LIVRE NEUVIÈME
par la guerre à une seule loi et à un seul gouvernement, l'effort violent qui les sépara et la chute de l'empire qui les avait unis. Guizot voyait la princi- 'e raison de ce mémorable événement dans i'imsibilité de maintenir un aussi vaste gouvernement ne époque où les idées générales étaient le prîige d'un très petit nombre d'esprits, et sur une adue aussi considérable de pays où les longues imunications étaient rares et difriciles. Nos anis historiens attribuaient simplement, après la rt du grand homme, à une succession de princes apables ou faibles et aux invasions des Nordmans, chute de cet empire qu'une suite étonnante ommes énergiques et habiles avait élevé, L'hisien allemand Diimmler, en étudiant avec soin is leurs sources les détails des événements, a mis d'en mieux juger.
combien d'empires, fondés sur la soumission même l'oppression de races différentes, comme l'empire Gharlemagne, ont duré plus longtemps que luil mpire romain, pour ne citer que celui-là, était Lucoup plus vaste et composé de nations plus érogènes, quoique bientôt plus civilisées; les comnicalions n'y étaient point d'abord plus faciles; me dut tracer elle-même ses magnifiques voies à vers les pays qu'elle avait d'abord conquis sans }s. Sous Gharlemagne, les restes de ces routes staient encoi-e, facilement réparables, à travers la ule, l'Italie, même le midi de l'Allemagne; et s'ils firent pour opérer la conquête, qui fui si longue, si lible, on ne s'explique point qu'ils aient failli à son
CHUTS DB LEUPiaB DE CUARLEUAGNC 3
maiDlien et à sa durée, Oq a bientAt dit qu'il est plus diriicile de conserver que d'acquérir. Enfin, il est bien des ËLats où des princes faibles, incapables, ont continué à régner en maîtres sur l'héritage, même en péril, que leurs glorieux ancêtres leur avaient laissé.
Il est d'ailleurs un fait que ces raisons n'expliquent point assez. Ce ne sont point des gouvernements moins vastes ni des nations véritables, soit anciennes soit nouvelles, déterminés par la configuration géographique du continent européen ou par le langage, qoi s'élèvent d'abord sur les ruines de ce grand gouvernement. L'unité carolingienne aboutit au morcellement le plus infini de la souveraineté. Ni la Gaole qui , avant Cbarlemagne , formait déjà un État, ni l'Italie presque tout entière soumise aux Lombards ou au pape, ne retrouveront de longtemps l'unité qu'elles perdent avec l'empire. L'Allemagne, au contraire, qui ne l'avait jamais connue qu'avec lui, est peut-être celle qui la conserve d'abord le plus. La féodalité est la vraie héritière de l'empire carolingien.
On ne saurait s'expliquer pourquoi un établissement politique, d'abord florissant, tombe, sans s'efforcer de rechercher si les causes qui ont favorisé son élévation ne manquent pas à sa conservation et à son maintien; il n'y a, dans les conséquences des événements, que ce qui est dans-leurs prémisses; et, à y bien regarder, rien n'est logique, au moins dans son dessein général, comme l'histoire.
L'établissement de l'empire de Charlemagne avait