L.-P. Aubey. phot
au Butard ou à Marcoussis, il ne manque presque jamais d'écrire, en regard de la date pour lui si vide d'intérêt, ce simple mot : Rien.
Ce « rien »-là comprend probablement les conseils des ministres, les réceptions des ambassadeurs; ce « rien » englobe tous les devoirs du chef de l'État; c'est enfin ce <( rien »-là qu'il inscrit le mardi 14 juillet 1789,
le jour où le peuple, à quelques kilomètres de Versailles, est en train de s'emparer de la Bastille...
Le plaisir de la chasse ne chômait jamais. A chaque saison correspondait quelque déplacement. On chassait en forêt de Rambouillet du 12 au 15 mai à fin juin, en forêt de Compiègne de juillet au 20 août, en forêts de Sénart, Rougeaux et environs, du 22 août à fin septembre, en forêt de Fontainebleau du commencement d'octobre au 18 novembre, dans les bois et environs de Versailles du 18 novembre jusqu'à la fin de décembre et dans la forêt de Saint-Germain à partir de fin décembre à cause de la nature du terrain qui y est sablonneux et plat(^).
La meute de cerfs de Louis XIV comprenait jusqu'à cent grands chiens « tellement vites » qu'ils forçaient souvent l'animal en moins d'une heure, et Mouret assure qu'en l'année 1725, Louis XV — tant à cheval qu'en carrosse — fît 3.255 lieues à la poursuite du gibier.
Il nous a paru amusant de faire, pour nos lecteurs, une randonnée dans les quelques pavillons où se donnèrent — autour de Versailles — les rendez-vous de chasse des rois Louis XV et Louis XVI.
Ces pavillons étaient fort nombreux : le Butard, le pavillon de Fausses-Reposes, celui des coteaux de Jouy,
(1) Traité de Vénerie, par M. d'i'auville.
PAVILLONS DE CHASSE
celui de Bièvre, les pavillons de Verrières, d'Ursine et de Trivavix; le pavillon de la Muette, celui du carrefour de Noailles et des Loges dans la forêt de Sainl-Germain; le pavillon de la ferme des Granges de Port-Royal; le