‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 15 sur 75 · LE MIROIR · texte numérisé non relu

LE MIROIR

JE suis une image dans l'ombre, Un lieu vaguement ébloui ; Au sein des profondes ténèbres Une diffuse clarté qui luit.

C'est pourquoi mon âme est sombre, Comme les fleuves de l'Érèbe Et les sources de la nuit ; C'est pourquoi je réfléchis Le ciel d'azur et la lumière, Tout ce qui passe, tout ce qui change

C'est pourquoi les douces fleurs de la terre,

Et le clair visage des anges,

Se mirent en moi.

Je repose entre deux petites mains

Qui sont ici dessous ouvertes.

Et que tes yeux ne peuvent voir ;

Car toute offrande aux dieux offerte

L'est humblement ou l'est en vain.

Mais si tu veux qu'en ce miroir

La terre s'efface et la lumière,

Et le bleu mirage des choses,

Il suffit d'une haleine rose,

De deux lèvres ici près,

Et mon songe est effacé.

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