le plus récent qu'en Phy- ^ique Ton a des préjugés comme d9ns la vie commune.
Mr. dé P. Assurément, madame; et il n'est que peu de Physiciens qui ne donnent pas d'abord tête baissée dans une idée nouvelle qui a quelque chose de brillant ou qui est proposée par un homme célèbre, dont on pèse plus l'autorité que les raisons.
Terminons pour aujourd'hui ce court entretien qui inet ^n à nos considérations sur l'océan.
'Mr. de L. D'autant plus volontiers que ipa . femme commençoit à s'emparer de mon rôle par la re* marque malicieuse qu'elle vient de faircSur les préju* gës des Physiciens.
Mr. de P. Remarque qui malheureusement doit être bien vraie, puisqu'elle vient dej madame de |u«, do^t'QOus conpoissonf tous la bonté angéliquCt
Cent toois^PMp entretien.
P. Nous avons considère Tocëan sous tous Tts. Jettoqs à présent nos regards sur l'at- S autre océan qui couvre la surface entière cju iide dans le quel et par le quel tous les êtres vivent et jouissent de la vie.
hmte C Dont la substaqce devient partie in«des plantes et des animaux.
cfc R. Qui est le théâtre de tant de phéno^i» le la pluie, de la nçige, du beau tenis, des de la foudre,
ih T. Dont la pression ralentit Tévaporatans cette pression épuiseroit au bout de quelles nus rivières, nos lacs et même Tocean, ter toutes ces eaux vers les pôles, ou le froid >»roit tn placiers et feroit de la ligure applatie un sphéroïde allongé et pointu.
(/t* l\ Le Physicien, qui veut expliquer les
uos de l'atmosphère, ne se trouve pas peu em-
l>'un Cv>iê Ton espère ou exige même de lui
qu'il connoisse ce iluide qu'il peut observer à }a vue simple et au télescope, sur les montagnes et dans, le bi^OD aérostatique. D'un autre côté il se trouve souvent en peine de rendre compte des phénomènes les plus commuas 9 dont le vulgaire est témoin comme lui.
Mr. dç R. Et ce vulgaire veut en outre qu'il pré<>dise le beau tems et la pluie, le froid et le chaud, en faveur du cultivateur inquiet de sa récolte ou de l'oisif qui veut arranger pour le lendej?iain qne promeuade ou une partie de chasse.
Mr. de y. J'espère que le Physicien se soucie fjprt peu d'une prétention aussi ridicule.
Mr. de P. Je dois malheureusement avouer que^ quelques Physiciens séduits par certaines combinaisons qui réussissent par-ci par-là, se sont soumis à cette prétention, et espèrent arracher au Créateur un secret qu'il semble s'être réservé par de bonnes raisons ; et l'Astronome même ne dédaigue pas quelques fois de faire servir sa noble Science à nourrir ce fol espoir.
Mde. de L. La Philosophie est-elle si r^re çhe^i ces messieurs ? ,
Mr. de P. Non, madame; c'est la folie qui se trouve rarement chez eux. — Mais, folie ou sagesse; l'une et l'autre trouvent des difficultés presque insur* montables dans la solution de leurs problèmes par U grande variété des causes simultanées et successives, dont les effets deviennent à leur tous des causes^ La suite entière des phénomènes atmosphériques est un Ql long et entortillé, dont les deux bouts sont cachés et
5M>' CBrr TRonabcR Kw rB J f rua i.
qu'on peut saisir à cent points divers sans être sûr d'ar« river à un de ces bouts , à cause des noeuds que Ton rencontre k tout instant* Deux voies s'offrent au Physicien pour s'orienter dans ce labyrinthe , d'un côté la Physique théorique avec toutes ses branches, de l'autre l'observation purement empirique dont on combine les résultats pour en tirer des règles aux quelles la t];iëorie ne prend aucune part. Sans blâmer précisé»meut cette seconde voie et ceux qui la suivent, j'ose dire que les centaines de volumes pleins de ces observations annuelles n'ont encore rien expliqué, et que leur seule utilité est de fournir les données pour fixer le climat des lieux où les observations ont été faites avec soin. L'impossibilité de découvrir sur cette voie les relations des phénomènes atmosphériques entre eux me 'paroit évidente, puisque ces phénomènes ne dépendent pas uniquement de ce que nous apprennent le thermomètre et le baromètre et quelque mauvais hygromètre, mais aussi de la vitesse et de la direction des vents qui transportent l'atmosphère d'uqe région a l'autre, de la densité de l'air, de son état électrique, de ses parties constituantes, de la quantité d*eau qu'il contient soit en solution, soit en forme de vapeurs vésiculaires , et même de la végétation et d'autres circonstances locales — objets qui presque tous ont été négligés par les sociétés qiétéorologiques qui s'ctoient éri-? gées en scrutateurs de notre atmosphère.
Ainsi j'opine pour la théorie, qui, à la vérité, ne nous dira pas pourquoi il pleut aujourd'hui à Home et pas à Stockholm, pou|:quoi tel hyver a été très doux ^p Kussie et très rigoureux en Allemagne, piais qui
CBMT TROISU&MB BMTRBTlélf. 5^5
nous indiquera les causes gënërales des phénomènes at* mesphériques et nous offrira un tableau de l'ensemble et des relations de ces phénomènes entre eux,
he Comte C Et dont^ quant à moi^ je me con« tenterai très volontiers*
Mr. de G* Non seulement ce tableau me satisfera ; mais même je ne mé soucierois nullement de lire dans les tables barométriques et thermométriques le tems qa'il fera demain. Notre vie n'est-elle pas déjà assez compassée par la tactique de nos devoirs, assez guindée par la sottise de nos couvenances, pour vouloir encore en soustraire les petites surprises, agréables ou désagréables , que la Nature nous réserve par %q% opé« rations magiques ?
Mr. de R. Je suis du même avis. Périssent les prophètes du beau et du mauvais tems! La vie doit être vivante et non machinale.
Mr. de P. Commençons donc par examiner les propriétés de l'atmosphère et les différents états où elle se trouve. Ce sera une espèce d'histoire naturelle de l'enveloppe de notre globe.
D'après ce que nous avons appris sur la pression de l'atmosphère lorsque nous parlâmes des mesures baro* métriques y je ne sais plus rien d'intéressant a vous dire sur cette pression. Par contre je dois vous informer qu'on a cherché à mesurer la hauteur totale de taêmo^'phère, et cela par la théorie du crépuscule et de la réfraction astronomique. Halley et de la Hire ont autres fois fixé cette hauteur à environ i8| lieues; La Place k
526 CENT TROISIÂBIB ENTRETIEN.
présent à 6 j rayons de la Terre. Pavoue (}ue, pat pliis d'une raison, je n'ajoute aucune foi à tes calculs, et que j'Ignore même si cette atmosphère a une limite ou noné Ce qui me paroit bien sîir, c'est que cette limite, si elle existe, dépasse de beaucoup 18 ou 20 lieues, et qu'elle est plus ëlef ée sous l'équateur que vers les pôles, tant à raison de la difFërence de température au moins dans les basses régions, qu'à raison de la force centrifuge qui augmente avec l'éloignemènt du centre de la terre, de sorte que le sphéroïde atmosphérique est bien plus applati que le sphéroïde terrestre.
La température de J,"" atmosphère à la surface de là Terfe varie selon les climats, ou plutôt constitue les climats selon une loi qui dépend de la latitude, comme j'ai déjà eu l'occasion dé le dire^ et bien que plusieurs circonstances locales y produisent des anomalies sur les continents encore plus que sur mer, cependant ce ne sont que de foibles exceptions à la règle. La plus grande de ces exceptions est l'observation que l'on a faite que la température de l'hémisphère austral est à même latitude moindre que celle de l'hémisphère boréal; ce qui s'explique par la petite quantité de terre ferme du preaiier de ces deux hémisphères et le surplus de surface liquide qui équivaut à | de celle de l'hémisphère boréal ; d'où nous devons conclure que ... 4
Le jeune de L, Comme l'évaporation cause une diminution- de température, l'évaporation de l'hémisphère austral est doit être plus grande et parconséquent sa température plus petite que celle de l'autre hëmis*^ phèré.
CBMT TROISIÂMB ENTRETOOI. 5^7
Mr. de P. Nous en venons è présent à Ut tèmpé^ 'Woiurè de Pair à différentes JiHuteiirs. Vous savez d^a 'qit6 cette température diminue à mesure qu'on s'élève, et Ton a cherché la loi de cette diminution. Si aucune cause accidentelle n'intervenoit , ce seroit la loi de la marche chimique du calorique de bas en haut> progression qui décroit très rapidement. Mais les causes accidentelles la modifient déjà à quelques toises au dessus de terre. L'on est convenu assez légèrement d'admettre que lesdécroissemens de chaleur suivent directement le^accroissemens de hauteur, et il restoit à déterminer par des expériences de combien il faut s'élever dans Tair pour voir tomber d'un degré^ le mercure du thermomètre. D'après les expériences de Saussure c'est go toises en été pour i degré C, et m toises en hyver. Humboldt trouva auOhimboraço loi toises, au Pic de TénériiFe g^ 1^., Borda de 104 à i59 toises pour diiFé* rentes élévations. Les expériences de mon fils du Caucase, prises de station en station à la montée du Kas« beck, ne fournissent aucun résultat; car il a trouvé de 38i% Jusqu'à 300^^^ toises pour i degré R. , et de qui est encore plus surprenant , il a vu monter le mercure de son thermomètre lors qu'il s'élevoit à de plus grandes hauteurs, et cela trois fois, riihe de -i^ , une autre de Ys ^^ Ia troisième fois de a| degrés. Peut-on après de pareilles données croire encore à une loi de la diminution de la chaleur?
