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LA COLOMSATION DÉPutSE PAR LES IONIENS Scj
des alliés, on admettra difficilement qu'ils n'aient pas, dans une mesure plus ou moins forte, collaboré à la guerre.
Après la victoire, l'occupation. Par la citadelle, on tient le port; on domine le sanctuaire et le marché; on surveille le réseau des routes. Mais, sur le tertre d'Ayasolouk, l'espace est restreint. Au pied du château, on est gêné par les conventions faites avec la population de l'asile. Les nouveaux venus ne peuvent se caser qu'en petit nombre sur la frange du golfe et force leur est de refluer au loin dans la plaine. D'ailleurs, ils s'y décident par goût non moins que par nécessité : a De ce que la plupart des colonies grecques ont été des villes maritimes, et bientôt de grandes places de commerce, on a conclu que les émigrants avaient été poussés en Asie Mineure par la pensée de se livrer à la navigation et au trafic. Il est visible, au contraire, que dans le début ils ont voulu créer des établissements agricoles bien plus que des comptoirs'. » Tel paraît avoir été le cas à Ephèse, et c'est là sans doute un des motifs pour lesquels Androclos assigna comme site à la colonie qui fut son œuvre propre les riches terrains de la moyenne vallée du Marnas.
Un des premiers soins des Grecs qui s'expatriaient était d'implanter dans leur résidence nouvelle les cultes de leur cité natale. Les Ioniens d'Éphèse n'y ont point manqué. Originaires d'Athènes, ils fondèrent, en l'honneur de leur ancienne divinité poliade, un Athénaion, qui devint le centre et le foyer de la colonie coressiennc. Mais ils avaient à reconnaître aussi les bons offices d'Apollon pythien. Ce fut dans le quartier du port qu'ils lui édifièrent un temple. Est-il vrai qu'ils bâtirent de plus un Artémision? Le sanctuaire de la Grande Déesse existait, nous l'avons vu, depuis des siècles. Mais il est possible qu'il eût souffert de la guerre et que les vainqueurs aient procédé à sa restauration. N'oublions pas que, selon Pline, ce fameux temple fut réédifié sept fois^
». Paul Guiraud, La propriété foncière en Grèce, p. Sfi.
î. '( Scplicns rcsliluto » (Hisl. nul., XVI, ai/|, éd. .Sillig). Voir, h en sujet, l'élude (lo Kukula, Brdmlc des ephesischen Arlcmisions, ap. Jahrcsb. arch. Insl., VVicn, t. VIII, iQoS, Beiblatt, col. aS-Sa.
En somme, topographiquement et historiquement, Éphèse nous représente un des types les plus saisissants et les plus complets des colonies grecques de l'âge héroïque. Reconnaissances préliminaires d'aventuriers, essais et déboires de ces éclaireurs, consultation au dieu de Delphes et réponse de l'oracle, choix d'un roi de famille sainte investi du commandement et du sacerdoce, expédition régulière sous la conduite de l'œkiste officiel, utilisation de postes ou débarcadères phéniciens, négociations diplomatiques entre l'îlot parasitaire et le sanctuaire d'en face, avances au clergé de l'asile, traités d'alliance, devant l'autel de la Grande Déesse cosmopolite, avec la classe turbulente des métèques, guerre aux notables de la Haute Ville et aux nobles du château, prise de l'acropole, refoulement des indigènes, partage du pays conquis, édification de temples, syncrétisme religieux, souci de concilier l'attachement aux divinités de la mère-patrie avec le respect des cultes locaux, attention égale portée aux routes de terre et aux voies de mer, à l'essor de la navigation et à la culture du sol, installation d'une bourgade rurale à proximité du port et de l'agora, campagnes de frontières pour donner de l'air à l'État nouveau, enfin, dernier trait, construction de l'héroon du fondateur, voilà quels sont les épisodes significatifs de la colonisation d'Éphèse. Ils valent pour d'autres établissements ioniens. Peut-être estimera-t-on qu'à ce titre ils méritaient de nous arrêter un instant.
ASDROCLOS TUANT LE SANGLIEU
Paris, Cabinet des Médailles (Macrin)
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