ORGANES DE FRUCTIFICATION
Organes accessoires de la fleur.
Certains organes n’occupent qu’un rang secondaire dans la composition de la fleur ; leur présence n’est pas absolument nécessaire, puisqu’ils manquent dans
beaucoup de plantes. Ces prinoipaux oi'ganes sont les bractées et les nectaires,
§ 54. Bractées, Les bractées sont de véritables feuilles, mais souvent très-modifiées. Tantôt elles deviennent plus petites, à mesure qu’elles se rapprochent des fleurs ; tantôt elles prennent un gTand développement, et se pax’ent de couleui’s plus vives et plixs bi-illantes qxxe la fleur même (Pied-de-veau).
Ces différentes sortes de bractées ont reçu des noms divers. On nomme Spathe une grande bractée qui > avant l’épanouissement des fleui’s, les recouvre entièrement (Calla palustris, fig, 37) ; elle pexit être foliacée, scal’ieuse et même ligneuse. On appelle involucre la réunion de plusieurs bractées disposées autour d’ixne ou plusieurs fleui's (Pisse-en-lit). Lorsque cet involixcre est intimement soudé à la fleui1, il prend le nom de calicule (Œillet) ; on donne le nom de cupule à l’involucre qui persiste et accompagne le fruit (Chêne, Noisettier, Hêtre) ; enfin on appelle glumes les bi’actées qui entoureixt les épillets dans les Graminées (Blé),
§ 55. Les nectaires sont des espèces de glandes qxxe l’on rencontre sur les fleurs et qui séei*ètent xxn liquide dont la natui*e varie d’ixne plante à l’autre, Ce liquide contient presque toujours une grande quantité
Fig. 37.— Spathe du Calla palustris, plante commune dans les savanes,
de sucre ; c’est pour cette raison que Linnée lui a donné le nom poétique de nectar.
C’est principalement sur les nectaires que les abeilles viennent récolter les sucs dont elles composent leur miel : 11 On se fera une idée, dit M. Decaisne, de la masse de sucre sécrétée par les nectaires des plantes, et recueillie par les abeilles, en se rappelant que, en France seulement, la production annuelle de miel se compte par millions de kilogrammes, et qu’elle y donne lieu à un commerce fort étendu. Le miel varie de qualité et de saveur suivant les plantes qui en ont fourni la matière première.”
§ 56. Le pédoncule est le support de la fleur. Il est simple, ou ramifié ; dans ce dernier cas, les ramifications sont appelées pédicelles. Le pédoncule peut offrir deux positions ; il peut être axillaire, ou terminal.
Il arrive quelquefois que la fleur est attachée immédiatement par la base à la tige ou au rameau qui la supporte ; on dit alors que la fleur est sessile ; mais on l’appelle pédonculée, lorsqu’elle est fixée au moyen d’un support allongé qu’on nomme pédoncule y c’est-à-dire, pied ou soutien de la fleur. En un mot, le pédoncule est à la fleur ce que le pétiole est à la feuille.
Fig. 38. — Calicule de l’Œillet.
Considérations générales sur la fleur.
§ 57. La fleur. La flenr est la partie de la plante qui renferme les organes destinés au parfait développement de la graine, Elle se compose ordinairement de plusieurs parties distinctes, qui sont : 1 ^ le calice ; 2° la corolle ; 3° les étamines ; le pistil.
Nous ferons remarquer que l’essence de la fleur consiste dans la présence des étamines et des pistils. Ces deux organes essentiels se rencontrent ordinairement dans la meme fleur, mais il arrive quelquefois qu’il sont placés dans deux fleurs différentes. Dans ce dernier cas, lorsque la fleur ne j’enferme que des étamines, on lui donne le nom de fleur staminée ou de fleur mâle ; si elle ne contient que des pistils, elle porte le nom de fleur pistillée ou de fleur femelle. Ces deux espèces de fleurs peuvent se développer sur une même plante j aloj’s la plante est dite monoïque (Melon) ; si ces deux espèces ne se rencontrent que sur deux plantes différentes, ce végétal porte le nom de diolqm (Peuplier, Tremble),
Inflorescence.
