‹ Entrevue de Napoléon ier et de GoetheChapitre 5 sur 9 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

'^ Wje premier.

Lever chez l'empereur Napoléon.

Hôtel du gouverneur, escalier, antichambre, appartement.

Du bruit et du mouvement partout.

Local bien connu , et nouveau personnel.

Mélange.

Vieilles et nouvelles connaissances.

Poëte comme prophète.

Je suis excité par une saillie.

Le prince de Dessau reste à l'audience.

Man versammell sïch im Geleitshause" bei liem herzog von Weimar.

Der fùrBl kommt zurûck und erzashlt eine scène miscben dem Kaiser und Talma.

kh spei3te bei dem minisler Champagny.

Mein lischnachbap war Boiirgoing, franiœsischer gesandte m Dresden.

Marchai! Lannes uod minisler Maret moclilen giinslig von mir gesprochen haben.

Ereterer kannte mich seit 1806.

Ich werde um eiif uhr voniiittags zii dem Kaiser gerufen.

Ein dicker kamraerherr, Pôle, Vundigle mir an la venveilen.

Die mengeentferate sich.

Prœsentation an Savary und Talleyrand,

' Gelelts-IIâlel.

On se réunit au Geleitshaus S chez le duc de Weimar.

Le prince revient et raconte une scène entre l'Empereur et Talma.

Je dîne chez le ministre Cbampagny.

J'ai pour voisin de table Bourgoing , l'ambassadeur français à Dresde.

!«• deux.

Le maréchal Lannes et le ministre Maret pouvaient avoir parlé de moi favorablement à l'Empereur.

Le premier me connaissait depuis 1806 (d).

Je suis appelé vers onze heures du matin chez l'Empereur.

Un gros chambellan polonais me dit d'attendre.

La foule s'écoule.

Présentation à Savary et à Talleyrand.

I Hôtel du Péage.

Ich werde in das cabinet des Kaisers gerufen. Im deniselben augenblick meldet slch Daru , welcher sogleich eingelassen wird.

Ich zaudere desshalb.

Werde nochmals gerufen.

Trete ein .

Der Kaiser sitzt ao einem grossen ruoden tische fruhstûckend ; zii seiner rechteti steht etwas entfornt vom tische TalleyraDd, zu seiner linken zierolich nah Daru, mil dem er sich uber dio contributions-angelegenhoiten nntertiselt.

Der Kaiser winkt mirheranzukommen.

Ich bleibe ia schicklicher eatferouag vor ihm

stehon .

Nachdem er micb aufmerksam augeblickt , sagt pr :

Ich verbeuge mich,

iS

Je suis appelé dans le cabinet de l'Empereur.

Au même instant Daru se présente et est aussitôt introduit.

J'hésite donc si je dois entrer.

Je suis appelé de nouveau.

J'entre.

L'Empereur déjeûne , assis à une grande table ronde ; à sa droite et à quelques pas de la table , Talleyrand se tient debout, à sa gauche et tout près de lui , Daru , avec lequel il s'entretient sur les contributions à lever.

L'Empereur me fait signe d'approcher.

Je reste debout devant lui à une distance convenable.

Après m'avoir regardé avec attention il me dit :

« Vous êtes un homme (e).

Je m'incline.

Er fragt :

. — Wiealtseydihrï

■ — Sechzig jshr.

. — llir hatteuch giit erhalteii.

■ — Ihr habt trauerspiele gesclirieben? .

Ich antwortete. das nolhweodigsle.

Hier iiahm Darudaswort, der, uni den Deiitschen, denen erso webe thuu musste, eoigermassen zu schmcicbeln , von deutscber literatur notiz genommen; wie er denn auch ia der lateinischen wolilbe>yandert iind selbst herausgeber des Horaz war.

Er sprach von mir wie etwa meine gœnner in Berich daran ihre denkweise undihregesinnung.

Er fiigte sodann hinzu dass ich auch aus dem rraniwsischen iibefsetzt habe, und zwar Koifair^'s Mahomet.

Il m'interroge :

« — Quel âge avez- vous?

« — Soixante ans.

« — Vous êtes bien conservé.

« — Vous avez écrit des tragédies? »

Je réponds ce qui est indispensable.

Ici Daru prend la parole. Pour flatter les Allemands et adoucir jusqu'à un certain point le mal qu'il était forcé de leur faire, il avait un peu étudié leur littérature; Daru connaissait très-bien la littérature latine , il avait même donné une édition A' Horace.