Mr. de J^. Peut-être que quelques uftès de ce$ grandes Anomalies tiehnent à la saison avancée quG monsieur votre fils a choisie pour monter ^ut le Kas-* beck et les autres aux localités de la montagne»
530 CEBIT TEOISfÂBiB PW Tl U fy iBy »
Mr^ de P. Les eoucheà de Tâir peuveiit êtte comparées à des pluques de verre teintes très légèrement en bleu. Imagines que vous posiez une dizaine de ces plaques sur un papier noir ; il est clair que la lumière réfléchie sera bleue, le noir du fond absorbant celle qui a traversé toutes les plaques bleues. Otez a présent une, deux^ trois, quatre de ces plaques, il est clair que la masse de lumière bleue réfléchie sera dimi«* nuéOj que Toeil recevra moins de lumière colorée, et parconséquent que la teinte bleue sera plus sombre. Vous croirez voir le noir plus facilement au travers des couches bleues.
Passons de celte considération peu importante, à la constitution chimique de notre atmosphère. J'ai déjà eu Thonneur de vous faire connoitre dans le chapitre de la Chimie les proportions d'oxigène, d'azote, d'acide carbonique et d'eau qui constituent notre air atmosphérique. La Physique de la Terre doit à présent nous apprendre d'où vient la proportion presque constante de l'oxigène à l'azote, quoique presque tous les procès chimiques que nous connoissons, la respiration des animaux, les combustions et la putréfaction des animaux et des plantes consument sans cesse une quantité prodigieuse de gaz oxygène et produisent autant d'acide carbonique et beaucoup d'hydrogène carboné, sulfuré et phosphore ; ce qui devroit rendre notre atmosphère irresj)irable et mortelle en peu de mois.
Mde. de L, Je ne me laisse plus effrayer par ces apparences qui menacent la vie de tous les êtres organiques , et je compte que la Providence aura constitué un remède tout aussi efficace que le mal, et que cette
ÇBMT TEOttliBfB Bl^mBTtBir. £3l
^ùvelle comidérâtioo lie pourra ^Q'augniemet moo admiratioii t>our sa sageue tuprémo et ma radonnois^ finCe pour sa bonté ilifinieé
Mr. de Ps Vous àvei biêû ralsoii, madântle; et pet antidote que vous etpërez ^ nous le trourons dans un procès aussi général et aussi infaillible qiie les prdf:èê nuisibles que je yiens de nommer. C'est la t^égéid^ tiotu Les Physiciens célèbres Sennebier et Ingenbonlz ont découvert que les parties vertes dcfs plantes dégagent de jour ^ surtout lorsqu'elles sont immédiate^ ment frappées des rayons solaires^ du gaz oxigène. Mais leurs eicpériences faites sur des feuilles détachées n'étoient pas en état de régler nos idées sur cet objet si important. C'est au jeune Saussure à qui nous devons les idées claires que nous avons aujourd'hui, consignées dans Pouvrage cité il y â quelques fours par monsieur le Comte, qui nous a appris que toute plante se nour<i^ rit principalement d'acide carbonique ptéparé dans le terreau par l'action du ga^ oxigène de l'air. Cet adde^ absorbé par l'eau et les sucs de la plante, s'étend dans lô système vésiculaire de toutes les parties vertes et y est décomposé par l'action du soleil. L'oxigène, qui en faisoit partie ^ se trouvé dégagé en forme de gaz et ^'é-^ chappe dans l'atmosphère. De nuit cette opération n'é plus lieu et même l'acide carbonique s'accumule telle-^ ment qu'il s'en exhale en quantité notable^ d'où provient en partie l'acide carbonique que nous trouvons dans Tattnosphère. Il faut lire dans l'ouvrage même les expé-^ riences et les idées lumineuses de l'auteur pour en sen« tir tout le prix. Ce qui nous intéresse ici principale-^ ment^ ce sont ses expériences sur plusieurs plantes vi*
552 CfiNT TROISIÂMB ÊNTRETIBN; #
vantes et croissantes et de diverses famille^, expériences qui fixent la quantité de gaz oxigène que la lumière solaire en extrait dans un tems donné. On peut conclute de ces expérietiees quô chaque pouce cafré de ter^ rain, couvert de t>Iantes, fournit par four ^^ pouce cube de gaz oxigène. Calculons k présent la quantité qui en résultera pour toute la surface végétale du globe. On évalue la surface de la terre ferme à 3000000 milles carrés. Déduisons en les deut tiers pour la partie qui n'offre point de végétaux et pour le tems pendant lé quel la végétation cesse entièrement ou est très foible, et nous aurons 1 000000 de milles carrés comme revé<« tus de plantes vivantes. Mais comme le soleil ne luit pas toujours mais est souvent offusqué de nuages , nous voulons diminuer encore cette surface de plus d'un tiers, et nous pouvons admettre en toute sûreté que l'effet de la végétation totale sera le même que si nous avions une surface de 600000 milles carrés dont chaque pouce carré exhalât chaque jour ^Vo pouce cube de ga^ oxigène : ce qui fait annuellement une masse d'enviroû 5g 18 "000000 000000 pieds cubes.
Mr. de R. Je n'aurois pas deviné que ce petit ef* fet livrât une quantité aussi prodigieuse de gaz oxigène.
Mr. de P. Voilà la recette. Essayons d'évaluer la dépense. On admet communément que la race humaine sur toute la surface habitée du globe va à goooooooo individus. Ne soyons pas chiches et sup-* posons que chaque individu , jeune ou vieux, consume chaque jour les 21 pieds cubes d'oxigène que Davy assigne à l'homme fait, et le double pour ses autres be-
ÇEST r^OlSlàsSE ENTRBTIBN. 535
iOHit, tels que la puis^ôn c)e sa pourriture, le chauffage etc.; ce qui fait 63 pieds cubes par jour et enviroo 21 billions par ap.
Evaluons la respiration de tous les /
quadrupèdes à |0 fois autant,
celle des oiseaux, des reptiles et
des inseetes à 4 ^^^^ autant,
celle dos poissons et autres animaux marins à 3o fois autant et la somme de toutes les consommations se montera à S45 billions de pieds cubes et il nous restera 5073 billions , c. à. d. le sextuple pour la putréfaction des animaux et des plantes. Ce calcul n'a assurément pas une ce|*titude mathématique; mais il sert au moins à prouver qu'il existe à la surface de la Terre une circulation du gaz oxigène, comme les calculs analogues deDalton ont prouvé la grande circulation de Teau.
Mr.deL, II faudroit être insensé pour exiger une précision mathématique dans de pareils calculs. Mais je suis embarassé de toute autre chose. La putréfaction produit une grande quantité de gaz bjrdrogène carboné qui monte probablement à quelques cents^iaes de billions de pieds cubes par année. Que faites-vous de ce gaz?
Mr. de P. Cette question est d'autant plus épineuse que les Chimistes françois assurent qu'il n'existe point de gaa; hydrogène dans l'air. Mais je crois que cette opinion est erronnée ^ et je le crois sur la foi des expériences faites par eux pour prouver Tabscence totale de ce gaz.
554 CBST mOtSiiMB BSPfKPfWV»
Mde. de I4. Voilà |ip parudpi^ê qui fi^roit honneur ÀPaltop.
ilfr. de P. Je n'en compte pM moins 1 j^^iAzxM, iur votre aasentimenti et voici ma preuve; On dëcoiivre la présence 011 l'abscence d'une très petite portion de ga^ hydrogène dans Tair atniosphéri(}ue en ajoutant ^ œt air une portion bien exactement mesurée de gax hydrogène suffisante pour produire l'inflammation au moyen du gaz oxigène, qui se trouve dans la portiop d'air atmosphérique;, et l'on trouve par le calcul du résultat de l'opération que l'hydrogène brûlé répond justement à la portion qu'on a mêlée à Tair atmosphérique; d'où Ton conclut que s'il eut existé auparavant une petite portion de gaz hydrogène dans cet air, il se fieroit enflammé avec la portion ajoutée du même gax.
Mde. de L. Cela me paroit juste,
Mr. de P. Et cela seroit juste, si le gaz hydrogène ajouté étoit parfaitement pur. Mais comme les Physiciens François n'ont pas épuré le leur par le charbon, il est clair qu'ils ont ajouté une petite quantité d'autre gaz qui ne s'enflamme pas, et que puisqu'ils ont trouvé l'inflammation égale à la portion d'hydrogène qu'ils opt cru ajouter, il doit avoir existé primitivement une portion de gaz inflammable à peu près égale ^ celle qu'ils n'ont pas ajoutée.
Mr. de L. Cela est bien subtil, mais doit être vrai. Au reste je réitère ma question: Que devient ce gaz hydrogène carbopé ?
Mr. de P. Toutes les espèces de ce gaz sont plus légères que l'air atmosphérique, et nommément celui
CEMT VftOISlÂlfB BRTRSTtEKi S 55
élm wrms^ àé près d'iin tiers* Il doit donc monter •fec istes de vitesse dafis Tatippsphère , et quoiqu'il se néle en route avec Tair qu^I traverse, le mélange est tonfonrs phis léger que Tair ambiant et doit parconsëquént atteindre les limites extérieures de notre atmos^ pbère, où nous voulons le laisser reposer quelques jours en attendant que nous remployons à quelque chose de fort joli. Passons à une autre considération.