§ 58. On appelle inflorescence la disposition ou arrangement des fleui’s sur la tige ou les rameaux. Les inflorescences peuvent être indéfinies ou définies.
Nous avons déjà vu précédemment que les bourgeons peuvent affecter deux positions différentes; ils peuvent être axillaires ou terminaux. L’on comprend de suite que les fleurs peuvent naître à l’aisselle
des feuilles ; dans ce cas, l’axe qui les porte s’allonge indéfiniment. Cette inflorescence porte le nom d’mfiorescence indéfinie,. X)ans l’autre cas, l’axe se termine par une fleur, et doit s’arrêter nécessairement dans sa prolongation ; voilà pourquoi on lui donne le nom d’ inflorescence définie ou terminée. De là résultent deux modes d’inflorescence.
Nous avons vu de plus (page 54) que les pédoncules qui supportent les fleurs, tantôt restent simples, et tantôt se ramifient. Ce qui donne lieu à cette distinction d’ axes primaires, d'axes secondaires et d'axes tertiaires. De là résultent plusieurs espèces d’inflorescences, qui ont reçu des noms différents. Le tableau synoptique suivant mettra sous les yeux la différence qui existe entre toutes ces diverses inflorescences.
Inflorescences indéfinies,
Epi,
Chaton.
Spadice.
I Cône.
[Capitule.
( Grappe,
< Corymbe,
[Ombelle.
' Panicule.
Thyrsp.
Corymbe composé,
„ Ombelle composée.
Inflorescences définies,
Feuilles opposées Cyme.
Feuilles alternes . . C. scorpioïde.
g 59. On nomme épi une inflorescence cylindrique et allongée, se composant de fleurs sessiles, disposées en tout sens le long de l’axe (Plantain).
Fleurs sessiles sur un axe primaire
Fleurs placées au sommet d’axes secondaires
Fleurs placées au sommet d’axes tertiaires
§ 60. Le chaton est une espèce d’épi composé de fleurs mâles ou femelles. Le chaton est articulé à sa base, et finit par se détacher du rameau (fig. 39, F}.
Fig. 39.
§ 61. Le spadice est un espèce d’épi, dont l’axe épais et charnu porte, à la fois, des fleurs mâles et femelles ; il est muni d’une grande bractée qu’on nomme spathe (Pied-de-veau). Voyez fi, g. 37, Calla palustris.
Fig. 39. — Æ Rameau d’Eyinette blanche (Ficea nlbn), avec cône ; F Chaton composé de fleurs mâles ; G Sommet de rameau avec fleurs femelles.
§ 62. Le cène se compose de fleurs femelles insérées sur des bractées qui persistent après la floraison et deviennent ligneuses (Pins, Sapins). Les cônes ne sont pas articulés à la base.
§ 63. Le capitule est une inflorescence composée de fleurs sessiles groupées au sommet d’un pédoncule élargi, appelé réceptacle , de manière à simuler une seule fleur, plus ou moins globuleuse (Dahlia, Peine- Marguerite, Pisse-en-lit).
§ 64. La grappe est une inflorescence dont les fleurs, groupées en tout sens autour de l’axe, sont sensiblement pédonculées (Gadellier).
Fig. 40.
g 65. Le corymbe est une inflorescence dont les axes secondaires, naissant à différentes hauteurs, viennent aboutir tous à un même niveau. Le corymbe sera composé, lorsque la plante est munie d’axes tertiaires qui se ramifient comme le corymbe simple (fig. 40).
Fig. 40. — Corymbe du Senellier ( Cratægua Crus-GaUi).
g 66. TJ ombelle diffère du corymbe en ce que le* axes secondaires partent tous d'un même point pour s’élever à peu près à la même hauteur. L’ombelle est dite composée, lorsque l’inflorescence présente un grand nombre d’ombelles simples, nommées ombeb Iules, qui naissent du sommet tronqué de l’axe (Carotte, etc.).
§ 67. Particule, Thyrse. Ces deux espèces d’inflorescences se composent d’axes tertiaires. Lorsque les
Fig. 41. — Patiicule de l’Avoine cultivée.
