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CHAPITRE II

Histologie végétale ou Tissus élémentaires.

L’organisation des végétaux a pour base trois sortes de tissus bien distincts. Le premier est formé de

petits sacs, qu’on appelle cellules ; le second, de tubes très-courts, terminés en pointes à leurs extrémités, et appelés fibres ; le troisième enfin est composé de vaisseaux plus ou moins cylindriques. Ces trois tissus portent le nom de tissu cellulaire , de tissu fibreux et de tissu vasculaire ; ils sont recouverts extérieurement par une membrane appelée épiderme.

Tissu cellulaire.

^ 7. Le tissu cellulaire consiste en une multitude de vésicules ou petites vessies, parfaitement closes, à parois propres, et remplies en général de substances solides, liquides ou gazeuses.

Ce tissu sert pour ainsi dire de base à toute 1‘ orga¬

nisation végétale ; on le rencontre dans toutes les plantes. Il en est même qui en sont uniquement composées ; tels sont les champignons, les varechs, etc. Les cellules qui le composent sont extrêmement petites et fermées de toute part ; leurs parois sont transparentes et trèsminces. Elles laissent en-

Fig. 1.

tre elles de petits espaces qu’on nomme méats ( fit) .

Fig. 1.— Tissu cellulaire pris dans la tige de l’Angelique des jardins ; a cellules sphériques ; b méat intercellulaire ; c cellule à 5 côtés ; d cellule à fi côtés.

Forme clés cellules. La forme des cellules est trèsvariable. Primitivement, elles ont une forme sphérique. Mais la tendance qu’elles ont à se dilater en tous sens, et la pression qu’elles subissent de la part des cellules voisines, leur fait perdre cette forme primitive ; elles deviennent plus ou moins anguleuses ou polyédriques.

§ 8. Matières contenues dans les cellules. Ces matières peuvent être solides, liquides ou gazeuses. Les matières solides sont : la chlorophylle, la fécule ou Yamidon, les cristaux, le nucléus et Valeurone ; les matières liquides sont les huiles fixes et essentielles, mais surtout la sève et toutes les substances qu’elle tient en dissolution ; las matières gazeuses sont l’air, etc.

La chlorophylle ou matière verte des végétaux se rencontre surtout dans les feuilles et quelques autres parties de la plante exposées à la lumière. Elle se trouve à la surface de petits grains dont l’intérieur est formé de différentes substances. La chlorophylle peut passer au jaune ou au rouge ; ce qui explique la coloration des feuilles de nos arbres en automne ( fig . 2). Fig. 2.

L’ amidon ou fécule se présente sous forme de petits granules incolores, transparents, libres à l’intérieur de la cellule. Ils sont de grosseur et de forme variables, selon l’espèce de plante dans lesquelles ils se

Fig. 2. — Grains de chlorophylle pris dans la feuille du Fuschia.

trouvent. Cette circonstance permet de reconnaître, an moyen du microscope, la falsification des farines.

Fig. 3. Fig. 4. Fig. 5,

Ainsi les grains d'amidon sont petits, simples et arrondis dans le Blé ; gros et allongés dans la Patate, enfin ils seront composés, formant une espèce de mosaïque comme dans Blé d’Inde (fîg. 3, 4, 5).

Des cristaux. Dans les cellules, l'on rencontre des cristaux de différents sels ; les principaux sont des carbonates, des sulfates et des oxalates de chaux, des sels à base de potasse ; ces derniers sels se trouvent dans presque toutes les écorces. Ces cristaux affectent différentes formes; une forme particulière porte le nom de Raphides. Les cellules qui renferment des cristaux ne renferment pas de chlorophylle.

Le nucléus ou noyau est un corps rond, ordinairement fixé à la paroi de la cellule (Jig. 6). Selon quelques-uns, le nucléus joue un rôle très-important dans la formation du tissu cellulaire; selon d’autres, il

Fig. 3. — Amidon du Blé.

Fig. 4. — Fécule de la Pomme de terre ou Patate.

Fig. 5. — Fécule de Maïs ou Blé d’Inde.

ne serait que le résultat de la condensation des matières liquides renfermées dans la cellule.

L 'aleurom se présente sous deux formes : tantôt de grains excessivement petits, comme dans la graine de Citrouille, tantôt sous forme cristalline, comme dans la cellule de la Pomme de terre ; ces grains sont libres. Cette substance est très-soluble dans l’eau.

Formation des cellules. Le tissu cellulaire peut se former de différentes manières ; mais le mode le plus commun est celui que nous allons indiquer. Les cellules se partagent en deux ou plusieurs compartiments par la formation de cloisons à leur intérieur. Ces cellules ainsi formées ne tardent pas à se partager de la même manière, et ainsi de suite.

Tissu fibreux,

§ 9, Les fibres sont des cylindres, plus ou moins réguliers, terminés en pointe à leurs extrémités, et destinés à fournir plus de solidité à la plante.

Fig. 6. — Cellule prise dans la feuillo de la Patate ( Solanum tuberosum) ; a nucléus entouré de granulations vertes,

Fig, 7,— Aleurone pris dans la graine de la Citrouille,

Certaines cellules, en s’accroissant, tendent à s’allonger dans un sens plus que dans un autre ; plus tard, leurs parois s’épaississent, se consolident et passent à l’état ligneux.

