SÉNÈQUE, Lettres, 66. — Gassendi
c'est-à-dire le vide. C'est aussi l'avis de M. Ravaisson * : « Le mot de la sagesse, l'art de vivre, d'après Épicure, c'est d'arriver à ne plus rien sentir... L'Epicurisme met le souverain bien dans l'absolue impassibilité, une abstraction, une négation, un rien. » Epicure enseignait au contraire que dès qu'il y a absence de peine il y a présence de plaisir : In omni re doloris amotio successionem efficit voluptatis ^. La santé du corps, l'absence de peine et de trouble, àîrovia zal àxapa^ia, 0L(iy\wiaL, il ne nous faut rien de plus ^ : orav );£y(«){jt.£v 7)Sovy;v iCkaz hizo-^jeiv, oi» Taç twv àacoTwv yi^o^kc; jtal tocç ev oL'Koka.TjGei /C£t{JL£vaç "XsyopLsv, àXkk to (jiv] àT^ysî'v /caxà cûjjLa (xtIts TapaTTScOat jcaTot ^uyviv cuvsipovTsç ^. C'est là le seul plaisir vraiment profond, constitutif : orav (xti à}vYc5[jL8v, oùxsTi T'^; yj^ov^ç ^£0|jL£Ôa ^. Pour qu'il y ait douleur, il faut l'intervention d'une cause positive ; le plaisir qui résulte de la santé du corps et de l'âme, de la satisfaction de tous les besoins naturels n'en a-t-ilpas une? Et il me semble qu'Épi-