‹ Énumération des genres de plantes de la flore du CanadaChapitre 5 sur 63 · CHANTRE · texte numérisé non relu

CHANTRE

Organographie végétale,

Les organes dont la plante est composée peuvent se diviser en deux classes. Les uns servent à puiser dans le sol ou dans l’air les substances nécessaires à son alimentation ; on les appelle organes de nutrition. Les autres sont indispensables pour la propagation de la plante ; ils se nomment organes de fructification.

Les organes de nutrition sont les racines, les tiges, les branches, les rameaux, les feuilles, les bourgeons et quelques autres organes de moindre importance ; les autres sont la Heur, le fruit et certains organes accessoires qui les accompagnent ; nous allons passer en revue chacun de ces organes. Mais par où commencer ? l’évolution de la plante est un cercle. Son existence commence par une graine et finit par une graine. Nous avons pensé qu'il était plus naturelle d’étudier la plante au moment où elle entre en germination, et de la suivre jusqu’à son parfait développement. Tel est l’ordre que nous allons suivre.

Germination.

§ 13. La germination est l’ensemble des phénomènes que présente une graine, pour que le germe qu’elle renferme se développe en un nouvel individu. Pour que l’acte de la germination ait lieu, il faut les conditions suivantes : 1° la graine, doit renfermer un germe bien formé, ce dont on peut facilement s’assurer au moyen d’une loupe ;

2 ° il faut de plus l’action de certains agents extérieurs qui sont : la chaleur , l 'air et V humidité.

L’eau ramollit les enveloppes de la graine, dissout les substances renfermées dans la graine ; Fig. ie.

l’oxigène de l’air modifie les substances emmagasinées dans la graine, et les rend propres à la nutrition de la jeune plante ; enfin la chaleur nécessaire au développement du germe doit être appliquée dans certaines limites; elle doit être généralement comprise entre 15 et 25 degrés centigrades au-dessus de zéro. (12-20 degrés Réaumur.)

§ 14. Phénomènes de la germination. Lorsque la graine rencontre le concours des circonstances mentionnées plus haut, voici ce qui se passe. La racine s’enfonce dans le sol, tantôt en se ramifiant, ce qui a

Fig. 16. — Germination d’une graine de l'Erable à sucre ; a premières feuilles : h cotylédons.

lieu pour les plantes dicotylédonnées ; tantôt en formant un faisceau de brins, comme dans les plantes monocotylédonnées. De son côté, la petite tige s’élève au-dessus du sol, développe ses cotylédons et ses premières feuilles ( fig . 16).

Nous verrons plus loin que la plupart des graines sont pourvues de deux cotylédons, espèces de plaques souvent charnues ; chez d’autres, le cotylédon est unique ; quelquefois il manque complètement. Ce caractère, qui paraît minine au premier abord, est cependant très-important. Il a permis de diviser tout le règne végétal en trois grands groupes parfaitement naturels : les dicotylédonnés ou ceux qui ont deux cotylédons; les monocotylédonnés, ceux qui n’en ont qu’un ; entin les acotylédonnés, ceux qui n’en ont point.

Racine,

§ 15. La racine est la partie la plus inférieure du végétal, qui sert à le tixer au sol et à fournir les substances nécessaires à son alimentation.

Les racines sont les seuls organes par lesquels la plante absorbe les liquides. Cette action des racines s’exerce surtout sur l’eau contenue dans le sol. Mais, comme cette eau n’est jamais pure, elle entraîne avec elle différentes matières ; tels sont les sels de potasse, les phosphates, les carbonates, etc. Les substances solides, quelque tenues qu’elles puissent être, ne peuvent jamais pénétrer dans la plante.