Il parle de moi comme les critiques les plus favorables de Berlin auraient pu le faire , du moins je reconnaissais dans ses paroles leurs idées et leur manière de penser.

Il ajouta que j'avais traduit des ouvrages français, , et notamment le Mahomet de Voltaire,

Der Kaiser versetzte :

« Es ist keingutesstiick. »

Und legtesehrumstaendlich auseinander wie unschicklich es sey , dass der weltuberwinder von sich selbst eine so ungùastige schilderung mâche.

Erwandtesodann dasgespraechauf den Werther, den er durch und durch mochte studirt haben.

Nach verschiedenen ganz richtigen bemerkungen bezeichnete er eine gewisse stelle und sagte :

« Warum habt ihr das gethan? es ist nicht naturgemaess. »

Welches er weitlaeufig und vollkommen richtig auseinander setzte.

Ich hœrte ihm mit heiterem gesichte zu und antwortete mit einem vergnûgten laecheln :

« Ich weiss nicht ob mir irgend jemand densel- « ben Yorwurf schon gemacht habe ; aber ich « finde ihn ganz richtig und gestehe dass an « dieser stelle etwasunwahresnachzuweisen sey. »

L'Empereur répliqua :

« Ce n'est pas une bonne pièce, p

Et il exposa d'une manière très-circonstanciée combien peu il convenait au vainqueur du monde de faire de lui un portrait si peu favorable (f).

Il tourna alors la conversation sur Werther, qu'il devait avoir étudié d'un bout à l'autre. Après différentes remarques , toutes très-justes , il indiqua un passage et me dit :

« Pourquoi avez-vous fait cela? c'est contre nature. »

Et il développa cette opinion avec une grande lucidité en entrant dans beaucoup de détails.

Je l'écoutai avec sérénité et lui répondis en souriant d'un air satisfait :

« Je ne sais pas si l'on m'avait déjà adressé ce « reproche : je le trouve parfaitement juste, et « j'avoue que dans ce passage il y a quelque chose « de contraire à la vérité. »

Alleiii , selzte icli hiniu :

" Es wxre dem dichter vielleichl zu ver- " zeiben, wenn er sich eines nicht leîchl zu • entdcckenden kunsfgriffs bodiene um gewîsso " wirkungen hervorzubrîngen , die er auf einein " piBfHchennaturlichenwege nicht hsîtteerreichen > kœiinen. -

Der Kaiser sehien damit zufriedeii , kchrte zura drama zurucV und machte sehr bedeulende bemerkungen, wieeinerderdiii tragische biihne mit der grœssten aurmerksamkeit gleich eioem Criminalrichler betrachtel, unddabeidasabweichendes fi'anz<Ësischen Iheaters von natiir und wahrheit st'brliefempfunden halle.

So kaiij er auch auf die schicksalssliicke mit inissbiiligung :

« Sie gebœren einer dunklen zeil an. Was ■ will mail jelzt mit dem schicksal? Die politik « ist das schicksal ! "

Er wandte sich sodann wiedcr zu Daru und

Et j'ajoutai à ces paroles:

« On devrait peut-être avoir quelque indulgence « pour le poëte qui se sert d'un artifice habile « pour produire certains effets qu'il eût atteints « difficilement par un chemin plus simple et plus « naturel. »

L'Empereur parut satisfait et revint au drame ; il fit des observations d'une haute portée comme un homme qui avait étudié la scène tragique avec Tattention i'unjiige criminel, et qui avait vivement senti que le défaut du théâtre français est de s'éloigner de la nature et de la vérité.

En développant ce thème , il désapprouva les drames où la fatalité joue un grand rôle:

« Ces pièces appartiennent à une époque « obscure. Au reste, que veulent-ils dire avec « leur fatalité? La politique est la fatalité (g). »

Il se retourna alors de nouveau vers Daru et lui

sprach mit ihm iiber die grossen contributionsangelegenheiten ; ich trat etwas zuriick und kam gerade au den erker ^ zu stehn , in welchem ich vor mehr als dreissig jahre zwischen mancher frohen auch manche triibe stunde verlebt, und batte zeit zu bemerken, dass rechts von roir nach der eingangsthiir zu, Berthier, Savary und sonst noch jemand stand. Talleyrand hatte sich entfernt.

Marschall Soult ward gemeldet.

Dièse grosse grstalt mitstark behaartem haupte trat herein , der Kaiser fragte scherzend iiber einige unangenehme ereignisse in Polen.

Ich hatte zeit mich im zimmer umzusehn und der vergangenheit zu gedenken.