Kotre atmosphère offre presque en tout tems des signes d'Electricité. Nombre de Physiciens s'en sont occupés, tels que Le Monnier, Franklin, Saussure, Beccaria, Volta etc. et Richmann, qui fut le victime de cette électricité , la foudre T^yant tué pendant une de ses expériences. Les résultats de si nombreux travaux de tant d'excellents Physiciens, seroient bien précieux s'il règnoit dans ces* résultats l'harmonie désirée. Mais elle manque, cette harmonie, par ce que presque chacun de ces messieurs employoit une méthode et des instrumens différens. Franklin par ex: obseryoit rélectricité atmosphérique au moyen de cerfs volants qu'il faisoit monter jusqu'aux unes; Volta jettoit une balle de métal eîi Tair ; Richmann avoit un paratonnerre qu'il pou voit isoler, d'autres une courte pointe de métal sur un électromètre; Gavallo un long bâton comme la verge d'un pêcheur etc. Qt les électromètres qui dévoient mesurer les degrés et oient tout aussi différents les uns des autres. Malgré cela nous pouvons tirer de ces expériences quelques résultats généraux qui ne sont pas sans prix. Les voici:
L'atmosphère est presque toujours dans l'état d'é-
SSfi OBHT ndttlAllB BMTEBTnni#
lectridtë positive, rarement nëgatire. L'ëlectrieité at» motpliérique eit foibie en hjrver ; elle atteint son ma^ ximum au printems et s'affoiblit en été surtout par un teins sec de longue durée. En* automne, pendant le tems des pluies abondantes, elle est absolument «in? sensible; lors d'un orage elle est très forte, surtout dans la région des nuages. Elle est sujette à des aCf croissemens et diminutions périodiques fournaillères, périodes gui varient quant au tems selon les saisons.
On a présumé depuis le commencement du ig^ siècle que ia foudre n'est pas autre chose qu'un phéno? mène, électrique d'une force prodigieuse, et les paratonnerres inventés par Franklin et exécutés pour la pre« mière fois en France, en ont fourni la preuve au mi^ lieu de ce siècle.
Mr. de iî. Honneur et gloire au génie immortel qui a soustrait l'Amérique à la tyrannie angloise et le genre humain aux effets meurtriers de la foudre!
Mr, de V. Le genre humain paroit profiter trop peu de cette grande découverte, la foudre faisant encore bien des ravages. Il est inconcevable que le préjugé contre les paratonnerres soit encore si fort en vogue.
Mr. de P. Ce préjugé se fonde sur une idée fausse que Ton se fait de cet appareil. On s'imagine qu'il doit attirer la foudre de fort loin et que, fatigué de la charge ou du voyage, comme un enfant qui porte un fardeau démesuré, il la laisse tomber sur les maisons voisines.
Mde de L. J'avoue que c'est là à peu près l'idée que je me faisois du paratonnerre.
CBMT T&6l8lÂ]iS B9TBSTIBÊ» 537
Mr. de P. Son office est de recevoir les coups de Ibndfe qui tombent dans ses environs , et de nombreu* •69 observations ont prouve que sa sphère d-aetiv^té ne if étend qn*à So ou 4o pieds de distance.
Mais quittons ce sujet pour nous occuper desyenis qui balayent l'atmosphare, mélangent l^ir des contrées les plus éloignées, purgent celui des lieux o& il s'infecte plus qu'ailleurs et établissent par là l'équilibre chimique presque complet que l'on observe dans cette enveloppe de notre globe. Nous avons des vents ré* guliers et des vents irréguliers.
Le vent régulier le plus important est lef^eni d'Est, qui parcourt entre les tropiques la circonférence en« tière du globe pendant toute Tannée. Veuillez, mes« sieurs, chercher les causes de ce vent si remarquable^
Mr, de T. Notre atmosphère étant un océan, \^ lune et le soleil doivent avoir sur elle une influence à p^u près égale à celle qu'ils exercent sur l'océan lir quide, et produire dans l'air, comme dans la met, un courant de l'Est à TOuest, par les deux raisons dont vous nous avez instruits. '
Mr, de P. Cela est fort juste, quoique Alembert et La Place aient prouvé que cet eHet de la lune et du sqleil n'aillent pas au-delà de § ligne de mercure du b^romètre. Mais cette demie ligne de inercure équivaut à 6^ lignes d'eau, dont la pression produit une vitesse d'écoulement pour l'eau d'environ :i pieds pqr seconde et pour l'air un vitesse beaucoup plus considérable, difr ^cile au reste à oalculer^ Mais il existe une seconde cause 4e ce vei^t;, tes rayons du soleil.
5S8- cHrtp iË|0mÉm wnu/suBifi
Lêjeum âeL. Et, à m tpk% je «rois, Gommeponv , !• grand courant de meTf Le soleil ëchan^ant tes téé fjawM des tropiquèt pins fitutetnent qoe tonte le retie de la aorface 4a glo^b^t Jl 'doit a'^blir deisc donblea courana d'air des pôlea Tara Tëgaatenr , par ce que Tair chauffé entre les tropiquea s'ëlève, force celui dea contrées roitinei dea p61ea de a'écouler vert IVquatenr et a'écoule lui mâmè dana les hautes régions vers les pôles. Or Tair des contrées polaires , arrivant dans le Toisinage de Téquateur avec trop peu de vitesse de rotation , doit produire un courant de l'Est à l'Ouest bien plus rapide que celui de l'océan, qui ne se forme que par la différence de salure de l'eau.
Mr. de P. . Vous prouvez, mon cher, par cette excellente explication, que vous avez parfaitement com«pris ce que j'ai dit touchant le grand courant de l'o- ,céanr Mais les rayons solaires produisent encore d'une autre manière le même effet, que {e vais vous décrire. Voyea la figure que je dessine (fig. 72) où le cercle ABDF représente l'équateur de la Terre recouvert de l'atmosphère. Le soleil se trouvant dans la position S au dessus du point A, la chaleur qu'il produit occasionnera deux courans dans l'atmosphère dans les direc* tions opposées a et b. Lorsque par son mouvement diurne apparent il se trouve en S^ il produit dans Tair les deux courans c et d, dont le premier détruit le courant b et lui donne la direction opposée. Ainsi nous fivon^ déjà à la surface du globe terrestre un courant d'air décidé de A vers B, c. à. d, de l'Est à l'Ouest. Quand le soleil se tronye en S»' il fait le même effet, dé- (f ui( le pourai^p d et produit le courant e. Vous yoyez
qSMT TROUXÈME BMT^BTIBBr. 539
doBO que, au |>out de$ premières 24 beurei ob le soleil II.I1U9 il a du s'ëtablir un vent général de TEst à rOuest» qui continue et doit continuer aussi longtems que le so^ }eil éclaire et échauffe notre globe,
Mr. de H. Vous voyefB, monsieur de G., que la navigation et le commerce entre les deux grands conti<»> nents de notre globe sont porpme prescrits par la Na<^ tnre, puisque ce bon viellard de Vent d'Est nous in* yite depuis tant de siècles au voyage d'Amérique.
3fn de G, £t nous prescrit de rester dans le nou* veau monde y puis qu'il nous rend le retour difficile. Ne croyez-vous pas que le bon viellard nous invite sur tout à la traite des Nègres puisque son cours principal 9 lieu de TAfrique à rAmérique?
Mr. de P. N'entamons cç pas chapitre, mon cher de G.; cari je dois vous mener encore ce soir dans la mer des Indes entre les deux presfju'isles pour y observer avec vous le Mousson, vent qui y règne régulièrement dans la direction Nord*Est pendant notre hyver et dans la direction Sud-Ouest pendant notre été.
Mde, de L, Voilà un caprice dont je devinerois sûrement pas la cause.
Mr. de P. Et qu'il me sera difficile de vous offrir d'une manière satisfaisante. Lorsque le soleil se trouve dans la partie australe de son cours , il échauffe cette partie de la mer plus que la partie septentrionale; ce qui produit un vent de Nord, qui, combiné avec le vent général d'Est, produit le vent Nord-Est. Lorsque )e soleil est d^ns la partie boréale de son cours, i|
54^ CENT ^0|8IEfif9- £|911lJ^i'IK!lf
échauffa la partie septentrionale et les presqu'|sles plus que la partie piéndiop^le ; ce qui produit un vent ^e Sud f • • t
lÀ jeune de L* Qpi , coin|>in<$ avec le vent gëné^ rai d'J^t, produit le vent de ^ud-Est^
Mr. de P. Fort biep ; n^ais il nous faut produire le vent de Sud-Ouest ; et voilà la diiSicuIté ! On a t^-r ché de la lever en faisant changer la direction de ce vent par la conformation particulière des eûtes des presqu^isle^ et de Tarchipel indien; mais f avoue que cela qe me satisfait pas et que le mousson de Sud-Oue^t n'est pas encore expliqué.
Le Comte C, Ces vents de Nord et de^ud, que vous faites naitre sur les côtes des continents par TaCitiion du soleil « devroient, ce me semble, avoir lieu sur toutes les cotes et même avec rëgularité.
Mr. de^P. En effet ils ont lieu sur toutes les pûtes et "en sens opposé du jour à la nuit. De jour la terre ferme, échauffée à sa surface par le soleil plus que la mer, produit un vent frais de mer; et de nuit, cette chaleur de la surface du continent étant bientôt dissipée, la mer a une température un peu plus élevée que la terre ferme et produit par là un vent de terre.