§ 16. On distingue trois parties dans la racine : 1° le collet ; 2° le corps ; 3° les radicelles. Le collet est la ligne de démarcation entre la racine et la tige. Il est quelquefois accompagné de feuilles, comme dans la carotte à la première année ; mais le plus souvent, ce n’est qu’un point idéal, difficile à reconnaître, comme dans les arbres. Le corps est la partie située au-dessous du collet ; sa forme est ordinairement renflée ; il porte aussi le nom de pivot . Les radicelles sont de petites fibrilles ; elles sont les véritables organes d’absorption. Leur ensemble porte le nom de chevelu.

Le collet est la limite d’où partent le système ascendant, c’est-à-dire la tige, et le système descendant, c’est-à-dire, la racine. Il porte aussi le nom de nœud vital , parce que c’est là que se réfugie la vie dans les plantes bisannuelles et vivaces, et d’autres lorsque ces plantes sont séparées du sol : par exemple, les Choux. Le corps est la partie qui sert à lîxer la plante au sol. Enfin les radicelles sont pour les racines ce que les feuilles sont aux branches. Seules elles absorbent les matières liquides, et cette absorption se fait surtout par les extrémités qu’on appelle spongioles.

Fig. 17.

Fig. 17. — Racine pivotante de la Betterave ; a collet ; b corps ; c radicelles.

§ 17. On distingue deux espèces de racines ; la racine pivotante et la racine fibreuse. On appelle racine pivotante celle dont le corps, unique au collet et souvent très-développé, s’enfonce perpendiculairement dans le sol; (Carotte, Bette-rave, fig. 17).

On nomme racines fibreuses celles qui se composent d’un grand nombre de fibrilles qui naissent immédiatement du collet (Blé, Avoine, Hyacinthe,^. 18).

Après la germination, chez la plupart des plantes, le pivot persiste.

Tantôt il demeure unique ; d’autres fois, i 1 se ramifie, se divisant en branches et en rameaux. Quelquefois ce pivot se détruit peu de temps après la germination ; puis il est remplacé par des radicelles, toutes de même calibre, plus ou moins nombreuses. Ces, deux espèces de racines caractérisent deux grandes divisions du règne végétal ; les racines pivotantes se rencontrent chez les végétaux dicotylédonnés ; les racines fibreuses, chez les plantes monocotylédonnées.

Fig. 18.

§ 18. Sous le rapport de leur durée, les racines peuvent se diviser en racines annuelles, bisannuelles, vivaces et ligneuses. On nomme annuelles celles dont les tiges fleurissent et fructifient à la première année (le Pois) ; bisannuelles celles des végétaux qui vivent deux étés, ne fructifiant que la seconde (Chou, Carotte) ; vivaces celles qui, pendant un certain nombre

Fig. 18. — Racine fibreuse du Blé.

d’années indéterminé, poussent une tige herbaeée qui fructifie et meurt chaque année (Asperge). Enfin les racines ligneuses diffèrent de ces dernières en ce que leurs tiges deviennent ligneuses et persistent beaucoup plus longtemps (arbres).

Le climat et la température exercent une grande influence sur la durée des racines. Telle plante qui est vivace dans un pays, peut devenir annuelle lorsqu'elle est transportée dans un autre (Mignonette ou Réséda) ; d’autrefois certaines plantes bisannuelles rencontrent, pendant certains étés, des circonstances climatériques plus favorables à leur développement ; alors elles deviennent annuelles (Persil). Dans ce dernier cas, si l’on tient à les conserver pendant deux années, il faut les empêcher de fleurir à la première année.

§ 19. On appelle racines adventives ou aériennes certaines racines qui naissent sur les branches ou de l’aisselle des feuilles.

Les racines naissent ordinairement sous le sol, à la partie inférieure du végétal. Cependant beaucoup de plantes, surtout dans les pays tropicaux, ont la propriété d’émettre des racines sur leurs tiges. Certains autres végétaux sont aussi doués de la même faculté; seulement il faut qu’ils soient aidés par l'industrie humaine. Les opérations du marcottage et du bouturage sont fondées sur cette propriété. Dans certains cas, le buttage (renchaussage) des plantes a aussi pour but de favoriser les développements de ces sortes de racines, pour consolider la plante (le Blé d’Inde).

