‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 14 sur 75 · L'ASSISTANCE · texte numérisé non relu

L'ASSISTANCE

AVEC sa beauté rose et sombre, Sa bonté claire et son amour, Dans sa petite chambre d'ombre Elle repose, et c'est le jour.

La Beauté rêve dans ses ailes, Et c'est comme une étrange sœur ; Elle est faite de choses frêles, Et dans sa main porte une fleur.

La Bonté, sa compagne, dort Stir sa poitrine virginale ; Dans sa main, sous ses boucles d'or, Elle porte une perle pâle.

Mais son amour veille et sourit.

En Tombre où sommeillait son âme, Celui-ci vint et la surprit.

Et son amour porte une flamme.

SORTILEGE

NUL de nous ne prend garde A celles dont l'étrange chant, Si simplement, on dirait par mégarde Et comme en se jouant.

Tisse autour de nous, dans le crépuscule, Comme un voile d'enchantement; Un voile de songes pâles et roses.

Qui semble du feu dans l'air dissous, Qui s'étend et s'interpose Peu à peu entre le monde et nous,

Un voile aux subtils entrelacs

De rosacées et de campanules,

Un voile dont nous ne sortirons pas.

Nul de nous ne prend garde

A celles qui, mystérieusement,

Un étrange sourire aux lèvres,

Alors que nos âmes s'attardent

A de vaines chansons d'enfants.

Tracent autour de nous, comme en rêve,

Et comme en se jouant,

Des cercles de petits pas enchantés.

Toujours plus étroits et plus rapprochés,

Qui nous ferment, peu à peu, à la ronde.

Tout le vaste horizon du monde,

Des cercles dont nous ne sortirons pas.

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