— eu —
rameaux inférieurs s’allongent au point que l’inflorescence présente une forme pyramidale, on lui donne le nom d e panicule (Avoine,^. 41) ; si, au contraire, les rameaux qui naissent à la partie moyenne sont plus longs que les autres, on lui donne le nom de thyrse (Lilas). Dans ce cas, la forme de l’inflorescence sera plus ou moins ovoïde.
§ 68. On donne le nom de cymes aux inflorescences définies qui se composent d’axes terminaux, aboutissant chacun à une fleur placée à peu près au même niveau (Sureau, Quatre-saisons).
§ 69. Cyme scorpioïde. On nomme ainsi une inflorescence en forme de crosse, dont les fleurs n’occupent que le côté convexe de l’axe roulé (Héliotrope).
Préfloraison.
g 10. On exprime ainsi la disposition qu’affectent les enveloppes florales, lorsque la fleur est encore à
oo
Fig. 43. Fig. 44.
Les botanistes distinguent un grand nombre de préfloraisons ; mais elles peuvent toutes se réduire aux trois suivantes, que nous allons signaler.
l’état de Bouton.
Fig. 42. — Préfloraison convolutive du calice dans les Magnolia. Fig. 43. — Préfloraison tordue du Lin.
Fig. 44. — Préfloraison valvaire du Clematis Virginiann.
1 ° Préfloraison imbriquée, lorsque les pièces du calice et de la corolle se recouvrent en tout ou en partie. Dans le premier cas, la préfloraison est dite convolutive ( fig . 42) ; dans le second, on la nomme quinconciale.
2 ° Préfloraison tordue , lorsque les pièces sont dis* posées en spirale, de manière à se recouvrir en partie (le Lin ,flg. 43).
3° Préfloraison valvaire, lorsque les pièces d’un verticille ne se touchent que par les bords (Clématite. fig. 44).
Calice.
§ 71. Le calice est la plus extérieure des enveloppes florales ; il est d’une consistance ordinairement herbacée. Le calice se compose d’un nombre variable de pièces nommées sépales, qui sont tantôt libres, tantôt soudées (fig. 45).
Le calice et la corolle forment ce que l’on appelle enveloppes florales, et l’on donne le nom de périanthe à l’ensemble de ces enveloppes. Mais le calice existe-t-il toujours ? Plusieurs botanistes ont prétendu que les plantes monocotylédonées n’avaient qu’une seule de ces enveloppes. Cependant, après un examen plus approfondi, il est généralement reçu que ces plantes ont un calice et une corolle. La chose est quelquefois difficile à cons-
Fig. 45. — Calice d’une de nos roses sauvages ( liosa parviflora).
tater, parce que ces deux verticilles ont souvent la même consistance et la même coloration, par exemple, dans la Tulipe ; mais ces deux séries de pièces sont toujours placées sur deux rangs différents; quelquefois même elles sont différemment colorées (les Trillium) ; d’autres fois, les pétales sont plus petits, comme dans les Iris (fig. 46).
Fig. 46.
§ 72. Lorsque les sépales restent parfaitement distincts et non soudés, le calice prend le nom de polgsépale ; si, au contraire, ils se soudent sur une longueur plus ou moins considérable, le calice se nomme monosépale.
Fig. 46. — Fleur de l'Iris ; a pétales, plus petits que les sépales ; b sépales mbattus.
Ces deux espèces de calice peuvent encore offrir d’autres modifications ; ainsi le calice sera régulier lorsqu’il se composera de sépales égaux et disposés d’une manière symétrique ; mais il sera irrégulier dans le cas contraire. Les divisions du calice sont quelquefois réduites à une simple soie ; souvent ces soies sont plus nombreuses, et forment une espèce de collerette, que l’on appelle aigrette ou Pappus (Pisse-en-lit). Lisons enfin que le calice peut être caduc , lorsqu’il tombe à l’époque de l’épanouissement de la fleur ; persistant , lorsqu’il accompagne le fruit jusqu’à la maturité.
Corolle.
§ 73. La corolle est la plus intérieure des enveloppes florales elle est en général d’une texture plu’s délicate que le calice, et se pare presque toujours des plus brillantes couleurs. Elle se compose de plusieurs pièces nommées pétales , qui sont tantôt libres, tantôt soudés.