Tige.

§ 20. La tige est la partie supérieure du végétal, qui, sortant du collet de la racine, s'élève dans une direction opposée et porte des feuilles et des fleurs, On distingue cinq espèces principales de tiges. Ce sont : le tronc , le stipe, le chaume , la tige herbacée et le rhizome.

La tige est le corps intermédiaire entre les racines et les feuilles, Le plus souvent elle s’élève verticalement; mais quelquefois elle rampe sur le sol (fig, 20) ; d'autres fois même, elle est souterraine et n'émet au-dessus du sol que des ramifications secondaires. Tous les végétaux vasculaires ont des tiges ; cependant, chez quelques uns, cette partie est si peu développée qu’elle paraît manquer, Dans ce cas la plante est appelée acaule, La tige présente de plus une foule de modifications ; c'est à cette particularité qu’est due, en grande partie, l’aspect particulier àchaque espèce et que les botanistes désignent sous le nom de port de la plante,

§ 21, Le tronc est une tige ligneuse, composée de couches concentriques, de forme conique et allongée, et qui se ramifie à son extrémité (les arbres de nos forêts).

On donne le nom d'arbres aux végétaux dont la

tige est ligneuse et qui acquièrent de grandes dimen-

sions (le Chêne, l'Erable, etc,). On appelle arbrisseaux ou arbustes, des arbres peu élevés, à tiges plus ou moins nombreuses, et se ramifiant à la base (Senel- Jiers). Enfin on nomme sous-arbrisseaux , des plantes

ligneuses de petite taille, dont les rameaux sont herbacés (Framboisier).

§ 22. Le stipe est une tige ligneuse, sans zones distinctes, de forme cylindrique et terminée au sommet par un bouquet de feuilles (Palmier).

§ 23. Le chaume est une tige ligneuse ou herbacée, offrant des nœuds d’où naissent les feuilles (fig, 18).

§ 24. Le rhizome est une tige souterraine qui s’étend horizontalement sous le sol, poussant des rameaux à sa partie antérieure, tandis que sa partie postérieure se détruit (Iris, fig, 19).

Pendant longtemps, cette sorte de tige a été confondue avec les racines ; on l’appelait alors racine progressive. Mais un caractère particulier aux tiges la distingue des racines ; c'est de pousser des feuilles. Souvent cette espèce de tige souterraine est chargée de place en place de tubercules renflés de fécule (Pomme de terre ou Patate). Ces tubercules offrent sur différents points de leur surface des bourgeons ou yeux, susceptibles de se développer en tiges aériennes,

Fig- 19.

§ 25. On donne le nom de tige herbacée à celles qui

Fifç. 19, — Khiïome de l’Iris,

ont une consistance tendre, ordinairement verte et qui périssent chaque année (la Laitue, etc.).

Nous avons vu que la direction de la tige est ordinairement verticale ; cependant il arrive que certaines tiges, soit ligneuses, soit herbacées, s’allongent tellement qu’elles ne peuvent se soutenir par elles-mêmes, et sont obligées d’avoir recours à certains voisins charitables, plus robustes qu’elles. On nomme sam

menteuse celle qui s’élève sur les corps voisins, soit au moyen de vrilles (Vigne), soit par simple torsion (Bourreau des arbres) ; grimpante , lorsqu’elle s'attache aux corps voisins au moyen de crampons ( Herbe-à -la-puce) ; enfin l’on donne le nom de volubile A la tige herbacée qui s’entortille en forme de spirale (Fève, Houblon).

Quelquefois la tige reste couchée A la surface du sol ; elle est dite alors rampante , quand elle s’y fixe par des fibres radicales ; traçante , lorsqu’elle donne naissance A des rejets qui s’enracinent de distance en distance (Fraisier).

