‹ Epidaure: Les Prêtres - Les GuérisonsChapitre 9 sur 35 · FRS · texte numérisé non relu

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vallée sans grandeur, le climat sain et salubre. Les édifices étaient construits au milieu d’un bois sacré. De petites dimensions, ils s’harmonisaient avec la nature et le dieu qui ne « s’éleva jamais jusqu'aux cimes éthérées de l’Olympe >».

< Les pèlerins », venant de Nauplie, « ne découvraient pas de loin la masse complète des édifices. Ils voyaient seulement au fond de la plaine sacrée le large cercle éblouissant des gradins supérieurs du thédtre, peut-être encore quelque petite chapelle au sommet ou sur les flancs du Kynortion et du Koryphaion. Mais le sanctuaire ne leur apparaissait que par éclairs, quand lout à coup une trouée se faisait à travers les arbres ; alors un angle d’entablement, un acrotère brillait soudain, comme un rayon perçant les feuilles; puis, à nouveau, l'écran de verdure s’interposait pour quelques instants. À mesure qu’ils approchaient, les détails devenaient plus nets et ils les reconnaissaient : un long mur plein, peu élevé, filait derrière

les troncs : c'était le portique où ils allaient dormir ce soir

même ; un toit circulaire arrondissait dans la lumière son .

cheneau luisant de peintures: c'était le Tholos ; — de fines Victoires de marbre, descendues du ciel, posaient un pied léger au bord d'un fronton : c'était le temple d’Artémis ; — el tout à côté ce grand édifice qu'enserrait une colonnade et aux coins duquel de gracieuses fiqures de femmes, assises sur des chevaux fantastiques, semblaient qaloper dans l’espace par-dessus les feuillages, ils l'avaient reconnu au premier coup d'œil : c'était le temple d’Asclépios sauveur. Les pèlerins abordaïent la voie sacrée, toute frangée d’offrandes, de statues, d'inscriptions, et leurs yeux brul-

HA Con,

| DAUFRESNE, — ÉPIDAURE

Fic. 3. — Plan du sanctuaire d'Épidaure (D'après A. Defrasse et H. Lechat).

Légende s A. Temple, — B. Tholos. — D. D'. Abaton. — T. Théâtre, — C. Temple d'Artemis, — F. Grandes Propylées. — K. Bains d’Esculape. — L, Construction de l'Époque à Antonin. — M, Gymnase, — N, Stade.

VIGOT FRÈRES, ÉDITEURS

OUT lant de lespoir de la quérison prochaine cherchaient fiévreusement le fond du naos, où rayonnait dans un jour adouci l’image précieuse du dieu. » (1)

Au dire de Pausanias, le théâtre d'Épidaure était « des plus remarquables. Ceux des Romains l'emportaient universellement par l'éclat de leur décoration; celui de Mégalopolis en Arcadie est plus grand; mais pour l'harmonie des proportions et la beauté de la construction, quel archi- Lecte rivaliserait avec Polyclète ? » Des gradins taillés dans le flanc du Kynortion, les spectateurs découvraient toute la vallée du sanctuaire avec ses temples et ses édifices ; la vue s’étendait sur les plus hautes montagnes du Péloponèse. Aujourd’hui encore les ruines en sont grandioses. L'état de conservation, à peu près parfait, a permis à M. Cawadias de fixer au 1v° siècle avant Jésus-Christ la date de construction. Le Polyclète dont parle Pausanias n’est donc pas le contemporain illustre de Phidias, mais Polyclète le Jeune qui fut aussi l'architecte du tholos.

Le tholos était un édifice circulaire de marbre blanc entouré de colonnes doriques. Le mur plein était percé d’une porte unique qui donnait accès à l’intérieur. Le plafond soutenu par quatorze colonnes corinthiennes était d’une grande richesse, remarquable par ses caissons enluminés de mille couleurs. L'édifice couvrait une crypte avec trois couloirs circulaires où devaient s’accomplir des rites mystérieux.

Suivant MM. Defrasse et Lechat, le tholos abritait la source sacrée du sanctuaire dont le souterrain formait le

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