E. Renan, L'avenir de la science, XXII, p
mirer. Parmi les modernes, beaucoup acceptent les conclusions de Pascal, dans V Entretien avec M. de Saci sur Epictète et Montaigne, et cherchent dans la religion chrétienne l'explication de notre nature et la justification de nos espérances. De nos jours, un grand nombre d'orateurs et d'écrivains célèbrent avec enthousiasme Nietsche et les professeurs d'énergie. Ce qui fait ici défaut, ce n'est pas seulement la conscience du devoir, mais aussi le sentiment de l'idéal, le besoin d'imprimer une orientation différente, une direction plus haute à nos sentiments, à nos pensées, àtoute notre conduite. L'épicurisme, et c'est là son vice radical, est vide de la conception de l'idéal ; bien plus, il la proscrit comme une chimère dangereuse ; c'est de là que vient son impuissance à satisfaire les exigences de la nature humaine ^ .
1. E. Renan, L'avenir de la science, Préface : « L'hypothèse où le vrai sage serait celui qui, s'interdisant les horizons lointains, renferme ses perspectives dans les jouissances vulgaires, cette hypothèse, dis-je, nous répugne absolument. »