Fig. 20. — Tige rampante du Petit-Thé ( Chiogenes hisjtiduln ).

Structure des Tiges,

§ 26. La tige des arbres dicotylédonnés {Jig. 21 ; se compose de deux systèmes, disposés de la manière suivante. Le premier, appelé système ligneux , occupe le centre ; il se compose de la moelle, de V étui médullaire, a du bois proprement dit et de b- Yaubier. Le second, plus c‘ rapproché de la circonfé- drence, est constitué par le e liber, V enveloppe herbacée, recouverts de Y épiderme ; on l’appelle système cortical. Ces deux systèmes sont traversés par les rayons médullaires (fig. 9), qui font communiquer la moelle avec la couche herbacée.

Les deux systèmes qui constituent le tronc de nos arbres, sont disposés en sens inverse, c’est-à-dire que, dans le système ligneux, le tissu cellulaire occupe le centre, le tissu fibro-vasculaire est plus extérieur : dans le système cortical c’est le contraire. Les couches distinctes qui forment la masse de ces tiges, sont disposées dans l’ordre suivant, en commençant par l’extérieur: 1° Y épiderme; 2° Y enveloppe herbacée; 3 ° le liber ; 4° Yaubier ; 5° le bois proprement dit ; 6 e la moelle.

Fig. 21. — Coupe transversale d’un arbre dicotylédonné ; n enveloppe herbacée : 6 couches du liber; c aubier; d bois proprement dit; e canal médullaire.

§ 27. L’ enveloppe herbacée se compose de deux parties : Tune, plus extérieure, dépourvue de matière verte ; c’est le liège ; on la nomme enveloppe subéreuse ; 2 ° l’autre, plus intérieure, composée de tissu cellulaire verdi par la chlorophylle.

Dans certains arbres, la partie subéreuse prend un grand développement comme dans le Chêne-liége. C’est cet arbre qui fournit tout le liège du commerce. Chez d’autres arbres, cette partie est riche en tannin, et sert au tannage des cuirs (la Pruche, le Chêne, le Bouleau).

§ 28. Le liber constitue la partie fibreuse de l’écorce ; il se compose de feuillets très-minces, appliqués les uns sur les autres comme les feuillets d’un livre.

La partie fibreuse de l’écorce esf souvent la seule recherchée. Tout le monde connaît le rôle que jouent le lin et le chanvre dans l’industrie; ces deux produits sont l’objet d’un grand commerce. D’autres arbres fournissent des fibres corticales remarquables par leur souplesse (le Bois-blanc) ; on s’en sert pour confectioner des cordages ; avec d’autres, on fabrique du papier (ftg. 22).

§ 29. Le Bois. On donne le nom d'aubier, vulgairement appelé aubelle, aux couches les plus extérieures du bois. Ces couches sont générale-

Fig. 22. — Coupe montrant les faisceaux du liber dans le Bois-blanc (Ti/irt Americnna).

ment plus pâles que le cœur du bois. On appelle bois proprement dit les couches les plus intérieures ; elles sont ordinairement d’une coloration plus foncée et d’un tissu plus dur et plus serré.

Nous n’avons pas besoin de dire que l’aubier est le même organe que le bois proprement dit ; mais seulement il est à un état plus jeune. Par suite des progrès de la végétation les couches d’aubier les plus intérieures se changent en bois véritable par l’incrustation de leurs fibres ; ce qui augmente graduellement les couches du bois proprement dit. La différence de coloration permet souvent de distinguer le bois de l’aubier, car le passage est souvent brusque ; par exemple, dans le noyer noir, dont le bois est brun et l’aubier parfaitement blanc ; mais il arrive souvent que cette différence est imperceptible, comme dans les Bois-blancs, les Pins, Sapins, etc.

