DiOGÈNE Laerce, X
qui ne sont ni plus satisfaisantes ni plus solidement établies que les autres ; car cette fin de nonrecevoir qu'il nous oppose, ol^jti âà toutwv oOx £ct(v % ne saurait nous contenter.
Le mouvement naturel et primitif des atomes est une chute ; ils tombent de haut en bas pour la raison fort simple qu'ils ne trouvent rien qui les soutienne. Voilà ce que Démocrite s'était gardé de dire ; il avait bien vu que dans l'infini il n'y a ni haut ni bas. Épicure peut-être ne l'a pas compris; il a cru simplifier ingénieusement le système et se rendre plus aisément intelligible au public en ramenant le mouvement à une chute, telle que celle que nous observons tous et que nous connaissons familièrement; il ne s'est pas douté des difficultés dans lesquelles il s'engageait; il s'est borné à dire que, comme l'espace est infini, il n'y a pas à craindre que les atomes finissent par s'entasser tous en bas et se précipiter les uns sur les autres. Ailleurs, il semble se ressaisir : quand il réfute l'opinion de ceux d'après lesquels tous les corps tendent vers un centre commun et que c'est ainsi que la terre se maintient au milieu du monde, il fait très judicieusement observer que dans l'infini il n'y a pas de centre. En un sens absolu,