SCÈNE III LES PRECEDENTS, PIETRO
PIETRO, en dehors, d'une Toix avinée.
Plus de clé ?. . . Pardieu, la belle perte ! Qu'a-t-on besoin de clé quand la porte est ouverte ?
STELLA
C'est lui, mon Dieu !. . .
LE DUC Qui lui ?.. . Ton frère ?
PIETRO, appelant
Holà ! Stella !
LE DUC
Que faire ?
STELLA
Ce n'est rien, Lorenzo, je suis là !
LE DUC
C'était fatal !
(Au moment où Piétro entre, il tourne le dos, et se dissimule autant que possible dans l'embrasure d'une fenêtre.)
PIETRO, entrant.
Le Turc avait bien eu la ruse De me souffler la clé du fort. . .
(Apercevant Stella et le Duc.)
Pai'don ! . . . Excuse, La compagnie !. . .
(Il s'approche familièrement du Duc et apercevant son visage, s'arrête stupéfait.)
Ah ! bah !.. .
Monseigneur
LE DUC, bas.
Tais-toi !. . .
PIETRO
Je suis perdu î
(Se jetant à genoux.) STELLA
Monseigneur ! . . . Ai-je bien entendu ? Mon Dieu, se pourrait-il ?. . .
(Elle tourne sur elle-même dans une crise terrible, et s'affaisse sur le divan, évanouie.)
LE DUC, a Piétro.
Vois ton ouvx'age, infâme !....
PIETRO
Ma sœur ! ma pauvre sœur ! . . . A l'aide ! elle se pâme! . . .
LE DUC
Arrière, chenapan ivre ! . . . Tu viens ici
Pour chercher de l'argent, n'est-ce pas ?. . . En voici !
(Il lui jette une bourse.) PIETRO, la ramassant.
Une bourse. . . De l'or !. . .
LE DUC
Oui, va-t-en, misérable !
PIETRO
Vous frappez, monseigneur, à mon point vulne'rable. Mais cela, c'est l'argent du déshonneur, pas vrai ? Eh bien, maudit le jour où je le recevrai 1. . .
(Il jette la bourse par terre.)
Eh bien, alors, va-t-en, maudit ivrogne ! ou gare Qu'aux plis de ton pourpoint ce poignard ne s'égare !
(Il tire un poignard.) PIETKO, tout tremblant.
Monseigneur ! . . .
LE DLC
Hors d'ici, gredin ! ou, par la Croix, Je te plante ce fer dans la gorge !. . .
STELLA, revenant a elle.
Hein !. . . je crois. . .
Qu'on menace. . .
LE DUC, en fureur.
Ya-t-en, te dis-je !
STELLA
Ah !ciel, qu'entends-je!
Arrêtez ! arrêtez ! . . .
(Piétro sort en titubant, et le Duc rengaine son arme.)