§ 30. La moelle est une masse de tissu cellulaire qui occupe le centre de la tige ; elle est renfermée dans une espèce de cylindre appelé étui médullaire , formé par la couche la plus intérieure du bois. Cet étui n’est pas un organe particulier ; c’est la première couche du bois, qui se distingue des autres couches ligneuses par la présence de nombreuses trachées déroulables. C’est la seule région du corps ligneux où l’on rencontre ces sortes de vaisseaux.

On ne connaît pas bien le rôle que joue la moelle dans l’économie végétale. Elle est quelquefois trèsdéveloppée, comme dans le Sureau. Cette moelle communique avec l’envcloppe herbacée au moyen des rayons médullaires (fig. 23), espèces de cloisons for

niées de tissu cellulaire, qui traversent le bois et pénètrent jusque dans l’écorce.

Structure des tiges monocotylc données. La structure de ces tiges diffère essentiellement de la précédente. Ces végétaux ont, en général, une écorce peu distincte du tissu subjacent. Chez eux, point de liber, point d’aubier, point de bois disposé en couches concentriques, point de rayons médullaires; mais le tissu fibro-vasculaire est distribué en faisceaux nombreux, flottant au milieu du tissu médullaire qui remplit tout l’espace renfermé sous l'écorce.

L’on trouvera plus loin, dans le chapitre de la nutrition, la manière dont s’opère l'accroissement en hauteur et en diamètre de ces deux espèces de tiges.

Bourgeons.

$ 31. On appelle bourgeons de petits corps ovoïdes plus ou moins coniques, contenant, à leur intérieur à l’état rudimentaire, une jeune branche chargée de feuilles et de fleurs.

Fig. 23. — Coupe longitudinale de l’Epinette blanche ( lyicea albn) ; u, <1 ponc tuations ; b , c rayons médullaires.

Sons le nom de bourgeon, l’on comprend : 1 ° les bourgeons proprement dits, et c’est à eux que s’applique la définition que nous venons de donner ; 2 ° les turions ; 3° les bulbes; 4° les bulbilles. Les premiers sont presque toujours formés d’écailles imbriquées, et se développent toujours sur les branches, à l’aisselle des feuilles. D’abord ils n’apparaissent que sous forme de petites saillies ; ils portent alors le nom d 'œil. Petit à petit, le volume augmente à la fin de l’été ; on les appelle alors boutons ou bourgeons ( fig . 24, 25).

§ 32. On distingue trois sortes de bourgeons : 1 ° les bourgeons à feuilles, appelés foliifères; ils ne produisent que des feuilles ; 2 ° les bourgeons à fleurs, nommés florifères, qui produisent des fleurs et des fruits ; 3 ° enfin, les bourgeons mixtes, fig. 24. Fig. 25.

qui contiennent à la fois des feuilles et des fleurs.

La forme de ces trois espèces de bourgeons diffère tellement, qu’un œil tant soit peu exercé ne se trompe guère sur la nature des différents bourgeons. Aussi le jardinier peut reconnaître les bourgeons à fleurs et les bourgeons à feuilles. Le bourgeon à feuilles

Fig. 24. — Bourgeons du Lilas.

Fig. 25. — Les mêmes coupés longitudinalement.

sera oblong, effilé et presque aigu ; le bourgeon â fleurs sera gonflé et conique, et le bourgeon mixte tiendra le milieu entre les deux formes que nous venons de signaler.

Turion. On donne le nom de turion au bourgeon souterrain de certaines plantes vivaces ; en se développant, il produit chaque année de nouvelles tiges. Ainsi la partie de lf Asperge, que l’on sert au printemps sur nos tables, est le turion sorti de terre,

La différence qui existe entre le bourgeon proprement dit et le turion, consiste en ce que ce dernier se forme sous terre, tandis que lf autre naît constamment sur les parties de la plante exposées à bair et à la lumière.

