‹ Enumération des carabiques et hydrocantharesChapitre 5 sur 152 · GENRES. ESPÈCES. | GENRES. ESPÈCES · texte numérisé non relu

GENRES. ESPÈCES. | GENRES. ESPÈCES

Leirus . 4| Leirus . 3 Leiocnemis 1 | Leiocnemis . 00 Bradytus 2 bBradytus :. . .,.10# Percosia 1 | Percosia 3 Celia BiGblas + 2741 ft edb Amara . GAmara. =,0. 15 Acinopus . 1|— — — »

Anisodactylus 3 | Anisodactylus . . 1 Diachromus , 1|— — —

Ophonus 11 |Ophonus . . . . 5 Harpalus 27 | Harpalus . . . . 30 Stenolophus 3 | Stenolophus

Acupälpus 4| Acupalpus. . . .: 3 Hispalis 11— — — »

Anophthalmus prie Drecbus 2: - 0 “a lNrechus 0. 0e DU Bembidium . . . 29|Bembidium . . . 30

59 genres. total: 342 | 47 genres. total : 397

D’après ce tableau, le nombre des genres de la faune caucasienne serait plus considérable que celui de la faune alpine. Cependant l'équilibre se rétablirait peut-être, si nous admettons que plusieurs insectes que

M. Heer, dans sa faune helvétique, ne dit pas habi

ter les montagnes, s'y retrouveront sans doute, et si nous reconnaissons un jour qu’il faut exclure du tableau des genres du Caucase les Aptinus et les Pogonus, que je n’y ai placés qu'avec doute. Quant aux Scarites, Ditomus, Dinodes, Acinopus et Hispalis, qu’on verra peut-être avec étonnement figurer dans une faune de montagnes, je m'explique leur présence dans les vallées assez élevées où je les ai rencontrés, par la proximité des plaines chaudes qui leur servent de patrie habituelle, et dès-lors il serait fort possible qu'on les trouve aussi dans la partie des Alpes qui se rapproche de l’Adriatique et de la Méditerranée. Enfin on n’a pas encore trouvé au Caucase les genres Leiochiton, Loricera, Platyÿnus (véritable) et Anophthalmus, tandis qu’on y rencontre en revanche les Callisthenes, les Cardiomera *) (Platynus, Dej.) et les Eutroctes qui manquent aux Alpes.

Nous n’entrerons dans aucune considération sur le nombre relatif des espèces, parce que nous sommes loin de connaître le Caucase comme ou connaît les Alpes; nous dirons seulement que selon les apparences,

ces montagnes possèdent une faune des plus riches et

*) Le genre Cardiomera, établi par Mr. Bassi, se retrouve dans les montagnes de la Sicile qui appartiennent au système alpin, sans cependant faire partie des alpes proprement dites.

des plus variées. Les genres polymorphes, tels que Carabus, Nebria, Calathus, Feronia, méritent de fixer un instant notre attention. On cherche en vain sur les Alpes et les Pyrénées des formes approchantes des Carabus iberus, Lafertei, refulgens, Mellyi, osseticus, deplanatus, Puschkinii, Humboldtii, Bonplandi, Renardi, et autres semblables, de même que nous ne connaissons pas d'espèces du Caucase qui ait véritablement de rapport avec les Carabus auratus, auronitens, Escheri, Solieri, rutilans, hispanus, splendens, purpurascens, etc., car les 4 premiers n’ont rien de commun, à vrai dire, avec ces formes singulières de Carabus exaratus, 7 carinatus. Quelle espèce alpine de Nebria comparera-t-on aux Nebria Marschallii, Fischeri, elongata, intricata? Les Calathus caucasicus, femoralis, alternans sont également des formes propres au Caucase, Tandis qu’on cherchera vainement sur les montagnes de l'Occident les Feronia lacunosa, Schoenherri, etc., rien au Caucase ne rappelle les Feronia edura, Jurinei, Welensii, fossulata et voisines, qui sont des espèces tout-à-fait propres aux Alpes; et ce qui est digne de remarque, c’est que l’on ne connaît au Caucase qu'un seul représentant du sous-genre Abax, et aucun Molops, ce qui

tient peut-être au peu de recherches qu'on a faites

jusqu’à présent dans la région des forêts, que ces insectes habitent de préférence. Je dirai en finissant, que l’une des formes les plus éminemment caucasiennes est le genre Eutroctes, généralement non moins remarquable par sa taille que par l'éclat des couleurs.

