CHAPITRE PREMIER
§ 1. La botanique est la partie des sciences naturelles qui traite des végétaux; elle étudie la nature, la forme et les fonctions de leurs organes, pour en tirer des caractères propres à les définir et à les classer.
La botanique ne consiste pas dans le talent stérile de retenir par cœur les noms des plantes et de pouvoir les appliquer aux êtres qui les portent. La meilleure mémoire ne saurait y suffire ; car le nombre des végétaux connus s’élève déjà à plus de 100,000 ; celui des plantes cultivées dans les jardins dépasse 20,000, La botanique est une science d’observation ; bien voir, voilà la première condition pour faire des progrès dans les sciences naturelles. Qu’à l’observation, l’on sache joindre la comparaison, l’on aura toutes les
qualités essentielles pour devenir un excellent botaniste. Or, tout cela est facile, et il n’est personne qui n’ait fait de semblables observations, même sans y songer.
La botanique offre une utilité incontestable à l’industrie, à la médecine ; l’agriculture et le jardinage, qui suivent en grande partie ses indications, ne peuvent faire des progrès réels qu’en tenant compte de la nature des plantes, des fonctions de leurs organes et de leur mode de propagation. De là vient la nécessité de diviser la botanique en quatre parties, selon les divers points de vue sous lesquels on peut envisager les plantes. Ces divisions sont : Ie Y histologie; 2° Y organographie ; 3° la physiologie; 4° la métlwdologie.
§ 2. L’ histologie nous fait connaître les tissus élémentaires qui entrent dans la composition des organes des plantes ; telles sont les cellules, les libres, etc.
§ 3, L’ organographie est l’étude des divers organes complexes dont la plante est composée; par exemple, les racines, les tiges, etc. ; elle embrasse l’organisation complète de la plante.
§ 4, La physiologie étudie les plantes dans son état de vie, et nous initie aux fonctions de leurs organes.
La connaissance des fonctions que les organes sont appelés à remplir dans la vie des plantes, est trèsimportante, Cette partie de la botanique doit être constamment présente à l’esprit du cultivateur ; avec elle, on opère à coup sur. Un exemple : comment opérer la transplantation d’un arbre, si l’on ne se rend pas compte des fonctions des racines ? Il en est
ainsi de toutes les opérations de jardinage et de la grande culture.
§ 5. La méthodologie est l’étude des caraotères qui servent de base à la classification des végétaux. C’est aussi l’exposition des divers systèmes ou méthodes employés pour disposer les plantes dans un ordre méthodique.
§ G. Les végétaux sont des êtres organisés et vivants, privés de sensibilité et de mouvements volontaires, se nourrissant de substances inorganiques qu’ils puisent dans l’air, le sol et l’eau.
Il serait inutile de donner plus de développement à cette définition ; ces détails ne seraient pas compris. L’idée que l’on attache au mot plante dans le langage ordinaire peut suffire pour le moment ; tout le monde sait que la plante est munie de racines, de tiges, de feuilles, de fleurs et de fruits qui renferment les graines. Seulement nous dirons que les végétaux sont formés de deux sortes de parties ; les unes trèspetites, presque toujours invisibles à l’œil nu et semblables à elles-mêmes dans toutes les parties du végétal ; les autres composées et formées par la réunion de plusieurs parties élémentaires. Les premiers portent le nom de tissus ; les seconds prennent le nom d 'organes.