Les végétaux ligneux sontquelquefois pourvus de cette sorte de bourgeons (les Su-

Fig. 26. ~ v

g 33. Bulbe. Le bulbe, appelé vulgairement oignon, est un bourgeon souterrain, susceptible de produire une plante semblable à celle qui lui a donné naissance. Il se compose de trois parties : 1 ° les racines ( fig . 26, d) ; 2° les écailles ou feuilles rudimentaires (è) \ 3° le plateau, qui est la tige proprement dite, mais à un état très-déprimé (c).

Fig. 26. — Bulbe à tunique de la Jacinthe ; a bourgeon de fleur ; b écaillefi-ou feuilles rudimentaires ; c plateau ; d racines fibï-euses.

On distingue plusieurs espèces de bulbes. Tantôt chacune des enveloppes est composée d’une seule pièce, et embrasse tout le bulbe ; on l’appelle alors bulbe à tunique (Oignon ordinaire, la Jacinthe,^. 26) ; tantôt les écailles sont plus petites, restent libres, et se recouvrent en partie ; ces bulbes sont appelés écailleux (le Lis blanc) ; enfin on donne le nom de bulbe solide à celui qui est constitué par un plateau très-développé, donnant naissance à des écailles minces et peu nombreuses (G-ladiolus).

§ 34. Bulbilles. Ce sont des espèces de petits bulbes qui naissent sur les parties aériennes de la plante, et qui une fois détachés de la plante mère, s’enracinent et deviennent des végétaux semblables aux individus qui les ont produits (le Lis bulbifère).

Feuilles.

§ 35. Les feuilles sont des lames membraneuses, ordinairement aplaties et de couleur verte, qui naissent sur la tige et les rameaux, ou sortent immédiatement du collet.

Les feuilles sont composées de tissu cellulaire, que traversent des faisceaux fibro- vasculaires qui en forment la charpente. Leur durée varie d’un végétal à l’autre. Dans les plantes annuelles, elles périssent avec l’individu ; chez un grand nombre de nos arbres, elles tombent en automne (arbres à feuilles caduques, Erable, etc.) ; chez d’autres arbres, au contraire, elles persistent pendant plusieurs années (arbres à feuilles persistantes, Pins, Sapins, etc.).

§ 36. On distingue communément deux parties dans la feuille : la queue ou support ( fig . 27, à), qu’on nomme pétiole , et une partie ( b ) plane et foliacée, nommée limbe ; cette partie est la feuille proprement dite. Quelquefois le pétiole manque ; la feuille se

La feuille est quelquefois munie, à la base du pétiole, d’une espèce de bourrelet ; elle porte alors le nom de feuille articulée (Bouleau,^.

27) ; d’autres fois, la feuille sessile s’attache à la tige en l’embrassant dans toute sa circonférence ; dans ce cas ,1a feuille est dite amplexicaule (certains Pavots) ; enfin, lorsque cette dernière espèce de feuille se prolonge au-dessous du point d’attache, et forme une espèce de gaine, elle porte le nom de feuille engainante (Blé d’Inde).

§ 37. La Nervation ou disposition des veines sur les feuilles, offre deux modes principaux. Tantôt ces veines sont plus ou moins parallèles et ne se ramifient pas, comme dans le Blé {fig. 28) et en général toutes les plantes monocotylédonées. L autres fois, ces veines se divisent à l'infini, et forment un réseau

nomme alors sessile.

Fig. 27.

Fig. 27. — Feuille de Bouleau (J Betula Albci) ; a pétiole ; b limbe.

comparable à une dentelle grossière ; ce que l’on observe sur le Tilleul {fig. 29) et toutes les plantes dicotylédonées.

Chez les dicotylédons, parmi les nervures des feuilles, il en est une plus grosse que les autres, et qui semble être la continuation du pétiole ; on lui donne le nom de veine médiane. C’est de la base de cette dernière, ou de ses côtés, que partent les autres veines. On dit que la feuille est palminerve, lorsque la base

du limbe émet plusieurs nervures divergentes et dis-

posées comme les doigts de la main (Erable, fig. 30) ; on l’appelle penninerve quand des deux côtés de la veine médiane partent les nervures secondaires, disposées comme les barbes d’une plume (Tilleul, fig. 29).

