‹ Epidaure: Les Prêtres - Les GuérisonsChapitre 6 sur 35 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

A trois heures d'Épidaure (actuellement Épidavre) dans la vallée du Hiéron, on découvre les vestiges du plu célèbre des sanctuaires d’'Esculape que possédait la Grèce- De 1881 à 1887, M. Cawadias pratiqua des fouilles qui permirent de reconnaître la plupart des édifices que Pau, sanias avait énumérés dans sa Description de la Grèce.

On désigne sous le nom d’Asclépieia tous les sanctuaires d’Asclépios en Grèce, en Asie Mineure et dans les iles. Celui d’Épidaure florissait au 1v° siècle avant Jésus- Christ. Des pèlerins y accouraient en foule d’Athènes, de Cyrène, de Smyrne, de Pergame, de toute la Grèce et même de Rome. Ils ne venaient point solliciter des conseils médicaux, mais seulement implorer l’intervention du Dieu-guérisseur. L’Asclépieion ne rappelait que de très loin nos hôpitaux ou nos sanatoria : c’était un lieu sacré où une puissance surnaturelle accomplissait des miracles, |

Dès cette époque, chaque ville possédait des médecins

publics (muosiesovee) qui dirigeaient des établissements spéciaux (iatoew), entretenus aux frais de la cité, où l’on soignait gratis les malades. Ces premiers hôpitaux laïques possédaient un cabinet de consultation, une salle d'opérations, avec tout un arsenal d’appareils et d’instruments, des locaux pour préparer les médicaments, des chambres pour les malades.

La civilisation grecque est fille des civilisations d'Égypte et de Babylonie où, dès Les temps les plus reculés, on trouve une médecine laïque et une médecine religieuse. La Loi d’Hammourabi remonte à 2.000 ans avant Jésus-Christ. Elle fut rapportée de Suze par M.de Morgan, déchiffrée par le Père Scheil et commentée par M. Dareste. Elle atteste une civilisation déjà très évoluée puisque le médecin, le chirurgien et le vétérinaire y sont représentés comme des personnages bien distincts. Rien n’autorise donc à reconnaître à la: médecine une origine religieuse. N’est-elle pas aussi vieille que l’humanité? Dès la plus haute antiquité, on conçoit l’existence nécessaire des guérisseurs comme il en existe chez les peuplades sauvages contemporaines d'Afrique et d’Océanie.

Sans doute les premiers médecins furent des fétichistes, qui rapportaient à des êtres surnaturels l’origine des maladies et guérissaient par des incantations et des charmes. Vint ensuite la période métaphysique de la médecine basée sur des raisonnements et des théories, sans le contrôle de l’expérience. Mais le peuple garda longtemps les conceptions naïves des premiers âges; à la médecine vraie, il préférait l'intervention surnaturelle des dieux. Les pèlerins qui allaient à Épidaure devaient

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