L'AUBE ROUGE
JAMAIS tes seins n'ont palpité Au feu des mortelles étreintes, Et tu trônes, les tempes ceintes Des astres de ta pureté.
Mais comme d'angéliques saintes En leur calme naïveté Que troublent la lascivité Et les haleines des jacinthes,
Dans l'inquiétude et l'émoi,
Ta chair, prise d'un vague effroi,
Toute pâle et toute éblouie,
Vêt les chaudes exhalaisons Et les luxurieux poisons D'une fleur sombre épanouie.
PARNASSE DE LA JEUNE BELGIQUE, MDCCCLXXXVII