Le toutes les parties de la Heur, la corolle est sans contredit celle qui se fait remarquer par sa coloration brillante ; par conséquent, c’est elle qui offre le plus d’intérêt au jardinier fleuriste. Ses couleurs présentent toutes les nuances du prisme, depuis le blanc le plus pur jusqu’aux teintes les plus foncées ;
Fig. 47.- — Corolle anomale de la Pensée.
de là une source d’avantages pour l'horticulteur. Mais, si l’on veut que le parterre ne perde rien de son éclat, il faut que ces couleurs soient distribuées avec choix ; les plus belles fleurs, mal disposées dans an jardin, produiraient souvent des effets faux et même discordants, si l'influence des couleurs voisines était négligée. Nous donnerons ici deux règles à suivre dans la distribution des couleurs dans un parterre et même dans la confection d'un simple bouquet.
L'on sait que la couleur blanche est composée de toutes les antres couleurs, dont les principales sont désignées sous les noms de rouge , orangé , jaune, vert , bleu et violet . Quelle que soit la manière dont on explique cette composition du blanc, il est certain qu’on peut reproduire presque parfaitement toutes les couleurs par des mélanges convenables de trois d'entre elles :
le Rouge, le Jaune et le Bleu,
ce* qui les a fait appeler couleur s primitive# par quelques savants ; les autres portent le nom de couleurs composées. Ajoutons que chaque couleur primitive a de plus sa couleur complémentaire, qui est le mélange des deux autres couleurs primitives ; ainsi la couleur complémentaire du rouge sera le vert, qui est un mélange de bleu et de jaune. Ceci posé, nous donnerons les deux règles suivantes :
1° A côté d'une couleur primitive, mettre sa couleur complémentaire : par exemple, le rouge à côté du vert, 2 ° Ne jamais employer une couleur composée entre les deux couleurs primitives qui la composent : ainsi éviter de mettre le violet entre le rouge et le bleu.
§ 74. Lorsque les pétales restent libres et distincts, la corolle prend le nom de polypétale ; lorsqu’ils se soudent entre eux et ne semblent former qu'une seule pièce, la corolle s'appelle monopétale. Ainsi, la corolle de la Bonce {fi, g, 48) sera polypétale, et celle de la Campanule {fig, 49) sei’a monopétale,
Dans un pétale, on distingue deux parties ; 1 ® Y onglet, qui est la partie inférieure, rétrécie et ordinairement allongée ; 2 ® la lame , partie supérieure et élargie qui surmonte l'onglet.
Dans la corolle monopétale, on distingue trois parties ; 1° le tube qui occupe la partie infé^ rieure ; 2 ® le limbe, qui est la partie évasée et plus ou moins découpée à la partie supérieure ; 3 ° la gorge , point intermédiaire entre le limbe et le tube,
g 75. La corolle soit polypétale, soit monopétale, est dite régulière , lorsque ses parties sont parfaitement semblables entre elles, quelle que soit d'ailleurs leur forme {fig. 48) ; on l'appelle irrégulière , lorsque ses parties correspondantes diffèrent entre elles par leur forme et leur grandeur {fig. 50),
Corolle polypétale régulière,
1 ° Cruciforme , à quatre pétales onguiculés et di& posés en croix (Chou, Bave, Giroflée),
Fig, 48, — Corolle polypétale de J# Ro#ç£,
2 ° Rosacée , ordinairement à cinq pétales, à onglets trè.^- courts, étalés en rose (Ronce, fig, 48).
Fig. 49. Fig, 50,
3 ° Caryophyllée, composée de cinq pétales, à onglets très-longs, enfoncés dans le calice (Œillet),
Corolle polypétale irrégulière,
1 ° Papilionacée, corolle composée de cinq pétales inégaux et dissemblables, disposés de la manière suivante (fîg< 50) : 1 ° un supérieur, plus grand que les autres, nommé Etendard (a) ; deux latéraux semblables, appelés Ailes ( b ) ; deux inférieurs, ordinairement soudés, formant une espèce de nacelle qu’on appelle Carène (c, Pois).