Enfin j'ai encore à vous parler des ven/6 irréguliera; mais j'espère que vous n'exigerez pas que je vous indique l'origine de chacun d'eux, cette origine étant précaire et dépendante de causes qui souvent devroient être cherchées à mille lieues de la contrée où règne tel ou tel vent. Ce qui j'ai eu l'honneur de vous dire sur )^ ]VIétéorologie en général, au commencement de cette
CENT troisiêbib entretien* 54'
ioîrëe 9 doit me dispenser de ce devoir et m'impose en fluême tems celui de vous instruire gënérdemént des prinèipillés causes de ces vents. Nous trouvons ces causés dans la nature du terraiti qui , de couleur som^ bte ou claire, à nûd ou couvert de forêts , sec ou hu^ Inide par la proximité de grandes nappes d'eau, s'ëchauffe plus ou moins par l'action du soleil. Nous les trouvons dans les chaines de montagnes qui, éclairées ^ar le soleil d'un côté et pas de l'autre, offrent deui températures dont l'effet est nécessairement un vent quelconque, et qui par leur position et leur hauteur arrêtent des vents déjà existants ou bien en changent plus ou moins la direction. Nous les trouvons dans les nuages, qui ombragent certaines contrées, y produi** sent une température moindre que celle 'des contrées voisines qui ne sont pas ombragées. Nous les trouvons surtout dans les opérations chimiques de l'atmosphère où l'eau et l'air lui-même changent de forme, tantôt lentement tantôt subiteuient^ et diminuent ou aug« mentent le volume d'air de la contrée où elles ont lieu. Et si l'on considère que toutes ces différentes causes ont lieu simultanément et que chaque effet devient à son tour une cause, on concevra aisément que l'atmosphère terrestre, à la hauteur où tous ces phénomènes particuliers ont lieu , doit offrir le tableau d'une agïta^ tion presque perpétuelle dans mille sens différents*
Le Comte C. Vous restreignez avec raison cette turbulence de l'atmosphère à une certaine hauteur; cat je me souviens d'avoir lu que Humboldt est de l'opi-* nion que le domaine des nuages et des vents n'excèdd pas Une hauteur dé 5 à 6 mille toisesé
54^ CENT TAOISlâMB BMTRETIfiNé
Mr. de p. L'océan a dés limites encore plot étroites |>our ses môuyemens. Les orages et le flux de la mer ne sont sensibles qu'à de petites profondeurs; et il doit régner plus bas une tranquillité presque abso<> lue^ qui est à peine troublée par le très foible courant de Téquateur aux pôles ^ qui peut<^être n'atteint pas une profondeur de mille toises.
Mr. de L: Ainsi Thomme se trouve « sur mer comme sur terre, placé au milieu du théâtre le plui mobile , le plus turbulent des opérations de la Nature. Doit-on donc s'étonner si , . né avec un esprit scrutateur et une âme douée de passions, il est inquiet, remuant^ passionné, la proye de tant d'orages physiques et mo^ raux. La nature entière^ dont il fait partie, n'existe que dans ce conflit de causes et d'effets, de mouvemens contraires^ de transmutations sans nombre, qui se croisent, se brisent les unes contre les autres, se produisent et se détruisent mutuellement, par ce que ^ la Traie existence ne réside que dans l'activité. La vie seule produit la vie.
Le Comte C. Assurément. Mais l'homme possède dans son intérieur quelque chose qui Télève souveraifiement au dessus de la matière, qui le rapproche de la pivinité. C'est notre sainte Religion, qui le transporte sur les ailes d'un sentiment sublime hors de la 5^>hère turbulente de la Nature physique et morale et c<ihue par là les orages de son coeur en même tems uuVUe laisse à son esprit tout l'essor dont il est suscep-» \ible«
Cbnt quatrième entretien.
Oflr» de p. Après avoir considéré l'atmosphère sous tousses rapports connus, nous pouvons nous hazarder à tenter Texplication de quelques uns des phénomènes nombreux et variés que cet océan nous offre ; phénomènes qui ont tant d'influence sur notre physique et Souvent sur notre moral. Nous commençons par les météores aqueux ^ que nous devons tous aux transformations de Teau. D'après ce que j'ai eu Tho'nneur de vous dire dans un de nos entretiens précédons touchant les hypothèses sur Tévaporation et la précipitation de l'eau, hypothèses qui ont servi de base aux systèmes météorologiques de leurs auteurs, fe n'ai qu'un mot à vous dire sur ces systèmes en général.
L'hypothèse, qui n'admet que le calorique pour agent dans ces phénomènes, ayant été trouvée insuffisante pour rendre raison de toutes les transformations de l'eau que nous connoissons, ne peut nullement servir à elle-seule de base au système des météores aqueux. $aussure, q^ui avoit ajouté au calorique l'air atmosphérique lui-même comme dissolvant, supposa que l'ÉIec-
544 C^Bl^ QUÀTRIÈMB ENTRETIEN.
tricité achèveroit ce que le calorique et Tair laissoient encore à faire^ mais ne put construire lê mécanisme dont il ayoit besoin. De Luc, opiniâtre à ne pas reconnoitre l'existence de Toxigène dans l'air et l'eau , et supposant que ces deux âuides sont deux substances simples qui se changent, Tair en eau et l'eau en air, supposa gratuitement deut âoiivelles matières itiipondërables polir opérer cette double transformation, sans pouvoir baser cette supposition sur aucun fondement. Votre Professeur a ajouté au calorique l'influence de Toxigène atmosphérique et établi sur cette double base, dont l'e^ xistence n'est pas douteuse, son systèfne météorologique, 'qu'il va avoir l'honneur de vous présenter dans sa plus grande simplicité , sans vous ennuier des conttovei^ses nombreuses aux quelles il a donné lieu.
Mr. de L. Ainsi cette fois-ci nous croirons sans Toit*^ et votre système sera pour nous au article de foi*
Mr. de P. {souriant.) Vous êtes. Général^ si ré-^ puté pour la facilité de votre croyance, que vous devez être charmé de là mettre une fois au joUr dans xioi entretiens.
Mr. de L. Pourquoi enchérissez-vous, monsieur de P., sur mon mari en fait de méchanceté?
Mr. de P. Par ce que fe lui suis d'ailleut's infétieur en tout. — Mais entrons en matière. Permis au reste à chacun de mes très honorés auditeurs de croire ou de ne pas croire.
L'atmosphère est dans un état constamment variable quant à l'évaporàtion et là précipitation de l'eau.
Léi tMriitioiis cfontinaeltefs de iios instrurrtens iii^tëoro* logiques, du therfnoohètre^ du baromètre, de rfajrgfc^ mètre, Tasf^eèt des liuàgès^ la plus où moins graddé dartë de Vêit et lë% tenta — tout nous prdùVè <;ett€l £ontîilaeIIe vàcdllation dé Tétàt de t'àir^ causée par toutes lés circonstances locales et aècidentellés. Ces circonstances sont le passage du four à là nuit et de \â tkuit au jour, qui nous enlève et nous rend alternatif' yement toute l'influence des rayons solaires sur là terre et Teati, sûr l'atmosphère et les nusigès et sur \à yëgëtation — les différences de température locales occasionnées par la nature et la couleur du sol^ qui est tantôt solide, tantôt liquide, ici èôùvért de plantés et là à nud — les nuages qui couvrerit-souverit des contrées entières et dirtiitiuent de four par Tinterèeption des rayons solaires le procès végétal qui produit Toiîgène — les vents qui ammènent àes èontrëét éloignées des atmosphères plus chaudes où plus froides,^ plus ou moins idiprégnéès d'eau, plus ou moins diar« gées d'oxigène, ou d'acide carbonique ou de gaz hydrogène carboné — le changement de salsod qui nous offre en été la végétsftion dans sa plus grande force, éil hyver l'absence totale du procès végétal^ en àutoAbine lit Nourriture des plantes annuelles et au printems celle des feuilles d'arbres — etc. etc;
L'évaporation de l'eau est toufours invisible,* et tious ne voyons l'eau évaporée que lorsqu'elle est défà précipitée , en partie dans les brouillards et les nuéeii tout-à-fait dans la pluie et dans la neige. L'évàpoti- . iioii se fait pair le calorique et le gaz oxigène peiKfatiii^ **
CBHT QUÀTRIfilIB ENTRETIEN,
les saisons où il ne gèle pas ; en hytrer , lorsque la terre et Teau sont couvertes de neiges et déglaces^ c'est Toxi^ gène atmosphérique seul qui produit Tévaporâtion ; ce qui a été prouvé autrefois, lorsque nous avons statué ure épaporation physique et une ét^aporation chimique ^ la première Comme produit du calorique^ la seconde comme produit du gaz oxigène«
Les nuages sont de la Vapeur vésiculdire. L'eau dont ils se forment se vaporise par le calorique et se dissout par le gâs oxigène. Tant qu'il existe assez de ces deux dissolvants, l'eau contenue dans l'air et com<* binée avec le gaz oxigène et le calorique^ est invisible et s'élève en vertu de la pesanteur de l'air ^ qui surpasse celle de l'eau dans cet état< Cette ascension s'étendroit jusqu^à une hauteur indéfinie^ si la température du milieu où elle se fait ne diminuoit de bas en haut« Cette eau combinée doit donc trouver à une certaine hauteur une couche d'air où la diminution du calorique produit une précipitation d'eau ^ soit immédiatement, soit médiatement en afibiblissant la force de solution du gaz oxigène. Là il doit donc se former de la vapeur vésiculaire , qui doit se tenir à la même hauteur tant que les circonstances ne changent pas^ de même qu'un ballon aérostatique, lorsqu'il est monté à la hauteur où il se trouve en équilibre avec la pesanteur spécifique de la couche d'air dans la quelle il nage. Mais si les circonstances changent ^ si la température baisse ou s'élève, si la formation du gaz oxigène diminue ou augmente, alors le nuage non seulement s'élèvera davantage ou s'abaissera, mais aussi il pourra diminuer ou augmenta de masse et de surface. Ajoutez à cela
G^iT QUATRIÂMB SMTAETIBir* 547
que, lofique le nuage devient plus opaque ^ d à. d« loraque la pellicule d'eau de chaque vi^icute devient plus épaisse par la condensation d'une partie de la va* peur qu'elle contient ^ il se produit un surplus de temr pérature, qui dilate la vésicule et l'air ^ambiant et fait remonter l'une et l'autre. Si vous ajoutes à ces considérations celle des vents qui transportent les ùuées dans des contrées plus froides ou plus chaudes, et l'influence de la moindre pression de l'atmosphère dans les con-^f tréés élevées^ qui favorise la vaporisation de l'eau, vous concevrez que les nuages doivent continuellement cban* ger de hauteur, de masse, de figure ^ de transparence et nous offrir ce tableau mouvant que nous observons réellement, où la lumière et les couleurs, à raison de la variété des réfractions^ jouent leur rôle comme les formes.