Fig. 28. — Feuille à veines parallèles du Blé.

Fig. 29. — Feuille à veines ramifiées du Bois-blanc ( Tilia Americana ).

§ 38. Forme. La forme des feuilles offre la plus étonnante variété. Cependant on peut ramener des formes aussi diverses à un certain nombre de types, .suivant les différentes modifications que présentent la base, le sommet et la circonférence.

La feuille est un organe qui peut offrir toutes les formes les plus variées dans le contour de son limbe. Il serait difficile de décrire, d’une manière plus concise, ces diverses formes que ne l’a fait le professeur Richard, dans ses Eléments de Botanique. C’est pourquoi nous nous permettrons d’en faire l’extrait suivant : La feuille est un organe extrêmement polymorphe, et la figure de son limbe peut en quelque sorte offrir toutes les modifications imaginables. Mais, comme les mots à l’aide desquels on exprime cette figure sont les mêmes que coux employés dans le langage vulgaire, nous croyons ne pas devoir insister sur ce point. Ainsi, il y a des feuilles ovales , arrondies ou orbiculaires , lancéolées , linéaires, subulées, sagittées, rénif ormes, cordif ormes, etc,, etc, Les feuilles peuvent être aiguës ou obtuses à leur sommet ou à leur base, suivant qu’elles sont terminées en pointe ou arrondies,

u Si nous examinons la circonférence ou le bord même de la feuille, nous pourrons en tirer une foule de caractères. Ainsi, tantôt le bord est continu, uni, sans dents ou incisions: feuilles entières; tantôt il présente des dents droites : feuilles dentées ; des dents inolinées en avant : feuilles serrées ou dentées en scie ; les espèces do crénelures larges et obtuses : feuilles crénelées. Elles peuvent offrir des incisions qui les partagent en lobes plus ou moins profonds, Ainsi

elles sont bifides , trifides , quadrifides , quinquéfides ou ?nultifides, si les incisions sont peu profondes et les lobes ( laciniœ ) étroits ; bilobées, trilobées , etc., multilobées , si les lobes sont plus larges, séparés par des sinus obtus; bipartites , tripartites, etc., ou multipartites, si les incisions arrivent presque jusqu’à la base du limbe. Une feuille est laciniée, quand ses incisions sont latérales, profondes et manifestement inégales ; elle est pinnatifide , si ses incisions sont profondes, latérales et à peu près égales entre elles. Si les lobes partent en divergeant ou en rayonnant du sommet du pétiole, la feuille est appelée palmée , comme dans la vigne, le ricin, etc.”

§ 39. Position des feuilles. Eelativement au lieu qu’elles occupent, les feuilles peuvent être : radicales , quand elles naissent immédiatement du collet de la racine (Pisse-en-lit) ; caulinaires, lorsqu’elles sont pla-

Fig. 30. — Feuille simple palminerve de l’Erable (Acer saccharinum ).

Fig. 31. — Feuille composée digitée du Marronier.

cées sur la tige (Erable) ; florales , quand elles aeoompagnent les fleurs, tout en conservant leur forme ordinaire.

§ 40. Composition de la feuille. Les feuilles peuvent être simples ou composées . Elles sont simples, lorsque le pétiole ne porte qu’un limbe unique (le Tilleul, fitp 29) \ on les nomme composées, lorsque le pétiole porte plusieurs limbes distincts, qu’on appelle folioles (le Frêne, fig. 32).

Il y a trois différents degrés de composition. Tantôt le pétiole est unique, et porte toutes les folioles ;

Fig. 32. — Feuille composée pennée du Franc-frêne ( Fraxinus Atneriçana).