2 ° Anomale . On nomme ainsi la corolle formée de pétales irréguliers, qui ne présente pas la forme de la corolle papilionacée (Violette,^. 47),
Fig. 49. — Corolle campanulée de la plante vulgairement appelée Cloches ( Catnpamila rotu ndifol in).
Fig. 50, — Corolle papilionacée du Pois ; a étendard ; b les ailes; c la carène,
Corolle monopétale régulière.
1 ° Campcmulée, lorsque le tube s’évase de la base *Ters la partie supérieure, de manière à simuler une cloche (Campanule, yè/, 49).
2 ° Infundibuliforme , lorsque le tube, étroit à la partie inférieure, est surmonté d’un limbe campanulé, ce qui lui donne la forme d’un entonnoir (Tabac).
3 ° Hypocratériforme, lorsque le tube est long et surmonté d’un limbe étalé à plat (Lilas).
4° Urcéolee , le tube est renflé au milieu, et présente la forme d’un grelot (Bluet Vaccinium ).
5 ° j Hotacée, le tube est très-court et le limbe est en forme de roue (Patate ou Pomme de terre).
Corolle monopétale irrégulière,
1 ° Labiée , lorsque le tube est
plus ou moins allongé, la gorge ouverte et peu dilatée, et le limbe partagé en deux lèvres, l’une supérieure, l'autre inférieure ( flg 51). ’ ïl8'51-
2 ° Personnée ; dans ce cas, la corolle présente une gorge ouverte et très-dilatée que surmontent deux lèvres inégales ; sa forme se rapproche du mufle d’un animal (Binaire).
§ 76. Dédoublement des fleurs. Nous avons vu précédemment que la corolle est la pax*tie de la fleur qui offre le plus d’intérêt au jardinier fleuriste. Un des avantages les plus remarquables qu’elle présente est
Fig, 51, — Corolle labiée.
la faculté de se doubler. Ce dédoublement peut provenir de deux causes : 1° du changement des étamines en pétales (Rose) ; dans ce cas, il arrive quel» quefois que ses filets seuls se transforment ainsi, et l’anthère surmonte ce nouveau pétale ; 2° de la formation de bourgeons floi’aux à l’aisselle des pétales (Piyoine).
Etamine.
§ 77. L’étamine constitue le troisième vertieille de la fleur, lorsque colle-ci est complète. De forme ordinairement filamenteuse, elle se compose de trois parties ; 1 ° l’anthère, espèce de sao membraneux ; 2 © du pollen , poussi ère composée de granules communément libres, mais quelquefois soudés entre eux ; 3 e* du filet, qui est le support de l’anthère.
L’anthère est ordinairement formé de deux loges de forme ovoïde, accolées l’une à l’autre ou réunies par un corps nommé connectif, et chacune de oes loges s’ouvre pour laisser échapper le pollen.
Cette déhiscence se fait le plus souvent par deux fentes longitudinales, correspondant à chaque loge, Le pollen est composé de
riç. $2, — Fleqr Qqyepte du Fusç^ia, montrant les étamines a , et le pistil b.
granules libres, en général trop petits pour être distingués à l’œil nu ; ils sont ordinairement sphériques ou ovoïdes, et leur couleur varie. Examinés au microscope, chacun des grains du pollen est pourvu d’une double membrane, dont l’intérieur est rempli d’une substance mucilagineuse, nommée fovilla . Le pollen se présente quelquefois sous forme de masses solides (les Orchidées). Le filet est ordinairement étroit et allongé ; il peut manquer, et l’on dit alors que l’anthère est sessile.
§ 78» Le nombre des étamines est très- variable ; quelquefois les fleurs n’en renferment qu’une ; d’autres fois on en compte plus de cent. Lorsque le nombre ne dépasse pas dix, les étamines sont appelées définies ; dans le cas contraire, on les appelle indéfinies.
§ 79. Sous le rapport de la longueur, les étamines présentent quelquefois des caractères constants. Ainsi certaines fleurs renfermeront quatre étamines, dont deux sont plus longues; d’autres fleurs, comme celle du chou, auront six étamines, dont quatre sont plus longues. l)ans le premier cas, l’on dit que les étamines sont didynames ; dans le second cas, on les appelle tétradynames.
