‹ Entrevisions, suivi de Poèmes posthumesChapitre 25 sur 75 · LA CHANSON FUTURE · texte numérisé non relu

LA CHANSON FUTURE

POURSUIS, Shéhérazade, ton beau conte :

Déjà les oiseaux chantent, voici le matin, Voici le jour que nous appelions demain.

Des roses s'éveillent dans l'aurore.

Songe pour vivre un jour encore.

Moi je vis pour tes beaux songes.

Non, mon âme n'a point changé,

Non, ce n'est pas une nouvelle heure,

C'est la même qui se prolonge

Dans le même matin d'été.

Que m'importent les jours qui furent î

Ils sont comme s'ils n'avaient pas été.

Toutes choses sont futures,

Cette heure est toute l'éternité.

Vois, au bout des mêmes branches

S'ouvrent encore les mêmes fleurs,

Et c'est le même ciel qui se penche

Sur nos têtes et sur nos cœurs.

Parle, ô songeuse, les paroles

Sur tes lèvres suaves volent

Comme les ailes du Désir.

En elles c'est toujours l'avenir.

Chante, ta voix de légende est pleine

D'êtres radieux qui viennent

Du haut des deux, et qui descendent.

Effleurent la terre, et puis remontent...

Poursuis, Shéhérazade, ton beau conte.

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