La hauteur a la quelle se forment les nuages doit en outre varier selon les climats* On prétend avoit observé des nuages qui n*avoient que 600 pieds d'éléva<a tion. Humboldt assigne les limites d'élévation des nua^^ ges entre les tropiques à 600 toises et à 4ck>0 toises au dessus de la mer^ et la région des orages entre 1000 et 1800 toises^ On peut admettre avec assez de vraisemblance que ces hauteurs pour les autres contrées du globe sui-« ▼ent la loi du climat géographique, et que pouf une latitude de 45 degrés 00 pourra prendre la moitié xle ces élévations«
Les Brouillards sont des nuées qui se totïùètit dans là partie inférieure de l'atmosphère, de la vapeur régiculaire trop pesante pour pouvoir s'élever^ La pluà aimple expériende prouve que si l'on enferme sdua une
£48 CBMT QUATRIBMB BNTEBTIBN*
cloche de verre un on pltuieuft irégëtâuz, se ttiriKSe intérieure se couvre bientôt de gouttes d'eau ëvnporéé et ensuite précipitée , de jour comme de nuiti Ce qui prouve que le calorique vaporisé plus d'é^u que la couche d^air ne peut contenir, et que parconséquetit c'est au gaz oxigène que nous devons l'ascension de la vapeur qui forme lés nuages à de grandes hauteurs. Car k mesure que la vapeur se forme elle se combine avec le gaz oxigène^ au moins en partie, et monte avec lui) eu plutôt par lui , en vertu de l'affinité qui produit là marche chimique de bas en haut^ qui n^auroit pas lieiiî le calorique ne suffisant pas pour conserver la forme élastique à toute la vapeur qu'il produit. Aussi est-ce en automne surtout que nous avons des brouillards^ c à* d. lorsque l'acte végétal a perdu de son intensité et produit moins de gaz oxigène. En hyvér^ lorsque la terré est couverte de frimats, nous n'avons que peu débrouillards, par ce qu'à toute température au des» sous de téro il ne se fait d'évaporation que par l'action chimique du gaz oxigène qui ne se charge pas de plus d'eau qu'il ne peut dissoudre; et les légers brouillards que l'on observe lorsque le froid devient plus rigou<>> reux, proviennent de ce que ce plus grand froid diminue d'un peu la force dissolvante de l'oxigène.
La Nature nous découvre le secret de ce jeu dails des miniatures de brouillards qui se forment dans les soirs d'été au dessus des marais^ Lorsque le soleil est prêt à se coucher, on voit de petits brouillards se formet au. dessus de la surface mouillée, sans la toudier* il reste, entre l'eau et les plantes d'un côté et le petit bnmiUard de l'autre, un espace de quelques ponces ab-
«plnmqit trampdrent , qui disparaît en quelques minutes dès que le spleil n'ëclaire plus cette surface. Çomifieot expliqueronsrnQus ce joli petit phénomène?
Jlfr. d^ Of On poiirf oit supposer que la températnre du sol est encore assez ' considërnble pour tenir l'eau de cette couche d'air en état de vapeur élastique jusqu'à cette petite l^iutieur, pii^is que, plus haut, la diîpînution Tapid0 dé la tetnpérature ne suffit plus. C'est au moins l'explication qu'on pourroit ep donner dans le systèfne du calorique.
Jje Comte C Mais fious venons de voir (ce que tout jardinier peut observer chaque jour) qu'une plante, placée dans de la terre ordinaire, fournit plus d'eau évaporée par le calorique que l'air de l£| cloche ne peut contepiTi quoique la cloche de verre retienne la plus grande partie de la température de la terre , qui sans elle se perdrpit dans les régions supérieures. Qpe ne sera-ce pas si la plante se trouve dans un marais? U est évident que l'oxigène produit par les plantes peut seul expliquer ce fait.
Mr. de L. En effet le soleil couchant, dont les rayons frisent la surface de la terre, n'y produit plus de chaleur; mais dans cette position il darde ses rayons perpendiculairement sur les plantes et en extrait eficore du ga^ oxigène, qui peut suffire à dissoudre l'eau qui s'élève jusqu'à une petite hauteur. Aussi, dès que le soleil est au dessous de Thoriaon de ces plantes, cette action CfKse, sans qu'on puisse prétendre que la température se soit abaissée sensiblement.
Mde. de L. Pour cette fois voilà mon cher époux converti, devenu croyant !
55^ eCMT QUATRiiME KWTRKTiKil .
ilfr. de Lf Ce p'eyt pfts de I9 croyance ^ fe yoit It phose claireipent.
Mr. 4^ P9 Vn antre pbënomène semblable y \et^ tera tm nouveau jour, Sortez un matin d'ëti où Tatinosphère est tranquille, peu ay^pt le lever d|f soleil, let dans une poptriée oi\ sis trouve upe forêt 9 quelque distance, Yoiis yerrejs cette forêt pouyerte d'un brouilr )ard plus Qu fnoins lègejTj qui s*est form^ pendant I9 puit. Le brouillard touche la cipie des arbres; ma^ dès que le soleil éclaire cette ciipe vous voyez se forpier une pouphe d*air transparent qui augmente petit k petit d'épaisseur ; le bi*ouiIl^rd semble se dëtacber de la forêt, Cependant il ne s'élève pas en e^'çt (coQime pu le croit corprpunépient) mais il diminue seulement de bas en'haut; effet qu'on ne peut attribuer qu'à la productiop du gaz oj^igèue p^r les rayons solaires,
I^a Rosée est quelques fois un brouillard précipité. Mais elle se forme ^ussi très souvent sans brouillard^ L'eau qui s'évapore de la terre perd sur le champ sa forme élastique non seulement par ce que la tempera-» ture d^ l'^ii* <3^t plus froide, mais aussi par ce que les plantes ne fournissent pas de gaz oxigène pendant la nuit) mais exhalent de l'acide carbonique qui, si l'air est tranquille, s'arnte dans la couche la plus inférieure de l'atmosphère et en éloigne, au moins en partie, l'air MMiiiphi'riqnn proprement ditf
Lt Givre y qui forme en hyver ce& jolies végétais j:lace qui ornent les arbres et les plantes et ^ optique sorte une végétation particulière sur c$t un brouillard gelé, non dans Tair mais
6£ST I^UATai^MB BMTRETIfiir. S^l
sur l«t ooi^ solides qa^îl touoh*, par ce .qo*il Ae se fiût de règle aocube coogëlstioo d'e^u que , par TinteryeDtion d'im corps solide qui fournit la première base an premier crisral. Le gi?rê ^t très abondant Jorsqne la geltfe succède subitement à un dégel; mais il se forme aussi , quoique bien plus faiblement 9 sans dégel, lorsque Tair , saturé d'eau par Tévaporation. chimique, se refroidit. Car cette diminution de température di* minue la force dissolrante de Tovigène de Tair et pré« cipite une petite partie de l'eau qu'il tenoit en solution. Le givre» qui se dessine si joliment en cristaux très variés sur la i^urface intérieure de nos vitras» est le brouillard de nos chambres, qui se cristallise par le froid des vitres. J'ai suivi là formation successive de ces cristaux, et c'est là que j'ai puisé les premières no« tions sur le rôle de l'I^lectricité daps Tacte de la cristallisation,
Mde. (le Tj. Ce dont je suis très reconnoissante au givre de nos fenêtres, puisque vous ave^ bien vonla me faire part de ces notions/
Mr^ de Pf C'est bien à moi, madame, à offrir cet hommage au givre, puisque j'ai eu certainment plus de plaisir à vous dire le peu que je sajs sur la cristallisation, que vous h Teptendre. Mais passons a d'autrM météores,
La Pluie est une précipitation des nuages, la tr^ns-* formation de la vapeur vësiculaire, qui les composoit, en eau. Ce changement n'est proprement que Ja continuation du procès qui a formé le nuage* La formation des gouttes, souvent très grosses, %*exfi^'
i« rémniot\ d'not grande quantité de cet goattes presque iofinif^ient petites , qui naissent de. la précipitation de lehaqne vésicuie de vapeur k P^it. Mais cette réunion ne se fait pas en direction horizontale , d>bord p^r ce qu'il n'y a aucune raison qui cause une attraction muselle de deux ou, plusieurs de ces gouttes infiaiinent petites» mais surtout par ce qu'il existe une cause bien fntorqûée qui les tient éloignées Tune de l'autre , TÉleo* fricitéde même espèce qui se forme dans chaque goutte par lé changement de la vapeur en eau. Ainsi cette réunion ne peut se faire que dans la direction de I4 verticale,^ et cela delà manière suivante: Le nuage se trouvant chargé de plus d'eau que le calorique etTair 1^ peuvent tenir à Tétat élastique et à Tétat de vapeur yésiculaire, il est naturel que la condensation ultérieure se fasse au bord supérieur du nuage, où la température est moindre que plus bas. Los gouttes d'eau jnfiniipent petites, qui résultent de cette condensation, jtpmbent verticalement au travers de la nue, s'accror chent par leur adhésion aux pellicules d'eau des vésicules encore flottantes, déchirent ces pellicules, se grossissent de l'eau qui les formoit et rendent libre la vapeur que les vésicules contenoient. Ce grossissement augmente non seulement en raison de l'épaisseur 'du nuage, mais aussi en raison du carré du diamètre grossi des gouttes, dont la surface se trouve dans cette proportion en contact avec plus de vésicules. La vapeur tilastique, dégagée et déchargée des pellicule^ d'eau qui la retenoient à cette profondeur, s'élève dans une plus haute et plus froide région, où il se forme un nouveau nuage ou même, selon les circonstances , une
CWf QUAT^UBMB HmUSVIBIf* 553
poovdle pluie qui tiiccèc)e k U preoiiire et peut d^ ^Afare poropletteipent le nuage primitif , qui, ^ coupi» iAjCy M troure beaucoup poin^ dense qu'auparavant.