§ 80. Les filets sont ordinairement libres (Lis, Rose); mais quelquefois ils se soudent entre eux, et forment un ou plusieurs faisceaux; de là les noms d’étamines monadelphes, lorsqu’elles sont réunies en un seul faisceau (Mauve, Passe-rose) ; diadelphes , lorsqu’elles forment deux faisceaux (Pois) ; polyadelphes , lorsqu’on en compte plusieurs.
§ 81. L’on distingue trois modes d’insertion de l’é-
t amine relativement au pistil. On nomme insertion hypogynique , lorsque les étamines sont insérées sous l’ovaire (ftg. 53) ; périgynique , autour du pistil (ftg. 54); enfin épigynique , lorsque les étamines semblent être insérées sur la partie supérieure du pistil.
Remarque importante. La position de l’étamine, relativement au pistil, offrant des caractères d’une grande valeur dans la classification des plantes, nous attirons l’attention du lecteur sur les deux premiers modes que nous venons de signaler. Comme l’insertion, appelée épigynique , repose sur une fausse apparence, nous avons mis de côté ce caractère dans la rédaction des tableaux analytiques qui accompagnent cet ouvrage.
Pistil,
§ 82. Le pistil est le quatrième verticille de la fleur complète ; il occupe ordinairement le centre de la fleur, et renferme les germes qui doivent se transformer en graines. Il est formé d’un ou de plusieurs
Fig. 53. — Pistil du Pavot montrant l’insertion hypogynique des étamines.
Fig. 54. — Pistil de la Rose montrant l’insertion perigynique.
appendices nommés carpelles. On distingue trois parties dans le pistil : l’ovaire, le style et le stigmate.
On donne le nom de pistil à l’ensemble des carpelles libres ou soudés. Le pistil se compose : 1 ° d’une partie inférieure plus renflée, que l’on nomme ovaire ; 2° d’une partie supérieure, plus petite, mais qui présente les formes les plus variées ; cette partie se nomme stigmate ; 3° d’une troisième partie, ordinairement filiforme qui unit l’ovaire au stigmate ; c’est le style ( fig . 55).
L’ovaire a pour caractère, dit Richard, de présenter, quand on le coupe longitudinalement ou en travers, une ou plusieurs cavités, nommées loges , dans lesquelles sont contenus les rudiments des graines, qu’on Fig. 55.
nomme ovules. L’on conçoit de suite que, lorsque l’ovaire provient d’un seul carpelle, il sera nécessairement uniloculaire, c’est-à-dire, présentant une seule loge ; si, au contraire, il provient de plusieurs carpelles soudés, il pourra présenter deux, trois, quatre ou un plus grand nombre de loges ; de là les expressions de bi-loculaire, tri-loculaire, multiloculaire.
Le stigmate est un corps glanduleux qui surmonte le style ; il est quelquefois appliqué immédiatement sur l’ovaire (Pavot, fig. 53) ; dans ce cas, l’on dit qu'il est sessile. Sa forme est très-variable ; mais il se présente le plus ordinairement sous forme de petit ma-
Fig. 55. — Pistil de la Capucine.
melon. Il est simple , quand il surmonte un carpelle unique ; composé , lorsqu’il est formé de plusieurs stigmates réunis en un seul.
Le style est un filet plus ou moins long qui sert de support au stigmate. Comme ce dernier, il peut être simple ou composé.
§ 83. Position de V ovaire. L’ovaire est le plus souvent libre au fond de la fleur, c’est-à-dire que sa base correspond au point où sont insérées les étamines et les enveloppes florales ; dans ce cas, on dit que l’ovaire est libre, ou, ce qui est la même chose, qu’il est supère (Pavot, fig. 53). Mais, dans d’autres cas, on ne peut apercevoir l’ovaire au fond de la fleur, et celui-ci semble être placé au-dessous du point d’insertion des autres parties ; alors, on dit que l’ovaire est infère (Rosier,^. 54).
Usages naturels des fleurs. Nous venons d’énumérer les différentes parties de la fleur; nous allons maintenant faire connaître leurs usages, leurs fonctions, et dire comment, à une certaine époque, les étamines et les pistils se combinent pour former le fruit et mûrir la graine.
