‹ Énumération des genres de plantes de la flore du CanadaChapitre 2 sur 63 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Considerate lilia agri .... Dico autem vobis quoniam nec Salomon in omni gloria sua coopertus est sicut unum ex istis.

S. Matt. YL

Eum expergefactus transeuntem a

tergo vidi et obstupui . Quæ vis !

quanta sapiential qtiam inextricabilis perfectio !

Linnkk.

Depuis quelques années, l’étude de la Botanique a certainement fait des progrès sensibles en Canada. Cette science s’enseigne dans nos Universités, nos collèges, nos écoles de médecine, les écoles-normales, et les écoles d’agriculture. Enfin la Botanique, la plus gracieuse des sciences et qui convient si bien à nos jeunes demoiselles, est aussi enseignée dans toutes les maisons d’éducation tenues par nos Dames Beligieuses. Désirant, nous aussi, contribuer à ce mouvement scientifique, nous nous sommes déterminé à publier ce traité élémentaire.

Mais une difficulté se présentait naturellement. Comment, disions nous, rendre ce livre également utile à des classes aussi variées de lecteurs ? Nous croyons avoir trouvé le moyen de trancher le nœud de la difficulté en adoptant le plan suivant. Les maisons où l'on consacre peu de temps à cette science et qui désirent ne donner que des connaissances toutà-fait élémentaires, pourront se contenter de faire apprendre par cœur les paragraphes accompagnés d'un numéro d’ordre ; les personnes qui veulent faire une étude plus approfondie de la science, pourront étudier le traité tout entier.

L’ouvrage que nous offrons au public est illustré

de plus de 80 figures intercalées dans le texte ; les

dessins ont été faits par l’auteur ; ils sont pris d’après

des plantes tellement communes qu'on les rencontre

partout en Canada. Tous ces dessins sont originaux,

à l’exception de quelques gravures empruntées aux éléments de Botanique de Richard ; mais ces exceptions sont rares.

Maintenant un mot sur la petite Flore qui accompagne ce traité et qui, à nos yeux, n'est pas la partie la moins importante de l’ouvrage. Depuis douze ans que nous enseignons la Botanique, nous nous sommes convaincu que le meilleur moyen de répandre le goût d’une science si utile, c’est de mettre les élèves, ceux

même qui débutent, dans la possibilité de trouver par eux-mêmes le nom des plantes. Quel plaisir le jour où pour la première fois l’on a réussi à faire l’analyse d’une plante ! Ajoutons que l’occasion d’herboriser ne manque pas de se présenter d’elle-même. Tous les ans la plupart des familles qui habitent les villes vont passer quelques jours à la campagne. Que faire pendant ces longs jours de villégiature si nécessaires à la santé, mais quelquefois si préjudiciables à l’esprit et au cœur ?

Le moyen de secouer cette molle indolence c’est de parcourir la forêt, de sauter de rocher en rocher pour courir à la recherche des plantes. L’esprit et le cœur y rencontrent leur profit, parce que l’homme se trouve sans cesse dans un commerce intime avec cette Providence do Lieu, si admirable dans la beauté et la diversité des formes que présentent les végétaux.

“ Voyez les lis des champs . je vous déclare que

Salomon, même dans sa gloire, n’a jamais été vêtu comme l’un d’eux.” Puis après avoir passé tout le jour à parcourir les bois, à visiter l’un après l’autre les mornes qui bordent notre grand fleuve pour y ■cueillir quelques plantes que l’on destine à l’herbier, l’on rentre chez soi le corps dispos et le cœur plein d’une joie qui dissipe la mélancolie, et qui fait oublier bientôt la. fatigue d’un travail long et sérieux. Le

savant abbé Haüy disait : “Un cours de Botanique est de l’hygiène toute pure ; l’on n’a pas besoin de prendre les plantes en décoction : il suffit d’aller les cueillir pour les trouver salutaires.”

C’est pour les raisons exposées ci-dessus que nous avons fait suivre ce traité d’une petite Flore simple et facile, qui renferme les plantes les plus communes du Canada. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettaient pas de décrire un très-grand nombre de plantes ; cependant nous avons trouvé moyen d’y faire entrer les végétaux les plus intéressants du pays, tels que les grands arbres, les arbustes à fruit, la plupart des plantes employées dans la médecine populaire, enfin les mauvaises herbes qui infestent les jardins et les champs de nos cultivateurs. C’est surtout à ce dernier point de vue que ce livre peut être trèsutile aux agronomes.

Les tableaux analytiques, qui accompagnent cet ouvrage, sont complets par eux-mêmes, c’est-à-dire qu’ils renferment toutes les familles qui composent la Flore du Canada. Mais comme la petite Flore qui les suit ne présente que les plantes les plus communes, il arrive que plusieurs familles n’y sont pas représentées. Ceci explique pourquoi les numéros de la Flore ne sont pas toujours consécutifs.

Il était important de distinguer les espèces indigènes de celles qui ne le sont pas. Dans ce but, nous avons eu recours aux signes suivants :

Le signe f, précédant une espèce, indique que cette plante a été introduite. Le signe *, accompagnant un genre, veut dire que les espèces décrites dans cette Flore, sont les seules que l’on rencontre en Canada.

Aux noms latins, nous avons ajouté, de la manière la plus complète qu’il nous a été possible, les noms vulgaires sous lesquels les plantes sont connues dans nos campagnes ; nous avons de plus donné les noms vulgaires usités en France, et cela de la manière suivante : les noms employés en Canada sont précédés du mot Vulg. ; tandis que ceux qui sont usités en France viennent entre parenthèse, à la suite du nom latin.

Puisse ce petit livre contribuer à répandre le goût d’une science si utile et en même temps si propre à nous faire admirer la sagesse et la toute-puissance du Créateur. Celui qui se livre à l’étude des sciences naturelles ne peut s’empêcher de dire avec l’immortel Linnée : “ J’ai aperçu le Tout-Piiissant ; je n’ai fait que l’entrevoir, et je me suis incliné sur son passage pour l’adorer.”

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