SCÈNE II LE DUC, SA]V MARTINO
LE DUC, continuant une conversation.
Véronique ? Ah ! pardieu, de tout ce qui m'oppresse, Tu devrais bien savoir que c'est là, Dieu merci, Ma dernière pensée et mon dernier souci !
SAN IIARTINO
Vous êtes cruel, Duc ! De la pauvre blessée. Toujours, TOUS eûtes, vous, la première pensée !
LE DUC Enfin, comment va-t-elle"?
SAN ilAKTINO
Ah ! bien mal, monseigneur.
Les médecins sont très inquiets ; par bonheur, Ce calme étrange, après l'épouvantable crise, A la fièvre possible en laissant moins de prise, D'un mieux inattendu donne encor quelque espoir. . . Jacques, faut-il vraiment que vous partiez ce soir ?
LE DUC
Tu le sais bien ! Déjà je devrais être en selle, Tant ce Feradini me presse et me harcèle. Beau moment, n'est-ce pas, pour paraître à la cour ! rieureusement qu'au moins le débat sera court.
SAN JL^RTIXO
Vous ne nous offrez donc que bien peu d'espérance ?
Moi ? J" m- comprends rien à la persévérance De ce naïf vieillard qui s'obstine, et qui croit. En luttant, cor.;i.ie il dit, sur le terrain du droit. Réussir à mater un envoyé de lionie, Un grand Inquisiteur, un prélat ! . . . Le pauvre homme ! !I1 devrait bien savoir, surtout qu'auprès des rois, La palme écheoit toujours aux mains des plus adroits. Il croit à mou crédit, il m'assiège, il m'obsède ; Pour en finir plus vite, il faut bien que je cède : Nous verrous cette nuit le Grand Duc Ferdinand. . . Mais, j'y pense, il devrait être prêt maintenant.
SAN MARTIXO
Le comte '.' il est allé prier à la chapelle.
LE DUC
C'est le comble à présent, s'il faut qu'on lui rappelle Les projets sur lesquels il a tant insisté. Préviens-le que j'existe ; et qu'il est ^nvité, Sur l'heure, à me rejoindre au grand salon d'attente.
(San Martino sort du côté de la chapelle.)