Mde. de I4. Cette mécanique me plait| quoiqqelle îne paroisse un peu compliquée.
JMn de P. Je puis vous pitertin phénomène ob« aervé par plusieurs Physiciens anglois et Bugge à Co^ penhagen,' qui vient à Tappui de cette construction de la pluie: c'est que de deux Ombromètres, dont Tui^ est placé près de terre et Tautre sur un point élevé, lèpre* oûer fournit de règle plus de pluie que le second ; C0 qui ne peut s'expliquer qu'en admettant que les gouttes tombantes se grossissent de Teau des vésicules qui s'ao« crochent à elles; ce qui s'accorde parfaitement avec l'observation de Saussure que les hygromètres , placés près de terre, annoncent de règle plus de degrés de sec pendant la pluie qu'auparavant. Les niémes Physiciens anglois ont observé que quelquefois, mais très rareo^ent, l'ombromètre supérieur livre plus d'éau que Tinférieur; ce qui ne peut a voir lieu que dans le ca^ où les couches inférieures de l'atmosphère contenoieà^t moins d'eaq qu'elles ne pouvoient contenir et que les • gouttes tombantes s'y sont évaporées ep partie. Mais alors sûrement l'hygromètre indiquera pendant et après la pluie plus d'humidité qu'^v^nt. — Je pourrois ou devrois peut-être entrer dans beaucoup plus de détails touchant la pluie ^ mais je prains , madame, de vous fatiguer par des objets de discussio|:i qui Q'intéresseiit proprement que le Physicien.
La ^eige est un givre produit en pleiq tir, une
554 C^SNT QUATRIÈ14E BNlUBTlBNf
étoile (le cristaux composée ordinairement de six plui» mes cristallisées sous des angles de 60 degrés. Cette cristallisation de Teaii dans l'air doit surprendre lePhyr sicief), (|ui s^it que d'ailleurs Teau qe se cristallise qu'à la faveur de points fixes. Je ne puis rien dire l^-des^qs, si non que c'est peut«être une loi de la pristallisatioui que les cristaux plumaoés peuvent se former dans les fluides sans points 3xes; au moins en avons-nous un exemple dans les cristaux plumaoés du sulfate dépotasse qui se forment dans notre appareil chimique, où l'acide sulfurique se trouve placé sous la solution de potasse. La neige nous offre souvent des flocons composés de plusieurs étoiles plumacées; ce qui prouve qu'elle augmente de volume de la même manière que la pluie, c. à. d. en tombant au travers de la nuée.
La Gvèle est une pluie gelée. Au reste il ne faut
pas s'imaginer que le grain de gièle soit une goutte de
pluie gelée tout d'un coup. De Luc a observé que pres-r
que tous les grains ont un petit flocon de neige pour
noyau et qu'ils sont composés ooninie d'enveloppes de
elace et non d'une masse tout-à-fait homogène: ce qui
indique une formation successive, prouve^e en outre par
la grosseur que la grtie a souvent, grosseur qui dépasse
si fort celle des gouttes de pluie. L'on a observé que
\i grêle n'a jamais lieu de nuit. La lumière seroitrclle,
SI sme agent chimique, nécessaire à sa formation?
It. de L. Ces météores aqueux se ressemblent msK naat au mode et à la lenteur de leur formation, -sff jis./vjiK ^ Vorage et de la foudre, pour animer qq-
Mté de P. Volontiefii mon Ginir%\; maii ne font atiandez pis à beaucoup de firaeas. Je tfe suis pas disposé k fiùre des descriptions poëtiques^
têOrage est un coipposé de plusieurs phénomènes qui Tarient très fort entre eum quant à leur intensité absolue et relative. Il est précédé d'une chaleur fa« tiguante^ presque étouffante, et d'un ciel sans nuages* L'air est tranquille mais pas clair ; une espèce de brouiU lard sec y règne* Les plantes commement à flétrir et les animaux éprouvent une lassitude accablante^ Lors-* que l'orage se forme sur notre horizon, on voit d'abord un nuage presque inperceptible, qui naît et s'agrandit a vue d'oeil, de sorte qu'au bout d'une heure il peut avoir couvert tout Thorizon. Souvent il naît plusieurs orages à la fois, qui se réunissent, au moins en appa* rence, sans au reste cesser d'être actifs du c^té où ils ont pris naissance. D'autres fois les orages, c. à. d. les nuages d'où partent la pluie, la foudre et le tonnerre, arrivent déjà tout formés et s'emparent de notre hori^ Eon. Les nuages orageux se tassent ordinairement en masses opaques dont la couleur parcourt différentes teintes de gris jusqu'au bleu foncé en nuances fortement prononcées et souvent tranchées par un nuage d'un blanc brillant ou d'un jaune lugubre et sinistre. Des percées de vue offireqt quelquefois l'azur du ciel dans toute sa beauté.
Lorsque le nuage orageux a déjà acquis quelque étendue, Ton voit de foibles éclairs qui ressemblent assez aux éclairs de thc^atre. Petit à petit ils deviennent plus énergiques et prennent le caractère de la foudre ep sinonnaQt l'air dans des dit^ctigns marquées^ Souv
556 fçpn çioàmiWiia BMnusrwf*
Ttnt cet foibles éclairt ne piM^oisseiit pas , peptrâtre ptr €0 qu'ils ise forcent décriera le nuage, et l'orage conii? mence quelqi\etfoi$ par un violent coup de foudre suivi de tonnerre. Une pluie abondante ne tarde pas à pa-f cditre et s'accroit iivec le reste de Forage qu'accom-» pagpent souvien]; des vents très forts, des ouragans Diêmet Enfin certains orages produisei^t la grèle; et ce ne sont pas ceux qui occupent le plus d'espace, mais plutôt ceux qt|i sont resserres, dont les nuages sont compactes et offrent beaucoup de teintes jaunes, et dont les foudres sont très énergiques. Âpres une décharge d'eaii plus ou moins copiei^se et des explosions électriques plus ou moins fréquentes et vigoureuses, le phénomène s*aifoiblit petit à petit et cesse enfin; 4e ciel ilevient serein, plutôt orné que chargé de quelques nuées, que le dernief vent qui a rrgné pendant l'orage, fait passer sur nos têtes. La nature entière est restaurée; Tair est rafFraichi; la terre crevassée auparavant par la sécheresse, est imbibée d*eau et se referme; les plantes raprenent leur vigueur, les feuilles se relèvent et les fleurs répandent leurs parfums en abondance; les animaux sont redeyenus gais et prestes, et l'homme, témoin et admirateur de ces effets imposants et salutaires, rend grâces à l'auteur de la Nature pour les bienfaits de Porage.