Pour que le germe, contenu dans le pistil, arrive à maturité et devienne graine, il faut que le pollen vienne se mettre en contact avec le pistil. Pour cela l’anthère s’ouvre, le pollen s’échappe et vient se déposer sur le stigmate. Arrivé là, le pollen rencontre un certain degré d’humidité, qui gonfle chacune des cellules dont il est composé ; celles-ci s’allongent et pénètrent, à travers les tissus, jusqu’à l’intérieur de l'ovaire. A partir de ce moment, les sucs se portent
sur l’ovaire, qui continue à se développer, tandis que les autres parties de la fleur se flétrissent. On dit alors, en terme de jardinage, que le fruit est noué ; ce fruit a toutes les chances d’arriver à maturité.
Fruit.
§ 84. Le fruit n’est autre chose que l’ovaire parvenu à maturité. Il se compose de deux parties essentielles, qui sont le péricarpe ou enveloppe, et la graine, qui contient le germe d’une nouvelle plante.
Le péricarpe est formé par les parois de l’ovaire ; par conséquent, il existe toujours, quelque mince qu’il soit, et présente invariablement plusieurs parties, qu’il a est important de distinguer. ^
Ces parties sont : 1 ° Vepicarpe ou couche extérieure, c " c’est cette espèce de peau que l’on peut enlever facilement sur certains fruits, comme sur la prune ; 2 ° une partie moyenne, que l’on nomme mésocarpe ( sarcocarpe quand le fruit est charnu) ; 3° la couche interne, qu’on nomme endocarpe. Ces trois parties sont très-faciles à distinguer dans la pomme ( fig . 56) ; ainsi, ce que l’on appelle peau est l’épicarpe (a) ; la partie charnue que l’on mange est le sarcocarpe (6) ; enfln les enveloppes cartilagineuses qui entourent les pépins forment l’endocarpe ( c ).
Jr'ig. 56. — La Pomme ; « épicarpe ; b sarcocarpe ; c endocarpe.
§ 85. Le fruit, succédant à l’ovaire (§ 82), peut offrir plusieurs loges. Ainsi, les fruits sont uniloculaires , lorsqu’ils ne présentent qu'une seule loge ; multiloculaires , lorsqu’ils ont plusieurs loges. Ces loges ellesmêmes sont dites monospermes , lorsqu’elles ne contiennent qu’une seule graine ; oligospermes , lorsqu’elles n’en renferment que quelques-unes ; polyspermes, si elles en contiennent un grand nombre.
§ 86. L’aspect divers que présentent les fruits a permis de les partager en deux classes, les fruits secs et les fruits charnus. On nomme fruits secs ceux qui ont une consistance sèche et coriace (Pois, Fèves) ; fruits charnus ceux dont le mésocarpe est très-développé (Pomme, Prune).
L’on nomme fruits déhiscents ceux qui s’ouvrent pour laisser échapper les graines (Pois) ; indéhiscents
Fig. 57. Fig. 58.
ceux qui ne s’ouvrent pas, la graine n’étant mise en liberté que par la décomposition du péricarpe (Blé). La déhiscence la plus commune est celle qui se fait
Fig. 57. — Déhiscence valvaire de l 'Iris versiçolor. Fig. 58. — Déhiscence circulaire du Plantain.
dans le sens de la longueur (Iris, fig. 57) ; dans ce cas, chaque pièce se détache du fruit, et prend le nom de valve ; de là les expressions de déhiscence bivalve , trivalve , etc. Plus rarement le fruit s’ouvre par une espèce de rupture transversale, qui le partage en deux parties superposées ; cette déhiscence est appelée circulaire (Plantain, yà/. 58).
Classification des fruits.
§ 87. Le fruit est un organe dont la structure est très-variée; cependant plusieurs espèces présentent des caractères communs qui permettent de les réunir en groupes de la manière suivante : 1 c fruits simple s. provenant d’un seul carpelle ; 2 ° fruits soudés, résultant de plusieurs ovaires intimement soudés ; 3 c fruits agrégés, c’est-à-dire, ceux qui proviennent de plusieurs fleurs distinctes (Cône des Pins, Sapins).