MARTHE
TANDIS qu'en notre humble présence I-es immortels viennent s'asseoir, C'est elle qui, douce, en silence, Met la nappe blanche du soir.
D'un chant de tremblante allégresse, J'accueille ses hôtes divins ; Elle, la paix et la sagesse.
Apporte les fruits et le vin.
Quand vient l'heure obscure qui couvre Nos songes d'un voile jaloux, Elle, de ses mains claires, ouvre La lumière au milieu de nous.
Mais une autre lumière encore Naît du beau geste de ses bras.
Un rayonnement qu'elle ignore, Des ailes qu'elle ne voit pas.
VIE NOUVELLE, MCM.
BELLE faucheuse, la nuit passe Dans les champs du ciel, lentement.
Elle va, distraite et songeuse.
La lune est sa faucille d'argent, Sa moisson blonde sont les étoiles.
Mais la faucheuse marche dans l'ombre ; Seule, là-haut, sa claire faucille Se voit qui court, éclate et brille,
Dans les champs.
Et de longs épis d'or tombent Sur la terre, de temps en temps.
VIE NOUVELLE, MCM,