Auch hier waren es noch die alten tapeton.

Aber die portraite an den waenden waren verschwunden.

Hier hatte das bild der herzogin AmaHa gehangen, im redouten-anzug, eine schwarze maske in

Erker-cabinet.

parla de la grande affaire des contributions; je m'écartai un peu et j'allai me placer juste près d'un cabinets dans lequel j'avais trente ans auparavant passé plus d'une heure de tristesse et de gaieté; j'avais le temps de remarquer qu'à ma droite, du côté de la porte d'entrée, se tenaient Berthier, Savary et encore un autre personnage. Talleyrand s'était éloigné.

On annonce le maréchal Soult.

Le maréchal avec sa haute stature et sa chevelure luxuriante entra. L'Empereur lui demanda en plaisantant quelques renseignements sur des événements fâcheux qui s'étaient passés en Pologne.

Dans cet intervalle, je pouvais examiner l'appartement et réfléchir sur le passé.

On y remarquait encore les anciennes tapisseries.

Les portraits autrefois suspendus aux murs avaient disparu.

On y voyait le portrait de la duchesse Amélie en costume de bal masqué , le masque noir à la main ;

^ Gabioel eu saiiUe.

lier band , die iibrigefi Bildiiisse von sbtlhaltern uiid familiengliedorn aile.

Der Kaiser stand auf, ging auf mich los und âohnilL micb durch eine art manœuvre von den ûbrigen Giiedeni der reihc ab in der ich stand.

Indem er jeneo den riicken zukeîirte und mit gemasssigter stinime zu mir aprach, fragte er: ob ich verheirathetsey, kinder habe? und wass sonst persœnliches zu înterressiren pflegt.

Eben so auch uber meine verhaaltnisBC, zu dem fûrstlichen hanse, nach herîogin Amalia, deni fureten, der fùrsdn und sonst; ich aiitwortelc ihm auf eine natiirlicho weise,

Er schien zufrieden und iiberseUte sich's in seine sprache , nur auf eine etwas entschiedenere arlals ich mich batte ausdrucken kœnnen.

Dahei muss ich ûberhaupt bcmerkcfl das5 ich im ganzen gespnecli die mannichfaltigkeit seiner l>eifallsaîusserung zu bewundern batte : denn sellen hœrto er unbeweglioh zu , entweder er nickte aachdenklich mil dem kopfe oder sagle : - Oui .' . oder < C'est bien ! . oder dergl.

les portraits des gouverneurs, ainsi que ceux de tous les membres de la famille ducale.

L'Empereur se leva, se dirigea vers moi , et, par une sorte de manœuvre, me sépara des autres personnes au rang desquelles je me trouvais.

En leur tournant le dos il s'adressa à moi , et me demanda à demi-voix : si j'avais des enfants , si j*étais marié, et autres choses de même nature qui pouvaient m'intéresser personnellement.

Il me parla aussi de mes relations avec la maison princière , la duchesse Amélie , le prince et la princesse, etc.; je lui répondis d'un ton tout naturel.

Il parut satisfait , et traduisit mes paroles dans sa langue , mais avec un peu plus de précision et de netteté que je ne l'aurais fait moi-même.

Je dois faire remarquer ici que j'avais pu admirer, dans le cours de la conversation, la manière variée dont il exprimait son approbation ; rarement il écoutait en restant immobile : il secouait la tête d'un air pensif, ou il disait: « Oui! » ou « C'est bien! » ou autres choses.

Auch darf ich nicht vergessen zu bemerken , dasa weDD er ausgeprochen halte, er gewœhnlich hiDzuriigte :

. Quen dit M' Gat? ■•

Und so nahm ich gelegenheit bei dem kammer- IieiTD durch eine gebserde anzufragen ob ich mich beurlauben kœnne? die er bejahead crwiederte, und ich dann ohne weiteres meinen abschied nahm.

Dca drlKln.

Mancherlei berediing wegen einer in Weimar zu gebendenvorelellung. Abends Œdipe.

(•tni.Ji.|

Je ne dois pas oublier non plus de rappeler qu'après avoir parlé il ajoutait ordinairement :

a Qu*en dit M, Gœt? »

Je cherchai une occasion de demander au chambellan , par un geste , si je pouvais me retirer ; recevant de lui une réponse affirmative, je pris congé sans plus de cérémonie (h).

I«e <rola*

Divers pourparlers au sujet d'une représentation à donner au théâtre de Weimar. Le soir, Œdipe.

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