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Je ne reparlerai pas ici des Pallas, des Adams, des Scovitz, des Ménétriés, des Motschoulsky et des Kolenati qui ont visité le Caucase avant moi. On pourra consulter à ce sujet l’intéressant fascicule du Dr. Kolenati sous le titre de »Meletemata entomologica, Petropoli 1845« pag. 5 et seq. Qu'il me suffise de dire que je n’ai suivi les traces d'aucun de mes prédécesseurs, et que la plupart des localités que j'ai explorées, ne l’avaient pas encore été. Aucun entomologiste n’avait pénétré dans les montagnes de l'Imérétie, de l'Ossétie occidentale, et quoique Mr. de Motschoulsky ait été aux eaux d'Abbastuman, il ne paraît pas qu’il ait gravi les montagnes voisines, où j'ai trouvé tant de
choses nouvelles.
Dans la faune du Caucase et des provinces transcaucasiennes, il faut bien distinguer la faune alpine de celle de la plaine, qui a un aspect tout différent. Nous nous oceuperons d’abord de la première pour la famille des Carabiques. ne
En comparant les espèces que j'ai trouvées en Imérélie, avec celles qui proviennent des environs de la montagne de la croix (Krestowaïa Gora), nous remarquons, non sans quelque étonnement, que la minime partie seulement est commune aux deux localités, et que presque toutes sont différentes. On observera la même chose en comparant mes récoltes d'Abbastouman avec les deux précédentes. Les espèces que M. Ménétriés a rapportées de l'Elbrouz, du versant septentrional et oriental de la chaîne du Caucase, sont encore différentes; et l’on peut en dire autant de celles du sud-est de la chaîne du Caucase, qui a été visitée par M. de Motschoulsky. Quoique peu connues, les montagnes du Ghilan qui couvrent une partie du Khanat de Talyche, ont une faune bien différente de celle du Caucase. L’Ararat est dans le même cas, mais on remarque cependant une tendance à se fondre avec la faune des montagnes d'Alaguéz et de Dilijan, dans le nord de la province d'Arménie, dont M. de Motschoulsky nous à fait connaître quelques espèces. Je ne sais pas exactement sur quelles montagnes M, Scovitz a trouvé
ne
les espèces alpines décrites par Faldermann, et dont j'ai retrouvé plusieurs près d'Abbastouman ; mais comme Scovitz est mort à Koutaïs, en venant d'Osourghéti dans la Gouriel, je présume que, de même que M. le professeur Nordmann et le jardinier Wittmann, il aura visité la partie de la chaîne du Taurus la plus rapprochée de ce point, et qui n’est pas éloignée des montagnes que j'ai explorées. On voit par là combien il reste encore à faire pour arriver à une connaissance parfaite de la faune de toutes ces diverses montagnes. Puisse le Dr. Kolenati, qui s'y est rendu pour la seconde fois en qualité de fonctionnaire attaché à la personne de $. E. le Prince Worontzow , rendre cet immense service à la science :
Etablissons maintenant un parallèle entre la faune de ces montagnes, et celle des autres contrées alpines, sur lesquelles nous avons des données certaines, ce qui se bornera aux Alpes, dans toute leur étendue, et aux Pyrénées, celles-ci même très-imparfaitement, les hautes montagnes des autres parties du monde nous étant encore presque inconnues. — Nous remarquerons leur étonnante similitude sous le rapport des genres, et par conséquent des formes, et leur grande diversité quant aux espèces propres à ces 3 chaînes. Presqu'aueune espèce véritablement alpine n’est commune aux
trois à la fois, car celles qu’on retrouve sur les som-
mités des unes et des autres habitent pour la plupart les plaines intermédiaires. Le genre Celia fait seul exception à cette règle. Celia punctulata, grandicollis, et Quenselii, qu'on trouve sur les Alpes, se retrouvent au Caucase. La première et la troisième sont en même temps les seules espèces des régions arctiques qu'on ait trouvées Jusqu'à présent sur les alpes Caucasiennes, landisqu'on en trouve plusieurs sur les Alpes, dans les genres Nebria, Celia, Leirus, Leiochiton, Patrobus, etc. ‘). La découverte du Carabus croaticus qui a été trouvé par MM. Nord-
mann et Motchoulsky dans les montagnes occidentales du Caucase, est un fait qui me semble intéressant pour la géographie en général, car je ne m'explique sa présence dans ces localités qu’en remontant à une époque antérieure à la formation du bassin de la mer Noire, et par la réunion primitive des montagnes du Taurus avec la chaîne du Balkhan, hypothèse déjà émise, et que ce fait tendrait à confirmer. Si nous passons à la comparaison des formes auxquelles les espèces se rapportent, nous trouverons qu'à quelques exceptions près, elles sont les mêmes. Pour pouvoir mieux en juger, je donne ici une liste comparative des genres qui se trouvent sur les Alpes et sur les montagnes du
Caucase et des pays transcaucasiens :
PCR AR Te *) Voyez Heer »Fauna Coleopterorum helvetica.« P. I.