‹ Epidémie de la Guadeloupe, 1863-1866Chapitre 34 sur 34 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

J’ai démontré que des causes hygiéniques, telluriques et météorologiques anormales, de nature à changer la constitution médicale de la Pointe-à-Pitre, se sont produites à la Guadeloupe pendant les années 1862, 1863, 1864, 1865;

Que depuis trente-trois ans on a signalé périodiquement aux alentours du Canal-Vatable et des marécages saumâtres qui avoisinent le cimetière, dans les communes du Lamentin, de Sainte-Rose, des cholérines mortelles ainsi que de véritables cas de choléra sporadique ;

Que l’ouragan électrique du 6 septembre 1865 a été la cause déterminante de l’évolution spontanée du fléau, en donnant alors le caractère infectieux et épidémique du choléra indien, à l’aflection endémique et localisée jusqu’à ce moment dans les faubourgs;

Que par le fait d’une contagion qu’on ne saurait désormais mettre en doute, le fléau s’était aussitôt répandu de la Pointe" à-Pitre dans les communes de la Grande-Terre, dans celles de la Guadeloupe proprement dite, et dans les dépendances de cette colonie.

De ce qui précède, je conclus :

Que le choléra sporadique existant à la Pointe-à-Pitre, il est urgent de favoriser l'écoulement des eaux du Canal-Vatable à la mer ; de le curer complètement ; d’interdir aux riverains d’y jeter des cadavres d’animaux domestiques ou des meubles brisés, et aux bouchers d’y laisser pénétrer le sang des abattoirs, la putréfaction des matières animales dans ces eaux limoneuses, saumâtres et stagnantes, étant la cause de la production du miasme cholérique.

Que des circonstances météorologiques aussi anormales que celles qui ont eu lieu se représentent encore, et, prenant alors définitivement droit de cité à la Guadeloupe, le choléra se montrera de nouveau ainsi qu’il le fait en Europe, depuis 1831, où il est devenu endémique dans une foule de localités.

G. CUZENT.

Brest, lmp. J. B. Lefournier ainé.

Page 1