LE PAVILLON DE BONAPARTE
grande partie — disparu ; avant peu il n'en restera plus trace, et les amoureux du Passé pourront se réjouir sans réserve. La fortune de Malmaison est aujourd'hui confiée aux mains pieuses de Jean Ajalbert, un artiste de talent et de cœur qui s'est juré de rendre à la noble demeure son charme d'autrefois. Grâce à ses efforts, grâce aussi au généreux et dévoué concours de MM. Dujardin- Beaumetz, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, et Dumonthier, administrateur du Mobilier national, — l'auteur d'un admirable ouvrage sur les étoffes d'ameublement de l'époque napoléonienne — Ajalbert a déjà obtenu que beaucoup des meubles garnissant jadis Malmaison réintègrent les salons pour l'ornement desquels ils furent dessinés et exécutés...
Peu à peu, — mais non sans lutte, — les commodes aux cuivres ciselés par Jacob, les lits à baldaquin décorés de Chimères et de Victoires ailées, les chaises « à la grecque » où fleurit le « J » de Joséphine, ses divans, ses « ottomanes », ses « surtouts de table », ses « toilettes et nécessaires », son « forte-piano », sa harpe, ont quitté les vagues « greniers et réserves ». les « bureaux de M. le directeur », les lointaines préfectures et sous-préfectures où ils avaient été trop longtemps déportés; peu à peu les exilés reviennent à l'ancien logis...
balade, dans un petit restaurant du voisinage et ce fut certainement le hasard qui me conduisit devant l'entrée du château que nous visitâmes et dont l'état de ruine fixa notre attention (Interview du Petit Parisien du 27 octobre 1902.)
Bientôt, il n'en faut pas douter, ces inlassables bonnes volontés triomphant de tous les obstacles, de toutes les incuries et de toutes les bureaucraties, auront rendu à la France une des plus précieuses vignettes de son histoire et reconstitué : « le nid de TAigle » !
EN FORÊT DE MONTMORENCY
Le château de la Chasse. — Le prieuré de Sainte-Radegonde. — La tombe de Bosc.
A TROIS kilomètres de Monllignon, la grand'route de Paris à Chantilly passe devant une coquette auberge, « Au bouquet de la Vallée », joliment campée au bord du chemin. A droite, « la route des Fonds », ravinée par les pluies, bien connue des naturalistes qui s'y enfoncent dévotieusement, la boîte de fer-blanc eu bandoulière. Cette route accède à un paradis pour « herborisants » ; elle conduit à ces « fonds » marécageux, à ces terres grasses où s'épanouit superbement toute la flore des environs de Paris.
Suivons ces chasseurs de « simples », allons herboriser des souvenirs le long du joli sentier couvert où le soleil, filtrant à travers les cimes d'arbres, pose des taches d'or sur le sol violacé. A droite un immense pré, qui fut jadis un étang poissonneux; à gauche, une mare
Ileurie de nénuphars où passent des vols bleus de libellules.
A quelque trois cents mètres, une ferme où picorent les poules, où s'ébrouent les canards, apparaît joyeuse
lA MAHE DE LA « ROUTE DES FONDS ».