L'ANNONCIATRICE
A Albert Mockel.
EN cette nuit mobile et sombre Sourde aux parfums silencieux, Au fond du songe de mes yeux S'est répandue une enfant d'ombre ;
Son corps paré pour le matin Des blancheurs de son âme entière, A mes lèvres fit la lumière De ses murmures de satin.
Or cette enfant, fleur rayonnée, En mes yeux où son âme dort, Dans l'ombre s'est illuminée Du réveil d'une chambre d'or.