‹ EphesiacaChapitre 2 sur 23 · LA COLONISATION D'EPHESE PAR LES IONIENS · texte numérisé non relu

LA COLONISATION D'EPHESE PAR LES IONIENS

imiofHiQuis

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FEKI:T & FILS, ÉDITEURS, i."., COURS DE L'INTENDANCE

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UORUE.VUX. l.Ml'IÎ. C. (.OUNOL ll.llOl , RIE (illUMDE, IJ" I I .

Dr

A. M. Louis OLIVIER

Directeur de la Revue générale des Sciences.

En souvenir de notre croisière

à l'embouchure du Cayslre.

AYASOLOU R.

Vue prise de la plaine du sud i.

LA TOPOGRAPHIE DEPHESE^

Il est facile de comprendre lintérêt que prf'scnte une élude de la topographie d'Éphèse. Éphèse appartient à la catégorie de ces ports antiques, situés à l'embouchure de fleuves travailleurs, qu'enrichit d'abord, dans le calme harmonieux de leurs golfes, l'union du négoce continental et du trafic maritime, mais que l'irrésistible coulée des ailuvions changea ensuite, peu à peu, en un désert. Éphèse fut, d'autre part, un des centres religieux les plus célèbres de l'Asie, un de ces États sacerdotaux où les vicissitudes du droit d'asile enlraî-

I. D'après une pliolographio de M. Georges Radet (26 septombre u)o^).

•>.. Forscliiinijcn in Ephesos, vcn'iffentli'-IU vnin l'islerreichisrhen nrrhaolofjisrhen Imlilulc. Band I: Otlo Hcnndorf, Zur Orlslamde iind St'tdlijesrhiclite. VVien, A. llolder, igor.; I vol. in-'i" de 110 paf,'os, avec jh) li;,nircs dans le lexle, et, hors texte, une carie due au capitaine A. Schindler. L'i'liide (|iie je consacre ici à cet important ouvrage a d'abord [lani dans le .loitrnnl f/cs Savunls de; mai 190O, p. a5i -ad. Même après le livre de Hcnndorf, l'article Ejihesnx, par Burclmer, dans la lirai - Enrydoiitidie de Pauly-Wissowa, l. \ (lyoâ), col. 2773-2822, avec cartes, reste fondamental.

nèrent d'incessantes variations dans les limites du pouvoir civil et du territoire sacré. Éphèse compte en outre parmi les fondations coloniales les plus caractéristiques des Grecs et peut être considérée comme le type même de ces établissements du XI' siècle avant notre ère dans lesquels s'incarna si brillamment le génie ionien. Plus tard, Éphèse devint également l'un des modèles les plus remarquables de ces immenses cités hellénistiques dont se couvrit l'Orient sous les successeurs d'Alexandre, puis, bientôt après, l'une des capitales provinciales les plus riches et les plus prospères de l'Empire romain. Mêlée aux débuts du christianisme, associée à la prédication des apôtres, dominée par les puissantes ou touchantes figures de saint Paul et de saint Jean, Éphèse, après une période de floraison suprême sous les Antonins, nous présente, à l'époque byzantine et turque, un des cas les plus frappants de ces crises d'atrophie et de ces retours au foyer d'origine que déterminèrent les catastrophes du Moyen-Age. Ainsi, de tous les squelettes de villes mortes dont il soit possible de scruter l'ossature plusieurs fois millénaire, il n'en est pas qui fournisse à la géographie historique de plus sûrs indices et des points de repère meilleurs que cette glorieuse victime des lents embrassements du Caystre'.

Mais autant le sujet est passionnant et varié, autant il est difficile. L'examiner à la simple lumière des textes littéraires, c'est se condamner à d'innombrables erreurs, parce que les témoignages des écrivains anciens sont rares, vagues, pleins d'obscurités et de pièges. A l'époque classique, Éphèse a changé de site et n'a pas changé de nom. Il y eut la vieille ville et il y eut la ville nouvelle, le château d'Androclos et la cité de Lysimaque. Chacune d'elles a occupé un emplacement distinct. L'une et l'autre cependant ont porté la même appellation : Éphèse. Comment s'y reconnaître? Une exploration personnelle des lieux s'impose et le savant doit se doubler ici d'un voyageur. C'est bien ainsi que l'ont compris 11. Kiepert, E. Curlius, G. Weber, pour ne citer que ceux dont les recherches ont été

I. Pour suivre la discussion, se reporter aux deux cartes qui accompagnent ce travail : pi. I, La vallée inférieure du Caystre; pi. H, Le territoire d'Éphese,

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