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HONNETES INVENTEURS

Je veux bien être modeste et y arriver jusqu'à ne faire jamais parler de moi : Cache ta nie me semble la plus sage des devises. — Mais est-il nécessaire d'aller si loin dans cette pensée, qu'on ne veuille pas, une fois pour toutes, repousser les imputations niaises ou calomnieuses des anonymes fabricants d'impostures ? — Il n'est sortes de stupidités haineuses qne ces gens-là n'aient commises à mon égard. — L'un veut que son père putatif m'ait prêté des culottes et ne s'aperçoit pas de sa honte, s'il disait vrai. — A l'autre, j'ai montré quatre sous, ma seule fortune un jour que je n'avais pas de pain (et j'étais alors auteur dramatique, journaliste et Employé ! ) — Celui-ci me fait, de sa pleine autorité, tout uniment collaborateur de Vidoc. — Celui-là, plus clément, m'attèle à Franconi Jeune. — Un biographe prend mon nom pour celui de Maurice Séguier et m'attribue les vaudevilles de cet écrivain. — Un collectionneur de réputations accuse ma plume d'une série d'ouvrages dont il est le premier qui m'en apprenne V existence. — Un Almanach des spectacles m'impute des comédies que je n'ai jamais vues, et bave sur mes succès les

plus flatteurs (signé en invisibles : Merville et Coupart). — Enfin, trois ou quatre recueils d'informations également controuvées, et douze ou quinze cents articles de journaux saupoudrés de la même farine, étendent à leur gré le cercle de mes écrits et me poursuivent de leurs scurrilités les plus révoltantes.—Et comme il n'y a si mince feuille de chou qui ne puisse un jour servir de prétexte à de soi-disant découvertes dans le fumier de cette garenne où broute incessamment la Littérature affamée, il faut pourtant bien lui consacrer une réponse pour avoir, ensuite le droit de se taire toujours. — Ceci est la mienne.

Où va se nicher l'orgueil national quand les grandes occasions lui manquent? — Au Cirque-Olympique, dans les fameuses batailles qui se sont livrées sous le commandement du Maréchal Laurent Franconi, ayant sous ses ordres le Général Minette, dont Adolphe était le Chef d'état-major, l'ordre militaire avait été aussi rigoureusement établi que dans les sérieuses armées du grand modèle. — Ce n'était pas seulement le soir que l'illusion y était à Tordre du jour, elle se continuait au dehors de l'enceinte avec uiie scrupuleuse exactitude 5 le dernier des Figurants aurait cru manquer à la discipline si, en portant la main à son chapeau, il n'eût pas appelé Adolphe Franconi mon colonel. Une remarque non moins curieuse, et qui se rapproche davantage de ce que je dis en commençant, c'est que chacun de ces mêmes Figurants recevait volontiers un franc pour représenter un soldat français 5 mais il lui fallait cinquante centimes de plus pour faire un Russe ou un Autrichien, sinon il désertait sans armes ni bagages. — On dira que

dans cette dernière reproduction, on pouvait aisément se lasser de toujours fuir, de recevoir des bourres de fusil sur les reins et des coups de sabre partout, cela est vrai.^Mais les braves s'en étaient francliement expliqués ; ce motif n'entrait pour rien dans leur détermination financière. C'était seulement la composition de l'habit étranger qui leur déplaisait; en fait d'uniformes, ils ne comprenaient que trois couleurs. Comme nous.

Quand j'ai quitté mon journal, après les avertissements d'usage, je mis aussitôt ma caisse à la disposition des personnes qui n'avaient pas fini leur abonnement, — Une seule répondit à cet appel de la droiture la plus ordinaire. — Ce fut M. Demanne (Duplessis), Employé à la Bibliothèque, maintenant Impériale. — Il réclama par écrit un franc soixante centimes, doni y ai négligé le certificat de restitution, mais que je jure avoir payé pour ne pas exposer mon immense fortune au reproche de s'être approprié le bien d'autrui (1849).

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