Le caractère le mieux prononcé de ce météore et le plus important pour le Physicien, est son origine, la formation rapide du nuage orageux au milieu d'un ciel tout ouvert, et après plusieurs fours clairs, chauds, pontinuellement éclairés des rayons solaires. D*où vient )'p4U qui forn^e ce nuage, celle qui en découle et in-.
cent QUAiAtèMB tt é'rà kvîH Bt. BBj
ttondé ta teotrée^ quantiti^ qui surpasse sourent de beanêotfp celle que la colonne d'aii* de toute la hauteur dé i^itmosphère fûsqu'aùx nues peut eontëùir? Voilà la preiliière question à éxàininer. La nuée orageuse^ iUQssaiit daiis UU certain point et s'accroissant par ell^ mêitte) il faut que sa cause soit absolument locale» Nous ayons vu se former les autres nuages en grandes musses d'abord légères ^ puis croitre et décroître lente* ment par TefiFet d'un abaissement de température au d'une inoindre production de gaz oxigène, et toujours accompagnés de vent« Mais ces deux causes ne sont pas applicables ici, où le météore nait dans uU seul point et au milieu d'un air calme i où il s'accroit areC tant de vitesse et offre tant de phénomènes brusques* C'est donc à la surface de la terre que nous devons en chercher la cause. Et quelle autre pourroit-on assig* ner hors un dégagement de gaz ou une exhalaison de substances capables de combiner le gaz oxigène avec une certaine rapidité? Il eiciste tant de ces exhaléisOllS opérées parla putréfaction et d'autres causesque nous ne connoissons pas encore^ mais qui se manifestent par des maladies locales, qu'il doit être permis de chercher dans ces substances la cause première de notre phéno« mène, d'autant plus que la grande chaleur qui précédé l'orage, favorise singulièrement ces exhalaisons, et que, selon le témoignage de De Luc^ l'air de la région des nuages n'offre aucun changement de température ou de sécheresse avant et pendant la formation de la nuée orageuse. Représentons nous l'air de cette région chargée d^eau tenue en solutiod jusqu'au maximum par le calorique et le gaz oxigène^ Il suffît d'un petit marais
558 CBMT QUiiTRlÂACB ÇMTRETIBN*
pr;esque destëché par l'ardeur du soleil ; il suffit peut* ip^ d'un oorps mort de bétail ou autre pour j porter pendant le calme de l'air des gaz qui s'emparent de l'o^zigène et précipitent par là l'eau qu'il tenoit en solu-^ tion. Ce double procès, la décomposition du gaz oxigène et la réduction de la vapeur^ produisent de Té-^ leetricité et voilà le premier éclair , peut-être invisible à cette distance. La mer elle même offre, surtout près des côtes et sur les bas fonds ^ assez de procès semblables«
Le Comte C. Je ne me souvieiis pas d'avoir lu ou entendu des marins parler d'orages qu'ils ont essuies en pleine mer, loin des continents et désistes, quoiqu'il soit assez souvent question de tempêtes.
Jktr, de P. Une explosion électrique décompose^ selon van Marum le gaz oxigène pur et réunit cette substance à l'eau. On sait de même qu'elle forme de l'acide nitreux par la réunion de l'oxigène à Tazote. Ces nouvelles destructions du gaz oxigène précipitent de nouveau la vapeur qu'il contenoit et augmentent la masse du nuage. Ce double procès reproduit denou^^ velles décharges électriques qui augmentent de force nvec le volume du nuage, et occasionnent de nouvelles décompositions. Ainsi ce grand phénomène a en soimême la source de son agrandissement. Les éclairs deviennent enCn des foudres; le gaz azote ^ privé du gaz oxigène et par là plus léger que l'air atmosphi« rique, s'élève plus haut, quittant le théâtre de ée grand procès et faisant place à d'autre air atmosphérique, qui apporte son oxigène et son eau sur ce
QBMT QUATRIÀmB SRTBCTIBK4 559
ÛtèâHre. Ainsi la pinie, qui tombe à Verse sur la cou* trëe coorerte par le nua^e orageux, n'est pas seulementf Tean qui étoit contenue dens la colonne d'air occupée par l'orage; mais celle que contenoit l'atmosphère yoi«* aine à peut-être yingt lieues à la ronde. Ajouter à ces phénomènes la remarque importante que la dilatation brusque^ causée par la disparation subite du gaz oxi-* gène et de la vapeur physique et chimique de l'eau^ doit causer un froid considérable qui décompose à son tour la vapeur vésiculaire. Et si vous vous ressouvenez de la grande quantité de chaleur causée par la corn* pression subite de l'air ^ vous concevrez qu'une dilata«< tion aussi subite doit produire un froid perçant; et ^a formation de la grèle , au milieu de Tété et pendant la plus grande chaleur du iour, ne vous sera plus une énigme. Les décompositions énormes de gaz oxigène et de va*» peur élastique^ de même que l'ascension du gaz azote^ produisent un vide considérable dans la région de l'orage, qui doit être remplacé par Pair des contrées voisines; de là ces vents, ces ouragans ^ dont la vitesse est proportionnée à la rapidité de ces décompositions chimiques, et qui ammènent à chaque instant denou«* trelles matières à décomposer et nourrissent pour ainsi dire ce procès gigantesque. Mais petit à petit l'air ar^ rive de contrées où il est moins imprégné d'eau et parconséquent moins propre à soutenir la durée de To* rage^ qui s'affoiblit et cesse enfin ^ faute d'aliment suE» fisanté
Si ^étincelle d'un tonducteut* électrisé se fait enten«> dre dans Une chambre^ on ne sera pas étonné que la foudre) étincelle qui peut avoir mille toises de longueur^
562 CENT QUÀTRIÂMB ENTRETIUIT.
son cause damiederpier quart de seconde sera celui que nous entendrons le plus tôt et le plus fortement^ c'est ce son fracassant et effrayant qui annonde ifn malheur. Celui •qui se forme plus loin de nous vient âpres, et vous concevez donc que, pour les dimensions adoptées^ le bruit d*un seul coup de foudre petit durer4à5secondes et doit diminuer de force de moment en moment. Et comme la foudre n'arrive presque jamais en ligne droite, mais en zig-zag, sa distance à différents points et à différents tems de sa course n'est pas la même que si elle arrivoit en ligne droite, et le bruit doit nous parvenir dans des intervalles inégaux marqués par une force inégale de ce bruit. Ce qui est conforme à l'observation.
Mr. de T. Et très clair pour moi.
Mr. de P. Je vais donc terminer notre entretien tur les météores aqueux par la description des trombes^ phénomène d'orage, au quel nous ne comprenons ab« tolument rien. C'est une nuée épaisse qui s'allonge en pointe vers la terre ^ formant comme une trompette^ dont la masse se tourne avec rapidité sur elle-même et produit par là un vide dans le quel Tair se précipite de Vn en haut. Lorsque la pointe atteint la mer ou toute iRBKre nappe liquide, l'eau monte dans cette espèce de |«ii«ipe centrifuge et se confond avec la trombe. Si sa la conduit sur la terre ferme, (car la trombe [Tent) alors elle arrache plantes, buissons ^ arde maisons et laisse comme trace un large aillon dans la terre. Tous ces objets, tour-^ «rac die, ne sont rendus à la terre qu'au a» mâtéore cesser II se forme quelquefois
CENT TROiSubiB ENTRETIEN. 5^3
plnsiaxts trombes eh même tems^ qui otit toutes léht cène dans là même nuée; Elles Gnissent par une abondante pime, une versée dont les gouttes sont beaucoup plus grosses que celles de là plus forte pluie d'orage. De-^ main nous parlerons des-mëtéores ignës;
Mr. de R. Vous ferei fort bien; cât* après nous avoir trempé dans les nuages, les brouillards, les pluies et les trombes, il est {uste que tous nous fassiez du feti pour nous sécher^
iaêrnÊmi
Cent cinquième entretien.
iVlr. de P. Les météores ignés ^sur les quels notre en* tretien d'aujourd'hui roulera, sont intéressants non seu-* lement par les singularités surprenantes qu'ils nous off* rent^ mais aussi par le nombre d'hypothèses encore plus singulières qu'ils ont fait naitre. Car le champ que nous parcourrons est un pays de fées , où tout se fait à l'improviste et par un mécanisa; e inconnu. Commençons par les étoiles volantes dont chacun de nous en a sûrement vu quelques unes. Jusqu'en 1798 on s'étoit peu soucié d'elles. C'est de cette année, où Benzenberg et Brandes les observèrent pendant des nuits enti^res^ que datent nos connoissances précises sur les étoilieiTolantes. Ces deux excellents Atronomes nous ont ^nris que, pendant mainte nuit, il a passé jusqu'à ^niK je ces météores par leur horizon, et cela dans ;uut;tt 1^ directions imaginables. Leur nombre n'est 4iuindars aussi considérable ; il varie très fort et «uOfiiM règle.
)|/â&.4k L. Comment aussi vouloir assujettir Tap* \xixt. ites Mot-follets à une règle quelconque? Jfr. ^iteA Pardon, madame. Veuillez ne pas
oonfondre les étoiles rolantes «yeo les feux^folletSii. Geox<pci sont des exhalaisons, apparemment de gaz hydrogène phosphore, qui s'enflamment dans notre voisinage, tandis que celles-là paroisseot et se meuvent, à des hauteurs énormes et avec une vitesse «encore phf$ incompréhensible. La moins élevée observée par les deux Astronomes n'étoit pas à moins d'un mille géographique au dessus d'eux, et la hauteur de la phis élevée a été calculée à 80 milles, et leur vitesse à 4? 5 ^t 6. milles par seconde. Leur grosseur ne peut être mesurée par ce que ces étoiles ne paroissent que congrue un point brillant et qu'on ne peut pas appliquer le télescope, leur arrivée n^étant annoncée par aucun indice. Au reste on peut supposer avec Benzenberg que, vu leur grande distance de nous , quelques unes peuvent avoir loo toises de diamètre et même davantage,
Mr. (le T. Comment mesure-t-»on ceo distances et oes vitesses? Je sais comment la Géométrie mesure des distances dont l'extrémité est un point fixe. Mais ces chevaliers errants , qui ne nous honorent que queU ques instans de leur présence, semblent se soustraire à tous nos instrumens.