On peut déduire plusieurs conséquences intéressantes des observations que nous venons de faire. Je me bornerai à faire ressortir ce qui a rapport à l'étude de la distribution géographique des insectes. Ceux qui ont traité ce sujet après Fabricius, ont eu tort de ne pas développer l'idée qu’a eue ce grand entomologiste, en établissant pour les hautes montagnes un climat particulier qu’il a nommé alpin. Ils ont commis la faute de comprendre la faune des montagnes de chaque pays dans celle de ce pays, tandis que par le facies des espèces qui composent la première, celle-ci diffère essentiellement de la seconde. Ainsi l’on trouvera plus d’affinité entre les espèces des Alpes et du Caucase et celles des Alpes scandinaves et de l’Altaï, qu'entre ces mêmes espèces et celles des plaines qui s'étendent au pied de ces montagnes. La différence entre les espèces alpines et les espèces des pays plats sera d'autant plus grande qu’on se rapprochera davantage des tropiques. Après cela, on ne doit pas s’imaginer que je veuille dire, qu’en écrivant la faune d’un pays quelconque, on ne

doive pas y placer les espèces de ses montagnes; il im=

porte beaucoup seulement qu'on imite l'exemple de M. Heer, ‘en indiquant approximativement les hauteurs des endroits que ces espèces habitent au dessus du niveau de la mer. Les voyageurs qui visitent un pays quelconque traversé par de hautes montagnes , devraient également indiquer soigneusement, si c’est dans les plaines ou sur les montagnes, et à quelle hauteur, qu’ils ont trouvé les insectes qu'ils en ont rapportés. On a vu combien le caractère des deux faunes alpines que nous ayons comparées est homogène, tandis que les plaines des deux pays appartiennent en divers endroits à deux régions différentes. Ainsi la Suisse doit être placée dans la région européenne, tandisque le midi du Piémont, les environs de Nice et de Gênes, le département du Var, l’'Illyrie, la Croatie et la Dalmatie appartiennent à la région méditerranéenne, à laquelle nous rapportons comme une subdivision la région caspienne, qui comprend les pays transcaucasiens. La différence des latitudes est donc bien moins sensible sur les montagnes que dans les plaines, quoiqu’en ne puisse nier que leur influence existe. Ainsi le peu que nous connaissons de la faune de l’'Himälayah, de celles des Gattes et des Cordillières, diffère beaucoup de celle des montagnes de la zône tempérée. On peut donc admettre que les degrés de latitude causent des chan

gemens dans les formes mêmes, tandis que les diffé-

rences du méridien amènent des variations des mêmes formes, quand ces différences ne sont pas de nature à embrasser au moins la moitié de l'équateur.

Les plaines plus ou moins ondulées, qui s'étendent entre les diverses montagnes que nous avons énumérées au commencement de cette seconde partie de notre introduction, depuis les bords de la mer Noire jusqu'à la mer Caspienne, tout le littoral de celle-ci, et les plaines de la Turcoménie et de la Boukharie, ont trop d’affinité entre eux, pour qu'on ne les considère pas comme faisant partie d'une même région entomologique, trop voisine elle-même de la région méditerranéenne , pour pouvoir en être entièrement séparée. Tandis que le plus grand nombre des espèces ne sont que des variations des formes qu'on rencontre dans les pays du midi de l'Europe, quelques autres nous rappellent les faunes de l'Egypte et de la Syrie; quelques-unes seulement ont un facies qui leur est propre, et qui sert à caractériser la faune locale, en servant de transition à ce que nous connaîtrons un jour des plaines de la Chine, situées sous les mêmes latitudes. — C'est sous ce rapport surtout que nous formons le voeu que les récoltes faites par mon défunt ami, Alexandre Lehmann, dans son voyage en Boukharie et à Samarkand, et que sa famille a déposées depuis plusieurs années à l'Acadé<

