‹ Entretiens sur lh̕istoire du moyen âgeChapitre 96 sur 174 · Caractère d*Otton /*'. — Révolte de ses frères · texte numérisé non relu

Caractère d*Otton /*'. — Révolte de ses frères

— Politique personnelle. — La royauté germanique.

— Otton P' avait été recommandé par son père aux ducs et évéques allemands. La solennité inusitée qu'il donne à son avènement prouve les progrès que la royauté avait faits déjà sous Henri P'. C'est à Aixla-Chapelle qu'il veut être couronné ; et la consécration de l'Église, que son père avait refusée, il veut l'avoir. Tous les grands de l'empire avaient été convoqués à Aix-la-Chapelle. Il y en avait un assez grand nombre. Le 8 août, dans la salle attenante à la chapelle Sainte-Marie, ils proclamèrent Otton roi des Francs. C'était là encore le titre officiel de la royauté. L'archevêque de Mayence présenta à toute l'assistance, dans la basilique impériale, « Otton, proposé par son père, choisi de Dieu et fait roi par les princes », formule qui contenait les droits de la famille à l'hérédité, ceux de l'Église à la confirmation, et ceux des princes même à l'élection ; puis il ceignit Otton de l'épée et du baudrier, couvrit ses épaules

du manteaa royal, lui mit le sceptre dans la main, Toignit de la sainte huile et enfin lui posa la couronne sur la tête.

Otton I*' avait Torgueil du commandement, et son peuple même ne l'y encourageait que trop. Après la mort du duc de Bavière, Amulf le Mauvais, usant d'un droit qu'il croit lui appartenir, il somme les trois fils du défunt de comparaître devant lui pour qu'il choisisse le duc de Bavière. C'était là une grande hardiesse. Le duché de Bavière était l'un des plus grands comme des plus anciens États de l'Allemagne. L'aîné des fils d' Amulf le Mauvais, soutenu par les siens, prend la couronne ducale. Otton, avec ses Saxons (938), franchit le Main, le Danube, bat le fils aîné d'Arnulf, qui disparaît complètement, et nomme duc de Bavière l'oncle du vaincu, le margrave de Souabe Berthold.

Était-ce donc un vrai maître de l'Allemagne qu'on allait avoir? Le duc de Franconie, Eberhard, frère du roi Conrad I®% dont la sagesse avait favorisé l'avènement de Henri !««•, jaloux des Saxons, que le roi Otton « poussait dans tous les honneurs et toutes les dignités », commence à se lier, sous main, avec un frère bâtard d'Otton, Tankmar, avec le duc de Lorraine, Giselbert, et avec un frère légitime dOtton du nom de Henri. Le bouillant Tankmar éclate le premier et, tandis que le jeune Henri va rejoindre Eberhard sur le Rhin, s'empare de la vieille forteresse d'Ehresbourg et s'y fortifie avec les siens. Otton arrive avec les Saxons et force les portes de la ville à coups de hache. Tankmar, poussé l'épée dans les

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