Mr. de P. La seule méthode que l'on ait est un peu ennuieuse, un peu fatiguante, un peu longue à calculer et un peu incertaine.
Mr. de R. Toutes très mauvaises qualités.
Mr. de P. Vous allez en juger. Les deux obser* vateurs, qui se placent à une distance mesurée l'un de l'autre, se couchent par terre, le visage tourné vers le ciel et attendent patien.ment l'arrivée de ces hôti^t. Gela nest pas amusant. Us ont chacun une montre
iMlfonomique biexl r^Iée, ^u'iU observent dis qu'il paroit u|ie tffqile ▼ol$nte. A Tinstant où ils la vojen( ib f|oi^eat observer le point du ciel où elle let^' appi^ roit, point déterminé pi|r les étoiles fixes. Puis ils ap? pliqilént à ces données de lien et de tems un calcul compliqué qui fixe l'étoigaenfent de Tétoile à peu près^ L« chemin que fait l'étoile se trouve en observant également le lieu apparept de sa disparition ; ce qui fourptt l'angle yisuel de son coufs et parconséquent (si la distance à l'observateur est connue) la vraie longueur d«i chemin; et comme la montre a livré la durée de ce fdiemin , la vitesse se calcule sur ces deux données.
Les étoiles volantes ne sont pour notre qeil qu'pn point briUant. Mais plusieurs ont une queue qui ne pêroit que comme une ligne un peu moins lumineiise que l'étoile, queue qui tantpt adhère à son chef, tan? (jk se tient à une. distance respectueuse de lui.
Que pensez-vous, madame, de cette nouvelle peuplade dont je viens de vous faire faire la découve|:te ^tOS de si hautes régions de l'atmosphère?
Afde, de L, Que chaque coup-rd'oeii dans la Natare nous invite à nous prosterner devant son Créateur ^Mij-puissant. A présent que fe connois ces milliers, «Me ^rie? ces millions d'étoiles volantes, je sens ^tiiK si elles n'exis^oient pas, il manqueroit à l'aspect %iltaifrf ^ttHque chose qui Ht contraste avec la stabilité ti^p^titttrt^able des étoiles et Tordre immuable de leur
.!©*•. A^ ^* l^^ (^iobes de feu sont un phénomène :^:«fe«étt>SW^'^vft ^ précédent, quoique bien plus rare, JA t Vrtt^'tf**' ^»i<*Hy>es ignées d'une grandeur visible très
notable. I^es p}u$ grands pm an diamètre apparent égal ou ipême plus grand que celui dç Ja lune. Leur lumière est pli)S ou moins rougeâtre et quelquesfois éteincelante, ^eur course a lieu , ooipine celle des étoiles volantes, dans toute sorte de directions; elle est quelqi^efois horizontale, mais le plus souvent inclinée vers ]fi terre, Les uns terminent leur carrière piir une explosion accompagnée de vapeurs et de fumée, d'autres s'éteignent sans bruit. Quoique ces météores nous p^roissent si grands ; leur distance à nous n'est pas petite^ I^e globe de feu observé à Paris en 1771 fut vu d'abord à une hauteur de plus de 40000 toises, éclata à environ aoooo (oises et son diamètre fut évalué à 3000 pieds, D*autres arrivent jusques è la terre, y causent maints dégâts et laissent après eux une odeur de soufre. Les uns ont une vitesse comparable à celle des étoiles tombantes, d'autres une bien moindre. Lorsqu'ils traversent un nuage épais ils y causent des changemens marquants. Leur marche s'annonce quelquesfois par un bruit qui ressemble assez aux éclats et au roulement du tonnerre, bruit que nous pouvons attribuer avec vraisemblance à des explosions partielles, d'autaptplua qu'on voit -quelquefois sortir du globe des jets de lumière et même de petits globes de feu avant l'explosion gui met fin au phénomène.
Mde, deL. Vous avez bien raison de dire que les hautes régions de l'atmosphère sont un pays de fées, tant ce que vous nous racontez est surprenant. Mais pe trouve -t- on pas de vestiges de ces globes de feu après qu'ils ont disparu ?
Mr. de P. Les uns, madame, disparoissent sans
568 OnVT OQfQUliuB bmtrbtibv»
bruit y s'ëteîgoeqt t^os Iais$er d'autres traces de leur ap« paritioD f^u'im peu de fumée et l'odeur de soufre. Mais d'autres oous rëjBfaleqt d'une grèle de pierres brâlantes, Il qui on a donné le nom d^Aérolyteê^ que nous voulons traduire p|ir le mot: pierres tombées du h^ut de l'air, afin de ne mêler auouoe hypothèse à leur noqn.
Le^ Comte C^ Je suis charmé que nous arrivions à oes pierres mystérieuses doqt on a tant parlé i raisonné f3t y je crois , déraisonnée,
Mr. de P. Les Anciens oonnoissoient déjà ces pierres et les nommoient Baetylies; les Chroniques du moyen /Ige en font également njention. Les fables dont nos pères brodoîent leur apparition, a voient fait croire que leur apparition même n*t^toit qu'une fable. Mais dans ces derniers tems nous avons déjà rassemblé près de cent faits bien attestés, qui prouvent qu'en effet il tombe des pierres du ciel, et qu'elles arrivent la plupart en forme de globes de feu qui éclatent tantôt d'un seul coup, tantôt à plusieurs reprises. Chiadni, si justement célèbre par ses travaux acoustiques, a mis un zèle aussi infatiguable qu'éclairé à rassembler tous les faits anciens et modernes qui ont rapport à ce phénomène si remarquable, et est de tous les Physiciens celui qui a raisonné le plus sagement sur leur origiqe.
Parmi ce grand nombre de faits il en est quelques uns que je ne dois pas passer sous silence. Telle est la grèle de pierres tombées en PVance, près d'Aigle dans le département de l'Orne, le 26 avril 18 13, que le rapport aussi exact qu'intéressant de Biot a rendue célèbre. D'après ce rapport il doit ctre tombé 2000 à 3000 pierres (dont la plus grosse de celles qu'on a trouvées pe-
CENT CINQUiiMB WrTRS^ttE». fi^g
ioit 17I livret) et cela sur un terrain de figure ovale de Hf lieues de longueur et d'une lieue de largeur. Le globe àfi feu gui a livré cet pierres a été vu , à une heure après midi, de Caen, de Pont-Âudemer, d*A«> lençon, de Falaise et de Verneuil. L'explosion • que Fon entendit à 30 Heues a la ronde de la ville d'Aigle, dura 5^6 minutes ^ oommençi par trois à quatre ooupt semblables à des coups de canon et se termina par un roulement comme celui d'une fusillade entremêlée du bruit violent de tambour. L'air étoit clair et serein.
Mr. de T. Votre explication du tonnerre doit, fe pense, s'appliquer ici. Les coups de canon sont le dernier éclat « et le roulement, qui nous paroit les avoir suivis, les a réellement précédés,
Afr. de P. Je n'en doute pas. L'AéroIyte deWeston (14 Décembre 1807) s'annonça de la même manière: Un globe de feu vu des villes Weston, Wenham etRutland, à5o, a3 et 60 lieues de distance Tune de l'autre et une détonnation semblable à celle du météore d'Aigle, furent les a vaut «> coureurs d'une grèle de pierres dont la plus grosse pesoit 225 livres et plusieurs autres de 13 à 35 livres. On a calculé sa hauteur à 15362 toises, sa vitesse à j5ooo pieds par seconde et son diamètre à au moins 490 pieds.
L'aérolyte qui tomba le3o Juin i83o le soir entre cinq et six heures à Lixna, terre du district deDîinabourgsur les frontières de la Gourlande, s'annonça comme les précédents, avec cette différence que le globe de feu avoit une queue de comète dont quelques parties se dé« f9chèrent, suivant le globe plus lentement. Au bruit de la détonnation se joignit le fracas que les pierres oau*
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ftèrent en tombant en partie dana une forêt* l^e plua gros morceau qu'oi) en a ramasse pesoit 40 livres.
I^es 4^roIy tes sont iotérieuremept de coulenr gris d^.cendre, ont à Texiérieur une mince croûte I^rune et ridée, que Ton peut donner à la masse de Tintéfieur en l'exposant à la flamme de la lampe d'émailleur* A leur arrivée â terre ils sont d'une chaleur brûlante; leursur^ face inférieure est applatie, et leur choc contre terre produit de petits effets qui ne semblent pas proportionnés à la hauteur énorme de la chute. Ils contiennenti oi|tre différentes terres, des oxides métalliques qui leur donnent une pesanteur spécifique considérable. Celui de Liji^na contient du deutoxide de fer pplarisant. Pour yous donner une idée de la composition chimique de ces pierres si dignes de notre attention, je vais avoir rhonneur de vous lire les analyses, des trois aérolytea que je viens de décrire. La première est de VauqueUn, la troisième de Grothuls, la seconde d'un Chimiste doiit je n*ai pas trouvé le nom.
Aigle, TFcêtQn^ Lixncf.
Silice ••••••• 4^0 . •
Alumine . • , Magnésie . . .
Deutoxide de fer Nikei . . . .
gaufre ....,.• 3ulfure de fer et de INikel
Chrome
Acide ch roniique . • .
Pxide de manganès^e • • Chaux ...••••
iOO
iGo , «
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