mie ImPERIALE des sciences de St. Pétershourg, avec

le désir exprès qu'elles fussent incessamment publiées, voyent enfin le jour. J'ai eu l’occasion de les examiner tout récemment, et j'ai été émerveillé des richesses qu'elles contiennent, C'est de M. Ménétriés , entre les mains duquel ces collections se trouvent, que nous avons à attendre la publication prochaine de ces trésors, parmi lesquels se trouvent quelques genres nouveaux de la famille des Carabiques, et de très-beaux Mélasomes.

Je n'ai pas cru devoir, dans cette énumération ; M'écarter du système adopté par le Comte Dejean dans son Species général, car, quoiqu'il laisse assez à désirer, je n’en ai pas trouvé d'autre qui me parût préférable dans son ensemble. Je me suis done borné à introduire quelques genres établis par divers auteurs depuis la publication de cet ouvrage classique. J'ai conservé le genre Feronia, tel qu’il a été défini par Dejean, parce que dans le tableau que J'ai publié sur ce genre en 1838, je n'ai pas exposé en détail les caractères génériques de mes groupes, et l’on ne saurait introduire dans la nomenclature des genres nouveaux sans les avoir suffisamment définis; d’autant plus que plusieurs entomologistes n’ont pas été d'avis que les

miens fussent assez tranchés. Je me suis donc contenté

d'indiquer les sections auxquelles, selon moi, les espèces que j'ai énumérées, doivent être rapportées. J'ai déjà énoncé antérieurement ma façon de penser sur l'utilité et la convenance des définitions latines; je ne répéterai donc pas ce que j'ai dit la dessus, et l'on n’en trouvera point en tête de mes descriptions. La plupart de celles-ei sont comparatives, car il est infiniment plus facile de reconnaître une espèce nouvelle, quand on sait auprès de quelle autre déjà connue elle vient se placer. Celui qui possède l'espèce à laquelle je compare la mienne n'aura qu'à lire les caractères distinctifs que je relève pour connaître-celle que je décris; au cas contraire, qu'il compare ma description à celle du Species, et qu’il complette la première par la seconde. 11 m'a semblé parfaitement inutile de compliquer la synonymie en citant tous les auteurs qui ont décrit les espèces connues que j'énumère. Je renvoie donc pour la synonymie au Species, que j'ai cité toutes les fois que mes espèces y. étaient décrites, en y ajoutant quelquefois un ouvrage spécial, quand la description que contenait ce dernier, m'a paru plus satisfaisante. J'ai aussi cité Faldermann, quand les espèces que j'ai rapportées se trouvaient décrites dans son ouvrage intitulé: Fauna entomologica transcaucasica, ou consignées dans le Catalogue qui le

termine, parce que je désire que cet opuscule serve de

supplément à cet ouvrage. Je crois enfin devoir prévenir les lecteurs que le nom d'auteur qui suit celui de l'espèce, ne se rapporte qu’à la dénomination spécifique.

J'ai rédigé un catalogue de toutes les espèces qui ont été trouvées à ma connaissance jusqu’à présent au Caucase et dans les provinces transcaucasiennes par les naturalistes qui ont exploré ces pays. Sur le nombre, il s’en trouve beaucoup que je n’ai jamais vues, ou pas suffisamment examinées. Je les ai notées d’un astérique, voulant indiquer par là que je n’en assumais pas la responsabilité qui doit retomber sur l’auteur que je cite. Un point d'interrogation précède les espèces de l'authenticité desquelles j'ai eu quelques raisons de douter.

On trouvera à la fin de mon énumération, la description d'un petit nombre d'espèces nouvelles de Ca-. rabiques que j'ai découvertes en Crimée. J'ai pensé que les Entomologistes me sauraient gré de cette petite addition, . qui n’est peut-être pas déplacée ici, si l’on songe qu'il est très-probable qu’on les retrouvera un jour dans les provinces du Caucase , dont la faune a

infiniment de rapport avec celle de cette péninsule.

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