CETTE NOUVELLE ÉDITION
LA présente édition reproduit fidèlement le texte d'ENTREVisiONS tel qu'il fut établi par l'auteur. Charles van Lerberghe avait exprimé l'intention de remplacer la pièce liminaire du livre :
Que te dirai'je à Toi, qui viens de l'inconnu,
par l'épigramme funéraire intitulée Offrande (p. 195), Il songeait aussi, parfois, à supprimer Annonciation (p. 76), poème qu'il jugeait d'un ton étranger au reste de l'œuvre.
On n'a point cru devoir réaliser ici ces deux corrections. Comme il le dit lui-même, Charles van Lerberghe avait « le caractère chancelant ». S'il avait survécu,
rien ne prouve qu'il eût persisté dans un double projet que nous avons tenu, du moins, à faire connaître. Un scrupule identique nous interdit encore de rendre à la petite pièce. Dans la Pénombre (p. 24) le titre charmant qu'elle avait reçu d'abord et que l'auteur voulait lui restituer : Les Lys qui filent.
En revanche il était logique, et sans doute nécessaire dans une édition posthume, de recueillir les vers que, sans en grossir son premier livre, le poète avait donnés à des revues et signés de son nom, — car il en est d'autres encore sous divers pseudonymes. De toutes ces pièces, Charles van Lerberghe avait d'ailleurs lui-même vérifié et complété la liste, dressée par nous en 1904. On y a joint les vers publiés par le poète après Entrevisions, ou retrouvés après sa mort (1907). Il n'a été fait d'exception que pour les fragments insérés dans un Journal encore inédit, pour les pages appartenant au cycle de La Chanson d'Eve, et pour un long poème de jeunesse, Solyane {Parnasse de la Jeune Belgique, Bruxelles 1887), que nous n'étions pas autorisés à réimprimer.
Sous le titre : Le Jardin clos, M. Gabriel Fauré a formé un recueil de mélodies, dont les vers sont empruntés aux trois parties des Entrevisions de Charles van Lerberghe.