PRÉFACE
La pièce qui va suivre n'est pas absolument historique, mais elle est tirée des vieilles chroniques florentines. Voici ce que nous trouvons dans le Larousse à ce sujet :
Cyho {Véronique) Florentine du XVIIe siècle, qui s'est rendue célèbre par sa jalousie et sa vengeance.
Elle appartenait à la famille des princes de Massa, et était mariée à Jacques Salviati, due de Saint-Julien, homme fort à la mode, sous le règne de Ferdinand IL
Il y avait alors à Florence une femme du nom de Catherine (Stella dans la pièce) renommée pour sa beauté, et qui avait épousé un vieux gentilhomme ; Salviati lui fit la cour et devint bientôt son amant. Leurs relations clandestines durèrent assez longtemps sans que Véronique Cybo en eut connaissance ; mais elle s'en aperçut enfin, et son amour-propre fut profondément blessé.
Elle eut d'abord recours à mille moyens artificieux pour détourner son époux de cette passion ; n'y pouvant parvenir, elle résolut de se venger. Elle s'assura d'abord de la confiance du beau-fils de Catherine, qui avait une haine profonde pour la jeune belle-mère ; puis elle fit venir de Massa trois bravi décidés à exécuter tout ce qu'elle commanderait.
Le 31 décembre Je Tau 1638, le beaii-fils de Catherine introduisit l'iii-même les trois bravi dans l'appartement de sa bellemère, qui était occupée avec plusieurs amis. Les assassins s'emparèrent de Catherine et do sa femme de chambre, tandis que les assistants prenaient la fuite avec épouvante, et les égorgèrent impitovablement.
La tête de Catherine fut apportée à Véronique.
Comme elle avait coutume d'envoyer fréquemment à son mari du linge blanc dans une corbeille couverte, elle profita de l'occasion du premier jour de l'an, et, le l"^"" janvier 1639, le lendemain de l'assassinat, elle fit porter à son époux la tête sanglante de sa maîtresse.
La justice s'empara de cette affaire. Les bravi avaient réussi à s'enfuir ; le beau-fils de Catherine eut la tête tranchée, comme complice de Véronique, et elle dut elle-même s'exiler de Florence.
M. Guevazzi a écrit âur ce dramatique sujet une nouvelle dont la traduction a paru dans la Bévue Britannique.