Fig. 33. — Feuille décomposée du Gleditschia.

dans ce cas, Ton dit que la feuille est simplement composée (le Frêne, fig. 32) ; tantôt le pétiole commun porte des pétioles secondaires, sur lesquels sont situées les folioles ; ces feuilles portent le nom de feuilles décomposées (Gleditschia, fig. 33) ; enfin les pétioles secondaires peuvent se diviser en pétioles tertiaires ; cette dernière espèce de feuille prend le nom de feuille sur de composée. Disons enfin que les feuilles composées peuvent offrir deux modifications différentes : 1 ° les folioles peuvent naître sur les côtés du pétiole commun, comme dans la figure 32 ; 2 ° d’autres fois elles partent du sommet du pétiole {fig, 31). Dans le premier cas, on les nomme pennées ; dans le second, digitées.

§ 41. Disposition des feuilles. Par disposition l’on entend la manière dont les feuilles sont placées sur la tige et les rameaux. Ainsi elles sont alternes , lorsqu’elles naissent à des hauteurs différentes (Cerisier de France, fig . 34) ; opposées , lorsqu’elles sont placées à la même hauteur, sur deux points opposés (le Lilas) ; verticillées, quand elles forment une espèce de couronne autour d’un même point (Laurier-rose).

Les feuilles sont toujours disposées sur les plantes d’une manière symétrique et régulière, lors même qu’elles sont alternes. Si l’on prend une branche de Cerisier (fig. 34), l’on voit qu’en partant d’une feuille inférieure et en s’élevant graduellement, on trouve, à une certaine distance, une feuille dont le point d’insertion correspond exactement à celui de la feuille qui a servi de point de départ, et ainsi de suite. L’on remarque de plus que les deux feuilles qui se corres-

pondent ainsi, sont toujours séparées par un même nombre de feuilles, disposées sur une ligne en spirale (fig. 34, 35).

§ 42. On a donné le nom de cycle à l’étendue de la ligne spirale comprise entre une feuille qui sert de point de départ, et celle qui lui correspond le plus exactement.

Fig. 34. Fig. 35.

Dans l’exemple que nous avons cité plus haut, le cycle est formé de 5 feuilles disposées sur 2 tours de sphire. On exprime cette disposition par deux chiffres disposés comme ceux d’une fraction % , l’un supérieur indiquant le nombre de tour de la spirale, l’autre inférieure indiquant le nombre de feuilles. Les diffé-

Fig. 34. — Branche du Cerisier de France avec six feuilles, la sixième correspond exactement à la première.

Fig. 35. — Branche du même arbre, sur laquelle on a tracé la spirale.

rents cycles sont représentés par l’une des fractions suivantes :

Organes accessoires.

§ 43. Stipules . On nomme stipules deux membranes foliacées qui accompagnent la base des feuilles de certaines plantes (le Rosier,^. 36).

La forme des stipules varie suivant les espèces. Tantôt elles restent libres ; d’autres fois elles sont soudées, comme dans le Rosier. Elles peuvent être caduques, comme dans la plupart de nos arbres fruitiers ; dans certains cas, elles persistent (le Rosier). Les stipules fournissent d’excellents caractères pour la distinction des familles.

§ 44. Vrilles , Cirrhes ou Mains.

On donne ces noms à certains prolongements filamenteux, roulés en vrille, au moyen desquels des tiges trop faibles pour se soutenir ellesmêmes, s’attachent aux corps voisins (le Pois, la Vigne).

§ 45. Epines et Aiguillons. Les épines sont des piquants, formés par Fis* 36>

le prolongement du tissu ligneux (le Senellier) ; les aiguillons ne sont qu’une production de l’écorce, et

Fig. 36. — Feuille du Rosier saurage (Rasa lucida ), munie de stipules.

peuvent s’enlever facilement (le Rosier, le Groseillier) ; tandis que les épines offrent beaucoup plus de résistance, parcequ’elles tiennent au bois. Les épines ainsi que les aiguillons, sont considérés par les physiologistes comme les armes défensives des végétaux.

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