Les cellules, ainsi modifiées, prennent le nom de fibres. Ce tissu forme la masse du bois de nos arbres ; c’est aussi lui qui constitue la partie la plus intérieure de l’écorce ; enfin les fibres textiles du lin et du chanvre sont fournies par ce tissu.

Fig. 8. — Tissu fibreux, pris dans le bois de l’Erable.

Fig. 9.— Coupe longitudinale de la tige d’une épinette blanche ; p ponctuations ; v rayons médullaires.

Fig. 10. — Coupe transversale de l’épinette blanche ; a fibres du bois d'automne ; b fibres du printemps ; c conduits résinifères.

Fibres ponctuées. Certains arbres, tels que les pins, les sapins, les épinett.es. offrent des fibres d’une nature toute particulière. Ces fibres sont creusées de petits godets en forme de verre de montre, disposés de manière que la cavité pratiquée dans le côté de la fibre, correspond à une cavité semblable placée dans la fibre voisine (fig. 9, 23). On a constaté que ce groupe d’arbres manque de vaisseaux proprement dits, à l’exception de quelques trachées.

Tissu vasculaire.

§ 10. Les vaisseaux sont des tubes longs et continus, plus ou moins cylindriques, destinés à contenir des liquides et des fluides gazeux.

Dans un grand nombre de végétaux, toute la charpente est exclusivement formée de tissu cellulaire ; aussi les botanistes les désignent-ils sous le nom de végétaux cellulaires ; mais il en est d’autres, en nombre beaucoup plus considérable, qui sont pourvus de fibres et de vaisseaux. On leur donne le nom de plantes vasculaires. Les vaisseaux sont quelquefois ramifiés, s’entrecroisant les uns avec les autres ; le plus souvent, ils restent simples et se prolongent dans le sens des fibres. Les premiers portent le nom de vaisseaux laticifères. Les autres sont les vaisseaux ordinaires ; ils prennent aussi le nom de vaisseaux proprement dits.

Fig. 11. — Trachée prise autour de la moelle du Sureau rouge (, Sambucus pubens).

Fig. 11.

§11. Les vaisseaux laticifères sont des tubes plus étroits que les vaisseaux ordinaires quelquefois simples, mais le plus souvent ramifiés de manière à former un réseau à mailles irrégulières, dans lesquels circule un suc propre appelé Latex ( fig . 12).

Ces vaisseaux n’ont été observés que dans un petit nombre de végétaux. Leur contenu est une sève élaborée et souvent colorée. On en voit un exemple vulgaire dans le “ Sang-de-dragon ” si connu dans nos campagnes. Ici ce liquide est rouge ; d’autres fois il est blanc et semblable à du lait.

Ces vaisseaux sont encore peu connus. Quoiqu’il en soit, Ton ne peut douter qu’ils prennent une part active à la nutrition des végétaux. La fig. 12 donne une idée de ces vaisseaux.

^12. Les vaisseaux ordinaires sont des tubes simples, ordinairement cylindriques, qui se prolongent indéfiniment dans le sens des fibres.

Ces vaisseaux ont pour origine des cellules qui s’allongent sans que leurs parois s’épaissisent et que la cavité intérieure diminue, ce qui les distingue dos fibres. La face intérieure est tapissée, tantôt de spirales régulières, tantôt de cercles, tantôt de lignes courtes. Le là les noms qui rappellent ces diverses modifications.

Fig. 12. — Vaisseaux laticifères, anastauiosés du Saug-d#-dragon {Sanguinnria Ca nadensis).

Le tableau suivant résume tout ce que nous venons de dire sur ces vaisseaux (fîg. 11, 13, 14).

Vaisseaux propres Vaisseaux ordinaires

Fig. 13.

. laticifères

Trachées . . . spiraux

{annulaires, réticulés rayés, scalariformes, ponctués

V Epiderme. Les trois tissus que nous venons d’examiner ne sont pas immédiatement en contact avec l’air; ils en sont séparés par une membrane que l’on nomme épiderme. Cet épiderme se compose de deux parties distinctes : 1 ° une plus extérieure, appelée cuticule ; elle est dépourvue d’organisation ; 2 ° une plus intérieure, appelée épiderme proprement dit, composée de deux à trois rangs de cellules, de forme ordinairement tabulaire. La cuticule recouvre toutes les parties de la plante ; l’épiderme proprement dit ne se rencontre que sur les parties aériennes des végétaux.

Fig. 13. — Vaisseaux annulaires, tirés de la tige de la Balsamine des jardins. Fig. 14. — Vaisseaux scalariformes, pris dans un# fougère commune ( Osvnunda regnlis).

Fig. 15. — Epiderme de l’Epinette rouge, (Larix Americana) montrant plusieurs rangs de Stomates.

Stomates. L’épiderme des plantes est percé de place en place de petites ouvertures appelées stomates. Ces petites bouches microscopiques, que l’on rencontre sur les feuilles et les jeunes branches, ont une forme ovale (fig. 15). Les stomates servent à donner passage à l’air qui pénètre dans l’intérieur des tissus et aussi à exhaler l’oxigène.

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