‹ ÉpicureChapitre 19 sur 121 · Platon, Ménédème · texte numérisé non relu

Platon, Ménédème

imagination, mais non à leur sens critique. On accuse encore les Épicuriens de s'être adonnés aux plaisirs de la table, d'avoir été familiers avec tous les excès du boire et du manger. Voilà qui est facile à dire, mais quelle preuve en peut-on apporter ? On nous dit qu'ils aimaient à se réunir pour des repas communs ; mais quel était le menu de ces repas? Etaient-ce des festins, de ces banquets dont la chaleur communicative provoque toutes sortes de débordements de langage et de conduite? N'étaient-ce pas plutôt des réunions dont le plaisir de se retrouver, d'être assemblés par la communauté des idées et des sentiments faisait le principal charme? De la sobriété d'Epicure luimême, nous avons des preuves irrécusables ; il dépensait fort peu pour sa nourriture journalière : (( Hermarque, écrit-il, se vante de ne dépenser qu'un as par jour pour sa nourriture ; mais moi, je ne le dépense pas complètement. » Il se contentait fort bien de pain et d'eau ; il demande à un de ses amis de lui envoyer un fromage pour les jours où il voudra se donner un régal extraordinaire. Ce n'est point par l'attrait de la bonne chère qu'il prétendait séduire ses disciples, celui qui résumait en ces termes le programme de son école : « Etranger, ici tu te trouveras bien : ici réside le plaisir, le bien suprême. Tu trouveras

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