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Hérodote, 1, 98 et

LA COLO.MSATIO.N DÉPliÈSE PAR LES lOMENS 33

grande «Dame))' de l'Asie, Ichtar-Astarlé, avait son incarnation au pied du Tniole% comme dans les plaines de la Mésopotamie et sur les pentes du Liban.

Or, l'Artémis d'Éphèse est une sœur jumelle d'Ichtar et de Cybébé. Elle aussi n'a rien de grec; elle aussi appartient à cette famille de Ma ou de Hhéa, dont les ramifications furent universelles 3. Primitivement, elle s'appelait Oupis, la « Dame Oupis », Oj-'.; ava^sa^. « Limage de la déesse était en bois et passait pour avoir une origine céleste : les Amazones l'avaient trouvée là, gisant au milieu du marécage, et, après l'avoir dressée sur une base, avaient construit devant elle un autel et délimité tout autour le terrain sacré ^. » On ne voit pas quOupis, malgré son étroite parenté avec l'Astarté syrienne, fût d'importation étrangère. Comme Cybébé, qui, à Sardes, était la «déesse indigène o*^, elle représente un prototype anatolien. Seulement, la Dame d'Éphèse, mise en contact avec une foule d'idoles similaires, apportées soit par les barques phéniciennes ou Cretoises, soit par les caravanes des Hauts Plateaux, les absorba en s'enrichissant de leurs attributs. C'est pour cela qu'on retrouve en elle, aussi bien la déesse de la fécondité des cachets égéens et des gemmes mycéniennes, que la déesse de l'amour de Paphos ou de Sidon.

Le rôle des Lydiens, durant la période où se constitua le type, paraît avoir été considérable. Mainte tradition l'atteste. Ainsi, d'après les uns, le nomd' Éphèse dériverait de l'Ama/one lydienne Éphésos, qui, la première, avait honoré Arlémis et l'avait qualifiée à' ÉpJiêsia' . D'autres le rattachaient à un épisode de l'expédition d'Hercule et de Thésée en Lydie contre ces mêmes Amazones"^. Pour d'autres, enfin, il viendrait d'un

I. Sur celte qualification, autéricure, somblc-t-il, à celle même de « Mère», voir le P. Lagrangc, Éludes sur les lie.lujions sémitiques, ">.' édition, 1906, p. 119-iao. 3. Voir, à ce sujet, Revue des Etudes anciennes, t. VI, ir)o4, p. 382 sqq.

3. Cf. les monuments étudiés par Milani, Studi c Malerlall, t. I, p. 5 s(iq.

4. Callimaquc, Hymnes. 111, v. iko. Dans ïimoihée (ap. Macrohc, Saturnales, \ , 22, !i), on trouve la forme Opis (cf. Jessen, article Ephesia, dans Fauly-Wissowa, t. V, ir partie, col. 2758). L'« anassa » Oupis, d'Éphèse, porte le même titre que son autre srnur la « vanaslia Preiya» ( — fâvaTia llîp-fala) de Pergé.

5. G. Raycl, dans les Monuments de l'Art antique, t. II, 5' mémoire, p. i, d'après Callimaque, Hymnes, III, v. 287 sqq. Cf. Pausanias, IV, 3i, 8.

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