SOLO
Et toi, douce et sainte Madone, Qui protèges toujours le cœur qui s'abandonne
A toi, dans sa simplicité.
S'il faut payer le prix de notre humanité,
Donne-nous la couronne
De l'immortalité !
LE CHŒUR
Dieu de justice et de bouté, Toi qui juges, toi qui pardonnes.
Qui nous ravis ou qui nous donnes La vie et la félicité, Dieu de force et de charité, Nous inclinons nos fronts devant ta majesté !
FERADINI
La majesté divine ! . . . Hélas ! où nous en sommes, On voit plutôt briller la lâcheté des hommes ! N'importe, amis, c'est bien ; allez tous prier Dieu Pour celle il qui bientôt il faudra dire adieu ; Car la pauvre Duchesse a peu de temps à vivre. . . Allez prier, enfants ; allez, je vais vous suivre.
(■Quelques domestiques entrent dans la chapelle: d'autres restent au fond, ft causer entre eux).
Prier !. . . A-t-on le cœur de prier quand on voit Tant de honte grandir où notre honneur décroît ? Pauvre Toscane, hélas ! c'est toi la moribonde ! Toi qui ne ressens pas la blessure profonde Que tu portes au flanc !. . .
(Un temps.)
Soit, nous verrons d'abord Ce qu'on peut obtenir par un dernier effort : Il faut que du bon droit la voix soit entendue ; Et si la sainte cause est malgré tout perdue, — Un juge est là qui pare h toute iniquité — Nous en appellerons h la postérité. . . A la postérité, la grande vengeresse !
(Il sort du cOté de la chapelle, suivi des domestiques, moins deux qui allument les flambeaux. La sc?nc s'éclaire. L'orgue et les chants continuent ft se faire entendre. T.e 'Duc et San 'Martino entrent par la droite, et les deux domestiques sortent.)